Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Quand ma maison en construction a brûlé


Publié le 12 octobre 2016 par Lutine Chlorophylle

Ce jour-là, je rentre de faire le fameux test de glycémie pour ma grossesse, et tout s’est bien passé. M. Lutin m’a envoyé un SMS me demandant de passer le voir au boulot au retour « pour un truc important ».

De la fumée sort du toit de notre maison en cours de construction, les pompiers sont en route, prévenus par nos voisins (qui, heureusement, avaient le numéro de téléphone de mon mari).

Mon mari prévient notre maître d’œuvre immédiatement, qui se précipite sur place et y passe la journée, annulant tous ses rendez-vous.

La maison a brûlé.

Pas entièrement, non. C’est la ouate de cellulose qui s’est consumée lentement. Puis, quand les pompiers ont détuilé pour accéder à la source du foyer, le courant d’air a attisé le feu, le propageant plus rapidement. Mais ça n’a rien de bien impressionnant, pas de grandes flammes.

On contacte notre assurance. Tu te souviens, dans mon article précédent, je te conseillais vivement de prendre une assurance dommages construction, qui ne coûte pas cher et dont il serait dommage de te passer…

Parce que, voilà : ça n’arrive jamais qu’une maison prenne feu quand elle est inoccupée : ce sont généralement des enchaînements de causes liées à la vie quotidienne qui déclenchent un incendie.

On pense forcément au poêle à granulés, qui vient d’être installé. L’installateur avait remarqué un problème d’isolation du conduit dans les combles. Il avait fait une installation de fortune pour la mise en route. On était repartis avant qu’il ne soit complètement éteint…

Mais non, manifestement, le foyer de départ est plutôt vers la salle de bain.

Très rapidement, notre assurance envoie un expert sur place. Le maître d’œuvre estime une durée de travaux pour remettre en état d’environ trois mois. Du coup, on se dit que ça pourrait bien être rapide, cette histoire ! (Ha ha, la bonne blague !)

maison-après-dommage

Crédits photo : Photo personnelle

Première visite après l’incendie…
Le couvreur est rapidement venu terminer d’enlever toutes les tuiles ayant trop chauffé et poser une bâche pour protéger.

dégâts-maison-après-incendie

Crédits photo : Photo personnelle

Dans le placard, un gros trou pour évacuer toute la ouate brûlée.
Et par terre, de la suie, dont l’odeur persistera longtemps dans la maison, malgré le ménage…

dégâts-maison-après-incendie

Crédits photo : Photos personnelles

Arroser pour éteindre le feu + placo + déplacements dans les combles = pieds qui traversent le plafond !
Bonjour les trous !

Trouver où se reloger

Rapide ou pas, ce qui est sûr, c’est que je suis toujours enceinte. Donc, que je vais accoucher. (Logique.) Et qu’on ne pourra pas habiter chez nous. Bon, au moins, on n’est plus angoissés par la pose du plancher à finir à temps. Il nous faut trouver une solution.

Nous sommes à moins de trois mois des grandes vacances. Trouver un gîte libre pendant toutes les vacances relève donc de l’exploit… Sans parler du budget que ça implique ! Ou sinon, trouver un gîte pour le début, quitte à aller habiter chez mes parents ensuite ? (Youpi.)

Peut-être qu’on pourrait camper dans notre garage ? Ou construire une cabane de jardin et s’y installer provisoirement ? L’idée ne me déplaît pas, même si tout le monde trouve ça fou.

Je passe une journée à lister les gîtes dans le coin, en supprimant ceux dont le prix affiché est très élevé.

Mais finalement, c’est en passant se renseigner à l’office de tourisme qu’on nous dit : « Vous pourriez contacter Monsieur B., il a l’habitude d’héberger des personnes pour des durées de plusieurs mois dans son gîte. » Le gîte est à cinq minutes de notre maison, et le prix de la location à la semaine est dans la fourchette basse. Alors, avant d’appeler tous les autres propriétaires, on appelle Monsieur B.

Son locataire précédent vient justement de partir : « Ah non, mais si vous restez pour plusieurs mois, je ne vous fais pas payer le prix à la semaine ! Ce sera moins cher ! »

Puis, alors qu’il parle d’éventuels dérangements, M. Lutin se doit de lui indiquer que nous allons avoir un bébé : du coup, du bruit, on en fera sûrement… Mais non, Monsieur B. parlait du monde qu’il est amené à recevoir, puisqu’il travaille en profession libérale et reçoit chez lui. Et le coup de grâce : « Un bébé ne fait pas de bruit, il pleure. »

Nous rencontrons Monsieur et Madame B. le surlendemain, ils sont absolument charmants, l’affaire est dans le sac.

