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Mon premier don de plaquettes : comment ça se passe ?


Publié le 30 mars 2015 par Nefret

Comme Jahanara, j’ai donné mon sang pour la première fois quand j’étais étudiante. À l’époque [ouille, ca fait vieille de dire ca !], l’EFS (établissement français du sang) venait sur le site de mon école deux fois par an, pour faciliter la collecte auprès des étudiants. Ça se passait dans une très bonne ambiance, le personnel de l’EFS était toujours de bonne humeur, la collation se composait de bonnes viennoiseries, de charcuteries de la région… C’était très facile de donner !

Fin des études, premier emploi, nouvel appart… juste en face d’un hôpital disposant d’un site de collecte fixe ! Très bien, ça va continuer d’être facile, je suis à trois minutes et les horaires de collectes… sont fixes ! Pas besoin de guetter quand le camion de collecte mobile sera là, de faire la queue devant etc. Je continue donc à aller donner mon sang régulièrement, de temps en temps. Et puis un jour, pendant l’entretien préparatoire au don, le médecin me dit « Bon, ça fait quelques fois que vous avez de bons taux de plaquettes, si ça vous dit et que c’est encore le cas à ce don-ci, la prochaine fois, vous pourrez donner vos plaquettes. » Ah ? Ah bah oui, d’accord !

Le don de plaquettes, à quoi ca sert ?

Le don de plaquettes est un tout petit peu plus spécifique que le don de sang « total » (le don classique) : les plaquettes seront transfusées à des patients en aplasie suite à une maladie ou à un traitement, afin de lui éviter des hémorragies.

Je ne suis pas du tout une connaisseuse en médecine, donc pour plus d’informations, je te laisse te renseigner sur le site des spécialistes !

Par contre, je ressors tout juste de mon premier don de plaquette, donc je peux (et je vais ! bah oui, c’est pour ca qu’on est là) te raconter mon expérience, afin que tu vois comment ça se déroule (si jamais tu es tentée ! Ou simplement pour satisfaire ta curiosité…).

don de sang don de plaquette comment ça se passe

Crédits photo (creative commons) : Oliver Symens

Comment ça se passe ?

Le don de plaquettes est plus long que le don du sang total, et nécessite un matériel spécifique. Il faut donc tout d’abord prendre rendez-vous avec le site de collecte. Ça leur permet aussi de s’organiser pour mieux « gérer les stocks ».

Je vais te parler de la suite bien comme de MON expérience, je ne parle pas au nom de l’EFS !

Le jour venu, tout commence comme un don du sang total classique : je remplis le questionnaire de santé classique, puis vais à l’entretien avec le médecin. Il me pose quelques questions complémentaires, vérifie mon poids et ma tension, et m’explique le déroulement du don. C’est OK, je peux donner !

Tout d’abord, on me fait une petite prise de sang afin de vérifier certains paramètres, et notamment mon taux de plaquettes. Pendant ce temps, j’ai pour mission d’aller grignoter un peu dans la salle de collation et de passer aux toilettes (bah oui, je vais rester 1h30 sur ce fauteuil, alors il vaut mieux être prévoyante !). Il faut aussi que je choisisse quel film je souhaite regarder dans le placard à DVD. Mission accomplie, les choses sérieuses peuvent commencer !

Après m’être installée dans le fauteuil (aah ce fauteuil, hyper confortable !), l’infirmière installe une bouillote sur mon bras afin de dilater et reposer la veine, le temps qu’elle finisse de régler la machine et de préparer les tubes pour les différents prélèvements.

Ensuite, elle nettoie puis désinfecte le creux de mon coude : en effet, les plaquettes se conservent entre 20 et 24°C (si ma mémoire est bonne), c’est-à-dire une température où pas mal de micro-organismes peuvent se développer ! Il faut donc être absolument certains qu’aucun d’eux n’entrera dans la poche de plaquettes.

Pic ! L’aiguille est en place (je n’ai pas eu le droit de regarder au début, mais à la fin elle m’a tout montré : ce n’est pas tout à fait la même aiguille qu’au don total, mais c’est exactement le même diamètre). L’infirmière commence par prélever quelques tubes. Quelques uns serviront à faire des analyses sur mon sang pour vérifier qu’on peut le donner aux malades. D’autres serviront à des fins de recherche (ce n’est pas systématique, ça dépend des besoins du moment, et il faut donner son accord… mais bon, la recherche c’est important aussi, c’est du « soin à long terme ! »).

La machine prélève pendant quelques dizaines de secondes mon sang, le centrifuge afin d’en extraire les plaquettes et le plasma, me rend le reste pendant quelques autres secondes, et recommence. (Encore une fois, il s’agit de mon petit cas. Apparemment, il est aussi possible que les globules rouges soient prélevés. Ou parfois seulement les plaquettes, ou seulement le plasma. C’est le médecin qui décide !)

Une fois en-dehors de mon bras, le sang passe dans un circuit complètement hermétique, composé d’un kit à usage unique, avant de revenir dans mon bras. En clair, il n’est jamais au contact de l’air, il ne touche que des « tuyaux » en plastique, qui sont jetés après chaque don. (Pas terrible niveau déchets ! Mais bon il s’agit de santé, alors il ne faut prendre aucun risque !).

