Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Pourquoi j’aime travailler en uniforme


Publié le 4 octobre 2016 par Kitsuné

Dans mon travail, je porte l’uniforme. Ça fait dix ans. En effet, mon métier, c’est militaire (et, comme disaient les affiches de recrutement à une époque, c’est bien plus qu’un métier – mais passons).

L’uniforme, avant, j’en rêvais.

La première fois que je l’ai revêtu, je n’avais pas 20 ans. Je me revois avec ce treillis tout raide, sentant le neuf, trop grand. Je me suis regardée dans le miroir, heureuse, heureuse ! J’étais aux anges. Trop fière. Tu ne me croiras peut-être pas, mais, de toutes les tenues que j’ai portées au cours de ma vie, c’est celle qui m’a procuré le plus de fierté. Un sentiment d’accomplissement. Et aujourd’hui, j’y suis encore extrêmement attachée.

Pourtant, ce n’est pas particulièrement beau. Ou plutôt, justement, c’est peut-être parce que l’uniforme n’est pas particulièrement beau que j’apprécie toujours autant de le porter. L’uniforme, il parle d’autre chose que de ta beauté, a fortiori de ta beauté de femme. Il parle de ton action, de ton engagement, de tes valeurs. De ta fierté à servir ton pays. D’être un soldat.

Porter l'uniforme au travail

Crédits photo (creative commons) : Israel Defense Forces

Porter l’uniforme, ce n’est pas un scoop, c’est appartenir de manière visible à une communauté. Un groupe. C’est dire : « Avant d’être une jeune femme qui aime le bleu/qui aime porter des jeans /qui n’a pas le sens de la mode/qui est canon (rayer les mentions inutiles), je suis surtout membre de ce groupe. » C’est l’engagement qu’on a pris qui est mis en valeur, avant les détails de la personnalité – si tant est que les vêtements que l’on porte soient vraiment révélateurs de notre personnalité.

Uniforme de soldat femme

Crédits photo (creative commons) : Program Executive Office Soldier

On me demande souvent : « Mais ce n’est pas trop difficile de renoncer à la coquetterie ? Au maquillage, aux bijoux, aux brushings ? » (Un ou une militaire ne doit porter aucun bijou visible, et, pour les femmes, un maquillage très discret et les cheveux courts ou attachés en chignon.)

Eh bien… non. Non, honnêtement, ça ne me manque pas. DU TOUT.

Tout d’abord, je précise qu’il me reste les weekends, et toutes les permissions, pour être coquette. Et que je ne m’en prive pas. Je ne suis pas insensible à la mode, loin de là. J’ai trop de robes, trop de chaussures, trop de sacs (dixit mon mari à qui il ne reste plus qu’un petit bout de placard), et je connais toutes les parfumeries de ma ville.

Mais la semaine, c’est l’uniforme. Et c’est reposant.

  • Qu’est-ce que je vais porter demain ? Un treillis.
  • Avec quelles chaussures ? Des rangers.
  • Et je me coiffe comment ? En chignon.
  • Je mets quelles boucles d’oreille pour aller avec cette tenue ? Aucune.
  • Et si ma tenue n’est pas assortie, que vont penser les gens ? Ma tenue obéit à des règles strictes : tant qu’elle est propre et repassée, il n’y a rien à en penser.
  • Et si je ne suis pas élégante, que vont penser mes collègues ? Mes camarades sont habillés pareil que moi tous les jours de l’année et ne me jugeront jamais sur mon look.

Pour moi qui me prenais toujours la tête quand j’étais lycéenne pour savoir quels habits choisir pour être bien sapée, cool, mode, bien jugée par les autres… c’est une libération.

J’irais même plus loin : c’est la fin du diktat de la joliesse. Je bosse en uniforme : je m’en fous d’être jolie. Mes cheveux ne sont pas bien coupés ? On s’en fiche, il suffit qu’ils soient propres. J’ai des cernes et pas eu le temps de mettre de l’anti-cernes ? Aucune importance. J’ai un peu grossi ? Pas de prise de tête : le treillis camoufle tout ça. Voilà. Si je suis moche ce matin, si j’ai une sale gueule, je m’en fous. L’uniforme donne le droit d’être moche (pour autant qu’on soit propre et chignonnée serré).

Moi, ça, je kiffe.

