Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

L’Inde


Publié le 3 août 2018 par Rigel

Avec M. Tad, notre premier voyage lointain à deux a été l’Inde. Nous ne disposions que de deux petites semaines de vacances et nous avons fait certains choix « faciles ».

Nous avons acheté un vol sec AR pour l’Inde, avec Emirates. Nous avions une escale à Dubaï. A l’aller, nous avons atterri à New Delhi, et nous avons pris un vol retour depuis Bombay. Nous nous sommes arrêtés 3 jours à Dubaï et Abu Dhabi (quitte à y être, autant visiter !).

Arrivés en Inde, nous avons eu recours aux services d’un chauffeur qui nous a permis de sillonner le Rajasthan, en presque toute sécurité (la conduite est… particulière ! Par exemple, aucun problème pour prendre une voie rapide à contresens, afin d’emprunter la sortie qui est de l’autre côté…). A New Delhi, nous avions réservé un hôtel, parce que c’est une grande ville et que trip advisor nous a bien aidé à ne pas atterrir dans un hôtel miteux et hors de prix. Nous avons fait de même à Bombay, et nous avons regretté de ne pas l’avoir fait à Agra (ville du Taj Mahal), parce que nous avons atterri dans une chambre sans fenêtre (oui oui…), froide, humide, et avec des draps sales. Bon, ils devaient être propres, mais avec des tâches propres, donc ils semblaient sales ! Nous avons donc dormi dans nos duvets pour faire couche isolante entre les microbes des draps et nous (c’est bien connu, le microbe est arrêté par une couche de tissu, évidemment). Sinon, chaque jour, lorsque nous arrivions dans une ville, M. Tad allait visiter une chambre et négocier le prix, soit dans un hôtel recommandé par un célèbre guide touristique, soit dans un hôtel recommandé par notre chauffeur. Nous nous demandions pourquoi notre chauffeur préférait nous voir séjourner dans certains hôtels plutôt que d’autres. au bout d’une semaine nous avons compris : parce que dans certains hôtels, les chauffeurs disposent d’une salle commune au sous-sol pour y dormir.

Nous avons donc visité, par ordre chronologique : New Delhi (2 jours), Agra, Fathepur Sikri, Barathpur,  Jaipur, Puskar, Jodhpur, Udaipur, Bombay.

La propreté & l’hygiène

C’est ce que beaucoup ont évoqué avant et après notre voyage. Un pays sale. Pourtant… Oui, j’ai vu des ordures dans les rues, en tas à certains endroits. Mais nous avons eu la chance d’être invités dans la famille indienne de notre chauffeur. La maison, petite, modeste, dans un petit village de campagne pas loin de Jaipur. Deux pièces, cuisine sur le toit, pour éviter les incendies. L’intérieur de la maison est impeccable, et le sol est peint d’un joli mandala qui est refait chaque année pour porter chance d’après ce qu’il me semble avoir compris. Dehors, les rues sont en terre battue, il n’y a pas d’eau courante. Le village est alimenté en eau 1h par jour, et à ce moment là, les enfants en profitent pour se laver à même les robinets extérieurs, et les jerricans sont remplis à ce moment là. Les enfants sont impeccables dans leurs uniformes pour l’école. Les chemises sont blanches et repassées. Nous avons également vu des hommes se laver en pleine rue (littéralement couverts de mousse) à New Delhi, autour de pompes à eau. Alors oui, je pense que les tas d’ordures et les excréments sentent en été (nous sommes partis en plein hiver, il faisait à peine 5°C à New Delhi), mais je n’ai pas ressenti cette saleté dont on m’avait tant rebattu les oreilles. Ou peut être que je m’attendais à pire.

lavage et lessive pendant l’heure d’eau courante

Nous avons été surpris au début dans les salles de bain : les ballons d’eau chaude sont tout petits (20L). Au début nous pensions que c’était à cause de la chaleur habituelle (prendre une douche chaude quand il fait 40°C…bof). Mais en fait, c’est parce que pour se laver, les indiens utilisent un petit pot d’eau qu’ils prélèvent dans un seau. Donc le mélange eau chaude/eau froide est fait directement dans le grand seau, on se mouille avec le petit pot, on se savonne, on se rince. Pour les WC, le papier toilette est vendu au mètre (oui oui…). Et le papier double épaisseur existe mais dans ce cas, la longueur totale est de 50cm (bah oui ! deux épaisseurs de 50cm = 1m !). A côté des WC, il y a une petite douchette (comme dans les pays du Moyen-Orient) et le papier sert juste à se sécher. Je trouve ce système tellement plus hygiénique ! J’ai même hésité à en installer un à la maison au retour.

