Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

L’écologie


Publié le 26 octobre 2018 par Rigel

Il y a des paradoxes qui me font bondir. Il y a quelque temps a eu lieu la marche pour le climat. C’est une voisine qui m’en a parlé après m’avoir spamé par SMS et placardé des affiches dans le hall de l’immeuble. Nous avons eu une longue discussion sur les raisons qui me faisaient penser que c’était franchement inutile, en plus d’être générateur de pollution (bah oui, à Paris, tu vas à la marche pour le climat en métro, qui ne fonctionne pas à l’eau, et en province, si tu n’as pas de transports en commun, tu y vas avec ta voiture => déplacements inutiles. Bref.)

Crédit photo : PIRO4D

Mais alors, tu t’en moques, de la planète ?

Non. Absolument pas. Je suis très soucieuse de notre environnement et je suis parfaitement consciente des risques que nous faisons peser à l’humanité avec nos façons dispendieuses d’utiliser nos ressources. A mon échelle, je tente de limiter ma consommation d’eau (= jamais de bain, je ne me savonne pas sous le jet d’eau chaude, je ne laisse pas couler l’eau du robinet quand je me lave les dents, je ne fais jamais la vaisselle à la main qui consomme beaucoup plus qu’un lave-vaisselle). Je prend les transports en commun quand c’est possible (=quand je ne me déplace pas avec 2 enfants, une poussette et 2m3 de bagages), j’utilise aussi mon vélo. Sauf que bon, la nuit, en plein hiver, ou quand je bosse à 60km de la maison, je n’ai AUCUNE envie de prendre mon vélo. Et tu sais quoi ? Je n’ai pas de scrupules à prendre ma voiture. Visiblement, vu les bouchons récurrents autour de Paris, je ne suis pas la seule. Bah alors les gens ?

Ah ! Donc nous y voilà ! Tu dis que l’écologie c’est important, mais pour les autres.

Je dis surtout que ce n’est pas en culpabilisant de façon totalement honteuse les automobilistes français, en leur tapant dessus à coup de taxes sur les carburants, en les pointant du doigt en leur interdisant l’accès à Paris, et en gaspillant l’argent public sous forme de primes à la conversion qu’on réglera le problème. Je m’explique : les 15 plus gros navires commerciaux du monde (les porte-conteneurs) polluent autant que les 760 millions de voitures sur la planète. 15 vs 760 000 000. Voilà voilà. Et je ne parle QUE des supertankers. L’un de ceux-là bat pavillon français (on peut faire cocorico, les plupart des autres sont sous pavillon de complaisance de paradis fiscaux) : en vitesse « économique », il ne consomme « que » 50 tonnes de carburant par jour. Sur des traversées de 60 jours 3000 tonnes. c’est du fioul lourd, qui dégage pleiiiin de soufre lors de la combustion.

Crédit photo : Julius_Silver

Oui, et alors ? On en a besoin, de ces porte-conteneurs…

Ah oui, on en a besoin. Mais en a-t-on AUTANT besoin ? Quelle est notre part de responsabilité dans cet état de fait ? A-t-on besoin de faire venir des tonnes et des tonnes de vêtements fabriqués en Asie par des gens sous-payés (au mieux) ou par des enfants encore moins considérés, dans des conditions indignes ? Des vêtements que certains ne porteront qu’une saison, pour rester à la mode ? Des vêtements du type le T-shirt à deux étoiles, vendu 80€ et qui coûte 3 ou 5€ à la production ? A-t-on besoin de changer de TV régulièrement, pour avoir toujours plus ? Toujours plus grand, toujours plus net (la première fois que j’ai vu du HD, je trouvais l’image plus nette que la réalité !) ?

Bon, admettons… Tu préconises quoi ?

J’ai pris conscience de tout ça assez récemment. J’achète beaucoup d’occasion (principalement des vêtements pour les enfants, des jouets, des livres). Je privilégie les produits neufs fabriqués en France, ou à défaut en Europe. J’ai 3 jeans, qui tournent jusqu’à être usés (un jean dure 9 mois à 1 an). Quelques pulls, qui sont portés jusqu’à être usés ou irrémédiablement tâchés. Il y a 4 niveaux d’usage : neuf, un peu usé mais portable pour sortir, vieille nippe pour traîner à la maison ou bricoler, chiffon. J’achète une paire de baskets par an, que je porte quasi quotidiennement. Les vêtements trop petits des enfants sont revendus ou donnés à des amis, de la famille ou des associations. Pour la nourriture, je privilégie au maximum les produits français. Le vendeur du marché s’est foutu de moi en me demandant si je voulais sauver des baleines parce que je ne voulais pas de ses avocats mexicains (il a perdu une cliente). Oui, je mange des fruits exotiques, mais j’essaie de limiter (et c’est dur, parce que l’ananas est mon fruit préféré).

