Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Je me sens différente


Publié le 12 juillet 2017 par Madame Givrée

Souvent, je vais bien. Et parfois, j’ai l’impression de ne pas faire partie du même monde que les autres et je vais un petit peu moins bien.

C’est souvent à table avec mes collègues que je prends conscience des choses. Et ces temps-ci, ce que mes collègues m’ont inconsciemment renvoyé c’est que…

Je ne peux pas partager mes souvenirs d’adolescence

A l’époque où les autres sortaient, faisaient la fête, buvaient, s’embrassaient, se quittaient et se remettaient ensemble, moi j’étais enfermée chez moi, je n’avais le droit ni de sortir ni de recevoir des amies à la maison. J’ai donc raté une grande quantité d’expériences adolescentes, et quand mes collègues partagent sur les quatre cents coups qu’ils ont pu faire entre treize et, disons, dix-neuf ans, je ne peux pas m’empêcher de ressentir une certaine amertume et même un peu de tristesse. Impossible de partager une anecdote, inenvisageable de casser l’ambiance.

Je ne récupèrerai jamais ces années « perdues ».

Crédits photos (creative common): Alexas_Fotos

Je ne bois pas d’alcool

Et comme je ne suis pas mince, les gens en concluent très, très vite que je suis enceinte. J’ai donc tendance à mettre les choses au clair plus ou moins rapidement: un père alcoolique, un grand-père mort dans des circonstances pas très claires d’un côté, un arrière grand-père mort des conséquences de son alcoolisme et quelques oncles qui souffrent de cette même maladie: en ce qui me concerne, je ne prends pas de risque. Pas question d’essayer : j’ai trop peur d’y prendre goût. D’autres personnes de ma génération ont fait un choix différent, et je ne les blâme pas, mais pour ma part, j’ai le terrain dépressif et l’histoire lourde qui iraient très bien avec cette problématique, donc en ce qui me concerne, c’est merci, mais non merci.

Crédits photos (creative commons): Alexas_Fotos

J’ai du mal à prendre du recul

Quand un enfant vient me voir pour me dire qu’il est victime de violences, quelles qu’elles soient, je prends sur moi tant que je suis devant l’enfant mais dès que l’enfant est parti je m’écroule. Je tremble,  je pleure, je subis les retours de souvenirs et j’ai du mal à respirer. J’en parle avec ma chef et mes collègues en prenant sur moi et ça se voit. Je subis les leçons de vie selon lesquelles si je ne prends pas de recul, « ça va [me] bouffer la vie » et les « tu ne leurs rends pas service en réagissant comme ça » en silence parce que je n’ai pas envie de raconter ma vie, que je ne suis pas là pour ça. Mais au fond, ça fait mal.

Parfois, j’ai mal

Aux doigts, au dos, à la tête, au poignet. Je sais que ces douleurs sont les conséquences de maltraitances lointaines, ou d’une nuit agitée de cauchemars, mais c’est quelque chose qui est difficile à assumer dans un contexte professionnel, même quand tu t’entends bien avec tes collègues. Alors, que répondre quand tes collègues te disent que tu as « une petite mine », et que tu n’as pas envie de passer pour celle qui se plaint tout le temps? Personnellement, je dis que je suis fatiguée, ce qui est presque toujours vrai donc je ne mens pas. Parfois, j’aimerais avoir une vie différente.

Crédits photos (creative commons): Simonwijers

Je ne peux pas participer aux conversations sur les enfants…

… Puisque je n’en ai pas. J’ai bien une ribambelle de cousins, une brochette de petits-cousins, mais on le sait toutes, hein, que ce n’est pas la même chose et que le fait de ne pas avoir porté et mis au monde tes propres enfants t’interdit formellement de participer aux conversations sur les enfants. Tu leur dis quoi, aux collèges? « J’aimerais bien mais ça n’a pas l’air de marcher pour nous comme pour les autres »…? Casseuse d’ambiance,  bonjour !

… ni sur la famille

On habite à quelques centaines de kilomètres et on se voit rarement. Je dirais quatre fois par an pour ma famille, et une dizaine pour ma belle-famille qui fait le déplacement régulièrement. Pas de dimanche midi chez la grand-mère, pas d’après-midis ensemble, pas de barbecue improvisés chez les parents dans le village voisin le mercredi soir pour nous. Pas non plus de goûters ensemble, de cousinades, de sorties en famille.