Pour être sûre que je n’aie pas froid pendant le don, l’infirmière enroule mon bras dans la grande feuille sur laquelle il repose, m’enroule moi dans mon gilet que j’avais posé à côté, et met un gant sur ma main « côté don ». Un ange, je te dis ! (Oui je sais, elle dit que c’est normal, que c’est son boulot etc. Ça n’empêche pas !). Elle me tend la télécommande et le casque. (Ah bon, le son sera seulement dans le casque, tout le monde ne souhaite pas regarder Sex and the City 2 avec moi ? Sûrs ? Bon… bin tant pis pour vous !)

Et c’est parti pour une heure et demi de travail… pour la machine ! Car moi, je me contente de regarder la télé. Seules interruptions : par moments, j’ai de petits picotements dans les lèvres. En fait, c’est dû au fait qu’un anticoagulant est ajouté au sang, afin d’éviter qu’il ne coagule une fois en-dehors du corps. Ça a pour effet secondaire de diminuer un peu le taux de calcium chez certaines personnes. Ce n’est pas bien grave, j’ai droit à un shooter de calcium, et on continue.

Une fois que la quantité prévue de plasma et de plaquettes a été prélevée, l’infirmière m’enlève l’aiguille et soude les différents tuyaux. Elle ajoute un produit aidant à la conservation dans la poche de plaquettes, range tout ça, et jette le kit de prélèvement. Elle vérifie ma tension, et je n’ai plus qu’à aller prendre une collation avant de rentrer à la maison !

Et après ?

Comme après un don de sang total, il faut respecter quelques recommandations : pas de sport ou d’activité « violente » pendant 24h, bien boire, prévenir rapidement l’EFS si on est malade dans les 15 jours suivants, etc.

La poche de plasma que j’ai fournie va être congelée et sera utilisée dans l’année, soit en étant injectée à des patients, soit pour un usage pharmaceutique.

La poche de plaquettes elle, sera utilisée dans les cinq jours, pour un des patients de la région.

Le bilan de ce don

Niveau temps ? Au total, ça m’a pris environ deux heures. Avec le film, elles passent plutôt vite.

Niveau douleur ? Pas grand-chose. Ça dépend certainement des gens, bien sûr : je ne crains pas du tout les piqûres. Au don du sang, une fois l’aiguille en place, je ne sens plus rien. Là, la piqûre elle-même ne m’a rien fait de plus que d’habitude. Pendant qu’elle était en place, par contre, je sentais une sorte de pincement. Pas des plus agréables, certes, mais vraiment léger, et facile à oublier quand on pense à autre chose.

Niveau utilité ? Pffiou. Ca se passe de commentaires. [Hum, je fais peut-être un peu mégalo là, non ?]. Bref, je ne saurais jamais exactement ce qu’il adviendra de mes poches. Mais en gros, l’idée est qu’elles vont participer aux traitements de gens malades. Je n’ai pas vraiment besoin de savoir exactement comment pour savoir que c’est utile.

(Si tu as envie d’avoir une idée d’à quoi ça peu servir, va voir ici !)

Et pour le reste ? J’ai passé un bon moment, j’ai appris des choses grâce à un médecin et des infirmières très gentils, toujours de bonne humeur, qui répondent à toutes mes questions, me montrent les appareils… le tout dans un super fauteuil !

Conclusion ? À refaire (dans un mois minimum) !

PS : la réponse à la question qui me turlipinait : puisque les plaquettes sont un élément du sang, pourquoi ne se contente-t-on pas de les récupérer du sang total lors des dons classiques ? Tout simplement car extraire uniquement ses plaquettes et rendre le reste de son sang au donneur permet de récupérer beaucoup plus de plaquettes !

Et toi ? Tu as l’habitude de donner ton sang ? Tu as déjà donné tes plaquettes ou ton plasma uniquement ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

4   Commentaires Laisser un commentaire ?

Jojo

Wahou, tu as eu un ange !
Moi j’avais donné mes plaquettes en été la 1ère fois, j’étais en robe et sandales. J’ai eu vite froid, et ce n’est qu’après qu’on m’a mis une couverture sur les jambes. Et je n’avais pas de film pour moi, c’était tout le monde le même 😉 Tu as de la chance dans ton centre EFS.
Par contre, je n’habite plus dans grande ville maintenant, adieu les dons en centre fixe…

le 30/03/2015 à 13h06 | Répondre

Claire (voir son site)

Merci pour cet article, c’est intéressant. Je donne régulièrement mon sang, je me demandais comment cela se passait pour les plaquettes. Par contre, pas de site fixe à côté de chez moi, c’est dommage 🙁

le 30/03/2015 à 14h53 | Répondre

Agnès (voir son site)

Je dis comme Jojo : tu en as de la chance dans ton centre EFS ! À Lyon, on s’ennuie un peu pendant 2h. (Mais on a des belles couettes roses pour être au chaud…)

le 30/03/2015 à 18h31 | Répondre

Aka

Merci du fond du coeur à tous les donneurs de plaquettes : vous m’avez sauvé la vie.
Merci, merci, et merci.

le 26/04/2015 à 22h11 | Répondre

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