Deux mois plus tard, nous déménageons donc tous nos meubles dans notre garage, et allons nous installer au gîte.

La valse des expertises et des assurances

Les devis de remise en état effectués par des artisans, notre assurance nous verse sans tarder le montant correspondant (plus de 20.000€).

En revanche, pour tous les dommages non matériels, tels que les frais de maîtrise d’œuvre et de relogement, elle n’avance rien : c’est seulement en se retournant contre les assurances des personnes déclarées responsables du sinistre qu’elle essaiera d’obtenir ce dédommagement. Et elle nous ne le versera qu’une fois cette affaire réglée. (Ça fait plus d’un an qu’on attend.)

Que s’est-il passé, au fait ? Le problème dans un incendie, c’est que, par définition, les preuves sont un peu brûlées ! Il s’agirait probablement d’un spot halogène ayant créé une surchauffe. Matériel défectueux, isolation séparée du spot inexistante ? Impossible de savoir quelle est la cause précise.

Terminer les travaux

Nous n’avons le feu vert pour redémarrer les travaux qu’au milieu de l’été. Juste avant que toutes les entreprises partent en vacances, en août…

Mais à leur retour, tous les artisans enchaînent leur boulot rapidement. Deux mois de travaux suffiront, au lieu de trois. Il faut dire que dans un cas si particulier, ils nous font un peu passer en priorité par rapport à d’autres chantiers, et évitent les temps morts.

Une fois la maison remise dans le même état qu’avant l’incendie, tout n’est pas terminé pour autant !

Déjà, du côté du constructeur, il faut encore enduire la maison, remettre la terre en place, et faire le diagnostic RT2012.

Pour les travaux à faire de notre côté, il reste à poser et huiler le plancher, coller les tapisseries et les plinthes, installer les meubles bas de la cuisine (le carrelage en crédence et les meubles hauts peuvent attendre… d’ailleurs, ils attendent toujours).

Et ça, ça prend beaucoup plus longtemps que prévu ! Finalement, on n’aurait jamais pu emménager à la date escomptée. Heureusement, c’était cette fois bien moins stressant, Monsieur B. nous laissant louer son gîte aussi longtemps que nécessaire.

Nous emménageons enfin début décembre 2015. Pimprenelle a 5 mois.

Bilan :

  • six mois dans un gîte pas très pratique
  • une perceuse et une visseuse volées (ben oui, c’était dans le garage avec tous nos meubles, et laissé un peu trop en évidence…)
  • une très belle rencontre avec Monsieur et Madame B. (l’occasion aussi de se faire indiquer les bons producteurs sur le marché, plutôt que de tâtonner longtemps pour les trouver !)
  • le temps de terminer les travaux sans stress (de la précipitation et des erreurs tout de même, mais je suppose que c’est normal !)

Mais après toutes ces mésaventures, nous voilà chez nous pour de bon !

Et toi ? Tu as connu de gros imprévus au cours d’un chantier dans ta maison ? Viens en discuter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

21   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virginie

ton histoire est racontée de sorte à ne pas dramatiser mais, franchement, vous deviez être effondrés sur le coup !
Je comprends l’histoire de l’assurance qui se retourne contre l’autre assurance pour se faire rembourser le gîte. En revanche, je suis surprise d’entendre que ton assurance attend ça pour te rembourser toi. Du coup, je vais de ce pas me renseigner sur la mienne. C’est bien beau d’afficher 12 mois de relogement, etc. mais si t’es ruinée avant qu’ils daignent te rembourser, je trouve ça vraiment limite. Après tout, c’est plutôt des histoires entre assureurs qui ne te regardent pas. Tu paies une garantie, tu ne leur demandes pas comment ils font pour la financer. grrrrr

Bien contente pour vous que tout est bien qui finit bien.

