Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Nous sommes tous ethnocentrés


Publié le 24 août 2015 par Claire Gezillig

Tu le sais peut-être, je suis professeur de français langue étrangère de formation. C’est-à-dire qu’entre autres choses (parce que j’aime avoir une vie diversifiée), j’enseigne le français à des gens dont ce n’est pas la langue maternelle.

J’ai étudié pour exercer ce métier. Dans mon master, nous avons donc eu quelques cours sur l’interculturel.

Parce qu’une langue, c’est souvent associé à une ou plusieurs cultures.

Parce qu’en tant que prof de langue étrangère, on est amené à rencontrer des personnes de cultures différentes (cultures scolaires aussi, d’ailleurs : un apprenant coréen n’aura pas les mêmes réactions qu’un apprenant suédois par rapport à mes pratiques de classe).

Et puis mes connaissances interculturelles, je les ai aussi utilisées lors de mes voyages ou en habitant ailleurs.

Famille indienne

Crédits photo (creative commons) : Harsha K R

Mais tu te demandes peut-être…

C’est quoi l’interculturel ?

L’interculturel, c’est avoir conscience qu’il existe différentes cultures, et que nos actions, nos rapports sont conditionnés par notre culture. Rencontrer quelqu’un d’une culture différente peut donc créer des problèmes de compréhension ou d’interprétation.

Une approche interculturelle, c’est une ouverture à l’autre, pour tenter de combattre notre ethnocentrisme.

Et là, tu te demandes donc…

Ça veut dire quoi être ethnocentré ?

Être ethnocentré, ça veut dire lire les actions des autres par le prisme, le filtre de sa propre culture. Ce processus est surtout inconscient. Tu vas juger quelqu’un impoli/intrusif/bizarre juste parce qu’il n’agit pas suivant les mêmes règles que ta culture.

Je vais te donner des exemples très simples, tirés de mon vécu personnel, pour que ce soit plus clair.

Quand j’étais au Burkina Faso (je ne sais pas si le comportement dont je vais parler est propre à tout le pays, à la région dans laquelle j’étais ou à l’ethnie du village, je ne veux pas faire de généralités), je me suis liée d’amitié avec des locaux qui, après quelques semaines, ont pris l’habitude de venir chez moi sans invitation, à n’importe quelle heure du jour. Puis m’ont rapidement reproché de ne pas venir chez eux.

Ma réaction première, ethnocentrée, a été de trouver ça bizarre, un peu gênant et plutôt impoli, de s’imposer comme ça… Jusqu’à ce que je comprenne que c’était une vraie preuve d’amitié que d’aller chez les gens sans invitation. Les amis sont considérés comme toujours bienvenus, et prendre la peine de formuler des invitations précises (avec temps et heure), c’est dire à la personne qu’on ne la considère pas comme un ami.

Deuxième exemple, moins exotique, dirons-nous, c’est ici, aux Pays-Bas. Un jour, l’amoureux m’a dit : « Ce soir, on va chez mes parents. » Puis vers 18h : « Qu’est-ce qu’on pourrait manger ce soir ? » Forcément, moi, j’ai répondu : « Mais tu m’as dit qu’on allait manger chez tes parents ! » Mon cerveau de petite française ne pouvait pas prendre en considération qu’on puisse être invité chez quelqu’un sans que ce soit pour manger ! Et bien sûr, je trouvais (et trouve encore un peu, mais je me soigne) ça bizarre…

Bon, donc, on est tous ethnocentrés. Oui, oui, tous ! Même si on part avec un avantage en ayant grandi dans un environnement multiculturel, personne n’a eu l’occasion de vivre dans toutes les cultures du monde. On a tous besoin de prendre conscience de ces pensées automatiques, fruits de notre (nos) culture(s), si on veut avoir une démarche interculturelle.

Nos comportements sont culturellement marqués, dans les moindres détails

S’il est facile de prendre conscience de notre ethnocentrisme dans le cadre des règles sociales d’invitation, il faut aussi savoir que nous sommes marqués par notre culture dans des détails encore plus petits.