Je pense que si tout le monde se rend compte que notre modèle de consommation n’est pas adapté à la survie de notre planète, alors on avancera. Sauf que ça ne va pas DU TOUT dans le sens des grosses entreprises qui veulent vendre plus, toujours plus, pour gagner plus. Pourquoi taper sur les individus et pas sur les industries ? La relocalisation en Europe d’usines de production aurait l’intérêt de générer de nombreux emplois. Alors oui, les produits coûteront plus chers, mais les employés auront une paie décente et une protection sociale. Les filières de recyclage et de reconditionnement créeraient également de nombreux postes. Pour les éléments qui ont besoin de voyager (matières premières par exemple), une piste de réduction de la consommation de carburant des porte-conteneurs est de les équiper de voiles. Des expérimentations ont eu lieu, et a priori, cela permettrait une réduction jusqu’à 20% de la consommation !

A plus long terme, il faudra également peut-être nous pencher sur notre façon de voyager. Que ce soit les croisières ou les voyages au long court, ça pollue beaucoup. Alors, oui, je suis la première à adorer voyager. Mais il y a des efforts à faire. Par exemple, accepter de ne pas aller tous les ans à l’autre bout du monde, ou même simplement dans les pays du Maghreb qui sont des destinations bon marché. Si chacun accepte de diviser par 2 ou 3 ses déplacements, je suis sûre que l’impact serait important.

 

Comment protèges-tu l’environnement ? Penses-tu que la préservation de la planète passe par une modification drastique de notre mode de vie ou estimes-tu que la nature est suffisamment résiliente pour qu’on ne soit pas obligés de faire des efforts ? Crois-tu que l’écologie punitive à coup de taxes est efficace ? 

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Sarah

De la même façon que certains se dédouanent de leur impact écologique en remettant la faute sur les autres, je pense que le même principe s’applique envers les entreprises.
Leur but est de générer du profit et cela ne changera pas.
N’oublions pas que ces entreprises existent car il y a de la demande derrière. Donc de la même façon que taxer les gens ne sert à rien, taxer les entreprises non plus.
Je pense que c’est une vraie prise de conscience collective qui doit se faire et qu’on doit tous assumer notre part de responsabilité. Cela va demander des sacrifices c’est sûr, mais si demain on arrête tous d’acheter chinois les entreprises n’auront pas d’autres choix que d’écouter le consommateur et s’adapter.
Je suis certaine que le principal vecteur du changement doit être chacun d’entre nous, et pas juste en changeant des ampoules et en laissant les autres alternatives plus contraignantes aux autres… Parce qu’un jour, dans pas si longtemps, ce qui est contraignant aujourd’hui deviendra une obligation pour notre survie si nous ne faisons rien.

le 26/10/2018 à 07h34 | Répondre

Sarah

Mais je suis tellement d’accord avec toi ! C’est tellement plus facile de culpabiliser et de taxer le particulier que les grosses entreprises… C’est bien beau de dire aux gens de ne pas prendre leur voiture et de la changer pour un véhicule hybride/électrique mais ça démontre une méconnaissance totale de la situation de beaucoup. De nombreux français vivent dans des endroits où les transports en commun sont inexistants. C’était mon cas encore récemment avant que j’emménage dans une grande ville. Pour aller bosser, faire ses courses, il n’y avait juste pas d’autre choix que de prendre sa voiture. Le vélo, c’est bien joli, mais faire 20 bornes dans le froid à 6h30 du mat, non merci. Le covoiturage, j’ai essayé mais je n’ai trouvé personne. Quand à la prime à la conversion, laissez moi rire : 2000 euros quand il faut compter à minima 6000 euros pour un véhicule hybride d’occasion, ça laisse au moins 4000 euros à charge. Avec un seul salaire à peine plus élevé que le SMIC pour vivre à 3 et l’impossibilité de mettre le moindre sous de côté, j’étais sensée faire comment ? Donc oui j’ai pollué en utilisant pas mal mon vieux diesel. Mais bien moins à mon avis qu’un paquet de multinationales.