Oups ! un dernier point qui m’interpelle car nous sommes justement en plein choix parquet : est-ce que vous l’avez huilé + vitrifié ? ou seulement huilé ?
On a hésité car j’aime beaucoup le rendu du huilé mais on nous a expliqué qu’il fallait le huiler une fois par an… une fois tous les meubles installés, les rebouger tous les ans ne nous a pas trop branchés mais ton retour m’intéresse beaucoup.

le 12/10/2016 à 07h54 | Répondre

Tamia (voir son site)

Pour le parquet huilé, mes parents ont fait ce choix. Concernant l’entretien, ils ne se prennent pas trop la tête ! Ils huilent tous les ans voir tous les 2 ans, en fait si le parquet prend un peu trop les marques, ils huilent… Et ils ne s’embêtent pas à bouger les gros meubles (genre buffet, bibliothèque), en gros ça leur prend 1,5 jours (temps de séchage inclus) pour « re-huiler » leur séjour. J’espère que ces infos t’aideront !

le 12/10/2016 à 08h38 | Répondre

Virginie

Super, merci 🙂

le 12/10/2016 à 09h37 | Répondre

Lutine Chlorophylle

En fait cette assurance n’est pas vraiment supposée couvrir les frais autres que matériels. D’où le fait qu’ils n’avancent pas ces frais-là. (Peut-être qu’en se montrant plus méchants ils auraient pu les avancer tout de même, c’est possible… Mais nous sommes des agneaux.)

Pour le parquet, nous avons choisi une huile dure, que l’on pourrait qualifier d’intermédiaire entre huile et vernis, niveau entretien. Pas besoin d’en mettre une fois par an. Chez mes parents c’est comme ça et ils en ont remis au bout de 15 ans.
Cependant, chez nous il y a du parquet PARTOUT… Et autant dans les chambres c’est une solution qui me semble tout à fait satisfaisante, autant, dans les pièces plus passantes et les pièces humides, à refaire, on mettrait du vernis. D’autant que maintenant les vernis ne sont pas forcément brillants, on peut garder un aspect et un toucher assez proche de celui du bois… (Chez mes beaux parents c’est parquet partout, mais avec vernis brillant, et pour le coup on trouvait ça moins sympa.)

le 12/10/2016 à 12h16 | Répondre

Virginie

on ne m’a pas du tout parlé d’huile dure, peux-tu être plus claire sur la référence stp ? parce que là tu m’intéresses vraiment, il s’agit pour nous du parquet de l’étage, du coup chambres/dressing/pièce palière en haut de l’escalier.
Après, je te rejoins pour les pièces passantes. En bas, je n’hésiterai pas pour le vernis/vitrifiant.

le 12/10/2016 à 12h21 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Je ne peux pas t’en dire davantage, il y a des tonnes de références ! 😉 A priori en faisant une recherche je ne tombe que sur des trucs « écolos », du coup ce n’est peut-être pas courant en gamme traditionnelle .

le 12/10/2016 à 15h48 | Répondre

Tamia (voir son site)

Vous avez dû avoir une sacré peur !
Comme Virginie, je suis assez surprise que vous ayez dû avancer les frais de relogement…
Finalement, vous avez réussi à tirer du positif de cette aventure et c’est super que tout se termine bien ! Avec en prime une jolie rencontre !

le 12/10/2016 à 08h41 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je n’ose imaginer la frayeur surtout sur le point d’accoucher.
Heureusement que cela se finit à peu près bien (les assurances c’est vraiment la plaie parfois).
J’espère que vous y êtes bien 😀

le 12/10/2016 à 08h54 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Nous y sommes bien… Même si on pense déjà à repartir, haha ! 😀 Pas tout de suite hein, mais comme on a toujours su que ça ne serait pas la maison de notre vie, on réfléchit à la suite. 🙂

le 12/10/2016 à 14h33 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Wow, quand j’ai lu le titre, le « oh m*** ! » est sorti tout seul…. Quelle épreuve ça a dû être… Même si vous n’avez pas perdu vos affaires (l’incendie qui détruit tes souvenirs me terrifie depuis longtemps, je pense régulièrement à ce que je choisirais d’emporter si je devais quitter l’appartement en feu), ça fait doit être sacrément stressant de ne pas savoir où on vivra à 3. Du coup c’est très touchant, votre rencontre avec des gens tout simplement humains, et la réactivité des artisans pour écourter au maximum la situation. Pour les assureurs en revanche, on voit qu’une fois de plus le système joue plus pour lui que pour nous (je connais une assureuse au bord du burn out car son boulot est de trouver la faille pour ne pas rembourser les gens). Mais globalement ton récit plutôt apaisé et le soutien que vous avez reçu m’a mis dans le coeur une petite lumière en début de journée en remplacement du pincement en commençant à te lire. Heureuse que vous soyez bien chez vous, je vous souhaite d’y construire plein de beaux souvenirs

