Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Ma passion pour la Seconde Guerre mondiale


Publié le 20 juin 2019 par Doupiou

Je suis passionnée par l’Histoire en générale. Ce goût m’est venu au collège et étudier les différentes civilisations, les modes de vie, m’imaginer des siècles auparavant est un réel plaisir pour moi.

Je dois t’avouer que je regrette de ne pas m’être lancée dans la voie qui m’aurait tellement plu : être professeur d’histoire.

Je lis beaucoup de livres sur toutes les périodes de siècles passés, je regarde un nombre incalculable de documentaires (même ceux touchant à l’architecture des bâtiments anciens) et j’ai terminé après plusieurs années mon arbre généalogique qui m’a permis de remonter jusqu’en 1410 !

Mais s’il y a une période qui me passionne, qui m’obsède même, c’est la Seconde Guerre Mondiale.

Photo (creative commons) : Skeeze

Pourquoi cette tranche historique en particulier ?

Lorsque j’étais en CM1, un ancien résistant est venu dans notre école pour raconter les dessous de la résistance dans les maquis. Il faut savoir que je viens d’un département où la résistance était très forte et il y a de nombreux sites consacrés à ces héros.

Depuis ma primaire, les élèves des écoles font énormément de randonnées sur les lieux des maquisards pour entretenir le devoir de mémoire.

A cet âge-là, je n’avais pas vraiment conscience de ce qu’étaient les nazis. On parlait surtout des « méchants ». Ce résistant nous expliquait les stratagèmes pour ne pas se faire attraper par la Gestapo, les ravitaillements, les embuscades et les mois entiers à se cacher dans les grottes en attendant les informations de la vallée. Les jeunes enfants que nous étions ne comprenaient pas pourquoi toute une population se laissait bouffer par une poignée de « méchants ». Alors un de mes camarades a demandé au résistant : « mais pourquoi vous n’étiez pas plus nombreux à vous rebeller ? Pourquoi est-ce que les autres se laissent faire ? Ce n’est pas normal… ». Le résistant s’est alors mis à pleurer et nous a répondu :  » je suis très heureux de vous entendre dire ça. Je comprends que, malgré votre jeune âge, vous ne laisserez plus jamais une telle situation se reproduire ».

J’ai compris que pendant cette période, il s’était passé quelque chose de grave qui m’échappait encore. Je n’avais qu’une hâte, être au collège pour en savoir plus !

L’héritage familial

Lorsque j’étais petite, ma grand-mère paternelle me racontait souvent son histoire. Celle où elle dû fuir un pays en guerre, se cachant dans des moulins avec ses parents, passer la frontière de nuit et espérer un avenir meilleur en France. Elle terminait toujours son récit en pleurant avec quelques mots d’italien. Ce n’est bien des années après que j’ai compris le caractère tragique de son histoire.

Mon arrière-grand-père maternel quant à lui, a été déporté dans un camp de concentration en Allemagne. La raison n’a jamais été connue. Certains disaient qu’il cachait des Juifs et les autres qu’il était communiste. Même ma grand-mère, sa propre fille, n’a jamais su les raisons de sa déportation (et donc de son décès dans le camp).

Quand la passion prend le dessus

En classe de troisième donc, notre professeur était un vieil homme passionné par la Seconde Guerre Mondiale. Il avait même écrit plusieurs livres sur les résistants et les déportés.

Un jour, alors que je discutais avec ma grand-mère, je lui disais avoir Monsieur G. en professeur d’histoire-géo. Elle m’a fait un grand sourire et m’a répondu que ce monsieur avait pris contact avec elle quelques années auparavant afin d’écrire un livre sur les déportés (et donc sur son père).

J’ai donc, pendant toute cette année de troisième, littéralement bu les paroles de mon professeur. Tout ce qu’il disait me passionnais au plus haut point. Je voulais comprendre les mécanismes qui ont déclenché cette triste période, je voulais connaître le moindre détail, je ne comprenais pas comment la barbarie humaine puisse en être arrivée là. Le dernier jour de l’année, et donc de ce passionnant programme, un élève à demandé : « Monsieur, vous croyez qu’on aura une Troisième Guerre Mondiale ? » ce à quoi à répondu Monsieur G. : » oui, on est même en plein dedans. Elle s’appelle le terrorisme. »…

En savoir toujours plus

Je suis vite devenue incollable sur toute la partie « historique » de la Seconde Guerre Mondiale. Les dates, je les connais encore par cœur aujourd’hui. Les évènements n’ont plus de secrets pour moi.

