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Donner des ovocytes : la ponction


Publié le 21 juin 2017 par Kitsuné

Le matin de la ponction, je m’éveille tôt et de très bonne humeur. Je suis un peu impressionnée et excitée à la fois : ça y est, 9 mois exactement (!) après mon premier e-mail au centre de PMA, ça se concrétise enfin ! J’espère que mon corps a bien « bossé » et nous prépare plein de beaux petits ovocytes. Ce que je ne t’ai pas dit dans le dernier article, c’est qu’à la dernière échographie de contrôle, la sage-femme a compté 10 follicules, et a décidé de prolonger le traitement un jour supplémentaire pour essayer d’en obtenir un ou deux de plus. Ça ferait une belle récolte, même si chaque follicule ne donne pas forcément un ovocyte exploitable.

Pas de petit-déjeuner, car je dois être à jeun, mais une bonne douche à la Bétadine. Mon chéri, qui doit m’accompagner, a dû se lever tôt lui aussi. J’ai préparé une tenue confortable, des petites protections hygiéniques, et un bouquin. Il est l’heure : en route !

L’avant

Je me présente à la chirurgie ambulatoire à 7h30 comme demandé. Je m’installe dans une salle d’attente très pleine et je trompe mon impatience en lisant Les Frères Karamazov. Je m’inquiète de voir l’heure tourner, car je me souviens qu’on m’a demandé d’être très précise sur l’horaire de la piqûre de déclenchement, alors il ne faut pas que la ponction se fasse en retard ! Et si j’étais déjà en train d’ovuler ? Les infirmiers de l’accueil me rassurent : non, on ne m’a pas oubliée, oui, mon tour arrive.

Vers 9h, une infirmière très gentille m’emmène dans une chambre et me demande d’enlever tous mes vêtements pour revêtir le pyjama d’hôpital. Une fois dans cette jolie tenue, je me replonge dans les Frères Karamazov. En fait, je flippe un peu car je n’ai jamais connu d’anesthésie générale et j’ai une (légère) peur de ne jamais me réveiller. Bon, replongeons-nous dans Dostoïevski, hein, ça vaut mieux que de cogiter pour rien. A 9h30, elle revient, me fait prendre des anti-douleurs (hé oui, en avance !) et me pose un cathéter dans le pli du coude. Ça se concrétise vraiment, là !

Vers 10h, c’est parti, on vient me chercher. Je me rends en marchant dans la salle d’opération. La petite équipe se présente et je suis très agréablement surprise : les médecins qui vont faire la ponction sont deux jeunes femmes internes, qui ont mon âge (non, l’âge de ma petite sœur !), très souriantes et qui ont l’air super sympas. C’est totalement subjectif, je sais, mais ça me rassure ! L’interne en anesthésie a même un très joli petit tatouage à l’intérieur du poignet, je le lui dit, elle me remercie. Je me sens 100% en confiance.

Crédit : PublicDomainPictures

L’infirmier place un drap autour de ma taille pour me permettre d’enlever mon pantalon sans me retrouver « cul nu » devant tout le monde, petite attention que j’apprécie. Je monte sur la table, je m’allonge, on discute un peu. Puis on me place le masque à oxygène, l’anesthésiste m’annonce « j’envoie le produit », je sens que je commence à faire un malaise, je le dis, elle me répond très gentiment « c’est normal, ne vous inquiétez pas on s’occupe de tout », et …

Crédit photo : Pixabay

L’après

… et je me réveille. D’un coup. Je suis en salle de réveil, c’est calme, je me sens bien. En quelques minutes, je suis parfaitement réveillée, j’ai soif et surtout j’ai FAIM ! En fait, l’anesthésie pour ce type d’acte est très légère et dure à peine 20 minutes, donc on récupère vite.

On me reconduit rapidement à ma chambre, où je reste allongée, tranquille, avec Les Frères Karamazov. La même gentille infirmière m’apporte un petit déjeuner, youhou ! Elle vérifie que je ne saigne pas trop : non, rien à signaler. Je ressens de petites douleurs diffuses, j’ai du mal à dire où, mais bon, c’est supportable (en tout cas ça ne me coupe pas l’appétit). Vers 11h, je me lève, vais aux toilettes (il paraît que c’est important !), me rhabille, et hop, en salle d’attente pour sortir.