le 26/10/2018 à 09h23 | Répondre

Amandine

La première chose qui me vient à la lecture de cet article, c’est que nous sommes nombreux à faire des choses en matière d’écologie, chacun « à notre manière » (certains vont rouler en vélo, d’autres font attention à leur consommation d’eau). Et ça me fait dire qu’il y à de l’espoir ! Et pour moi il n’y a pas de petits gestes, que c’est déjà bien quand on essaye de faire quelque chose car c’est un premier pas vers une prise de conscience progressive, et un changement progressif.
Le problème est bien souvent, comme tu le dis, qu’on a l’impression que ce ne sont que des « petits » gestes, qui n’ont guère d’impact. On se sert d’ailleurs parfois de cet argument pour justifier de ne pas s’y mettre… Mais pourtant tout le monde est d’accord pour dire que si TOUT LE MONDE fait ces petits gestes ça a un vrai impact. Alors je pense qu’il faut arrêter de se cacher derrière le « ça sert à rien d’éteindre sa lumière quand on voit le gaspillage qui est fait ailleurs »… Car si tout le monde se dit ça on n’est pas prêt de s’en sortir. Alors dans ce cas, autant être franc et dire « cette action me parait trop contraignante même si je suis consciente qu’elle a un impact à l’échelle globale. » plutôt que d’incriminer le reste du monde, ou les autorités, ou les industriels.
Autre point pour moi essentiel : comme tu l’évoque, quand on parle écologie on parle souvent « petits gestes » type couper l’eau du robinet, mettre des ampoules à LED, qui à l’échelle individuel paraissent bien légers, et dont même à l’échelle collective, l’impact parait mince à côté de ce que tu évoque avec le transport de marchandise.
Et pour moi c’est bien là que se trouve le plus gros impact/problème écologique : LA SUR-CONSOMMATION… voir la SUR-SUR-SUR-CONSOMMATION ! Et pour moi c’est encore la solution de facilité de dire que ce sont les industriels qu’il faut contraindre… car comme dit plus haut, ce sont bien les particuliers qui consomment !
Alors oui pour ce point ça va être compliqué car on a l’impression que consommer moins, c’est perdre en qualité de vie. Car les mentalités sont ainsi façonnées… on devient convaincu que pour être heureux il faut avoir beaucoup. et finalement plus. et encore plus. Et bien sûre tout cela est volontairement entretenu par ceux à qui ça profite $$$$$. Mais là encore, utopique que je suis, je pense que nous sommes assez intelligents pour nous soustraire petit à petit à ce bourrage de crâne publicitaire et à cette tentation du « toujours plus » qui fait partie de la nature humaine… mais l’humain est aussi doté de raison (il me semble) et il peut être bien de la faire fonctionner quand on a envie de cet objet dernier cri-bien-mieux-que-tout-ce-qu’on-a-déjà… et ainsi ne pas vivre cela comme une privation mais éprouver de la satisfaction d’être capable de se satisfaire de ce que l’on a !

Pour conclure, en me référant à ton introduction, pour moi ces événements tel que la marche pour le climat ont un sens, même si comme toi je me suis posée la question de justifier un tel déplacement… j’en suis arrivé à la conclusion que c’est un déplacement qui vaut vraiment la peine d’être fait s’il peut aider à une prise de conscience sur nos modes de vie ! Car j’ai espoir (utopiste que je suis…) que l’on peut à force d’en parler, soulever les bonnes questions, et ainsi faire prendre conscience que c’est bien nos comportements individuels additionnés qui mènent à cette folie de consommation et de pollution et qu’on PEUT changer les choses… et faire que ce que l’on ressent souvent comme une contrainte devienne une évidence…
avoir moins pour être plus heureux ?…

le 26/10/2018 à 10h38 | Répondre

MlleMora

Oui, culpabiliser uniquement les consommateurs, c’est vraiment facile.
Je crois aussi que ce sont nos modes de vie de sur consommation qui posent souci, on dit toujours que si tout le monde vivait comme… disons un Laotien, on n’en serait pas à paniquer face à la décrépitude du monde…

Changer nos modes de consommation, ça passe par l’individu, bien sûr, mais ce sont aussi les pouvoirs publics qui peuvent faire bouger les choses. Mais ils sont malheureusement instrumentalisés par les industries polluantes qui veulent toujours plus de pognon… du coup ça ne fait sortir que des petites mesures qui ne mangent pas de pain, qui ne « contraignent » personne (coucou les pailles en plastique et les cotons tiges…)
Sans action du pouvoir public, il ne se passera rien et pourtant, même avec des lobbies forts, il a su montrer qu’il était capable de modifier les habitudes des consommateurs : alcool (en jetant un coup d’oeil aux années 50, ça fait flipper de voir combien l’alcool était présent dans la société), le tabac, la sécurité routière…
Je pense qu’il faut demander au pouvoir public d’agir… à travers ce type de marche, les individus s’allient pour demander des actions.
Bon… clairement, c’est pas le gouvernement actuel qui fera quelque chose… mais il faut permettre aux gens qui ne sont pas sensibiliser de le devenir et de vouloir, eux aussi, que les choses changent…
Vaste débat !