Mais il m’en faut plus. Bien entendu j’avais déjà lu les ouvrages classiques comme le Journal d’Anne Frank ou Si c’est un homme.

J’ai rapidement ressenti le besoin de rattacher cette période à mon histoire familiale. J’en ai donc parlé avec ma professeur d’italien en lycée. Je voulais savoir ce que ma grand-mère avait vécu. Elle m’a conseillé ce livre qui raconte l’histoire d’une jeune italienne à la toute fin de la guerre et après.

Il fallait ensuite que je m’intéresse à l’après guerre, comment la vie était revenue parmi les traumatismes, que sont devenus les monstres ? J’ai donc fais l’acquisition d’une série de trois livres regroupée en trilogie racontant par le biais d’une fiction, des éléments réels de l’après-guerre et de la traque des nazis.

Ensuite, j’ai ressenti le besoin d’approfondir mes connaissances sur le personnage central de la Seconde Guerre Mondiale : Hitler. Comment un homme avait-il pu arriver à tout ce carnage ? Pour cela, je me suis procuré ce livre très récent qui explique comment, sous couvert de la drogue et d’un régime alimentaire hyper strict, cet homme a pris les décisions qui ont menées le Reich à sa chute et comment il a pu manipuler son peuple et ses troupes avec des drogues toujours plus violentes.

Et pour terminer, j’ai eu besoin de courage mais il fallait que je sache la réalité des camps de concentration. Cet aspect m’a toujours intriguée et dégoûtée. J’ai donc lu ce livre :

Parallèlement à mes lectures, j’ai décidé de lever le voile sur la déportation de mon arrière-grand-père. J’ai fait de nombreuses recherches et suis tombée sur son livret militaire. J’ai donc appris qu’il avait quitté son régiment de manière mystérieuse quelques années avant sa déportation. J’ai aussi pu enfin connaître sa date de décès (à peine quelques semaines avant la libération du camp). Après des recherches longues et compliquées, j’ai failli abandonner. Mais mon devoir de mémoire était trop fort et m’a fait persévérer. Et j’ai enfin trouvé : mon arrière-grand-père avait été déporté car résistant ! C’était un maquisard reconnu et un personnage important de la résistance !

Quelle fierté ! J’en ai pleuré de joie ! Je me suis empressée d’appeler ma maman et ma grand-mère, leur dire que j’avais tout retrouvé de lui : de sa description physique détaillée au numéro de matricule du camp de concentration…

Maintenant, il ne me reste plus qu’une chose à faire : me rendre dans un camp. A l’heure où j’écris cet article, Mari Barbu et moi partons pour Struthof dans trois semaines…

* les livres que je propose sont très détaillés en horreurs et en violence, âmes sensibles ou non avisées, s’abstenir !*

Et toi ? Es-tu passionnée par une période historique ? As-tu menée des nombreuses recherches ? Dis-nous tout !

Commentaires

14   Commentaires Laisser un commentaire ?

Lili

Bonjour !

Merci beaucoup pour ton article très touchant! Cela me parle aussi énormément car mon grand-père est parti en camp de concentration au lieu de son père. Il a réussi à s’échapper…grâce à des Allemands.cela m’avait marqué quand il nous a raconté ça à l’âge de 8 ans. Il s’est ensuite engagé dans la Resistance et caché dans le maquis.Depuis comme toi je me suis toujours passionnée pour la 2e guerre mondiale. J’ai lu de mon côté »ils ont vécu le nazisme ». J’avais demandé à mon papi qu’il raconte son histoire par écrit mais il ne l’a jamais fait. Je le regrette même si je garde quelques notes. J’aimerais bien savoir dans quel camp de concentration il était mais je n’ai jamais su le nom.Aurais tu des pistes de recherche ? Bonne journée à toi !

le 20/06/2019 à 07h59 | Répondre

Doupiou

Tu peux regarder dans les registres militaires.
La plupart sont disponibles dans les archives départementales.
J’avoue que de mon arbre généalogique, c’est la recherche qui m’a donné le plus de fil à retorde.
Pour cela tu dois connaître le lieu de naissance et nom complet (attention il y a beaucoup d’homonymes !)
Je te souhaites plein réussite dans tes recherches !