J’irais même encore plus loin : l’uniforme m’a fait comprendre pourquoi certaines femmes veulent porter le voile. Enfin, je crois les comprendre (car les raisons sont toujours très personnelles et complexes). Je ne veux pas entrer ici dans le débat sur le burkini ou le voile dans les lieux publics, hein. Je veux juste expliquer mon ressenti.

Quand je porte l’uniforme, mon corps de femme est mis au second plan. Et ça me plaît. Je te rassure, je l’aime, mon corps, je n’en ai pas honte une seule seconde, et je sais très bien en profiter. Mais je n’ai pas toujours envie qu’il soit le centre de l’attention. Ça me plaît qu’au boulot, mon corps soit comme effacé, mis hors-jeu.

Je travaille, hiver comme été, couverte du cou jusqu’aux chevilles et aux poignets. La veste et le pantalon large masquent toutes mes formes. Mes fesses, mes seins, ma taille, la peau de mon décolleté ou de mes cuisses : tout ça ne fait pas partie du paysage (sauf peut-être lors des séances de sport). C’est à mon esprit qu’on parle, à mon intelligence qu’on s’adresse, à mon grade, à mon nom et à ma fonction.

Sous mon uniforme, je n’ai pas l’impression d’être un bout de viande qu’on mate ou qu’on juge (bien que, je ne suis pas naïve, certains hommes regardent quand même le peu que le treillis laisse entrevoir). J’imagine que c’est cette sensation, cette protection, je dirais même cette libération que recherchent celles qui portent le voile. Être perçue comme une intelligence, une âme, avant d’être un corps.

Est-ce bien ou mal ? Je te laisse juge. Dans tous les cas, moi, j’aime ça. Et c’est une des choses que je préfère dans le fait d’être militaire.

Et toi, tu portes aussi un uniforme dans le cadre de ton travail ? Comment le vis-tu ? Est-ce plutôt un poids ou un plaisir ? Viens en parler !

Toi aussi, tu veux nous parler de ton métier ? C’est par ici

Commentaires

28   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

Je trouve que ce que tu dis est très censé. Et parfois moi aussi j’aimerai bien en pas juste être un corps de femme et pouvoir me permettre de ne pas être maquillée, fatiguée et pas au top de ma joliesse !
Merci pour ce partage

le 04/10/2016 à 08h18 | Répondre

Virginie

Je te suis tout à fait dans l’idée, c’est pourquoi j’ai tendance à être plutôt pour l’uniforme à l’école (le même pour tout le monde, hein? pas l’histoire de la petite jupe d’écolière). A mon adolescence, disons que j’ai un peu souffert dans un autre registre d’être habillée d’une certaine manière car cela me cataloguait « habite là, à racketter ». Tu vois ce débat avec le voile mais sincèrement il pourrait être beaucoup beaucoup plus élargi que cela.
Par ailleurs, en regardant autour de moi, je constate tout de même que nous avons tous « un uniforme ». Chacun le sien, un tailleur pour Unetelle, un jean pour Untel, etc. Pour ma part, je suis toujours maquillée et apprêtée pour bosser, personne en me voyant n’irait imaginé que je passe mes weekends les mains dans la terre de mon jardin ou à m’occuper de toutes mes bêtes. Je pense que c’est une façon de se protéger des autres, de garder un jardin secret sur sa vie privée dans le cadre professionnel.

le 04/10/2016 à 08h20 | Répondre

Colore la vie

J’ai aussi été militaire et je reconnais ce que tu décris : cette fierté lorsque l’on m’a remis mes tenues, les premiers essais (mettre un calot ou lacer ses rangers de la bonne façon, ça s’apprend!! 🙂 ), le défilé lors de la présentation au drapeau (premier défilé officiel, c’était quelque chose!).. On n’a pas besoin de se demander quoi mettre le matin, les gestes deviennent automatiques et on profite d’autant mieux lorsqu’on s’habille en civil!
Aujourd’hui, je porte également une tenue au travail, différente puisque je suis revenue dans le civil mais je garde cette barrière entre mon moi professionnelle et mon moi personnelle.
Je pense cette barrière très importante pour les patients (et leurs familles!) qui se sentent rassurés d’être face à une jeune, oui, mais qui porte l’uniforme, donc qui est reconnue.

