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Mon entrée en catéchuménat : la cérémonie !


Publié le 13 mars 2019 par Urbanie

Aujourd’hui, nous allons aborder le côté pratique de ma conversion, puisqu’ aujourd’hui, je vais te raconter mon entrée « officielle » en catéchuménat.

Il faut savoir que, lorsque tu demandes le baptême catholique, tu n’entres pas immédiatement en catéchuménat: avant cela, il y’a la période de « pré-catéchuménat » (logique implacable, me diras-tu), que l’on appelle également période d’évangélisation, qui a pour fonction de te familiariser avec la religion catholique. Cette période n’est pas vaine, elle sert au contraire à confirmer ton envie -ou pas! d’avancer vers le baptême. C’est à dire que si tu sens que tu bloques sur des principes fondamentaux du dogme, cela peut être bien de te poser quelques questions supplémentaires avant de poursuivre.

A toutes fins utiles, je rappelle que le baptême catholique prend environ 2 ans (même si rien n’est figé dans le marbre), la période de pré-catéchuménat pouvant elle aussi être plus ou moins longue, à l’appréciation du curé de ta paroisse, et selon ton parcours.

Personnellement, cette période d’évangélisation aura duré 6 mois, mais il me fallait bien cela parce que je viens de loin (alors je vis chaque jour comme le dernier padapapam) (pardon, j’avais très envie de faire cette blague).

Si cela t’intéresse, je pourrai t’envoyer la feuille de route de mon entrée en catéchuménat (envoie-moi un petit mail à urbanielamarmotteuse@gmail.com ). En attendant, voici mon récit de la cérémonie…

Crédit photo (creative commons): reenablack

La cérémonie

Notre entrée en catéchuménat s’est faite dans la paroisse à laquelle je suis rattachée, pendant « la messe des familles », un dimanche matin. Si tu ne connais pas, la messe des familles, c’est un peu « la » messe où tout le monde vient par chez moi, puisque les familles peuvent y poser leurs charmants bambins à la garderie pour communier tranquillou. Le curé avait donc décidé de nous « introniser » à cette occasion, ce qui est assez logique: l’entrée en catéchuménat sert à te présenter à la communauté chrétienne, donc tant qu’à faire, autant qu’il y’ait du monde. CQFD.

Le truc, c’est que ça peut du coup devenir vachement intimidant.

J’ai eu de la chance: je n’étais pas seule, nous étions 3 à faire la demande ce jour-là. Nous avons donc pu nous appuyer les unes sur les autres pour avancer ensemble et nous rassurer pendant toute la messe en question.

Là où je vais, le rituel est très formalisé et démarre symboliquement par notre demande d’entrée (physique) dans l’église: là encore, la démarche est hyper logique, puisque qu’en entrant en catéchuménat tu demandes à entrer dans l’Eglise, avec un grand « E ». Nous avons donc du attendre le début de la messe, planquées dehors devant les portes fermées, pour nous manifester. Le curé nous avait donné un petit marteau en bois, et nous avons du chacune taper trois fois à la porte de l’église avec ce marteau, le plus fort possible, pour que tout le monde nous entende. Le curé avait bien insisté sur ce dernier point: « allez-y franchement, il ne faut pas hésiter à frapper! ». Dont acte.

Tu me vois venir? Oui: on a frappé tellement fort qu’on en a abimé la porte.

(Nota bene: On ne pourra pas nous accuser de ne pas être motivées à demander le baptême, c’est toujours ça de pris).

Une fois la porte démolie ce premier rituel terminé, les grandes portes de l’église s’ouvrent (c’est impressionnant!) et nous voilà devant M. le curé, et, surtout, l’intégralité de l’assemblée des fidèles entièrement tournée vers nous (c’est VACHEMENT impressionnant).

A ce stade, nous sommes alignées toutes les 3 côte à côte, et nous devons nous avancer vers le curé qui nous tend un micro pour réciter un ensemble de répliques (qui nous auront été communiquées auparavant par mail, je te rassure – on est pas la pour faire du freestyle façon Kamoulox). Et là, je dois te dire un truc: si nous sommes bien alignées au moment de l’ouverture de la porte, au moment d’avancer mes deux co-catéchumènes ont courageusement reculé d’un pas comme un seul homme, me laissant seule devant le curé.

Merci pour ce moment, comme dirait l’autre.

Histoire de ne pas planter le curé et de ne pas passer pour une trouillarde finie, me voila donc qui avance d’un pas et qui entre dans l’église, genre « même pas peur » (Jean-Mi, qui assistait à la scène, me dira par la suite « on t’a vue avancer seule, j’ai pensé que t’étais vachement sure de toi »! NON, ON M’A TRAHIE, TU M’ENTENDS!) (Je deviens légèrement dramatique quand je stresse).

Le curé cite nos 3 prénoms, et nous pose à chacune 3 questions:

Q: « Comment t’appelles-tu »?/ R: « Urbanie »;

Q: « Que demandes-tu à l’Eglise de Dieu? » / R: « La foi »;  

Q: « Que t’apporte la foi? »/ R: « La vie éternelle ».