Voici une liste non exhaustive de ces petites différences comportementales qui peuvent créer des problèmes de compréhension ou d’embarras dans des rencontres interculturelles :

Ce que tu dis, et la façon dont tu le dis

Il y a des cultures où ne rien dire peut vouloir dire  : « Je n’ai aucune suggestion/objection », et d’autres où c’est une façon d’exprimer son désaccord.

Autre exemple : pour certaines cultures, parler par euphémisme est juste une forme de politesse (« Il a dit qu’il n’avait pas trop envie, ça doit vouloir dire qu’il ne veut pas le faire. »), alors que pour d’autres, ce sera toujours pris au sens littéral (« Il a dit qu’il n’avait pas trop envie, ça veut dire qu’il n’est pas totalement opposé à le faire non plus. »).

La manière dont tu salues les gens

Il y a des pays où les salutations passent par des questions sur la santé de la famille, d’autres où on va vous demander où vous allez… Les réponses sont aussi ritualisées.

Si (sans doute après un temps d’arrêt, car tu trouves la question un peu incongrue) tu commences à vraiment donner des nouvelles précises de chaque membre de ta famille à celui qui t’a posé la question « Et comment va la famille ? », tu risques de le mettre mal à l’aise à ton tour.

Et sinon, as-tu remarqué qu’en français, on ne dit bonjour à une personne qu’une fois dans la journée ? Quand j’étais jeune fille au pair, je croyais que le petit se moquait de moi en disant « Hello Claire ! » dix fois par jour.

Le contact visuel

Il me semble que dans les cultures occidentales, le contact visuel est interprété comme une preuve de franchise et d’intérêt. Alors que dans d’autres cultures, il peut être pris comme un signe d’agressivité ou d’arrogance.

La répartition des tours de parole, et la présence ou non de blancs dans la conversation

Bon, en général, on parle chacun son tour. Mais suivant les cultures, on peut laisser plus ou moins de blancs (il me semble qu’on accepte plus facilement de laisser passer des anges aux Pays-Bas qu’en France).

Et surtout, la pause inter-tour n’a pas la même longueur. Dans les cultures latines, on a tendance à avoir une tolérance pour le chevauchement, alors que les cultures anglo-saxonnes respectent quelques millièmes de seconde de pause avant de considérer qu’on peut prendre la parole sans couper… Dans certaines cultures asiatiques, il est même d’usage de laisser passer quelques secondes pour donner à chacun l’opportunité de réfléchir à ce qu’on vient de dire.

Nous avons tous inconsciemment intégré un seuil de temps pour lequel il n’est pas considéré comme impoli de prendre le tour de parole. Si tu te retrouves avec quelqu’un dont le seuil est plus bas que le tien, tu auras l’impression désagréable qu’il te coupe tout le temps, qu’il ne te laisse pas parler, qu’il est agressif ou irrespectueux. Inversement, l’autre personne pourra penser que tu ne t’engages pas vraiment dans cette conversation.

L’espace vital et le contact physique

En tant qu’individus, nous n’avons pas tous la même norme en ce qui concerne l’espace physique à laisser entre un interlocuteur lambda et nous-même. Mais entre différentes cultures, ça peut encore plus varier !

On peut ainsi considérer quelqu’un qui nous impose une trop grande distance comme quelqu’un de froid. Ou prendre la tendance à se rapprocher de quelqu’un d’autre pour une forme d’agression, d’envahissement de son espace intime.

Et le fait de toucher ou non son interlocuteur peut être interprété très différemment. En 2009, je suis passée presque sans transition du Burkina à l’Angleterre, c’est-à-dire d’une culture où j’avais l’impression d’être « tripotée » un peu trop par tout le monde, à un pays où on m’a dit qu’il ne fallait surtout pas toucher les enfants (je travaillais en maternelle et en primaire)… Pas facile de faire le caméléon !

Les gestes

Ils ne sont pas non plus universels et on a tendance à l’oublier…

Hocher la tête pour acquiescer n’est pas un geste connu partout… Il y a même des endroits où c’est en bougeant la tête de droite à gauche qu’on exprime son accord ! Je n’ai jamais vécu ce malaise, mais par contre, j’ai mis un peu de temps à comprendre qu’ici, aux Pays-Bas, secouer sa main près de sa tête voulait dire : « C’est délicieux ! »

Petits détails, donc, mais grands risques de mauvaise interprétation !