le 21/06/2019 à 08h19 | Répondre

Lili

Super ! Merci beaucoup pour ta réponse : )

le 22/06/2019 à 07h39 | Répondre

Nala

Merci pour cet article Doupiou. En voyant le titre, je me suis empressée de le lire.
La Seconde Guerre mondiale est également une période qui me passionne depuis l’enfance, comme toi sans doute liée à mon histoire familiale. Une famille paternelle juive qui a dû se cacher pour échapper à la déportation, et un grand-père maternel résistant dès l’adolescence qui lui a connu la déportation à l’âge de 17 ans seulement… Il a écrit un livre à ce sujet (et d’autres, sa vie a été très riche et intéressante) mais n’a jamais souhaité être publié. Chaque membre de notre famille en possède un exemplaire, et je prends encore plaisir à m’y plonger de temps en temps 🙂
C’est une période sombre de notre Histoire, qu’il ne faut pas oublier et pour ma part je me ferai un devoir de transmettre le combat de mon grand-père à mes propres enfants d’ici quelques années… afin qu’à leur tour, ils connaissent cet héritage familial et soient fiers de leur arrière grand-père !

le 20/06/2019 à 08h28 | Répondre

Doupiou

Je te rejoins entièrement là-dessus ! Le devoir de mémoire est primordial !

le 21/06/2019 à 08h33 | Répondre

Colombine

Pour ma part je suis si passionnée d’histoire que j’en ai fait des études. Ma période préférée reste le Moyen Age que j’ai redécouvert à la fac et que je trouve extrêmement riche.

Mais la Seconde Guerre Mondiale tient quand même une place à part car elle est très présente dans l’histoire familiale ! Une grand-mère qui a fuit Paris sous les bombes allemandes en étant enceinte, un grand-père résistant mais qui n’en parlait pas, une arrière grand-mère qui a caché des juifs et son mari, mon arrière grand-père, qui a fait le STO en Allemagne… Celui-ci a d’ailleurs gardé des contacts avec la famille allemande chez qui il a travaillé car des liens d’amitié se sont créés, ce qui n’était pas forcément évident vu le contexte de l’époque !

le 20/06/2019 à 09h33 | Répondre

Doupiou

Quelle belle histoire ! C’est dommage que ton grand-père n’évoque pas sa résistance. C’est à mon sens important, mais je peux comprendre ses réserves de se rappeler d’une sombre période

le 21/06/2019 à 08h34 | Répondre

Maria

Je n’ai aucun lien avec cette guerre. Mais grands parents étaient trop jeunes (tous moins de 14 ans à la libération) et ils vivaient à la campagne où ils ont eu au final peu de contact avec les Allemands et moins de difficultés (entre autre plus à manger).
Mais je trouve que notre histoire est passionnante et cette période tout particulièrement.

Je n’aime pas trop les livres trop sombre sur cette période. Je sais ce qu’il s’y est passé et je n’ai pas besoin d’en lire plus sur les horreurs qui s’y sont déroulés. (Donc j’éviterais probablement tes livres même si les résumés ont l’ait très intéressants).
Par contre, j’ai adoré « Paris brûle t il ? » (en livre, pas le film). Toutes ses vies qui se croisent et dont on a un petit aperçu, c’est top. Et ca ne présente pas que des gentils résistants ou des méchants nazis, il y a vraiment tous les types de personnes, de métiers et de facons de vivre la guerre.

le 20/06/2019 à 16h17 | Répondre

Doupiou

Je comprends aussi la gêne et la difficulté de s’imprégner des horreurs commises à cette période

le 21/06/2019 à 08h37 | Répondre

Virg

Je suis aussi très intéressée par cette période, je pense grâce à de bons profs aussi.
Je trouve que ça aide à prendre du recul sur cette 3ème guerre mondiale et a ne pas tomber dans un collectif vengeur face au terrorisme.

le 21/06/2019 à 13h47 | Répondre

Doupiou

C’est sûr que les enseignants qui arrivent à faire aimer des périodes comme celles-ci jouent énormément sur cette passion

le 24/06/2019 à 11h30 | Répondre

Alain-Julien Taelman

Chère madame
Moi aussi je et depuis longtemps très intéressé par la deuxième guerre mondiale et je suis heureux de vous lire.
Cordialement

Alain-Julien

le 22/06/2019 à 14h57 | Répondre

Madame Charleston

Comme je te comprends Doupiou ! Cette période de l’histoire bien qu’effrayante me passionne. Comme toi ma famille a été très impliquée dans la résistance (mais en Belgique me concernant).

Si jamais tu souhaites en apprendre plus sur Hitler, je te conseille vivement de lire « La part de l’autre » d’Eric Emmanuel Schmitt. C’est extrêmement bien écrit et on en apprend beaucoup sur sa vie (bien qu’il s’agisse d’une biographie romancée). Tu risques d’être étonnée 🙂

le 25/06/2019 à 17h09 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?