le 12/10/2016 à 09h05 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Avoir rencontré Monsieur et Madame B. a effectivement été une bonne surprise dans notre désarroi. Mais paradoxalement, on a assez bien vécu tout ça (surtout une fois qu’on a eu cette solution de relogement… Non parce que l’option « camping », même si on l’a envisagé et même si elle ne m’effrayait pas sur le moment, HEUREUSEMENT qu’on ne l’a pas choisie ! Avec une canicule, puis quand même on a finalement emménagé en décembre, glagla !)

le 12/10/2016 à 14h31 | Répondre

Flora (voir son site)

Mince alors ! Quand tu parlais des retards inattendus je pensais aux artisans qui prenaient leur temps mais pas à ça !
Vous avez eu beaucoup de chance dans votre malheur c’est vrai, c’est chouette que tu te focalise sur ça 🙂
Tu m’as convaincu, je vais me renseigner sur l’assurance travaux.

le 12/10/2016 à 09h17 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Ça coûte genre 5€/mois ! C’est très peu cher parce qu’en général, ce genre de chose n’arrive pas, donc ils ne prennent pas beaucoup de risques.

le 12/10/2016 à 14h35 | Répondre

MlleMora

Ca a dû être horrible comme période ! C’est sûr qu’aujourd’hui tu peux en parler avec du recul, mais sur le moment ça devait être super dur !
En tout cas, M et Mme B. ont l’air d’être des gens supers, donc dans votre malheur vous avez eu des petits bonheurs merveilleux quand même, c’est la magie de la vie !

le 12/10/2016 à 13h39 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Oui on n’aurait eu aucune raison de les rencontrer sans ça ! 🙂

le 12/10/2016 à 14h36 | Répondre

Mélimélanie

Quand je vois les photos de l’article je ne peux m’empêcher de me mettre à ta place et d’imaginer comment j’aurais réagi si j’avais vu mon appartement comme ça.
Cela a du être très difficile mais tu as une façon très apaisé de le présenter. Je suis quand même rassurée de savoir que la fin est heureuse et que vous êtes maintenant dans votre maison!

le 12/10/2016 à 14h23 | Répondre

Lutine Chlorophylle

Le fait que la maison ait été en construction seulement (donc finalement ça ne touchait pas à notre vie directement, c’est un lieu qui n’était pas habité) a sans doute grandement contribué à ce qu’on soit assez zen avec tout ça. Mais bon, il faut dire aussi que depuis cet épisode, plus d’une année s’est écoulée, et on est maintenant chez nous : forcément, ça aide à ne pas dresser un tableau noir (de suie… hahaha ! Hem. 😀 )

le 12/10/2016 à 14h39 | Répondre

maelisa

Quand je pense que nous allons lancer notre construction et que nous venons de renoncer à cette assurance … 🙁 mais c’est parce que nous faisons une grosse part des travaux nous mêmes ; donc ça ne fonctionnerait pas facilement. Cependant, ça m’encourage à prendre une assurance habitation classique (ou adaptée ) dès que nous commencerons.
Vous avez dû passer un moment difficile, heureusement que vous étiez chez un couple aux petits soins !

le 12/10/2016 à 14h26 | Répondre

Claire (voir son site)

Quand j’ai lu le titre, je me suis dit « Oh non, pas ça! »
Mais finalement quand je lit ton récit, je me dit que peut être cela devait se passer comme ça 😉

le 12/10/2016 à 18h01 | Répondre

Madame D

J’ai envie de pleurer quand je lit ton article. Tu arrive a donner l’impression que c’est pas la cata mais a ta place je serais au fond du trou …

le 13/10/2016 à 09h39 | Répondre

Miss Chat

Oh mon dieu, quand j’ai lu le titre, j’ai ouvert de ces yeux ! :/ Ton article a l’air très posé (je suppose dû au recul un an plus tard ?) mais ça a dû être complètement traumatisant comme expérience. Mince, ta maison en construction prend feu quoi !!!
J’espère que ça n’a pas été trop dur à gérer les premiers mois avec Pimprenelle dans cette situation. Un petit article DMT ? 😀

le 13/10/2016 à 11h12 | Répondre

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