Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Chérie, on va vivre en Suède ?


Publié le 8 juillet 2019 par bibi

C’est ce que me propose, la bouche en cœur et un peu sorti de nulle part, mon cher et tendre un beau soir d’hiver. Et c’est ainsi qu’a commencé notre aventure scandinave.

Un peu de contexte

Mister Man travaille dans une compagnie internationale, qui possède des filiales dans le monde entier. Il vient de finir (avec brio, me dit-il, humble qu’il est) une mission de 6 mois dans le Sud de la Suède. La relation longue distance n’a pas été évidente, mais nous avons tenus le cap. Je suis allée le voir, l’occasion de visiter une région totalement inconnue. Il est enfin revenu, et nous reprenons le cours de notre vie normale. Enfin, ça, c’est ce que je croyais. Car sa mission s’est tellement bien passé qu’on lui propose de travailler là-bas. De manière permanente.

Crédit photo (creative commons): Ola Ericson (imagebank.sweden.se)

Bien entendu, car il m’aime et ne pas décemment prendre une telle décision sans mon avis, il me demande ce que j’en pense. Et après quelques secondes de réflexion, j’ai dit: « pourquoi pas? ». (Tu noteras au passage que pas un seul moment la question ne s’est posée qu’il parte seul en me laissant ici. Sur le moment je n’y ai pas fait attention mais maintenant je sais que c’est le signe qu’il voulait vraiment qu’on vieillisse ensemble). Mais que m’est-il passé par la tête ?

Mes raisons

Comme tu l’as sans doute noté, j’ai répondu plutôt rapidement par l’affirmative. Car à bien y réfléchir, c’est évident: déménager dans un nouveau pays est exactement ce qu’il me faut.

Cela faisait un an que ma situation professionnelle stagnait. J’avais perdu toute motivation, m’ennuyait profondément, et cherchais une reconversion sans pour autant être vraiment motivée. La vie parisienne commençait à me peser, surtout que nous vivions à deux dans un minuscule appartement.

Et puis, bouger fait un peu partie de la façon donc j’ai été élevé. Dans mon enfance, j’ai beaucoup déménagé. Petite, tout ce que je voyais c’était que je quittais mes amis pour aller dans un endroit totalement inconnu, mais aujourd’hui je pense que c’était une excellente expérience. Cela m’a ouvert l’esprit, m’a appris à m’adapter rapidement, et a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. Le changement ne m’a jamais fait peur et j’ai toujours aimé les challenges. C’est ce qui me manquait dans ma vie parisienne: des défis à relever. Et puis, au pire, ça ne marche pas, et nous reprenons notre vie à Paris dans un an, forts d’une nouvelle expérience

Et maintenant, on fait quoi?

C’est bien beau de prendre une telle décision, mais quelles sont les étapes à suivre?

Il a fallu tout d’abord l’annoncer à nos proches. La réaction générale a été: « c’est super pour vous, mais vous allez nous manquer ». Répliques flatteuses qui vont à chaque fois droit au cœur. S’éloigner de nos familles est évidemment difficile, mais nous ne sommes qu’à deux heures d’avion!

Ensuite sont venues les considérations d’ordre purement pratique. Ce fut une farandole de coups de fils et de mails pour résilier ci, et ça, (en passant, l’excuse « je quitte le pays » est le meilleur moyen pour qu’un commercial n’insiste pas sur ta résiliation de contrat). Sans oublier la banque et Pole Emploi qui tu dois t’en douter ont été des vraies parties de plaisir.

Coté logistique, notre déménagement s’est fait en plusieurs étapes. Mister Man avait une date précise de prise de poste, mais nous devions laisser notre appartement 3 semaines après cette date. Nous avons donc fait un départ différé: lui partait un mois avant moi, pour commencer les recherches d’appart et mettre en place les choses. Je le rejoignais plus tard avec la majorité de nos vêtements.

Crédit photo (creative commons): Bruce mars (Pexels)

Pour le déménagement, on a fait au plus simple: aucun meuble ne nous suivait. Seule notre télé et notre console feraient partie du voyage. Tri intensif de vêtements et de livres (ce qui nous a valu notre plus grande engueulade de couple, en mode « pourquoi tu gardes ce livre et jettes celui-ci, t’es malade? »). Nous avons pris un déménageur qui a tout chargé dans son camion et qui nous livrerait 3 semaines à un mois plus tard.

La préparation mentale

Je vais être tout à fait honnête, la Scandinavie ne m’a jamais fait rêver. Pire, ça ne me faisait ni chaud ni froid. Je savais que ça existait, que leur politique socialiste était exemplaire… Et c’est tout. Je ne savais tellement rien de la Suède que j’ai été étonnée de payer mon premier achat là-bas en couronnes et non pas en Euros! Sans l’opportunité professionnelle de Mister Man, je n’aurais jamais pensé à m’installer en Suède. Il me fallait donc combler ses lacunes et me renseigner le plus possible sur la vie, la culture, la langue suédoise !

