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Donner des ovocytes : le traitement de stimulation et ses faux problèmes


Publié le 14 juin 2017 par Kitsuné

Quatre mois après le premier rendez-vous (hé oui c’est long), je reçois toutes mes ordonnances pour le traitement de stimulation. C’est une grosse liasse de documents, accompagnée d’une lettre et d’un schéma qui récapitule toutes les étapes. Ce schéma, je l’ai lu plusieurs fois, puis annoté au fur et à mesure, et il m’a été très utile.

Photo personnelle

Les étapes du traitement

Le traitement consiste en 4 étapes :

  1. Le « blocage » des ovaires : au premier jour de mes prochaines règles, je commence une plaquette de pilule (ici, Mini-drill, un classique proche de ma contraception habituelle), et je la continue jusqu’au début de la stimulation proprement dite. Pendant ce temps, mon corps est en stand-by. Cette période a une durée variable (10 à 28 jours), qui dépend entièrement de la date prévue de la ponction : le but c’est « d’adapter » mon cycle aux dates qu’on a choisies. Elle se termine par un contrôle de blocage (la sage-femme contrôle que mes ovaires sont bien au repos), qui donne le feu vert pour commencer la stimulation.
  2. La stimulation : c’est une piqûre à faire tous les soirs, à heure fixe (enfin, à une heure près). J’ai choisi de la faire moi-même après m’être fait aider pour la toute première (je détaille plus bas). Cette période a duré 10 jours pour moi (c’est variable selon les femmes). On nomme les jours de cette période « S1 » (premier jour de la stimulation), « S2 », etc. A S7 et S9, la sage-femme a contrôlé la manière dont mon corps répondait au traitement.
  3. Le traitement antagoniste : c’est une deuxième piqûre à faire en plus de la stimulation, dont le but est d’empêcher une ovulation prématurée. Elle est également à faire à heure fixe et je l’ai faite moi-même. Le blocage a duré de S6 à S10.
  4. Le déclenchement de l’ovulation : c’est une piqûre unique, que j’ai faite le jour prescrit par la sage-femme, le lendemain de S10. Là, j’ai dû être rigoureuse sur l’horaire (à 30 minutes près). La ponction a eu lieu exactement 36 heures plus tard.

Maintenant, je vais revenir sur tous les problèmes que j’avais anticipés et t’expliquer en quoi ils se sont avérés être de faux problèmes.

Le faux casse-tête de l’emploi du temps

La date de début du traitement a été convenue avec le médecin en fonction de mes impératifs professionnels :

  • le 23 du mois M-1, j’avais un rendez-vous très important sur toute une matinée, je ne voulais pas risquer de devoir m’absenter ce matin-là,
  • au début du mois M, c’étaient les vacances scolaires, et je savais que ce serait bien plus calme au boulot pendant cette période, donc j’ai demandé à ce que l’on programme la ponction à ce moment-là.

Comme tu vois, mes impératifs étaient relativement gérables. On a choisi de faire le contrôle de blocage le 21 du mois M-1, pour un début de stimulation le soir du 23, et une ponction autour du 3-4 du mois M.

Au début, je m’étais fait beaucoup de soucis sur les absences que le suivi allait générer. En fait, je ne me suis absentée du travail que trois fois (sans compter la ponction) : pour le contrôle de blocage, puis pour les contrôles à S7 et S9. A chaque fois, je suis arrivée au travail vers 9h30 au lieu de 7h30, ce qui restait largement acceptable, et j’ai rattrapé facilement le travail en retard.

Ces fameux « contrôles » consistent, à chaque fois, en une prise de sang (pour mesurer le taux d’hormones) et une échographie endo-vaginale (hé oui, ça m’en a fait quatre au total, j’ai dû m’y faire). On peut le faire ailleurs que dans le centre de PMA, mais c’est un peu galère, car il faut trouver un endroit qui fait bien la prise en charge à 100% sans dépassement d’honoraires, et qui ouvre tôt, et qui envoie bien les résultats au centre avant 14h. Après de nombreux coups de fils peu concluants, j’ai décidé de revenir faire tous les contrôles au centre de PMA, malgré les 30 minutes de route, car c’était tout de même du stress en moins. Et je n’ai pas regretté, car non seulement c’était largement gérable au boulot, mais en plus le personnel y était tellement gentil que ça me faisait littéralement plaisir de les voir !