Avoir conscience de tout ça, c’est le premier pas pour éviter les interprétations hâtives. On peut prévoir le choc culturel pour anticiper les difficultés de communication. Mais bien sûr, ce n’est que le premier d’une longue liste…

On pourrait parler de toutes les autres étapes nécessaires à l’adaptation à une autre culture, mais je crois que ça commence à faire beaucoup pour aujourd’hui… Alors si ça t’intéresse, je peux préparer un autre article (faut juste demander en commentaire). D’ailleurs, si tu vis ou si tu as vécu à l’étranger, tu peux peut-être nous faire toi aussi un article sur les difficultés de communication que tu as rencontrées, ou les spécificités communicatives de ta culture d’adoption (moi, ça m’intéresse !) ?

Et toi, tu as déjà vécu des malaises à cause de ton ethnocentrisme ? Tu avais conscience de tous ces petits détails qui diffèrent d’une culture à l’autre ? Dis-moi ! 

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !


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Commentaires

39   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Vélo

Très intéressant tout ça ! J’ai eu l’occasion d’expérimenter l’interculturalité pendant mon semestre d’étude aux Etats-Unis et lors de mon séjour au Bénin.
ça m’a fait rire quand tu dis qu’en France on ne dit bonjour qu’une seule fois… ça m’a fait pensé qu’au Bénin, au lieu de dire « au revoir » on dit « à tout à l’heure » car on se donne la possibilité de re-croiser la personne dans la journée ! Je trouve ça génial comme principe 🙂 et pareil, à partir de midi ils ne disent plus « bonjour » mais « bonsoir », alors que chez nous on attend facile 18h pour dire « bonsoir ».
Mais je trouve qu’on est plus facilement ouvert à l’interculturel quand on s’y attend (par exemple quand on part dans un pays étranger) que lorsqu’on ne s’y attend pas (par exemple dans notre quotidien – c’est là qu’on va trouver les gens bizarre/impoli/désagréable/etc.)

le 24/08/2015 à 09h22 | Répondre

Claire Gezillig

C’est sûr… Surtout qu’on n’a pas toujours conscience qu’il y a aussi des comportements culturels régionaux (ponctualité, le fait de faire rentrer des inconnus chez soi ou de les recevoir devant sa porte…) et sociaux (ex : le tutoiement en France n’est pas toujours utilisé de la même façon suivant les milieux sociaux).

Après, s’il est vrai qu’on fait plus attention qu’on est à l’étranger, ça ne nous empêche d’y faire des jugements hâtifs ou des généralités fausses. Pour se repérer, on a tendance à classer très vite sans se rendre compte qu’on plaque un jugement ethnocentré.
Surtout quand on part d’une impression floue car on n’analyse pas ce qui nous fait dire ça (c’est difficile de se rendre compte par exemple que notre malaise vient de l’espace vital différent par exemple).

le 24/08/2015 à 11h14 | Répondre

Mme Ebène

Je l’attendais avec impatience cet article 😉 Le plus dur est d’apprendre que sa façon de penser n’est pas forcement la meilleure. Quand j’ai commencé à fréquenter mon mari, il me disait souvent que mes remarques sonnaient hautaines, et maintenant je commence à voir de quoi il parlait quand on accueille des français et qu’ils font les mêmes remarques… Il y a quelques semaines un collègue suédois m’a dit intrigué : tu manges aussi du pain à la confiture le matin ? ça m’a fait rire qu’il en soit si choqué et son ton juste amusé sans jugement de valeur a ouvert une discussion décontractée.

le 24/08/2015 à 09h37 | Répondre

Claire Gezillig

C’est rigolo l’histoire avec ton mari parce que ça fait écho à une de mes histoires avec le mien :
j’ai récemment (pendant les dernières vacances) mis le doigt sur la raison pour laquelle j’ai du mal à supporter que l’amoureux me parle en français ; quand il me demande de faire quelque chose en français, j’ai l’impression qu’il est un peu agacé par mon comportement, alors que pas du tout, c’est juste qu’il n’a pas encore la bonne prosodie (et peut-être pas non plus tout le vocabulaire pour les nuances) qui font que j’entendrais sa requête comme ce qu’elle est une demande ou un conseil et non comme un ordre froid…
Et bien depuis que j’ai pris conscience de ça et que je lui en ai parlé, on évite quelques tensions inutiles 🙂