le 04/10/2016 à 09h03 | Répondre

pitch

j comprends ton point de vue, et je rejoins Virginie pour l’uniforme à l’école. Par contre du coup, vue que moi j’ai passé mon adolescence à me cacher dans mes vêements, a essayer de rentrer dans le moule, être invisible en un sens j’ai souffert de ne pas pouvoir être moi. Donc maintenant pour rien au monde je ne supporterais un uniforme. Pour moi les vêtements c’est aussi montrer sa personnalité, son humeur du moment et personnellement je suis un peu fourbe mais j’aime bien aussi donner l’illusion histoire de voir quelles sont les personnes qui s’arrêteront à mon apparence ou celles qui creuseront un peu derrière le look. Je suis fière d’être une femme et d’avoir des formes, je ne vais pas me cacher parce que la société est devenue malsaine, ce serait leur donner raison.

le 04/10/2016 à 09h15 | Répondre

mademoiselle black

Je te rejoins sur le fait que porter un uniforme au travail peut être très reposant.
Mon mari et moi on travaille tous les deux en uniforme et je trouve ça très chouette qu’on se soit rencontrés et qu’on soit tombés amoureux sans que notre look interfère dans notre relation! On a attendu notre premier rendez-vous pour découvrir qu’il portait des chemises affreuses ou que j’avais les cheveux longs ;-).

le 04/10/2016 à 09h41 | Répondre

Kitsuné

Hi hi mon mari et moi aussi on s’est rencontrés en uniforme … je peux dire sans me tromper qu’il est tombé amoureux de mon âme et pas de mon apparence 😉

le 06/10/2016 à 15h15 | Répondre

Flora

J’ai fait toute ma scolarité en uniforme et j’aimais beaucoup ça. C’est vraiment reposant et pas prise de tête.
Par contre les contraintes sur la coiffure et le maquillage j’ai un peu plus de mal. Je ne me maquille quasi jamais pour aller travailler et je me coiffe à l’arrache, mais je tiens à ce que ce soit mon choix et non une contrainte d’un dress code (et d’ailleurs même si j’ai des cheveux courts, ça m’étonnerait que ma coiffure passe à l’armée).
Je t’admire, je crois que je me lasserais au bout d’un moment d’être toujours coiffée de la même façon.
Et merci pour ton service !

le 04/10/2016 à 10h28 | Répondre

Kitsuné

De rien Flora, c’est gentil de dire ça, surtout que c’est rare en France ! Aurais-tu par hasard des origines américaines ou israéliennes (les deux seuls nations que je connais où les gens remercient ouvertement leurs militaires) ?

le 06/10/2016 à 15h17 | Répondre

Flora

Je dois tenir ça des américains c’est vrai (pas originaire mais j’y ai passé pas mal de temps). Et même si je trouve qu’ils exagèrent avec ça, je pense que c’est important d’être reconnaissant de temps en temps (surtout vu tout ce qu’on demande aux militaires ces temps ci). 🙂

le 06/10/2016 à 15h28 | Répondre

Nya (voir son site)

Au Canada aussi les militaires et la police font l’objet d’un grand respect. Le jour du souvenir (11 novembre) est une célébration suivie pour toutes les personnes mortes pour la patrie avec de nombreuses commémorations, spots à la radio et j’imagine, à la télé (que je n’ai pas, mais ça semblerait logique), les gens sur Facebook parlent de leurs proches et vétérans morts au combat, etc. J’ai l’impression que les Canadiens sont fiers et reconnaissants envers les forces de l’ordre qu’ils considèrent comme une entité qui intervient pour eux et non contre eux comme on le pense en France.

le 06/10/2016 à 17h57 | Répondre

Jahanara

Même si ne travaille pas en uniforme, je fais un travail qui fait que je ne peux pas porter de bijoux et où les tenues féminines ne sont pas très adaptées. Et je ne me verrais clairement pas devoir être bien maquillée et très chic au boulot tous les matins. Alors je comprends très bien ton point de vue !

le 04/10/2016 à 11h08 | Répondre

Acc

Bonjour,

L’article est très bien fait, ton point de vue est intéressant et nous fait voir l’uniforme sous une autre manière.
Par contre, pardon mais l’image qui l’illustre, la première, qui montre des jeunes femmes israéliennes n’est-elle pas un peu euh discutable quand on sait que le service militaire est là-bas obligatoire, long…et comme en plus tu fais un parallèle avec le port du voile (très intéressant d’ailleurs)… Je ne sais pas, c’est peut-être moi qui suis susceptible sur la question mais cela m’interroge…

le 04/10/2016 à 12h16 | Répondre

Kitsuné

Oui Acc, c’est vrai qu’en Israël le service militaire est obligatoire, ce qui ne veut pas dire que les jeunes femmes ne sont pas bien dans leur treillis … moi j’aime bien cette photo, les filles ont l’air épanouies et ne sont pas caricaturales … je m’y retrouve. Si j’avais pu, j’aurais mis une photo de moi en uniforme (comme je l’ai dit, j’en suis fière), mais c’est interdit.

