Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Et toi, qu’est-ce qui t’anime dans la vie ?


Publié le 13 février 2017 par Nya

Quand on est petits, on nous demande tout le temps ce qu’on voudra faire quand on sera grands. C’est une question louable, mais je pense qu’elle est imprécise.

On devrait plutôt nous demander ce qu’on voudrait *tout court* quand on sera grands.

Trouver ce qu’on « veut faire », c’est relativement facile – ou ça peut être excessivement difficile, si on n’aime rien avec passion. Ou si on aime trop de choses avec passion.

Trouver ce qu’on « veut » comme vie, tout court, c’est plus dur. C’est une question que je me pose encore.

Qu’est-ce qu’on veut dans la vie ? Qu’est-ce qu’on attend d’elle ? Quelle vie veut-on mener ? Il me semble que ces questions sont aussi pertinentes que celle de savoir quel métier on aimerait exercer. Malheureusement, à 10 ans, 15 ans… 35 ans ou après, la réponse est tout sauf évidente. Je suis sûre que certains personnes se la posent encore à 60 ans, voire n’arrêteront jamais de se la poser.

On veut évidemment tou.te.s le bonheur, et la réponse à la question « qu’est-ce que tu veux, dans la vie », tient à savoir comment atteindre ce bonheur. Ou plutôt, comment cheminer avec bonheur, puisque le bonheur n’est pas une destination mais un chemin. C’est un cliché éculé, mais qui me semble pertinent.

On a chacun des ingrédients différents pour le bonheur. Être entouré.e d’amis. Avoir une famille et s’y consacrer pleinement pour faire de ses enfants de bons êtres humains. Vivre dans le respect d’une foi donnée. Avoir un poste à responsabilités. Monter des entreprises. Faire bouger le monde en s’impliquant dans la vie politique. Être utile à différents niveaux.

Savoir ce qu’on veut revient aussi à savoir ce qui nous anime. Ce qui nous fait vibrer. Ce qui rend la vie digne d’être vécue, malgré tout. Ce qui permet de réussir sa vie, au lieu de réussir dans la vie.

Je lisais récemment une citation d’Alain Badiou, un philosophe que je ne connaissais pas du tout mais dont les mots ont trouvé écho chez moi :

Qu’est-ce que la vraie vie, alors ?
Une vie qui ne se réduit pas soit à l’obéissance soit à la satisfaction des pulsions immédiates. Une vie lors de laquelle le sujet se construit en tant que sujet.

Il y a selon moi quatre domaines où la vérité se manifeste, ce que j’appelle les quatre procédures de construction de la vérité : l’art, l’amour, la politique et la science. Je souhaite aux jeunes de traverser ces quatre conditions : de rencontrer l’art sous toutes ses formes, d’être amoureux dans la durée et la fidélité, de participer à la reconstruction politique d’un monde de justice contre le monde tel qu’il est. Et de ne pas être aussi ignorants de la science qu’ils le sont, pour ne pas abandonner celle-ci aux mains de la technique ou du capital. (…)

Je propose de continuer à philosopher, puisque, dans deux millénaires, ce qui est l’échelle temporelle de la philosophie, absolument plus personne ne saura qui était Sarkozy, alors que nous savons parfaitement qui était Platon.
Alain Badiou, in Télérama

Et je me suis demandée quelle était la « vraie vie », à mes yeux. Celle qui en vaudrait la peine. J’ai trouvé quelques critères.

Elle doit être respectueuse de la planète, autant que possible. Paradoxal de la part de la fille qui prend l’avion plusieurs fois par an, mais hormis cette entorse à mes principes, faire le moins de mal volontairement à la planète pendant ma courte vie (à l’échelle du cosmos) est une de mes priorités. Cela passe par le végétarisme, l’écologie, le compostage, le tri sélectif, rouler à vélo, acheter responsable… Vœu pieux quand on sait que je mène un style de vie à l’occidentale, donc forcément incroyablement polluant.