Et oui, encore une fois, une attitude bienveillante aide beaucoup beaucoup pour entamer la discussion et éviter des conflits ou des jugements inutiles 🙂

le 24/08/2015 à 11h29 | Répondre

Flora

une autre anecdote: J’ai fait mon stage de fin d’étude en Belgique et le jour de ma soutenance en France, mon maitre de stage m’a fait la bise en arrivant! Il fallait voir la tête de mes profs 🙂

le 26/08/2015 à 08h43 | Répondre

sarah

je travaille de l’autre côté de la frontière et pourtant même dans le pays des vaches et du chocolat je me heurte parfois à ces problèmes culturels… par exemple dire Adieu pour dire Bonjour, ca me perturbe encore 😉 ou alors dans les pays francophones même au Quebec, certaines expressions n’ont pas le même sens et cela peut générer des situations cocasses !

le 24/08/2015 à 09h44 | Répondre

Claire Gezillig

Je ne connaissais pas le « adieu » suisse, tu sais d’où ça vient ?

le 24/08/2015 à 11h33 | Répondre

Nya (voir son site)

Dans certaines régions de Haute-Savoie aussi, on dit traditionnellement « Adieu » pour se saluer, et « Adieu, donc » pour dire au revoir. Après, Haute-Savoie et Suisse romande font toutes deux partie de la zone linguistique du franco-provençal, d’où remonte probablement cette salutation.

le 24/08/2015 à 14h47 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Ton article est drôlement intéressant.
Je me rappelle encore la première fois où j’ai rencontré ma correspondante finlandaise et qu’elle m’a serré dans ses bras ! J’avais trouvé ça bizarre !
Et puis finalement, quand je suis allée chez elle ça m’a paru très naturel !!!

le 24/08/2015 à 10h24 | Répondre

Madame Vélo

Dans le même genre, quand j’ai rencontré ma correspondante Californienne on lui a tous fait la bise… et elle a trouvé ça très bizarre et était très gênée, parce que chez eux les bisous sont uniquement en famille… par contre quand moi je suis arrivée là bas j’ai eu des « hugs » qui m’ont fait un peu bizarre 🙂

le 24/08/2015 à 11h19 | Répondre

Claire Gezillig

Ah la façon de dire bonjour…
Les français qui trouvent que les hugs, c’est trop personnel…
Ma sœur qui a été choquée que les amis de l’amoureux lui sert la main quand il sont arrivés chez mes parents pour notre mariage.
Et ma tête la première fois que j’ai vu mon amoureux embrasser ses parents sur la bouche…

Et ce n’était pas pour dire bonjour mais au Burkina, les amis te tiennent la main ou la taille super facilement, ça me faisait bizarre quand le petit ami d’une amie faisait ça dans la rue avec moi…

Je pense que dans ce genre de cas, c’est bien de verbaliser l’étonnement, ça évite que l’autre pense que tu réagis bizarrement. Et puis, de dire « je ne suis pas à l’aise avec cette coutume » si on le sent pas. Je ne pense pas qu’être dans une autre pays doive signifier prendre pour soi toutes les habitudes culturelles. Mais c’est un autre débat 🙂

le 24/08/2015 à 11h39 | Répondre

Lady Rainbow

Hyper interessant cet article ! La difference interculturelle la plus marquante pour moi qui bosse avec des gens de tous pays c’est la facon de se dire bonjour 😉 Deux bises sur les joues pour les Francais, une seule bise pour les Belges, un petit calin pour les Anglais (avec un bisou si vous vous entendez vraiment bien) et un gros calin avec les Americains :-p