La nourriture

Nous sommes plutôt dans la case estomac 4×4. Nous n’aimons pas, lorsque nous visitons un pays, manger dans les restaurants pour touristes. When in Rome, do as the Romans do ! Donc nous nous sommes attablés dans des bouibouis où des « vrais » indiens venaient pour se restaurer. D’ailleurs, des touristes européens nous avaient vu entrer dans une sorte de paillotte et étaient entrés également. Ils ont rebroussé chemin quand ils ont vu les tables en bois, l’absence de couverts (on mange avec les chapatis et naans, ou juste les mains !). Il faut savoir que la nourriture, quand elle n’est pas carnée, ne rend quasiment jamais malade. Ce qui rend malade, c’est l’eau. Il faut impérativement et tout le temps faire attention à l’eau, mais aussi aux boissons coupées à l’eau (jus de fruits par exemple). Les bouteilles d’eau traitée coutent chers (relativement au niveau de vie du pays), et il faut vérifier qu’elles soient capsulées avec le bouchon collé sur la bague en plastique + un film plastique qui maintient le bouchon. Oui, ça fait beaucoup de plastique, mais il semblerait que des petits malins aient collé le bouchon sur la bague à la super glue après avoir rempli la bouteille avec de l’eau non traitée. Danger ! Au moindre doute, nous jetions la bouteille. Pour le lavage de dents, nous utilisions également de l’eau traitée. Les lassi et le thé sont à base de lait, donc pas de danger pour la santé. En tous cas, nous n’avons pas du tout été malades !

Thali avec du riz, des chapatis, un dal (soupe de lentilles), et un curry au paneer

Bon, et on voit quoi ?

Les gens ! Rien que la différence culturelle est intéressante à découvrir. Sinon, il y a les nombreux forts (mon préféré d’entre tous : Amber Fort à proximité de Jaipur, qui est juste une merveille), évidemment le Taj Mahal (billet coupe-file à 10€ pour les occidentaux ou les locaux aisés et billet non coupe-file à quelques roupies pour les indiens. Il y a beaucoup beaucoup (beaucoup beaucoup beaucoup) de monde. Nous avons privilégié une visite en fin d’après-midi pour la lumière orangée sur le marbre blanc et pour éviter la brume matinale). Le palais à Udaipur m’a également beaucoup plu. Nous avons aussi vu les dabahwallahs à Bombay (Mumbai… on ne savait pas trop ce qu’il fallait dire, et notre chauffeur de taxi a tranché « Bumbai ! »), ainsi que les grottes d’Elephanta. Nous n’avons pas eu le temps d’aller faire un tour aux studios de Bollywood.

Le Taj Mahal. On le voit rarement sur les photos « officielles » mais sur la dalle entre les minarets, il y a des une file de visiteurs qui chemine pieds nus ou en sur-chaussures pour ne pas salir le bâtiment

Dans une ruelle à Pushkar. On cède la priorité !

Amber Fort

Nous étions très contents d’avoir cette photo prise dans le parc de Barhatpur. Et hummm. Le guide a dit « very common ! ». Ce type de perruche est ni plus ni moins que leurs pigeons locaux.

Tri du grain sur un marché à Jodhpur

Sécurité et budget

J’ai senti des regards très insistants sur moi, pas forcément mal intentionnés, mais je n’étais pas à l’aise. La société locale reste très traditionnelle, et il faut veiller à ne pas porter des vêtements trop découverts qui pourraient être considérés comme indécents. Nous avons croisés des jeunes femmes backpackers qui nous ont raconté des mésaventures pas forcément chouettes donc… Si tu es une femme seule, encore plus aux yeux clairs… je te déconseille d’y aller. A deux, nous n’avons eu aucun problème (mais notre chauffeur avait dit : pas de balade nocturne dans les grandes villes sans guide local).