Crédits photos (creative commons): Rawpixel

Sir Givrés et moi vivons tous les deux

Sans enfants, sans famille à proximité. On a bien quelques copains, mais personne à qui on est extrêmement attachés à moins de 300 kilomètres de nous. Nous pratiquons chacun un sport de notre côté, ce qui nous permet de voir du monde, nous sommes ensemble depuis l’adolescence, vivons ensemble depuis 2008 et sommes mariés depuis 2012. Je te mentirais si je disais qu’à certaine périodes (comme en ce moment), la routine ne s’installe pas entre nous. Si tu ajoutes à ça le fait que nous avons construit une maison en bois nous-même, et financé une partie des travaux, ce qui veut dire que l’argent a souvent manqué chez nous pour prendre du temps à deux et réenchanter le quotidien, je pense que tu peux imaginer qu’on n’a pas toujours vécu des jours très exaltants. Cela ne nous empêche pas d’être très heureux ensemble, mais on peut être heureux et aux prises avec la routine…

Alors… quand tu ne peux pas parler de ton enfance ou de ton adolescence, de ta famille, d’enfants, que tu ne bois pas d’alcool et que tes jours se suivent et se ressemblent… C’est parfois difficile de trouver sa place dans les conversations à table avec les collègues.

Tout ça pour dire qu’en ce moment, je me sens différente, et ça me donne un drôle de blues…

Et toi, ça t’arrive de te sentir totalement mise à l’écart ? Comment tu vis les choses ? A quel point partages-tu des détails de ta vie quotidienne avec tes collègues ? 

Commentaires

23   Commentaires Laisser un commentaire ?

Miss Chat

*hug* Il est très émouvant, ton article. Je ne sais pas quoi te dire, à part que j’imagine ce que ça doit représenter et que j’espère sincèrement que tu auras rapidement de quoi alimenter les conversations.
C’est vraiment impossible de discuter de tout cela avec tes collègues ? Je ne sais pas quelles relations tu as/veux avec eux. Une de mes collègues est dans une situation semblable mais elle est en plus célibataire, endettée et locataire… Elle a du mal à participer aux autres conversations et comme elle ne s’exprime jamais, je ne sais même pas très bien ce dont elle voudrait parler. Mais ça me ferait plaisir de pouvoir discuter avec elle de sa vie, même si c’est différent de la mienne 🙂

le 12/07/2017 à 08h14 | Répondre

Madame Givrée

Bonjour, merci pour ta réponse ! Ce n’est pas que c’est impossible, c’est que j’aime qu’ils ne sachent pas. J’ai toujours peur que les gens changent leur perception de moi s’ils savent ce que j’ai réellement vécu et d’où je viens. Tout ça ne m’empêche pas d’avoir des conversations avec mes collègues, mais c’est vrai que je ressens un gros décalage et qu’à force, ça me déprime.

le 14/07/2017 à 11h17 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Je suis désolée pour toi que tu aies ce sentiment… En te lisant je me suis demandée si le problème etait vraiment ta vie telle qu’elle est où le regard que tu portes sur elle. De ce que nous apprenons de toi à travers tes chroniques tu aimes lire et voyager, tu connais plein d’endroits à visiter, tu as eu une vie forte et difficile. Pour moi cela ferait de toi une collègue forcément passionnante à connaître même si tu ne fais pas de barbecue en famille !

le 12/07/2017 à 08h42 | Répondre

Madame Givrée

Merci pour ta réponse ! Je trouve que tu poses une très bonne question, en relisant cet article, j’avoue avoir un peu de mal à l’assumer, à cause de ce regard critique que je pose sur moi-même.

Le reste de ton message m’a mis les larmes aux yeux. Merci de mettre en lumière ce qui peut être intéressant chez moi, et de m’aider à voir le verre à moitié plein.

le 14/07/2017 à 11h20 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Ton article m’a beaucoup ému.
Il ne faut pas dévaloriser ta vie. Tu as eu des difficultés et je comprends que tu ne veuilles pas en parler et que du coup beaucoup de sujets ne sont pas forcément adaptés. Mais peut-être que tes collègues / amis voudraient te connaître un peu mieux, t’aider?
Et puis tu sais, eux aussi n’ont pas forcément une vie passionnante: la routine, c’est pour tout le monde et ça fait du bien, beaucoup de monde ne boit pas d’alcool, et les barbecues en famille n’amènent pas forcément à une vie passionnante.
Comme le dit Die Franzoesin, toutes tes chroniques me font pensées que tu as plein de choses intéressantes à raconter, à partager et il ne faut pas te dévaloriser par rapport à ton entourage.