le 26/10/2018 à 11h56 | Répondre

LoreleÏ

RIGEL Présidente ! 🙂

le 26/10/2018 à 13h38 | Répondre

Doupiou

J’ai une prise de conscience récemment sur ce sujet. Notamment concernant les produits importés à grande échelle. Tout cela quand je roulais sur l’autoroute, doublant une semi-remorque derrière laquelle il était écrit « Vous râler à cause de tous ces camions sur la route ? Arrêtez de consommer de la merde du bout du monde ! ».
J’ai bien rigolé sur le coup, mais ça m’a surtout fait l’effet d’un coup de point vu la vérité du message

le 26/10/2018 à 14h08 | Répondre

Banane

Mon mari m’a dit exactement la même chose sur les voitures et les supertankers. Les chiffres en moins.
J’essaye de faire à ma mesure, un peu plus à chaque fois, mais je lutte à la maison contre quelqu’un qui pense que consommer de l’eau en bouteille n’est pas polluer car ça se recycle et qui laisse couler l’eau en se savonnant les mains. 2 exemples parmi tant d’autres. Mais je continue et je crois qu’on peut faire mieux pour nos enfants (même si le discours qu’ils entendent à l’école sur l’écologie est dans la culpabilisation et les propositions hors de propos : non, maîtresse, on ne va pas adopter des moutons pour tondre notre pelouse)

le 26/10/2018 à 15h25 | Répondre

Chaperon Rouge

<3
Un jour J aurai le temps (et le courage) de pondre enfin ma série d articles sur ce qu'on fait ici pour la planète. On appelle ca "le mouvement colibri". Chaque petite goutte d'eau contribue à éteindre l'incendie, mais c'est clair que si les éléphants pouvaient arroser aussi ça irait + vite et on aurait moins chaud aux fesses…
Ici, on est aux les partout, et je me bat pour qu'il n'y ait pas + de 2 pièces allumées simultanément. On fait notre pain au lieu de prendre la voiture pr aller en chercher, je vais a la gare en bus et mon mari en vélo. On tend vers le zéro déchet donc adieux pots de yaourts, je fais les miens dans des pots en verre, et bouteilles en plastiques recyclables une seule fois (le kéfir a remplacé le cola). Plus d'huile de palm, que du français voir du bio. On fait nos courses au marché, avec nos boîtes. Ca fait marrer notre charcutier, qui dit aux clients suivants " ouais, y a de VRAIS ecolos" mdr. La fromagère joue a Tetris pour faire rentrer la motte de beurre dans notre petite boite. Tout le monde a pris le reflex, les gens autour sont curieux et, de + en +, on en voit avec leurs emballages 🙂 l'unique fois où, en manque de beurre en semaine, je me suis rendue dans une fromagerie pour en racheter, j'ai tendu ma boite, la fromagère a dit "non, je suis obligée de le mettre dans mon papier, question d'hygiène" je lui ai fait remarquer que son papier trainait sur le comptoir depuis x jours, alors que ma boite sortait du lave vaisselle. Elle a insisté que légalement elle pouvait pas. Jai dit tant pis, au revoir. J'ai fini ma semaine sans beurre, mais c'est RIEN a côté de cette rage que j avais de la connerie humaine…

le 26/10/2018 à 16h45 | Répondre

Maye

Je suis si d’accord… Ma culpabilité est si grande qu’au quotidien je me suis tournée vers la mouvance zéro déchet. Mais le fameux colibri dont tout le monde parle… A la fin du conte il meurt d’épuisement. Je suis intimement persuadée que l’écologie doit passer par la politique, et je suis tout aussi intimement persuadée que ça n’arrivera jamais. J’ai peur pour l’avenir, je vois arriver le temps des scénarios catastrophe où nous nous battons pour de l’essance, du riz, de l’eau… Où notre monnaie ne vaudra plus rien et ou la famine et la guerre deviendra notre quotidien. J’ai peur de le vivre et je pleure pour le monde dans lequel vivra ma fille.
Mais ne crions pas tant sur la France : je vis a l’étranger, au Japon pour être précise, et clairement je me rends d’autant plus compte de ce qui est disponible car il ne l’est pas ici. Toute l’offre bio, locale, les amap, les ruches, le végé et le vegan, le vrac, le made in France… Tout ça c’est finalement très accessible et de plus en plus de Français font ce choix. C’est d’ailleurs parce que nous sommes de plus en plus nombreux que toute l’offre en est la où elle est. Alors si on continu, l’offre augmentera et je suis sure que l’état finira par suivre. Mais ce sera trop tard… Et malheureusement, ailleurs c’est loin d’être le cas. Le Japon est une plaie a ce sujet, et que dire des USA qui représentent a eux seuls beaucoup trop de fois la France en terme d’impact ? Une chose est sûre : la planète se remettra de nous. Mais les êtres qui vivent dessus… C’est une autre histoire.

le 26/10/2018 à 18h07 | Répondre

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