L’interne qui a réalisé la ponction me reçoit rapidement avant mon départ. Elle me dit que tout s’est bien passé, me donne le compte-rendu de l’opération, et me fait un arrêt de travail pour la journée. En toute honnêteté, je me sens assez bien pour retourner bosser, mais il n’est pas recommandé de prendre la voiture ni les transports, donc je vais rester chez moi. Elle m’informe qu’il est normal d’avoir quelques petits saignements et petites douleurs, mais pas autant que pendant les règles. Elle vérifie qu’actuellement, ma douleur est supportable (dans cet hôpital ils se préoccupent beaucoup de la prise en charge de la douleur).

A mon tour, je lui pose quelques questions :

  • quand puis-je reprendre le sport et notamment la piscine ? Demain, si je me sens bien (j’ai repris le surlendemain, je me sentais bien).
  • les rapports sexuels ? Quand je veux.
  • y a-t-il un risque que je tombe enceinte ? Elle rigole : normalement non, vu ce qu’on vient de me faire, mais sait-on jamais, elle me recommande le préservatif pendant 2-3 jours, puis reprise de la contraception habituelle le premier jour des règles.
  • est-ce que je dois m’attendre à avoir des règles très abondantes et douloureuses ? Non.

Avant de me dire au revoir, elle me remercie pour mon geste avec un gentil sourire. C’était très simple, mais ça m’a fait plaisir.

Je suis donc rentrée chez moi le midi même, et comme je me sentais décidément très bien, et que j’avais envie de me récompenser (oui, c’est puéril, mais je fonctionne comme ça !), je suis allée manger un bon repas à la brasserie chic du quartier, en terrasse. J’avais un petit peu mal mais vraiment rien de méchant.

Vers 16h, le laboratoire m’a appelée pour m’informer que 5 ovocytes ont été mis de côté pour mon usage (puisque j’ai demandé à en conserver pour moi). Officiellement, je ne saurai pas combien ont été prélevé au total, mais comme on m’a expliqué les « barêmes », j’en déduis que 5 ou 6 ovocytes ont pu être recueillis pour le couple receveur. Une « moisson » tout à fait correcte. Mission accomplie. Je me suis endormie très contente ce soir-là.

La prochaine fois, je reviendrai tirer un bilan de toute cette expérience !

Et toi, as-tu tendance à te récompenser quand tu es contente de toi ? As-tu rencontré des équipes médicales qui t’ont mise totalement en confiance ? Raconte-nous !

Commentaires

14   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madeleine

Bravo pour ce don généreux. Tu as eu de la chance d avoir si peu mal. Perso, j ai eu plus de mal à supporter l anesthésie générale. (J ai eu une FIV)
Par contre, 5 ovocytes pour toi, c’est bien, mais ne compte pas trop dessus pour une grossesse. (Bref, si tu peux, et que tu veux des enfants, n attends pas trop la limite) j ai peur que ce soit un leurre pour certaines femmes, cette conservation et qu eles atendent trop. 5 ovocytes, ça permet rarement d avoir plus de 3 embryons. Et 1 embryon a environ 10 à 20% de s’ implanter (plutôt 10% au dessus de 36 ans). Bref, la chance d aboutir à une grossesse avec 5 ovocytes existe mais n est pas énorme.

le 21/06/2017 à 08h08 | Répondre

Kitsuné

Oui Madeleine je sais que rien n’est garanti. .. Je vois ça comme une chance supplémentaire c’est tout. De toute façon je n’ai pas envie d’attendre trop avant d’avoir des enfants moi-même. .. Mais on ne sait jamais ce qui peut arriver !

le 24/06/2017 à 13h36 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

On doit se sentir bien après un tel acte, non?
Bravo à toi d’avoir été jusqu’au bout!
Et je ne me souviens plus si tu l’as dit, mais c’est toujours une anesthésie générale?