le 24/08/2015 à 11h59 | Répondre

Madame Vélo

Et même en France, selon les régions, ce n’est pas pareil ! par chez moi on commence par la droite pour faire la bise, alors qu’ailleurs (dans le sud-est par exemple) on commence à gauche. Et parfois c’est 2 bises, parfois 3, parfois 4… Plus ou moins près de la bouche ou des oreilles… C’est tout un art de se dire bonjour en fait 😀

le 24/08/2015 à 12h15 | Répondre

dja

Ah la bise! C’est même un problème interculturel inter français!
Je suis aussi prof de FLE et mes étudiants avaient réclamé un cours pour comprendre cette coutume si bizarre et différente selon les localités et les régions 🙂

le 24/08/2015 à 13h03 | Répondre

Claire Gezillig

dja, prof de fle, ou çaaaa ? (curieuse)

le 24/08/2015 à 13h17 | Répondre

dja

J’étais prof au Canada mais je suis juste de retour en France où je travaille dans une association 🙂

le 29/08/2015 à 23h25 |

Claire Gezillig

Ok, cool 🙂
tu veux pas nous faire un article sur prof de fle en France et/ou la réalité de tes élèves ?
(J’ai travaillé dans une classe d’intégration en début de ma carrière et j’ai trouvé ça super intéressant – je pense que travailler avec des migrants est super riche et assez différent de ce que je fais maintenant… Et puis, ça apporterait aux autres lecteurs puisque les migrants, on en entend beaucoup parler mais pas vraiment de ce qui se passe pour leur intégration).

le 31/08/2015 à 10h07 |

Stella

Encore un article fort intéressant!
Ce qui m’a le plus perturbé en arrivant ici en Belgique, c’est de ne faire qu’une seule bise pour dire bonjour aux amis. Pour moi une seule bise, c’est trop intime, c’est un truc que tu fais avec les gens très proche pour les remercier d’un truc mais pas pour dire bonjour!

Sinon j’ai remarqué qu’ici quand on va chez les gens, on s’assied, la plupart du temps autour de la table. Quand mes beaux-parents passent voir un café on se met à table et pas au salon quand on va chez eux pareil, le salon c’est pour regarder la tv pas pour autre chose. (bon après c’est peu être juste la famille du chéri)

le 24/08/2015 à 13h27 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Aaah j’adore cet article merci ! Et bien sûr on en réclame encore ! Un exemple en Allemagne : les gens qui frappent du point sur la table quand ils arrivent en retard à une réunion. Je me suis demandée sérieusement s’ils étaient fous ! Genre je suis en retard et en plus je me fais remarquer 🙂 .

le 24/08/2015 à 13h39 | Répondre

Claire Gezillig

ça veut dire « pardon de mon retard » de frapper sur la table ? Ou c’est juste pour signaler « je suis arrivé » sans vouloir couper la parole ?

le 24/08/2015 à 13h53 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Figure toi que je ne sais pas trop ! Je pense que c’est une façon de dire bonjour a tout le monde sans déranger…

le 25/08/2015 à 09h36 | Répondre

yaelle

Je n’ai pas encore eu l’occasion de voyager pour constater les coutumes etrangères mais déjà en France avec chacun il y a parfois des incompréhensions et des habitudes differentes! Par exemple je sais que je n’aime pas du tout qu’on vienne chez moi a l’improviste et j’attends toujours qu’on m’invite pour aller chez les gens . j’ai des amis qui passent toujours a l’improviste et qui te disent « tu passes quand tu veux » (et bon ben du coup ils ralent quand tu passes pas puisqu’ils ne t’invitent pas!)
autre exemple j’ai du prendre l’habitude quand je suis invité de dire  » tu veux un coup de main? » alors qu’avant jamais, pour moi si on a besoin d’aide on demande et visiblement ce n’est pas le cas chez tout le monde ^^

le 24/08/2015 à 14h29 | Répondre

Mam' Agrume

C’est mon mari qui, ayant beaucoup travaillé à l’étranger et surtout avec des gens venant de partout, a fait le plus l’expérience de ça.

Il y a le comique des expressions, entre anglais et américains notamment. Le nombre de fois où il a assisté à des fous rires de ses collègues américains quand le chef (anglais) ponctuait son explication de « Est-ce que les ours chient dans les bois ?! » (il faut dire que je trouve aussi l’expression très drôle).