le 06/10/2016 à 15h20 | Répondre

Miss Themis

Je travaille aussi en partie en uniforme : je suis juge (je vous parlerai de mon métier dans un article à venir 😉 ). La différence c’est que je ne porte ma robe qu’à l’audience (deux demi-journées par semaine environ). Je me retrouve tout à fait dans ce que tu dis : la tenue efface la personne, avec ses convictions personnelles, ses faiblesses, pour ne laisser subsister que l’autorité qu’elle représente (pour l’armée ou la justice j’entends), et j’avoue que les jours d’audience c’est plus reposant de me dire que peu importe ce que je vais mettre, on ne verra rien sous la robe (sauf les pieds, exit les Converse ou les Crocks !!). Les autres jours je passe 20 min devant le placard à me demander quoi mettre pour être convenable (je suis plutôt décontractée dans ma façon de m’habiller mais c’est difficile de faire ce métier en arrivant au boulot en sarouel et tongs…).
Ton treillis est kaki avec les impressions camouflage ? Est-ce que tu as une tenue officielle pour les cérémonies comme les gendarmes, et si oui à quoi ressemble-t-elle ?

le 04/10/2016 à 12h23 | Répondre

Claire (voir son site)

Super, je suis ravie d’apprendre que tu vas faire un article. J’ai hâte d’en savoir plus. Mais tous les juges ne portent pas la robe ? Les juges pour enfants n’en portent pas? Mais peut être l’expliquera tu dans ton article. 😉

le 04/10/2016 à 23h29 | Répondre

Miss Themis

Oui ce sera dans l’article (parution mi novembre je crois).
Mais pour répondre tout de suite à ta question : on ne porte la robe qu’en audience, et elles n’ont pas lieu tous les jours. Certains juges la portent plus fréquemment que d’autres, j’expliquerai çà dans l’article. N’hésite pas à poser des questions en commentaire à cette occasion. A bientôt 😉

le 05/10/2016 à 17h27 | Répondre

Miss Themis

Je me rends compte que je n’ai pas vraiment répondu à ta question. Tous les juges portent la robe mais comme on ne la porte qu’à l’audience et que certaines fonctions ne demandent que peu d’audience et surtout des entretiens ou du travail de rédaction, on ne la porte pas autant les uns que les autres…

le 05/10/2016 à 17h31 | Répondre

Kitsuné

Oui tout à fait, comme toutes les branches de l’armée, j’ai différents types d’uniforme : celui pour tous les jours ou pour le terrain, celui pour les cérémonies avec ou sans armes, celui pour les représentations officielles, etc. Ca prend beaaaauuucoup de place dans les placards d’ailleurs ^^

le 06/10/2016 à 15h22 | Répondre

Nya (voir son site)

Super intéressant ! J’avais lu un livre une fois, qui parlait de sportifs mettant leur kimono et qui disaient en substance « en kimono, on n’est plus un homme ou une femme, on est simplement un sportif ». On peut discuter de cette phrase mais elle me parle et ta chronique me semble la rejoindre. Finalement, en uniforme, tu es un militaire comme un autre, qui est là grâce à tes compétences et non ton apparence (si j’ai bien compris).
Récemment, alors que je fréquentais un même lieu pour deux fonctions (à titre personnel et professionnel), je m’étais créé un uniforme pour bien faire la part des choses entre justement les jours où j’étais là à titre personnel et ceux où j’y étais à titre professionnel. C’était assez libérateur et les gens changeaient d’attitude selon mes vêtements, c’était une expérience intéressante.
Sinon j’adorerais le fait de ne pas se prendre la tête à trouver comment s’habiller le matin, et je t’avoue être à la recherche d’un « uniforme personnel » pour passer le moins de temps possible à réfléchir à ce genre de choses.