Elle doit être respectueuse des autres. Alors non, je n’aime pas spécialement le genre humain dans sa globalité, mais cela n’est pas un prétexte pour être abjecte, cynique ou méprisante des individus. Respecter chacun et faire le bien autour de soi est à mon avis la meilleure manière de rendre ce monde vivable, et c’est pour ça que je m’efforce de m’impliquer (toutes proportions gardées) dans des initiatives au profit des réfugiés, de donner du temps et/ou de l’argent à des associations pour les causes qui me sont chères. Être respectueux des autres implique aussi de se battre pour obtenir ce respect, et c’est ainsi que le féminisme et les questions ayant trait aux droits humains me sont chers.

Elle doit être créative. Cela passe par la consommation d’art et la production créative. Lire jusqu’à plus soif, aller voir des expos, lire des romans, des mangas, des essais, des bédés, lire tout. Écrire autant que possible, mais aussi créer toutes sortes de choses de mes mains. Donner vie à des dessins, des peintures, une jardinière… Tout le monde a envie de laisser une trace, non ? Je ne marquerai sans doute pas les esprits avec mes jardinières ou mes écharpes en tricot, ça non, mais construire quelque chose, n’importe quoi, même éphémère, me procure une immense satisfaction.

Elle doit être indépendante. Je n’ose pas prononcer le mot « libre », tant il me semble dénué de sens en ce qui me concerne : est-on jamais libres ? Nos envies et attentes ne sont-elles que le fruit de la société et la culture dans lesquelles nous vivons ? Mais rester libre de faire des choix… je pense que c’est possible. Indépendante financièrement, c’est important aussi.

Elle doit avoir un grain de folie. J’ai été trop sérieuse pendant mon enfance, confrontée trop tôt à des problématiques d’adultes, jamais souriante, je faisais la fierté de ma famille à être « celle qui a du plomb dans la cervelle »… et je me rattrape en recherchant le grain de folie aujourd’hui. Cela ne veut pas dire fuir toute responsabilité. Je paie mes impôts comme tout le monde. Mais l’émerveillement, le rire et l’enthousiasme sont le meilleur moyen de rester vivant, et du haut de mes 32 ans, si je regarde ce que j’ai fait, ce sont les choses qui étaient considérées comme des « folies », les décisions les plus improbables, qui restent mes meilleurs souvenirs.

Elle doit être exaltante. C’est le prolongement du grain de folie : ma vie doit me transporter. Elle doit me couper le souffle, me donner les larmes aux yeux, me donner raison d’être là, me rendre heureuse d’être en vie. Tu me diras que tout le monde veut ça ? Pas forcément. Je connais pas mal de gens qui adorent rester en terrain connu, de peur d’être déçus, d’être bousculés, de douter. Et c’est leur droit le plus absolu. J’adore l’inconnu, les montagnes russes des sensations, sortir (parfois un peu, parfois beaucoup) de ma zone de confort. À moi de faire en sorte que ma vie soit ainsi, à moi de créer les moments exaltants, et cela passe par l’aventure, le voyage, les situations loufoques et improbables, et le fait d’être ouverte à ce que la vie peut me donner.

Je ne dis pas que je parviens à remplir actuellement tous les points ci-dessus. Je parle de la vie que j’aimerais avoir, de mes aspirations. Mais si un jour j’arrive à remplir tous mes critères simultanément, je serai peut-être bien embêtée. Quelle tristesse de ne plus avoir d’objectif ? De se dire que tout est parfait ?

Savoir quelle vie on voudrait, ça peut aussi mettre des bâtons dans les roues et empêcher d’apprécier qu’on a en se fixant trop sur ce qu’on aimerait avoir. Mais pour moi, avoir un cap est important. S’il y a des détours en chemin, peu importe, du moment que je garde ce cap.

Et toi, qu’est-ce qui t’anime dans la vie ? Qu’est-ce qu’il te faut pour mener une vie réussie ?

