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Les premières recherches d’emploi d’une jeune diplômée en droit : la désillusion


Publié le 5 janvier 2015 par Madame Médicis

En novembre 2013, après 5 longues et fastidieuses années d’études, ça y est : je suis maître en droit !!! Et avec mention, s’il vous plaît !

Me voilà titulaire d’un master II (anciennement DEA) de droit public international et européen. Youhou !!! Je suis joie ! EN-FIN !

Diplôme Mme Médicis

Oui mais voilà, moins d’un an après j’ai décidé de retourner à l’école, comme j’aime à le dire. Allez, viens je t’explique tout ça !

Après ma soutenance, je ne me tourne pas les pouces. J’attends mes résultats, sans grande appréhension : il ne me manque que la note de mon mémoire, et pour le moment j’ai plus de 13 de moyenne. C’est donc l’esprit libre que je me mets à chercher un emploi. Je mets à jour mon CV. Je fais connaissance avec Pôle Emploi, les sites spécialisés pour les métiers juridiques et les agences d’intérim.

L’état du marché du travail pour les jeunes diplômés en droit

Premier effet Kiss Cool : il y a beaucoup, vraiment beaucoup d’offres de stage, oui, mais moi je veux travailler ! J’ai un mariage à payer ! Et puis zut quoi, j’ai fait 5 ans d’études bordel ! Je ne vais pas me contenter des 436,05€ versés au titre de la gratification, je veux un vrai salaire.

Deuxième effet Kiss Cool : dans mon domaine il n’y a pas d’offres. J’élargis donc mon champ de recherche : d’un poste de juriste internationaliste ou européaniste, je me mets donc à chercher un poste de juriste. Après tout, il y a quand même plein de matières intéressantes.

Troisième effet Kiss Cool : même en étant moins regardante sur le secteur d’activité, ça ne le fait pas ! Argh, ça commence à me casser les pieds, dis-donc ! Toutes les annonces requièrent 3 ans d’expériences au moins !! On est incité de toutes parts à faire le plus d’études possible, mais en sortant de l’école, on nous dit qu’il faut déjà avoir 3, voire 4 ou 5 ans d’expérience pour pouvoir prétendre à un emploi qui correspond à notre formation ET à notre niveau d’études ! C’est quoi cette hypocrisie ?! Avoir une telle expérience est tout à fait possible si on a fait une formation en alternance, mais étonnamment pour les postes auxquels je veux prétendre de telles formations n’existent pas. C’est donc contrainte et forcée que je nivèle par le bas mes recherches. Je regarde donc pour un poste d’assistante juridique.

Quatrième effet Kiss Cool : là encore, on me demande très souvent de l’expérience ! C’est quoi le problème ?! Pour être assistante juridique il faut un BTS, voire une licence, J’AI UN MASTER II moi !!! Soit deux ans d’études en plus !! Je tiens à préciser que je n’ai rien contre les assistant(e)s juridiques. C’est juste que ça ne correspond pas à mon parcours.

Cette fois, je prends conscience de la non-adéquation de la formation universitaire avec le marché du travail. Finalement, avec un BTS on sait faire des choses, avec un master II on sait plein de choses. Nuance ! Autrement dit, on a la tête bien pleine, mais on ne sait pas faire grand-chose. Les employeurs ne veulent pas de nous parce qu’il faut nous former, alors même si nous sommes « moins chers », nous sommes toujours trop chers pour ce que nous savons faire, à savoir : presque rien. Bien triste réalité…

Cinquième effet Kiss Cool : les employeurs sont parfois peu honnêtes. En effet, l’emploi d’assistant juridique renferme plusieurs réalités. En théorie, un assistant juridique rédige des actes, fait le suivi des dossiers, effectue des recherches… Mais pour beaucoup, un assistant juridique est un secrétaire, il doit savoir répondre au téléphone, aller à La Poste, accueillir les clients, tout sauf faire du droit, en somme. C’est vraiment un intitulé galvaudé.

Après avoir tiré tous ces constats, je suis inquiète. Je me sens complètement désarmée face au marché du travail. Je pensais, naïvement sûrement, que ça serait un cheminement moins miné. Je ne m’attendais pas à ce que l’on se batte pour moi non plus, mais juste qu’il y ait plus d’offres d’emploi et que mon diplôme ferait davantage la différence. Je n’imaginais pas trouver autant d’offres de stage à l’attention des jeunes diplômés.

En dépit de tous ces constats assez alarmistes, je trouve très vite un premier emploi. En effet, moins de 15 jours après je commence mon premier travail en lien avec mes études. Je dis en lien, car ça ne correspond pas à mon niveau d’études mais je m’en fiche, j’ai un mariage à payer.