A ce moment, j’ai tellement le trac que j’ai très peur d’en oublier mes « répliques » (c’est limite si j’ai peur d’oublier mon prénom et de répondre « Nathalie » à la place d’ « Urbanie ») mais heureusement pour moi et ma mémoire défaillante: le curé n’est pas seul. Il est en effet accompagné des autres prêtres de la paroisse, mais aussi et surtout d’un jeune garçon, au visage parfaitement impassible (impressionnant, j’ai rarement vu ça) qui lui porte le texte sous les yeux – je ne sais pas qui tu es, toi le jeune qui a à peine cligné des yeux durant l’intégralité de la cérémonie, mais je ne te remercierai jamais assez pour ce petit pense-bête incroyablement bienvenu.

Viens ensuite le moment de la procession dans la nef, de la porte jusqu’à l’autel – parce que tant qu’à faire, on va tous rentrer fièrement via l’allée principale, et pas en rampant sous un banc (oui, j’y ai pensé) (« continuez sans moi les gars, on se rejoint à l’autel »). Niveau sensation, c’est un peu comme à ton mariage, sauf que tu ne connais personne dans l’assemblée et que tu moins bien habillée, ce qui est donc un poil plus angoissant (euphémisme, j’écris ton nom). J’ai personnellement fait toute la procession les mains dans les poches, avant de me dire que ça pouvait être pris comme une nonchalance malvenue dans un moment si solennel. Oups, désolée: je ne savais juste pas quoi faire de mes mains!

Une fois arrivées, nous devons ensuite nous positionner debout devant l’autel, et là, j’avoue que c’est assez flou: sous l’effet du stress, j’ai oublié quasiment tout ce qui s’est passé (et pourtant, c’était – littéralement- hier au moment où j’écris ces lignes). Je me souviens simplement du soulagement, quand j’ai enfin pu aller m’assoir (désolée: si tu comptais sur cet article pour t’instruire, c’est raté!).

Crédit photo (creative commons): StockSnap

 

Et après?

Bref, à noter: quand tu entres en catéchuménat, tu es un peu la star de ta paroisse (au moins pendant 1h), donc il faut se préparer mentalement si (comme moi), tu n’es pas hyper à l’aise avec le fait d’être observé(e) (et moi, quand je me force à sourire, j’ai l’air d’une serial killer, donc c’est te dire à quel point je devais avoir l’air totalement flippante crispée).

Ce qui est sympa, c’est qu’après la cérémonie des paroissiens sont venus nous saluer pour nous féliciter, et j’ai trouvé ça très chouette et très bienveillant. Quand tu es catéchumène, tu es très entouré(e), et les paroissiens sont vraiment prêts à t’accueillir et à t’aider, c’est hyper appréciable quand (comme moi) tu n’as pas du tout l’habitude d’aller à l’église. Donc oui: tu peux te convertir même quand tu a une culture catholique proche de zéro, personne ne se moquera de toi, c’est même plutôt le contraire!

Nous avons ensuite attendu un peu avant d’aller signer une feuille qui officialisait notre entrée en catéchuménat, et zou! Me voilà donc membre de l’Église – même si je n’ai pas encore tout à fait les mêmes droits que celles et ceux qui ont déjà été baptisés mais ça, c’est plutôt normal.

Voilà pour l’explication du jour!

Et toi, tu as d’autres questions? Sur le déroulé de la cérémonie par exemple? Pose-moi tes questions, en j’essaierai d’y répondre!

Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madeleine

Bienvenue😘😘

le 13/03/2019 à 08h56 | Répondre

Madame Colombe

Merci pour cet article, j’apprends plein de choses!
Bonne continuation dans votre parcours.

le 13/03/2019 à 12h12 | Répondre

Emilie

Génial je ne savais pas du tout comment se déroulait une entrée en catéchumat. Merci beaucoup pour ce récit.

le 13/03/2019 à 13h36 | Répondre

Urbanie

J’avoue que je n’y connaissais rien non plus avant, et que j’ai eu beaucoup de mal à trouver des infos sur internet!

le 13/03/2019 à 16h34 | Répondre

Annia

Bienvenue en catéchuménat! Bon, et quand même, on a lu ton témoignage avec mon mari et on en a pleuré de rire (« mais comment ils ont pu s’y prendre pour casser cette fichue porte?? »)! Merci beaucoup pour ton témoignage!

le 13/03/2019 à 15h01 | Répondre

Urbanie

Ah oui ah ben me demande pas comment on a fait, je crois que c’était le trac!

le 13/03/2019 à 16h35 | Répondre

gailing

Félicitations et Bravo, j’ai encore une fois beaucoup ri à la lecture (comme souvent sur ce blog) . Nous assistons quelquefois à la messe des familles (ma fille anime au chant ou au saxo) et je suis toujours impressionnée quand des catéchumènes arrivent et doivent répondre aux questions. Pour ma part je ne sais pas si .j’aurais pu.. Mais au fait on dépend peut être de la même paroisse!

le 19/03/2019 à 17h06 | Répondre

Urbanie

Bonjour,

Nous n’avons pas de saxo là où je vais, donc je ne pense pas. 🙂 Je suis rattachée à une paroisse du 15eme arrondissement de Paris!

le 20/03/2019 à 17h08 | Répondre

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