Crédit photo : Arpenter le chemin

Commentaires

8   Commentaires Laisser un commentaire ?

Die Franzoesin (voir son site)

C’est une question passionnante ! Je me l’étais posée suite à une rupture difficile à l’aide d’un petit livre « donner du sens à sa vie » et puis avec le temps je crois que j’ai parfois un peu perdu de vue mes objectifs… tu me donnes envie d’y réfléchir à nouveau 🙂 .

le 13/02/2017 à 08h01 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Je crois partager tous les premiers points de ta liste, mais je suis justement de ceux qui ne recherchent pas l’exaltation de l’inconnu, je suis très vulnérable face au changement et c’est assez dur dans notre société de l’assumer car c’est souvent vu comme une tare.
Je suis en pleine réflexion aussi sur la perspective de mettre des enfants au monde et de les accompagner dans la vie, je sais que ce n’est pas votre souhait mais je me suis rendu compte que c’était en fait la seule perspective qui donnait du sens à ma vie lorsque j’étais au fond du trou…
Merci en tout cas de mettre un peu de philo sur notre chemin en ce lundi matin, ça fera tourner le petit moulin pour la semaine.

le 13/02/2017 à 09h28 | Répondre

sarah (voir son site)

Tout é fait d’accord avec toi, j’ai l’impression que peu de personne ne se pose réellement la question et suivent leur vie comme l’ont fait leurs parents, amis …
pour ma part j’ai limpression de vivre à fond quand je suis en voyage, ce côté exaltant que tu décris, c’est ma raison de vivre.
Vivre tout à fond, le pire et le meilleur, rire, pleurer, aimer. J’ai besoin d’avoir toujours un projet en cours, un voyage, un blog, un crochet, des photos … en gros dès que je n’ai rien à faire j’ai l’impression de perdre mon temps.
Il faut que je soit constamment occupée, ce qui paradoxalement me pose d’autres problèmes comme du stress et qui m’empeche de vivre le moment présent… mais j’y travaille 😉

le 13/02/2017 à 09h42 | Répondre

MlleMora

J’avais dans la tête d’écrire un article sur le sens de la vie, ah ah vaste sujet n’est-ce pas ?
J’avoue que je me pose régulièrement cette question, surtout quand je me trouve dans mon bureau à faire des trucs que je juge inintéressants…. J’ai le sentiment d’avoir été animée sur la durée pendant mon voyage autour du monde. Je suis animée lorsque j’écris, lorsque je suis avec mes amies les plus chères, avec mon mari, avec mes filles… Je n’ai pas suivi ce qui m’animait pour choisir ma voie professionnelle, et je le regrette, mais ça n’est jamais trop tard !

le 13/02/2017 à 14h00 | Répondre

Tamia (voir son site)

Une question et une réflexion intéressante !
Je crois que ça va tourner dans ma tête pendant un petit moment…
On est en plein changement de vie pour justement vivre plus en accord avec nos valeurs et depuis un mois on a la sensation d’être à nouveau nous, même si on tend toujours vers un idéal de vie…

le 13/02/2017 à 14h48 | Répondre

Flora

Ce qui m’anime c’est la foi en la vie. la ferme conviction que l’air qu’on respire et ce qu’on a de plus précieux. ça me donne envie de m’occuper de moi, des autres et de notre petite planète. Du coup je te rejoins sur tous les points 🙂
Soyons folles 😉

le 14/02/2017 à 08h58 | Répondre

Madame Lavande (voir son site)

Le sujet mérite en effet qu’on s’y arrête !
Je crois que je te rejoins sur l’ensemble des points même si pour les 2 derniers, le grain de folie et l’exaltation, je ne suis pas très exigeante et aime bien mes petits habitudes (ce qui n’empêche pas les tout petits grains de folie au quotidien).
C’est important d’avoir des rêves et des projets, et pour moi c’est le meilleur des moteurs pour avancer.

le 14/02/2017 à 16h01 | Répondre

pacreau gerard

Document intéressant, j’ajouterai que cela dépend surtout de ce que l’on est, avec l’influence de nos ancêtres et des planètes. Bien à vous

le 30/12/2017 à 16h06 | Répondre

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