Les piqûres : rien de trop méchant

Pour la toute première piqûre, j’ai demandé de l’aide au centre médical de mon boulot. Le produit utilisé pour la stimulation, dans mon cas, s’appelait Fertistart, et se présentait en plusieurs éléments : du liquide dans une seringue, 2 aiguilles, et un petit flacon avec le principe actif sous forme de poudre. Il faut injecter le liquide dans le flacon de poudre avec la première aiguille, mélanger, puis ré-aspirer le mélange dans la seringue, changer d’aiguille et se l’injecter. Autant dire que j’étais contente qu’on me montre la première fois. Mais finalement, ce n’était pas si difficile.

** Anecdote : En contactant les médecins pour leur demander l’autorisation de venir avec ma seringue, j’ai eu la très bonne surprise de tomber sur un homme qui avait dû avoir recours à la PMA pour concevoir ses propres enfants et m’a chaudement félicitée et encouragée dans ma démarche ! Petit coup de pouce qui m’a fait plaisir.**

Après cela, j’ai fait toutes mes piqûres moi-même, dans mon salon le soir, tranquillou. En cinq minutes, c’était plié. Les premiers jours, je les ai faites dans l’abdomen. Je sentais à peine l’aiguille tellement elle était fine, mais le produit était légèrement douloureux et surtout me grattait le lendemain, à cause de la ceinture du pantalon. J’ai changé d’emplacement sur les conseils de mon mari, et me suis ensuite piquée dans la cuisse : là, je ne sentais rien du tout (mais vraiment rien !).

Crédit photo : Pixabay Public Domain

Le traitement antagoniste, lui, qui se fait avec une seringue prête à l’emploi, était plus désagréable. L’aiguille faisait un peu mal et surtout, le produit me causait une petite cloque qui grattait, un peu comme une piqûre de taon. Mais je ne veux pas noircir le tableau : c’était largement supportable (surtout que je ne me suis fait cette piqûre que 5 fois).

La piqûre de déclenchement, enfin, s’est faite au moyen d’une seringue type « stylo » prérempli, et je n’ai absolument rien senti. Tellement rien que j’ai un peu flippé de m’être ratée ! Mais il faut croire que non.

Des effets secondaires très supportables

Je m’attendais à sentir des trucs de fou. Je coupe court à tout suspense : en effet, j’ai ressenti une certaine tension dans le bas de l’abdomen. Quelque chose gonflait et appuyait sur le reste, comme un sac de billes. Et pour cause, vers la fin du traitement, j’avais 5-6 follicules de 1cm de diamètre de chaque côté (de vrais petits sacs de billes donc !). Et mes seins ont grossi (un peu seulement, hein, ne te fais pas de films !) et se sont tendus dans les derniers jours.

Mais c’est à peu près tout. Pas d’acné supplémentaire (Dieu merci), pas de fatigue, pas de saute d’humeur, pas de ventre qui grossit ni de douleur à proprement parler. J’ai fait du sport comme d’habitude, sauf le jour de la ponction bien sûr. Moyennant un échauffement un peu plus long que d’habitude, j’ai pu mener toutes mes séances, y compris une séance de course à pied assez « costaud » l’avant-veille de la ponction, et pas mal d’abdos.

Aucun problème non plus pour les rapports intimes avec mon chéri, sauf pendant les deux jours après la ponction où je me sentais un peu inconfortable. On s’est juste méga protégés pour éviter que je ne tombe enceinte de quintuplés !

J’ai conscience que cela peut varier selon les femmes, mais je tiens tout de même à témoigner que ça peut être très facilement supportable.

L’angoisse infondée de l’annonce au chef

Rien n’oblige une donneuse de parler de sa démarche à son chef. Mais, dans mon cas, je suis moi-même chef d’une unité de plus d’une centaine de personnes. Quand je m’absente, même une seule journée, je dois obligatoirement avoir un suppléant, et cela doit être officialisé par une note de service. Je suis également très (très) sollicitée par des réunions, parfois impromptues, à l’autre bout de Paris. Bref, impossible de m’absenter sans me justifier, surtout en prévenant au dernier moment (ce n’est que le vendredi de la semaine S-1 à 16h que j’ai eu confirmation que la ponction aurait lieu le mardi de la semaine S).