Par contre là où ça posait problème, c’est entre les Israéliens et le Néerlandais. Pour les Néerlandais, une réunion où le ton commence à monter, c’est qu’il y a un souci. On s’arrête, on en discute au calme, on y réfléchit…
Alors que pour un Israélien, une réunion n’est pas une bonne réunion sans une petite gueulante !

le 24/08/2015 à 14h30 | Répondre

Margot

les exeeeemples c’est le plus drôle, donnez-nous plein d’exeeeemples!
– une amie d’ex Allemagne de l’est, dépitée à l’idée d’aller vivre en Andalousie, parce que les gens parlent vraiment trop fort…
– notre épouvante lorsque, lors d’un échange, nos corres’ nous emmènent dans un café et commandent des frites à 4 heures de l’après-midi ( et du coup ne dinent pas le soir avec leurs parents!)
– toute notre classe de 3e qui sursaute quand, à l’issue d’un exposé en Allemagne, les élèves tapent avec les jointures du poing sur la table
– ma tête en tant qu’assistante française, quelques années plus tard, quand les élèves allemands, pour m’appeler, lèvent la main et… claquent des doigts…
– la tête du copain de ma corres’ quand j’ai voulu lui faire la bise en descendant du train
… puis quelques années plus tard la tête d’un Français rencontré en Allemagne, lorsque lui ai serré la main au lieu de lui faire la bise
… et le plus drôle, le sourire de ravissement d’un ami Allemand dans notre résidence universitaire, très internationale, lorsqu’il a compris qu’il pouvait faire la bise aux Françaises (et y’en avait plein)! Du coup il y a allait franco à chaque fois, il avait très très bien intégré la coutume et y mettait beaucoup de coeur!

le 24/08/2015 à 14h38 | Répondre

Claire Gezillig

J’avoue, quand j’ai écrit cet article, je me suis dit « j’espère que les commentaires seront pleins d’anecdotes » 😉

le 24/08/2015 à 14h48 | Répondre

Nya (voir son site)

Le plus dur dans l’histoire, c’est surtout de se rendre compte qu’il y a un souci, qu’on a peut-être heurté quelqu’un d’une autre culture sans le vouloir, sans même savoir que notre comportement peut poser problème. En tant que linguiste, j’ai conscience de la pause inter-tour de parole (et je suis contente que tu en parles, d’ailleurs !), et j’essaie de me freiner quand j’ai envie de parler en chevauchant. Mon homme, en revanche, n’a pas cette notion et doit probablement donner l’impression aux Canadiens qu’il leur coupe sans cesse la parole.

Autres exemples plus ou moins comiques :
– l’espace personnel n’est pas du tout le même selon les cultures ; je me souviens d’un chantier international mêlant des nationalités latines et nordiques, et les Finlandaises, qui préféraient un espace vaste, ressentaient comme une intrusion de la part des Italiens qui avaient besoin d’être proches physiquement pour parler.
– lors d’un échange scolaire avec le Canada au lycée, ma correspondante semblait accorder beaucoup d’importance au fait qu’on ne rentre pas dans la chambre de quelqu’un sans y avoir été autorisé verbalement
– une colocataire chinoise ne comprenait pas certains euphémismes de type « tel plat n’est pas mon préféré » pour dire « ce plat est quelconque », et croyais que je ne mangeais QUE mes aliments préférés
– une autre colocataire allemande se brossait les dents juste avant d’aller se coucher, et était étonnée que j’aille me coucher dès 20 h (non en fait, je me brosse les dents juste après le repas, c’est tout…)

Exemples canadiens :
– il m’est arrivé plusieurs fois de fixer un rendez-vous avec quelqu’un, la personne ne confirme pas mais vient quand même… alors que je croyais que le rendez-vous était tombé à l’eau, oups.
– on nous a invités une fois pour un barbecue à 14 heures. Nous pensions qu’il s’agissait d’un déjeuner tardif et n’avions donc pas mangé, mais on nous invitait en fait pour le dîner, qui se tient ici vers 17 heures ! De même, quand on a invités des amis canadiens pour la première fois à 19 h 30 pour le dîner, ils avaient déjà mangé avant.
– ici les francophones se tutoient presque tout le temps, et on passe souvent pour froids/hautains en utilisant le vouvoiement. Mais à notre décharge, ce n’est pas une habitude facile à perdre !