le 21/06/2017 à 10h25 | Répondre

Annie

J’ai fait les 2 : anesthésie générale et locale.
J’ai préféré la locale car j’ai moins souffert de fatigue après.
Par contre dans les 2 cas, après la ponction, j’ai eu des crampes assez douloureuses.

le 21/06/2017 à 13h37 | Répondre

Kitsuné

Non, ça peut être une anesthésie locale aussi, ça dépend des centres. Cela dit, l’anesthésie générale est très courte donc c’est limite plus facile à gérer …

le 25/06/2017 à 16h24 | Répondre

Claire (voir son site)

Et bah félicitation pour ton acte très généreux 🙂

le 21/06/2017 à 15h45 | Répondre

Kitsuné

Merci ! c’est gentil

le 25/06/2017 à 16h25 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Bravo pour ce beau geste et encore merci pour ce retour.
Je te comprends pour l’anesthésie générale c’est bien ce qui m’embête le plus dans les opérations ! Mais c’est vrai que tu récupères vite quand c’est une petite anesthésie !!!

le 21/06/2017 à 16h54 | Répondre

Kitsuné

Merci et je suis contente de partager cette expérience !

le 25/06/2017 à 16h26 | Répondre

Flora (voir son site)

J’ai tellement souffert pendant ma ponction sous anesthesie locale (FIV), que je conseille à qui me demande d’opter pour la générale. Je n’ai encore jamais entendu une histoire de ponction douloureuse sous anésthesie générale, du coup le jour où je dois le refaire ce sera certainement mon choix.

le 26/06/2017 à 13h48 | Répondre

Annie

J’ai souffert de la même façon dans les 2 cas … C’est peut-être plus dû à la stimulation ovarienne qu’au type d’anesthésie ?

le 26/06/2017 à 13h55 | Répondre

Flora (voir son site)

Je parle de la douleur pendant la ponction. Ma gynéco a eu du mal à atteindre un de mes ovaires et son aiguille est sortie de la partie anesthesiée quelques fois ce qui m’a occasionné quelques pics de douleurs (ça aurait moins de chances d’arriver si tout le corps est anesthesié).
Après la ponction j’ai souffert aussi, mais c’était dû à un leger hyperstimulation et ça aurait été pareil dans les deux cas en effet.

le 27/06/2017 à 09h40 | Répondre

Thé Riz

Je te remercie pour ton retour. C’est intéressant d’avoir des témoignages à la fois de personnes ayant recours à la FIV et de personnes qui rendent cela possible. La campagne sur ce beau geste est encore trop discrète en France. J’espère que l’ouverture aux femmes nullipares augmentera les dons et fera qu’on en parle davantage, et assez tot également (pourquoi pas l’évoquer dans les universités ?). Pour ma part j’y ai déjà songer, et si j’ai d’abord pris peur en me disant qu’un enfant aurait une partie de moi quelque part, aujourd’hui ma vision a changé et notamment grace à vous toutes qui contribuez à en parler sur SNTou DMT ! Je suis moins effrayée, aussi j’y réfléchirais sérieusement un jour. Si je peux faire profiter d’un corps jeune qui fonctionne -normalement- très bien… Sache donc que ton article touche aussi des jeunes et peut les rassurer vers cette voie et leur « donner envie » ! En tout cas félicitations à toi. <3

le 27/06/2017 à 10h48 | Répondre

Kitsuné

Merci Thé Riz ! Ça me fait plaisir de lire ça ! Oui en effet je pense qu’on devrait communiquer sur le sujet dès la fac. Il y aurait plus de donneuses. Et c’est vrai qu’un enfant quelque part aura peut être qqch de moi…. ouais bof. .. Je t’avoue que ça ne me fait pas grand chose en fait. Je donne mon sang aussi, et je n’y pense pas plus que ça. .. Mais ces réactions sont très personnelles c’est sûr. En tout cas c’est bien qu’on en parle davantage.

le 02/07/2017 à 19h49 | Répondre

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