Oui mais. Je n’ai pas très envie de parler de mes ovaires à mon chef (en plus, rappelle-toi, je bosse dans un monde d’hommes). Je ne savais pas comment lui en parler. Ça m’a longtemps trotté dans la tête, au point, je l’avoue, de m’empêcher parfois de dormir. Pour calmer cette angoisse, je me disais même « ne t’inquiète pas, les bonnes ondes du futur bébé à naître vont tout arranger et faire apparaître la solution d’elle-même ». Tu as le droit de me traiter de dingue qui croit à la magie. Mais le fait est que la solution s’est en effet présentée d’elle-même, lors d’une discussion avec mon DRH. Il se trouve que lui aussi a dû avoir recours, avec son épouse, à la PMA. C’est donc à lui que j’ai choisi de parler de ma démarche. En lui demandant d’en parler de ma part à mon chef, car j’étais un peu gênée de le faire moi-même. Il a très bien compris, et le message est passé comme une lettre à la poste. Presque trop facile !

Voilà, je t’ai tout raconté du traitement de stimulation, la prochaine fois je te raconterai la ponction et ses suites !

Et toi, as-tu déjà vécu un traitement de stimulation ? As-tu également ressenti quelques angoisses concernant tous les vrais ou faux problèmes liés à ce protocole ?

Commentaires

8   Commentaires Laisser un commentaire ?

Chaperon Rouge

🙂 encore bravo d’avoir fait ce geste! Tu as vécu ce cycle comme moi, sans prise de tete ni réelle inquiétude;)
Je voulais juste préciser 2 petites choses au cas ou ça « refroidirait » d éventuelles donneuses:
-Youtube regorge de tutos pour utiliser les produits en question. On tape le nom du produit a injecter et hop! Un pas a pas illustré par le labo sur quoi faire et ne pas faire! Du coup je n ai eu besoin de personne pour ma stimulation: Mon mari s’occupait de tout, de la préparation a l injection (fallait bien qu’il y mette du sien).
-les protocoles et les produits ne sont pas toujours les mêmes et ne réagissent pas de la même façon avec tt le monde! Pour ma FIV, j’avais « puregon », un stylo avec une cartouche, on tourne la molette, on change l’aiguille, on pique et on remet dans la boite, le fameux produit soluble dt une seringue de déclenchement pré rempli. Je n ai jamais eu la moindre trace ou sensation d inconfort. Simplement évidemment je ne piquais pas tout le temps au même endroit (lun des produits je piquais dans la fesse, l autre le ventre) voila! Tous ça pour dire que meme ces petits désagréments ne sont pas systématiques et infranchissables 😉

le 14/06/2017 à 07h55 | Répondre

Kitsuné

Oui les différents traitements ont tous leur spécificité. Mais de manière générale je l’ai bien vécu. Le faut que ce soit « un seul cycle et après basta » aide beaucoup je pense. ..

le 14/06/2017 à 20h57 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Finalement, c’est vrai que ça n’a pas l’air si terrible mais j’aurais quand même du mal à me piquer seule je pense.
La question que je me pose, c’est plus sur les effets indésirables des produits qu’on s’injecte niveau santé (risque thrombo-embolique, etc.) mais ça, si un jour je me lance, je pense que le médecin sera me renseigner.

le 14/06/2017 à 12h14 | Répondre

Kitsuné

En termes d’effets secondaires, on m’a surtout parlé du risque d’hyper stimulation ovarienne. Je ne me souviens pas de risque type embolie, thrombose etc. A demander aux médecins ?

le 14/06/2017 à 20h54 | Répondre

Sarah (voir son site)

Question peut être idiote mais est ce que tu sais si quand on a le syndrome des ovaires polikystiques on peut aussi être donneur ou si du coup le traitement est différent ?

le 14/06/2017 à 13h20 | Répondre

Kitsuné

Je ne sais pas du tout. Je ne suis pas sûre qu’il y ait une réponse type car je crois que les femmes OPK sont souvent très différentes les unes des autres donc difficile de prévoir leur réaction.

le 14/06/2017 à 20h56 | Répondre

Claire (voir son site)

En tout cas, bravo pour ce joli don et pour nous avoir tout expliqué 🙂

le 14/06/2017 à 15h55 | Répondre

Kitsuné

De rien 😉 contente que ça vous soit utile !

le 14/06/2017 à 20h58 | Répondre

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