le 24/08/2015 à 15h57 | Répondre

Mme Grognote

Ah ah j’adore l’anecdote de l’invitation au barbecue et celle du repas du soir chez vous !!!!

le 25/08/2015 à 13h52 | Répondre

Philyra

Ton commentaire sur le tutoiement m’amuse beaucoup car, dans le travail de mon mari, il est d’usage que tout le monde se tutoie (y compris les conjoints !!) alors que c’est du 100% français. Du coup, j’ai tellement l’habitude que je bug parfois sur le vouvoiement dans la vie courante.

le 26/08/2015 à 07h33 | Répondre

Mme Ebène

Je confirme le tutoiement n’est pas facile à prendre. Dans ma boite en Belgique tout le monde se tutoie et s’appelle par le prénom jusqu’au PDG! Dans la vie de tous les jours pareil : le médecin, le boulanger, les serveurs… tout le monde tutoie tout le monde. J’aime beaucoup l’esprit de convivialité qui va avec, mais maintenant que j’y suis habituée, j’ai du mal à changer quand je suis en France

le 26/08/2015 à 08h33 | Répondre

Margot

Et merci de rappeler que l’une des choses les plus dures, c’est de ne pas penser que c’est mieux chez soi! 🙂

le 24/08/2015 à 20h44 | Répondre

MlleMora

Génial cet article, et génial tous les exemples donnés !
Ca me rappelle quelques malaises pendant mon voyage autour du monde. Au Japon, en Chine et en Inde, on se sent très ethnocentré car la culture y est complètement opposée. Mais une fois qu’on passe au delà, on découvre une autre façon de penser et de se comporter, c’est enrichissant.
J’ai aimé voir les différences entre la Chine et le Japon et je comprends maintenant pourquoi ils ne « s’aiment pas » et surtout qu’il ne faut pas les confondre ! Les Japonais sont dans l’ordre perpétuel, et les Chinois dans un bazar organisé…
Les Indiens ne disent jamais franchement non et ils dodelinent de la tête pour dire oui : déstabilisant ! ET ils sourient tout le temps, donc impossible de lire les émotions…
Et en en Thailande, Laos, Cambogde, ils ne doivent jamais perdre la face. Un concept un peu complexe, mais en gros ils ne vont jamais s’énerver, et auront du mal à te dire quand quelque chose n’est pas possible…

le 25/08/2015 à 08h44 | Répondre

Mlle Moizelle

En lisant le début de ton article, j’ai tout de suite pensé à ces différences concernant l’espace vital. C’est, je crois, ce qui m’a marqué le plus dans les voyages que j’ai pu faire. Avec le respect relatif au code de la route: dans certains endroits, on dirait qu’il s’agit plus d’un guide que de véritables obligations… Et ailleurs, le civisme et la gentillesse des automobilistes donnent de sacrées leçon aux Français, qui devraient en prendre de la graine! Ton article était vraiment très intéressant, tout comme les multiples anecdotes des commentaires. Cela me fait penser aux différentes cultures au sein d’un même pays: je suis une Bretonne un peu chauvine, et je me rends compte de la force de certaines de nos traditions, et cela m’amuse de voir comment les autres Français peuvent nous percevoir! ^^

le 25/08/2015 à 10h50 | Répondre

Sophie

Je viens de déménager en ville, dans un quartier hautement multiculturel (vraiment, il y a de toutes les cultures). Et du point de vue de ma culture bien française, des petites choses ont été difficiles au début…
on s’est très vite liés avec les voisins, que ce soit nos voisins des maisons d’à coté ou des appartements d’en face.
Et le coup du « je viens sans prévenir » a été assez rude pour moi qui aime ma petite tranquilité ^^. mais au final, après explications courtoises, en mettant de l’eau dans son vin chacun de notre coté, tout se passe très bien ^^
Et de toute façon, on a emménagé ici pour ça aussi: baigner nos enfants dans l’idée que le monde n’est pas notre façon de vivre.

