Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Je veux toujours « plus » !


Publié le 28 avril 2014 par Madame Givrée

Dans la vie de tous les jours, Sir Givré m’appelle Madame « Plus ». Au moins une fois par jour, une remarque, un commentaire, un geste de ma part le fait éclater de rire et affirmer « si tu devais changer à nouveau de nom, c’est sûr, tu t’appellerais Madame Plus. »

sur la pointe des pieds

Crédits photo (creative commons) : Rob Sinclair

Selon lui, j’en veux toujours plus, je suis incapable de me satisfaire de ce que j’ai. Morceaux choisis :

  • J’ai une licence ? J’aurais aimé continuer mes études et faire un Master ! Faire plus d’études.
  • J’ai vécu – un certain temps – en Angleterre ? C’est dommage, je serais bien restée plus longtemps.
  • « Chéri je trouve que tu ne t’occupes pas assez de moi ! Je voudrais plus d’attention ! »
  • « Quoi, tu vas sur l’ordinateur ?! Et moi ? Oui, je sais qu’on a passé la journée ensemble, et qu’on a regardé un film, mais j’espérais… enfin… j’aurais aimé… encore un peu plus de temps avec toi. »
  • « Chéri, tu peux me faire un thé s’il te plaît ? Sans sucre mais avec une cuillère quand même ? Merci ! Euh… Chéri, pourquoi tu n’as pas rempli le mug ? Tu peux mettre plus d’eau s’il te plaît ? C’est un demi-thé, pas un thé, que tu as fait. »
  • « J’ai pas assez dormi la nuit dernière. D’une façon générale, je ne dors pas bien. J’ai besoin de plus d’heures de sommeil. Et de plus de place dans le lit. »
  • « Tu sais, je crois que je devrais aller plus souvent à la piscine, ça me fait du bien. »
  • « Tu ne trouves pas que mes cheveux devraient être plus longs/plus épais/plus courts? »

Bref, j’en veux toujours plus. Paraît-il.

Je ne le fais pourtant pas exprès. Mais c’est vrai que ça doit être difficile à vivre, au quotidien. J’aimerais sortir plus souvent, voyager plus, que le temps passe plus vite, que Sir Givré passe plus de temps avec moi, avoir plus d’heures de sommeil, me sentir plus complète, j’ai toujours une raison pour en demander… plus, précisément.

Ce n’est pas que je ne suis pas heureuse telle que je suis : j’ai un boulot qui me plaît (même si j’aimerais qu’il soit moins loin), une maison que j’aime, un mari qui j’aime, du temps libre, des activités intéressantes, des ami(e)s à qui parler. Je reçois beaucoup d’amour, j’en donne également, et tout pourrait paraître parfait si je n’avais de cesse d’en demander plus.

Mais vois-tu, c’est un de ces traits de caractère dont il est difficile de se défaire : je suis perpétuellement dans une espèce de fuite en avant, j’attends toujours ce qui va venir après ça. J’ai envie que le temps passe, qu’on fasse bâtir notre maison, qu’on ait des enfants, qu’on voyage… J’ai un tas de projets et le sentiment que 24 heures, dans une journée, ce n’est pas assez pour faire tout ce que j’ai envie de faire.

Mme Givrée et sa provisition de bonbons

Alors, j’angoisse, et quand j’angoisse, j’ai besoin qu’on fasse plus attention à moi. Et qu’on soit indulgent avec moi. Et qu’on cède à mes petites envies, mes petites manies. Si c’est le cas, je me sens sécurisée et je peux mettre de l’eau dans mon vin.

Quelques techniques que j’ai développées ces derniers temps pour temporiser :

  • Relativiser. Il m’a fait un thé, c’est une gentille attention. Si j’en veux plus, je m’en referai un après. Il n’y a pas mort d’homme.
  • Faire des efforts : si Sir Givré ne passe pas plus de temps avec moi, c’est aussi parce que, peut être, parfois, je me laisse embarquer dans mes petites occupations sans remarquer que, lui, à ce moment précis, est disposé à regarder un film/aller faire un tour à pied/aller faire les magasins/me câliner.
    Si j’arrête d’avoir le nez fixé sur mes besoins, et que j’essaie de voir quels sont les siens, je me rends compte que nous ne sommes pas si différents, finalement, et qu’en satisfaisant ses besoins, il y a de grandes chances pour que je réponde à mes besoins propres.
  • Faire un bilan de mes « petits bonheurs ». Être plus dans le présent. Sourire à la vie. Dire merci plus souvent.

Cependant, j’ai encore du chemin à parcourir. La preuve ? Je viens de dire à Sir Givré que s’il pouvait finir plus tôt aujourd’hui, ça serait bien…

Et toi, est-ce que tu sais vivre dans le présent ? As-tu besoin de toujours plus ? Tu as des astuces pour temporiser à partager ? Raconte !

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Commentaires

4   Commentaires Laisser un commentaire ?

Raviole

Ah Madame Givree je me reconnais bien dans ton article ! Moi aussi je suis dans la fuite en avant : vite, que le temps plus vite pour qu’on rentre a la maison ce soir ! Pour qu’on soit le weekend ! Pour qu’on soit deja aux vacances ! Pour qu’on demenage ! Et ainsi de suite… Et pourtant j’aime ma vie actuelle !

le 28/04/2014 à 10h39 | Répondre

Mademoiselle Sourire

En fait ton témoignage me montre que je suis un peu pareille … J’aime bien que ça aille vite, j’aime bien savoir si ça va durer, j’aime bien avoir plein de projets…
Merci en tout cas d’avoir partager ! 🙂

le 28/04/2014 à 14h42 | Répondre

Madame Givrée (voir son site)

De rien mesdames!! Je crois qu’on est beaucoup comme ça, et qu’il est difficile de s’ancrer dans le présent. C’est un travail de tous les jours !

le 30/04/2014 à 12h25 | Répondre

Urbanie

Haha, tout pareil! 🙂

mon mari me dit toujours « demander plus, pour avoir plus! »… ben…. c’est exactement ça!

Bon, cela dit il parait que je n’ai pas le côté « hyper relou râleur » qui peut aller avec, donc c’est que ce n’est pas si grave que ça!

le 02/05/2014 à 19h05 | Répondre

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