Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

J’ai la flemme


Publié le 29 octobre 2019 par Bibi

Quand les feuilles commencent à tomber, que le ciel devient plus gris et que les jours raccourcissent, j’ai la flemme.

Qu’est-ce qui m’arrive?

Tu connais ce moment où tu n’as aucune énergie, aucune motivation? C’est la flemme. C’est ce perpétuel « j’ai pas envie » qui me hante. C’est l’impression qu’aucun objectif ne vaille la peine de dépenser ne serait-ce qu’un iota d’énergie.

La flemme, c’est ce moment où je me demande pourquoi. « Pourquoi sortir? » « Pourquoi maintenant? » « Pourquoi moi? » Et surtout… « pourquoi cette couette est inhabitée? » Rien ne semble plus attirant qu’un moment sans rien faire. Ou à faire quelque chose qu’il n’est absolument par raisonnable de faire, mais qui donne un immense sentiment de satisfaction. Pour moi, c’est relancer une partie de mon jeu vidéo. Ou rester sous ma couverture, dans mon canapé, à regarder ma série préférée. Un moment rien qu’à moi, cosy, où la meilleure décision de ma journée a été d’abandonner tous mes devoirs et de juste profiter. Un moment de flemme.

Crédit photo (creative commons): Martina Misar-Tummeltshammer

La flemme est vicieuse et peut frapper à tout moment. Elle peut surgir en plein milieu d’une activité. Alors que ma pâte à cookie est prête et qu’il ne reste qu’à l’étaler. Pendant le trajet qui m’amène à cette soirée que j’anticipais depuis deux semaines. Et d’un coup, je me demande ce que je fais… et pourquoi je le fais. Cette attaque subite de flemme est souvent passagère, et ne demande qu’un discours intérieur plein de vigueur et d’entrain pour disparaître.

J’ai la flemme, ça veut souvent dire que comparé à d’autres moments plein d’enthousiasme, il va me falloir plus d’énergie pour faire ce qu’il faut faire. Sans vraiment se forcer, mais en me mobilisant plus. Et plus consciemment. Prendre une grande respiration, saisir à deux mains mon ardeur invisible et lui souffler : « on y va, allez! ».

Une grande paresse

De loin, tout ça ressemble à de la paresse. Peut-être même que tu appellerais ce que je décris de la paresse ou pire, de la fainéantise.

Déjà, j' »ai » la flemme, c’est une maladie passagère, particulièrement virulente quand les jours raccourcissent. Alors que si je « suis » paresseuse, c’est un défaut de personnalité, une tare qui me rend insortable et très peu bonne à marier.

On peut se sortir d’une flemmingite aiguë. Il suffit de se faire un minimum violence et ranger l’appartement, finir ce mail et sortir faire les courses. Et je me retrouve, sans le savoir, plus active que si je n’avais pas eu mon attaque de flemme.

Si je cède à la paresse, je suis faible et inefficace. Je ne fais que remettre au lendemain. Quand je suis paresseuse, je procrastine, je traîne sur des sites Internet inutiles au lieu de travailler, je regarde la télé au lieu de ranger l’appartement. C’est mal. Je n’en tire aucune satisfaction, puisque je ne fais qu’éviter l’inévitable. Je capitule face à une faiblesse personnelle, je ne mérite pas d’en tirer satisfaction.

Céder à la tentation

Car selon moi, il y a une différence fondamentale entre paresse et flemme: le sentiment de culpabilité.

Avoir la flemme, ce n’est pas forcément négatif. C’est aussi profiter d’un long moment sous une couverture avec un thé à regarder la pluie tomber. C’est encourager l’amour de ma vie à consacrer sa soirée à juste être blottis l’un contre l’autre. C’est d’autant plus profiter d’amis parce qu’il a fallu un effort supplémentaire pour sortir de l’appartement et prendre ce fichu métro.

Crédit photo (creative commons): Matthew Henry

La flemme donne autant de récompenses quand on s’y livre que quand on la combat. Elle me donne la satisfaction de profiter d’un moment volé. Et je peux m’abandonner totalement à la lascivité qui me tentait depuis si longtemps. Je m’accorde, ne serait-ce qu’un instant, ce petit moment de faiblesse, qui a meilleur goût après y avoir autant résisté.

Parfois, les circonstances font que oui, j’ai raison de préférer ne rien faire. Être malade justifie pleinement des heures de flemme à regarder Outlander. Et généralement, l’entourage est suffisamment compréhensif pour encourager toute flemme; ce sont eux qui préparent et apportent le thé, qui récupèrent les mouchoirs qui traînent. Une flemme aussi socialement acceptable est rare. Alors, quitte à être malade, autant en profiter à fond, selon moi.

Casanière, moi?

Ma flemme a des grands avantages tactiques. Une fois déployée l’énergie nécessaire à la surpasser, rien ne m’arrête. Il me faut juste surmonter ce petit coup de mou, et je repars sur les chapeaux de roues, plus efficace que jamais. Efficacité qui, d’ailleurs, me permettra de mieux flemmer ensuite.

Souvent cependant certaines activités que je devrais anticiper avec plaisir sont gâchées par ma flemme. Car ce qui m’arrive le plus souvent, c’est d’avoir la flemme de sortir de la maison. Savoir comment s’habiller, prendre les transports, aller dans des endroits inconnus: tout autant d’éléments dont ma flemme se nourrit pour mieux me crier « pourquoi? Tu es si bien ici, au chaud! ».

Alors, trop souvent, je préfère le confort de mon nid douillet. Je sais, je sais, « j’ai la flemme » n’est pas une excuse acceptable et acceptée pour refuser une invitation. Ce qui m’a rendu quelque peu casanière. (enfin, ça et mon mari qui était plus casanier que moi quand je l’ai rencontré). L’hiver suédois n’encourage pas cet aspect d’ours solitaire. Notre couple de pantouflards se contente donc de flemmer à deux, lovés confortablement dans notre canapé. Instants d’amoureux certes très appréciables (et appréciés), mais qui ne remplacent pas l’effervescence d’une sortie.

Crédit photo (creative commons): Aleesha Wood

Quand, à force de persévérance, j’arrive à surmonter ma flemme et profite d’une balade, d’une soirée ou autres incartades en dehors de ma zone de confort, j’en suis toujours fière. Et je pense que j’en profite plus, en sachant au fond de moi l’énergie que j’ai dépensé pour me tirer de ma flemme. « ça vaut le coup, en fait », me dis-je à chaque fois. Et chacune de ces pensées rend la prochaine fois où je serais atteinte d’une flemmingite aiguë plus facile à combattre.

Toi aussi, tu as la flemme? Comment fais-tu pour la combattre?

Commentaires

Sarah

La vie est tellement faite de contraintes … il faut faire ci, il faut faire ça … que j’embrasse la flemme à bras grands ouverts ! savoir s’occuper de soi, se ressourcer pour mieux s’adonner à toutes ces corvées du quotidien, la flemme du weekend c’est ce qui me permet d’arriver en forme au travail le lundi, ce qui me permet d’être de bonne humeur le soir quand je rentre à part d’heure et que je n’ai pas envie de faire la vaisselle, c’est un état d’esprit en soi pour mieux affronter le monde extérieur 🙂

le 29/10/2019 à 21h55 | Répondre

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