le 12/07/2017 à 10h42 | Répondre

Madame Givrée

Il y a bien une ou deux collègues avec qui j’ai évoqué des sujets plus profonds, mais à vrai dire personne ne peut vraiment m’aider et je préfère être positive que laisser entrevoir la partie triste de moi. En trois ans et demi, j’ai eu l’occasion d’en entendre des vertes et des pas mûres sur le fait qu’on n’arrivait pas à avoir un enfant, sans raison évidente, et quand ma collègue la dernière fois m’a dit « ça va venir », avec un petit sourire qui se voulait rassurant, je sais que ça partait d’une bonne intention mais intérieurement j’avais envie de hurler. Elle ne le sait pas, pas plus que moi ou que Sir Givré, si ça va marcher un jour et quand. Ce n’est qu’un exemple mais je voulais illustrer par là le fait que c’est toujours difficile de gérer les réactions des gens face aux choses qui te font mal.
Après, je suis d’accord avec toi, la routine, c’est pour tout le monde. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser qu’elle est un peu moins difficile à supporter quand tu as ce que tu voulais dans la vie…

le 14/07/2017 à 11h24 | Répondre

Marion

Ton article me parle plus que je ne voudrais l’avouer. Et cette différence que tu ressens cruellement aujourd’hui, je l’ai aussi ressentie de nombreuses fois dans ma vie. Avec à chaque fois des tentatives de me mettre en conformité avec ce que je pensais percevoir des codes d’une vie « enviable » (changer de boulot, devenir propriétaire, avoir des enfants et même avant dans la cour de récré, avoir des amis, raconter des supers vacances, …).
Puis je me suis rendue compte que la vie était plus riche que toutes les platitudes échangées le midi sur ces sujets. Parce que ne nous cachons pas que bien souvent, ces discussions entre collègues ne volent pas très haut. (Pardon pour tes collègues s’ils ont des conversations enrichissantes)
La construction de ta maison, tes envies de voyages, de découvertes, tous les projets dont tu nous fais part ici. Tu as aussi des choses passionnantes à raconter ! D’ailleurs, merci de nous les faire partager ici.
Et en réalité, combien de tes collègues avoueraient qu’ils ont l’impression d’être enfermé dans leur vie bien installée ? Combien ont conscience qu’un monde plus vaste que l’horizon des barbecues hebdomadaires dans le village d’à côté existe ?
De grosses pensées pour toi et pleins d’ondes positives pour t’aider à traverser cette période !

le 12/07/2017 à 12h38 | Répondre

Madame Givrée

Merci pour ton commentaire ! J’aime bien ce que tu dis sur les codes de vie « enviables », ça me parle, et je vais réfléchir à la question.

le 14/07/2017 à 11h26 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je partage les autres commentaires. Moi je suis sure que tes collègues seraient très intéressés par ta vie et tous ces beaux projets que tu as mené à bien. Il n’y a pas que les enfants comme source de discussions.
Je te souhaite de réaliser encore de beaux projets. Moi je te trouve différente peut être mais pas moins interessante pour autant !
Et puis ce serait trop triste si on était tous pareils !

le 12/07/2017 à 16h09 | Répondre

Madame Givrée

Oh mais bien sûr, je leur parle de mes projets, de mes envies. Mais justement, je me sens différente :).

le 14/07/2017 à 11h28 | Répondre

Plume

Tu sais, je préférerai que mes collègues me racontent la construction d’une maison en bois plutôt que leur barbecue chez belle-maman de dimanche dernier !
J’espère que tu vas arriver à te sentir mieux… Beaucoup de courage

le 13/07/2017 à 08h08 | Répondre

Madame Givrée

Quand j’évoquais le barbecue de dimanche dernier, je voulais surtout mettre en lumière ce manque de lien familial qui nous mine, Sir Givré et moi. Après, je vois tout à fait ce que tu veux dire, et il nous arrive aussi de parler de construction de maison en bois ou d’autres choses plus « intéressantes », mais ça ne m’empêche pas de ressentir très fort le décalage.

le 14/07/2017 à 11h29 | Répondre

Rose

Je t’envoie plein de pensées positives. Sache que sur la blogosphère, on te trouve vraiment intéressante et on t’apprécie.
Je suis de l’avis de Die Franzoesin. Tu as plein de choses à raconter, plein de sujets intéressants des quels parler: discuter de vos goûts en matière de lecture et de musique, l’aventure de ta maison en bois, les petits coins à visiter pendant le week end…

Je suis dans ton cas sur pas mal de sujets: adolescence très sage (mais heureuse), un seul copain avec qui je partage une vie très calme et simple, pas d’enfant, pas de famille à moins de 1000 km, je ne bois pas d’alcool…
Pourtant, nous discutons avec mes collègues et relations. ce ne sont pas vraiment des conversations très profondes mais des moments sympas et ça me permet de ne pas être trop en dehors du groupe.