le 04/10/2016 à 13h40 | Répondre

Cacy

Je peux comprendre le plaisir de savoir que l’uniforme montre ton appartenance à un groupe, ta fierté de faire ton travail et de représenter ton pays.
Par contre, je comprends moins le soucis de facilité qu’il te procure. Je trouve ça un peu dommage de devoir porter un uniforme pour ne plus se soucier du regard des autres sur notre corps ou tenue (surtout à l’âge adulte). C’est peut être parce que j’ai la chance d’être dans un pays où on peut aller travailler dans les vêtements qui nous plaise (que l’on soit médecin, juge, ingénieur, secrétaire…) et où nous sommes jugés sur nos compétences et as notre look. D’ailleurs je pense qu’il n’y a qu’une petite moitié de femmes maquillées et je trouve que certaines ne sont carrément pas peignées le matin (mais après tout, qu’est ce que ca peut bien me faire?).
Pour ce qui est de la comparaison avec le voile, je ne pense pas que cela marche car le voile ne couvre que les cheveux et à, pour la plupart je pense, plus à voir avec un signe religieux distinctif qu’avec la volonté de cacher son corps (qui est d’ailleurs parfois dans des habits très moulants).
Pour ce qui est de l’uniforme à l’école je ne suis pas convaincue de son utilité. On verrait toujours qui a repassé ses affaires ou pas, qui a une chemise blanche H&M ou Dior, de quelle marque sont les cahiers ou le cartable, dans quelle voiture l’enfant arrive à l’école… Le seul vrai avantage à mon avis est que ca pourrait faire économiser quelques minutes de sommeil aux parents.

le 04/10/2016 à 20h05 | Répondre

Mademoiselle Suisse

Ton article est intéressant et je comprend que tu aimes ton uniforme, ce qu’il représente.
Mais je suis d’accord avec Cacy, je ne comprend pas la deuxième partie de ton texte.
Je ne suis pas en uniforme, je porte souvent des jupes et je me maquille et pourtant, on me parle normalement, à moi, à ma fonction. On ne me voit pas comme un bout de viande qu’on aimerait se faire.
Pour être honnête, je suis vraiment choquée de cette deuxième partie. Les hommes ne sont pas que guidés que par leurs instincts primaires, ce que tu insinues, me semble t-il, en parlant de bout de viande.
Et ils peuvent parler à une femme féminine sans voir le côté charnel.
Pour moi, le discours que tu as rejoint celui de ceux qui veulent voir les femmes porter le voile: cahcer la féminité car les hommes ne savent pas se contenir ne voit en elle que la beauté et les formes. J’ai vraiment du mal avec ca.

le 04/10/2016 à 21h09 | Répondre

Kitsuné

Mademoiselle Suisse, je bosse entourée de 98% d’hommes depuis 10 ans (chiffres exacts et pas exagérés) et je sais très bien que l’immense majorité d’entre eux sont respectueux et civilisés. J’ai passé des nuits à dormir à côté de mes hommes, des mois entiers avec eux loin de chez moi, des heures enfermée dans des véhicules avec eux, alors je suis sûre de moi quand je dis que je ne me suis jamais sentie agressée par leur regard. Mais je suis sûre de moi aussi quand je dis que les filles en civil, celles dont on voit nettement les fesses ou les seins, ils les regardent autrement. Et que, quand un homme n’a pas vu sa femme depuis 5 mois, et que tu arrives dans la pièce avec un T-Shirt léger (d’uniforme) sans soutient-gorge en dessous parce qu’il fait trop chaud, ça lui fait de l’effet (exemple vécu). Il sait se tenir, alors il ne dit rien et détourne les yeux, mais moi j’ai bien compris qu’il valait mieux que j’aille remettre ma veste. Personne ne me l’a demandé, mais je sais que c’est mieux. Pour pouvoir justement vivre ensemble sans accroc. De même que je leur ai toujours demandé de ne pas se promener torse nu devant moi, ailleurs qu’à la piscine (moi aussi, au bout de 5 mois sans voir mon chéri, un torse nu bien musclé, ça me fait de l’effet !! et j’ai pas envie de ça).

le 06/10/2016 à 15h32 | Répondre

Kitsuné

Cacy, je n’ai pas la prétention de savoir ce que chaque femme qui porte le voile a dans la tête … religion, tradition, pudeur, ça les regarde (et c’est sûrement très différent d’une femme à l’autre). Je dis juste que, par certains côtés, je les comprends et que je ne trouve pas cela dégradant, dans l’absolu, puisque quand j’enfile mon uniforme-qui-cache-tout, je me voile un peu aussi (au sens propre du terme !).