Pleine d’ambition, j’ai commencé ma préparation mentale par la méthode Assimil. J’ai lu sur la vie en Suède, la mentalité scandinave, j’ai même parcouru quelques polars suédois pour me mettre dans l’ambiance … J’ai dévoré les témoignages d’expatriées (particulièrement des femmes qui suivaient leur homme) pour savoir un peu à quoi m’attendre. J’ai épluché les sites de recherche d’emploi, de location d’appartements, pour enclencher doucement notre vie là-bas. Bref, j’ai fait la totale. Mister Man, pendant ce temps-là, prenait contact via son travail avec des associations qui aidaient les nouveaux venus à s’installer.

Le grand saut

On a beau prendre des décisions et s’y tenir, parfois être face à la réalité de cette décision nous fait douter. Une semaine avant l’arrivée des déménageurs, l’excitation du début a fait place à de gros doutes et une certaine anxiété. Tout à fait naturel, vu les circonstances, tu me diras. Il n’empêche qu’un aussi grand bouleversement demande du courage et de la détermination.

Une énorme fiesta pour fêter notre départ (qui a été épique, s’est fini aux petites lueurs du jour et est rentrée dans les annales des plus belles soirées de ma vie) m’a remonté le moral. Oui, je disais au revoir à tous ces gens, mais nous resterons proches malgré tout. Oui, je quittais Paris et ses myriades d’opportunités pour un futur incertain, mais c’était l’occasion de faire table rase et de me réinventer une nouvelle vie ! Notre futur était plein de questions, de doutes, et d’incertitudes, mais quelle aventure nous allions vivre en amoureux… J’étais prête à en démordre, pleine d’entrain et d’optimisme, exaltée par les nouveaux défis… Bref, j’étais heureuse d’avoir choisi l’expatriation.

Crédit photo (creative commons): Holger Detje (Pixabay )

Et toi, qu’aurais-tu répondu à ma place ? Serais-tu prête à vivre dans un autre pays ?

Commentaires

5   Commentaires Laisser un commentaire ?

Raphaelle

Ah je rêverait de vivre en Suède!! Ca fait des années et des annees qu’on cherche à s’expatrier (pas forcément en Suède, on a une serie de pays en vue) mais ca reste toujours un echec: je ne parviens pas à y trouver d’emploi en CDI (notre deal est que c’est moi qui trouve en premier et lui qui suit car je travaille dans un secteur où il est difficile de trouver un emploi donc ce sera très risqué pour moi de «faire le pari» de trouver un poste une fois sur place). Tu travailles dans quel secteur toi? Ca te semblait faisable de trouver facilement un job sur place?

le 08/07/2019 à 08h40 | Répondre

bibi

Je travaillais (à l’époque!) dans la culture, donc pratiquement impossible de trouver un travail. Mais comme je le disais dans l’article, ça m’a permis de me réinventer et de me reconvertir! Sans le Suédois, c’est assez difficile de trouver du travail là-bas, sauf si tu es dans l’informatique, ou ils recrutent à foison!
C’est chouette que vous ayez ce projet à deux, je te souhaite de trouver un poste dans un pays qui vous plait!

le 09/07/2019 à 18h08 | Répondre

Maye

Je comprends complètement ton état d’esprit ! J’ai suivi mon homme pour son boulot au Japon, et bientôt nous déménageons a New York … Bon, nous on savais des ses études qu’il aurait a faire des post-doc a l’étranger mais si loin ça a été dur à avaler. En plus on a appris le départ pour le Japon avec seulement 3 petits mois d’avance. Par contre a cela s’ajoute le « nomadisme ». Je le met entre guillemets parce qu’on est pas vraiment nomade mais on ne sais pas du tout ou l’on sera dans deux ans, et ne pas pouvoir se projeter dans l’avenir c’est assez compliqué…. On va attaquer les démarches pour quitter le Japon et émigrer aux USA, je me souhaite bien du courage xD

le 08/07/2019 à 18h33 | Répondre

bibi

Je te souhaite bien du courage aussi xD ! C’est vrai que le Japon ou les USA c’est un grand pas dans l’inconnu, comparé à la Suède qui reste un dépaysement limité. Mais ça a l’air tellement chouette!
Quant au nomadisme, je te comprends tellement! Les plans sur le long terme n’ont jamais vraiment été notre tasse de thé avec Mister Man, mais c’est vrai que ne pas savoir dans quel pays on sera l’année prochaine est sacrement handicapant…

le 09/07/2019 à 18h28 | Répondre

Marie

Coucou! ton article me parle bcp.
Je vis en Allemagne depuis bientôt 3 ans et toutes ces étapes je les ai vécues! Quelle superbe experience personnelle et professionnelle. J´y ai d´ailleurs rencontré mon future mari, nous nous dirons oui dans 7 semaines.

Bonne continuation!

le 11/07/2019 à 17h22 | Répondre

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