S’ils parlent de leurs enfants, de leurs grossesse, je parle des dernières nouvelles de mes neveux et essaie de comparer.
Je parle aussi de mes dernières trouvailles en cuisine, des films que j’ai vu, livre que j’ai lu, de mes projets de voyages dans le pays…
Ils ne deviendront pas mes amis mais au moins on passe de bonnes journées.

Tu écris bien, donc tu parles bien et si tu te lances je suis sûre qu’ils te trouveront très intéressante.

le 13/07/2017 à 09h01 | Répondre

Madame Givrée

Merci Rose ton commentaire me touche !

Comme je le disais, moi aussi je discute avec collègues et relations. Mais je crois que le problème vient aussi de comment je perçois ma vie, et ce que j’aimerais qu’elle soit.

le 14/07/2017 à 11h31 | Répondre

MlleMora

Perso, j’adore lire tes articles, et je suis certaine que dans la vie, on aurait plein de choses à échanger, même si tu n’as pas d’enfant, de famille à côté de toi (eh moi aussi !), d’amis à moins de 300km (eh moi aussi !) et tout ce qui fait que tu portes un regard si dur sur toi-même ! 🙂
Je comprends bien que les collègues, c’est toujours un peu délicat avant de pouvoir vraiment confier des choses, mais de toute façon, en groupe, bien souvent les conversations ne sont pas « approfondies » et tu peux toujours rebondir sur tout et n’importe quoi !

le 14/07/2017 à 11h34 | Répondre

Madame Givrée

Merci Mlle Mora 🙂 j’ai de la chance d’avoir cette plateforme pour m’exprimer, et des lectrices / chroniqueuses toujours prêtes à me faire voir le côté positif des choses !

le 14/07/2017 à 15h34 | Répondre

Madame Colombe

Votre article me parle beaucoup, et j’aime beaucoup l’ensemble de vos chroniques.

Il faut une réelle force de caractère pour s’exprimer sur un sujet si peu facile.

Ce que vous écrivez résonne en moi:je ne bois jamais d’alcool et depuis que je me suis mariée, c’est pire: mes collègues croient que j’attends un heureux événement.

Quant aux leçons de vie assénées par vos collègues sur votre manque de recul, je connais: assistante dans un service de santé au travail, je vois parfois des choses difficiles. Et l’empathie que je développe face à certaines situations dérange parfois.
Restez telle que vous êtes, parlez de tout et de rien avec vos collègues ( vacances, ciné, cuisine.. que sais je) et lorsqu’ils vous « font la morale » acquiescez sans changer votre façon de voir les choses.

le 14/07/2017 à 22h11 | Répondre

Nya (voir son site)

Tout d’abord : plein de câlins. Je me sens différente aussi, et hormis les critères « objectifs » comme le fait d’avoir passé une enfance décalée, de ne pas boire d’alcool, d’avoir eu des blessures diverses et d’être sans enfant (tiens tiens… on se ressemble sur certains points !), cela peut aussi s’expliquer par certaines formes d’autisme de haut niveau (qu’on soupçonne dans mon cas). Ce qui n’est pas le sujet de ton billet, mais disons que ça peut aussi expliquer ton décalage, en plus du reste.

Depuis quelques temps je me dis que vie passionnante et conversation passionnante sont deux choses différentes. Que tu n’aies rien à contribuer ne rend pas ta vie moins passionnante. Personnellement, les gens que j’aime le plus ne sont pas ceux qui parlent de leur barbecue, mais les dingos, les décalés, ceux qui lancent des sujets de conversation improbables qui ne tournent pas autour de leur vie mais des idées, de la science, de l’imaginaire, des convictions. Si tu ne peux pas contribuer sur le quotidien familial (et je crois y déceler une pointe d’envie), pourquoi ne pas mener la barque où tu le souhaites en lançant des sujets qui t’intéressent sur la littérature ou les podcasts, des sujets qui pourraient te valoriser et valoriser ta vie (à nouveau, mon ressenti à te lire… Je te sens insatisfaite- et tu as parfaitement le droit – mais il y a forcément des domaines dont tu es ravie ?)

le 15/07/2017 à 00h22 | Répondre

Madame Givrée

Tiens, je vais me documenter un peu sur ce que tu dis parce que j’ai appris relativement récemment que j’avais été une enfant « haut potentiel » non détectée et je n’avais pas pensé que ça pouvais éventuellement impacter ma vie…

Tu sens bien une pointe d’envie, ce qui me dérange dans le fait de ne pas pouvoir alimenter les conversations sur la famille, c’est, précisément, que je ne peux pas l’alimenter de vécu personnel. Et ça me manque, cruellement.