le 06/10/2016 à 15h25 | Répondre

Miss Chat

Je n’ai jamais porté d’uniforme quel qu’il soit mais je pense que c’est quelque chose qu’il me plairait de faire ! Ton article était très intéressant sur les différents avantages et inconvénients que cela procure. Ce qui me parle, c’est surtout que ça mette en avant un rôle, une fonction plutôt qu’une personne. Je crois que dans certains cas, c’est tout indiqué mais certainement pas partout !

le 04/10/2016 à 21h02 | Répondre

Claire (voir son site)

Merci pour ton point de vue que je trouve très intéressant. Moi aussi parfois le matin, j’aimerais n’avoir aucune question à me poser pour m’habiller.
Concernant la question du voile, effectivement, je pense que ce n’est pas si simple mais ton analyse ne me semble pas ridicule.

le 04/10/2016 à 23h35 | Répondre

Marjolie

Très intéressant! Je pense que, concernant la coiffure et le maquillage, ça me lasserait vraiment et j’aurais l’impression qu’on limite trop ma liberté, mais je ressens vraiment presque tous les jours cette espèce de pression sur le choix des vêtements, ce sentiment d’être obligée de se maquiller… ça doit être très libérateur en effet. Mais quand on y réfléchit, c’est quand même fou de devoir en arriver là, ça en dit long sur la pression que la société met sur les femmes (ou que les femmes se mettent). Ce qui serait libérateur, c’est qu’on puisse aller bosser un matin bien apprêtée et un autre avec des cernes et en jean et que ce ne soit un problème ni pour les autres, ni pour soi-même…
Ca me paraît très juste, cette idée que l’uniforme recentre les choses sur la fonction et pas sur la personne privée ; ce n’est pas valable que pour les femmes, ce n’est pas qu’une question d’avoir des seins ou pas: on a une personnalité professionnelle et une personnalité privée et ce n’est pas (toujours) la même. Je pense qu’il y a des métiers où c’est même une nécessité de savoir dissocier les deux (l’enseignement, le domaine médical par exemple).

le 09/10/2016 à 11h44 | Répondre

Mademoiselle Bulle

Très intéressant ton article !! Je comprends que tu aimes travailler en uniforme ! Moi-même, j’aime ne pas avoir à me prendre la tête pour trouver ma tenue de travail. Je ne porte pas d’uniforme, mais je mets toujours les mêmes tenues au boulot (sauf quand j’ai envie de mettre autre chose).

Je voudrais réagir sur tes phrases (attention, pavé en vue…) : « J’imagine que c’est cette sensation, cette protection, je dirais même cette libération que recherchent celles qui portent le voile. Être perçue comme une intelligence, une âme, avant d’être un corps. » Je ne prétends pas être dans la tête des femmes qui portent le voile volontairement non plus. Effectivement, en portant le voile intégral, on dissimule son corps. Et dans notre société où le corps féminin est souvent un objet marketing (salon de l’auto, bonjour…), cela peut sûrement être perçu comme une libération de ne pas y être renvoyé.
Mais le voile est un attribut uniquement féminin, contrairement à l’uniforme (de travail, pas de parade). Donc, lorsqu’on s’adresse à une personne voilée, on s’adresse à une femme, et on perçoit la personne comme une femme, même si on s’adresse à son intelligence et à son âme (d’ailleurs on devrait toujours s’adresser à l’intelligence et à l’âme des personnes plutôt qu’à leur corps). Je ne sais pas si je suis très claire ^^
En gros, le voile peut dissimuler bien ton corps, certes, mais il ne gomme pas le fait que tu es une femme et qu’on s’adresse à toi en tant que telle, ce qui me semble moins le cas dans le port de l’uniforme tel que tu le décris.

Merci pour tes articles en tout cas ! Et comme Flora et Nya le font justement remarquer, on ne remercie pas assez les militaires en France, alors merci pour ce que tu fais ! 🙂

le 12/10/2016 à 10h25 | Répondre

Kitsuné

Merci Mademoiselle Bulle pour cette dernière gentille phrase 🙂 Je suis d’accord avec toi concernant le voile, le fait qu’il ne masque pas le fait qu’on est une femme. Mais voile + tenue large comme on voit souvent, ça masque les formes et les attributs « sensuels » je dirais (seins, fesses, jambes, cheveux). Moi je ne me cache pas d’être une femme, je ne cesse pas d’être une femme quand j’enfile mon treillis. Seulement, je n’ai pas envie de mettre en avant mes formes, ma sensualité. C’est tellement reposant d’être au niveau zéro de la sensualité des fois !!!

le 05/11/2016 à 23h25 | Répondre

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