Pour le budget : 800€ AR le vol sec, et environ 500€ sur place par personne (chauffeur + hôtels + restaurants + entrées des visites + souvenirs. Pas vraiment cher donc, pour un voyage si lointain et si dépaysant !

Crédit photos : toutes personnelles

J’espère t’avoir donné envie d’y aller, et si tu as des questions, n’hésites pas !


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Commentaires

4   Commentaires Laisser un commentaire ?

Fabrice (voir son site)

Mumbai… Bombay…
On a tendance à dire Bombay par habitude (comme Bénarès), mais la ville a officiellement été renommée Mumbai, en référence à une déesse locale, Mumba devi.
Certains habitants de Mumbai, en particulier appartenant à la communauté « East Indian », des Indiens christianisés par les Portugais au 16e siècle, continuent pourtant à l’appeler Bombay, Bom bahia, la Bonne Baie.

le 03/08/2018 à 09h58 | Répondre

MlleMora

Le Rajasthan n’avait pas été ma partie préférée de l’Inde, à cause de ces regards insistants justement (en plus moi, on me prenait pour une Indienne d’Europe donc les mecs se lâchaient, même devant mon mari…)
Les palais sont magnifiques par contre !
Et pour la saleté, a priori les Indiens sont très propres chez eux, mais pas dans les espaces communs car ce n’est pas chez eux (ça se ressent beaucoup dans les gares, dans le train…)
Ça devait être chouette d’avoir un chauffeur, ça vous a évité pas mal de déconvenues je pense !

le 03/08/2018 à 10h31 | Répondre

Raphaelle

Merci pour ce beau récit vivant qui m’a replongée dans mes propres souvenirs! Y allez seule je n’oserais pas en effet, même à deux parfois je trouvais que ça donnais un bon sentiment d’insécurité, essentiellement à Delhi. Je sais pas si c’est différent à Bombay mais à Delhi la proportion homme/femme dans la rue est vraiment impressionnante (80% d’hommes dans de nombreux quartiers) ce qui a tendance à me rendre mal à l’aise. ça se remarque aussi dans le métro où il y a généralement 1 wagon réservé aux femmes (à cause d’agressions sexuelles fréquentes) et tous les autres wagon (10) c’est que des hommes.. + regards insistants dont tu parlais, même si rien ne nous est rien « arrivé ». Pour la saleté je m’attendais aussi « au pire » mais je pense que pour quelqu’un qui n’a jamais été dans un pays en voie de développement ça peut quand même être choquant, notamment le triste cliché des enfants jouant dans les décharges à ciel ouvert le long des voies ferrées par exemple. J’ai aussi été très choquée par les inégalités de castes et le fait que certaines personnes semblaient tout simplement invisibles aux yeux des autres. Des gens qui dormaient sur les trottoirs, enjambées sans encombrement par la foule, des familles qui vivaient sur les bornes centrales des autoroutes.. La pollution m’avais aussi assez choquée, genre tous les soir si tu mouches ton nez ce qui sort est complètement noir! Le bruit constant, la foule compacte, la poussière que tu respire à longueur de journée, le sentiment d’insécurité relatif, l’absence (dans de nombreuses villes en tout cas) de vrais trottoirs où marcher, les sollicitations pressantes qui te viennent de partout en tant que touriste.. C’est quand même pas « évident » et ça ne se voit pas sur les photos 🙂 Après le pays (culture, nourriture, gens, bâtiments…) est tellement tellement beau et riches que ça vaut la peine. Mais ça reste éprouvant au total je trouve.

le 03/08/2018 à 10h45 | Répondre

Elodie

Je trouve qu’il est difficile d’envisager l’Inde comme un seul pays tellement c’est vaste et différent du nord au sud 😉
Pour les gens qui n’ont pas l’habitude de voyager je conseillerai de commencer par le sud beaucoup plus soft.
Perso, je suis amoureuse de l’Inde, je l’ai également fait avec mon mari en sac à dos, j’ai eu du mal à supporter tous les regards masculins qui sont vraiment pesant mais le reste compense largement.

le 04/08/2018 à 10h36 | Répondre

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