Après, pourquoi ne pas amener des sujets différents, eh bien c’est une bonne question. Et j’aurais presque envie de te répondre en évoquant la dernière réaction de mes proches en date, quand j’ai eu le malheur d’évoquer G. Orwell et Burmese Days à table l’autre jour (on parlait voyages, et je disais que j’aimerais aller en Birmanie un jour, en particulier à cause de / grâce à ce livre) : « aïe, au secours, ça la reprend, on t’a déjà dit que quand c’est trop intellectuel ça ne nous intéresse pas, on n’arrive pas à vous suivre, ta sœur et toi. » c’est sûrement pour ça que je n’amorce jamais rien: parce que toute ma vie, j’ai entendu que ce qui était différent n’était pas intéressant.

le 15/07/2017 à 13h04 | Répondre

Elodie

Ici, nos familles sont à 20 000 km et le soir il fait nuit à 18h quasiment toute l’année ou au plus tard 19h avec les barbecues arrosés au rosé, on n’en fait pas vraiment 😉
Par contre, nous avons beaucoup d’amis/collègues et nous buvons de l’alcool 😀
Mes amis sont pour la plupart des amis de mon mari qui a 16 ans de plus que moi, donc ils sont tous installés dans leur vie, propriétaires, parents etc contrairement à moi. Ca ne nous empêche pas de trouver plein de sujets de conversation. Je pense aussi que les discussions, les souvenirs etc se créent autour d’activités en commun. Pourquoi ne pas faire quelques activités en dehors du boulot avec les collègues que tu apprécies, ça vous fera l’occasion d’en reparler? Pourquoi ne pas les inviter pour un barbecue.?

le 15/07/2017 à 06h35 | Répondre

Madame Givrée

Alors, les inviter pour un barbecue… ce sont des normands donc on va dire que dans dix ans, j’aurai peut-être développé assez de lien avec eux pour l’envisager dans les dix années suivantes 😀 ** ch’ti frustrée **.
En revanche, c’est vrai qu’à part un bowling par an, on ne fait jamais rien, c’est une bonne idée. Merci !

le 15/07/2017 à 13h06 | Répondre

sophie

J’arrive un peu après la bataille ; mais je suis étonnée par certaines  » évidences » qu’on entend souvent et que je trouve déconcertantes. Je trouve ça idiot de sortir des phrases toutes faites comme  » prend du recul  »  » ça va te bouffer la vie », lorsque tu partages des choses difficiles avec des collègues. N’est ce pas très « normal », voire physiologique, de se sentir terriblement triste ou révoltée devant les grandes injustices, les grandes souffrances des enfants que tu reçois ? Il est bien entendu nécessaire d’apprendre à se distancier autant que possible, pour pouvoir avoir une vie ; mais c’est ce que tu fais, puisque tu as un mari, des chats, des activités, des projets !!!
Et puis, ne pas voir sa famille très souvent, entrer dans une certaine routine ( c’est rassurant et doux aussi parfois, non ?), ne pas boire d’alcool, avoir des douleurs et des cicatrices, être fatiguée parce que certaines choses sont pénibles ou parce qu’on en fait beaucoup, c’est aussi la vie ! La partie pas drôle de la vie, c’est vrai. Mais beaucoup de gens ne parlent que de la partie drôle de leur vie…En ne te laissant pas entrevoir le moindre grain de sable ; ce qui a pour effet de te faire te sentir sentir si différente. Et si, tout simplement, tes collègues étaient seulement des gens qui ne te correspondent pas vraiment ? Ou si, tout simplement, ils ne te disaient pas tout ce qu’il y a de différent chez eux ? Et si, tout simplement, tes amis proches (pas géographiquement, hein !) et ta famille te manquaient ? Moi aussi, des fois, ça me mets un peu le blues !

le 18/07/2017 à 14h33 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?