J’ai été un we à Londres, et deux fois en Allemagne, donc je n’ai pas énormément voyagé, mais mon séjour en Allemagne a été assez marrant ^^.. le coup de manger des sandwich au petit déjeuner, d’appeler le prof en claquant les doigts (et c’est difficile de perdre cette habitude une fois rentrée :p ), on ne se fait pas la bise mais on se serre la main… voire on se présente en disant notre nom d’abord puis notre prénom même dans une sphère plutôt amicale…

Mais même entre deux familles socialement différentes, les choses changent: le tutoiement, les habitudes à table, les discussions même, le placement à table, même dans deux familles françaises les choses sont différentes.
Sans compter les expressions régionales… j’ai mis 10 ans à comprendre ce que mon grand père voulait dire en me demandant « comme que c’est? » quand il nous voyait ^^

Très chouette article 🙂

le 25/08/2015 à 11h07 | Répondre

SwissGirl

Excellent ! Aaaaah que j’ai ri quand j’ai entendu pour la première fois « Comment qu’c’est ? »

le 26/08/2015 à 10h13 | Répondre

Mme Grognote

Article très interessant, merci 😉

le 25/08/2015 à 13h53 | Répondre

SwissGirl

Excellent article, Madame Gezillig ! Encore ! Encore !
Ici, qq petits chocs culturels à mon actif…
– En Afrique du Sud, où rien n’est interdit, mais tout est « at your own risk » !
– Au Canada, où tu peux t’habiller comme tu veux (couleurs aléatoires, combi de ski dans la rue,…) parce qu’il n’y a pas de pression sur le look, « s’il/elle met ça, c’est que ça doit être confortable »
– En Suisse, dans ma petite ville, où tu dis bonjour à TOUT LE MONDE. Y compris dans les rayons du supermarché.
– En Lorraine, où tu peux très vite être invité(e) à une fête de famille par une personne que tu viens seulement de rencontrer.
– En Inde où le code de l’ordre a une vraie signification à part. Chacun fait ce qu’il veut.
– Au Pérou, où tu conduis au klaxon. Si tu fais du bruit, tu es prioritaire.
– À Malte où les habitudes de conduite font que tu ne roules pas vraiment à gauche, mais plutôt à l’ombre !
– À Marseille, où tu interpelles les gens en leur disant « Oh Blond ! » (y compris s’ils sont bruns !!)
– Au Portugal, où on te sert l’apéro dès la porte franchie et quelle que soit l’heure (et c’est comme ça que tu manges et bois toute la journée !!)


le 26/08/2015 à 10h37 | Répondre

Célestine

Sympa cet article ! Je vis en Côte d’Ivoire, la liste d’anecdotes pourraient être longue !
Je découvre dans vos commentaires qu’en Allemagne comme en Afrique de l’Ouest on claque des doigts pour interpeller quelqu’un (je n’y arrive pas ). On peut mmême siffler….
Tous le monde peut appeler n’importe quelle femme « ma chérie », en particulier si on ne connaît pas son nom, comme une serveuse au restaurant…
Ici on se brosse (sous entendu les dents) le matin au réveil (peut être pour chasser les esprits de la nuit) et non après le petit déjeuner (je suis donc qqn de très sale parce qu’impossible pour moi de prendre un petit dej gout menthe forte…).
On ne mange qu’avec la main droite (la gauche sert aux activités sales) on ne paye qu’avec la main droite (donner l’argent avec la main gauche peut faire croire qu’on formule une malédiction..).
Etc !

le 26/08/2015 à 18h19 | Répondre

Claire Gezillig

c’est super intéressant tout ça !
Tu ne veux pas venir nous raconter un peu ton quotidien en Côte d’Ivoire dans un bel article ? 🙂

le 26/08/2015 à 21h48 | Répondre

Célestine

Oh si si j’y pense bien ! J’ai eu quelques mois très mouvementés et notamment un cambriolage… Du coup je n’avais plus de pc ! Mais j’ai à nouveau un outil de travail donc plus d’excuse, il faut que je m’y mette.

le 26/08/2015 à 23h44 | Répondre

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