Toi aussi tu t’es trouvé bien désarmée face au marché du travail ? Tu pensais que ton diplôme t’ouvrirait plus de portes ? Tu as dû revoir tes exigences à la baisse ? Tu as réussi à trouver un emploi en corrélation avec ta formation au bout de combien de temps ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Inno

La désillusion, c’est tout à fait. J’ai aussi un Bac+5, en psychologie et le marché du travail dans ma branche est…pfff…déprimant ! En gros, on propose beaucoup de cdd et temps partiel (et en + il y a plusieurs centaines de personnes qui postulent pour un poste car les places sont chères). On cherche longtemps si on ne se décourage pas, pour trouver une journée par ci, deux journées par là et recommencer la recherche de boulot au bout des 3 ou 6 mois de la fin du cdd. J’ai mis + d’un an à trouver un travail en cherchant partout en france, et c’était un cdd. Depuis peu, j’ai signé un cdi, mais à temps partiel, mal payé, et on a renouvelé ma période d’essai. Tout n’est pas encore joué. Il y a tellement de fois où je me dis que j’aurais dû faire un CAP

le 05/01/2015 à 13h34 | Répondre

Mme Irbis

Tu sais ce problème d’expériences en sortant de l’école est vrai pour de nombreux secteurs.
J’ai fait des études en menuiserie / ébénisterie. Du niveau CAP au bac pro et les artisans refusaient de nous, moi et mes camarades de classes, embaucher car nous n’avions aucune expérience.
Et pour contrebalancer, mon mari a monté son entreprise et a du mal à embaucher des jeunes diplômés car ils lui coûtent très cher pour un investissement pas très intéressant. Surtout que ces jeunes diplômés ont très souvent la bougeotte ! Il se casse les dents à les former et 6 mois après ils lui disent en revoir en ayant trouvé un boulot mieux payé / plus intéressant…
Dur de trouver le juste milieu (mais je suis d’accord avec le fait que l’école devrait plus préparer à l’insertion professionnelle !)

le 05/01/2015 à 13h48 | Répondre

Mademoiselle Fleur

Je vais rajouter une pierre à la discussion. J’ai un bac+8 et si je n’ai pas eu de mal à trouver un premier emploi (en CDI qui plus est), ce n’est malheureusement pas simple. Cela fait 9 mois que j’essaye de quitter mon poste, j’ai 3 ans d’experience et je ne trouve rien. Pourtant je postule minimum 1 fois par semaine et je n’arrive même pas à décrocher des entretiens. Je crois que le schéma existe quelque soit le diplôme, le domaine et malheureusement l’expérience. Car au final quand tu as l’expérience, on te demande d’en avoir plus. Je pense que le marché du travail est très difficile en ce moment et personne n’est à l’abri.
Je suis également d’accord avec Mme Irbis, et regarder du côté des patrons. Former quelqu’un coûte tant en temps qu’en argent. C’est difficile de trouver le juste milieu.

le 05/01/2015 à 13h56 | Répondre

Madame Ananas (voir son site)

Cette histoire d’expérience est en effet le gros problème des jeunes diplomés.
J’ai eu un truc similaire (je suis ingénieure). J’ai répondu à une annonce indiquant que les jeunes diplomés étaient les bienvenus. Toute contente je reçois un courrier indiquant un RDV pour un entretien. J’y vais, je passe 3h (ui oui 3h) avec les recruteurs (technique et RH), ils me posent des tas de questions dont des très techniques (qu’est ce que vous faites si vous voyez une soupape qui fuit? heu j’appelle le technicien…). Le gars me rappelle pas au bout de 2 semaines, je le fais il me dit « ah on a pris quelqu’un d’autre qui avait de l’expérience, vous vous n’en aviez pas »…
Heu ben non vous marquiez jeunes diplomés bienvenue et vous avez bien vu sur mon CV que je venais d’avoir un diplome non ?

Du coup, j’ai pris pour parti ensuite de répondre aux annonces qui m’intéressaient jeunes diplomés ou -2ans d’exp (comme de toute façon ils veulent tous 4 ans d’exp, un gros diplome, un bas salaire et qu’on sache tout faire du café à la gestion de projet). Et ça a marché… une annonce disant « 1 an d’expérience » m’a pris!

le 05/01/2015 à 17h22 | Répondre

Urbanie

c’est bien le problème aujourd’hui: les recruteurs veulent des « junior » déjà opérationnels, avec une vraie expérience, quel que soit le secteur.

J’en ai fait l’expérience lorsque je cherchais un poste ou un stage: ils sont rares les managers qui te forment sur ton poste, y compris en stage (ce qui est quand même l’hôpital qui se fout de la charité).

On est plus dans une logique de « je recrute un jeune et je le forme ». Il faut qu’on soit prêt à l’emploi. Sauf que, avec de l’expérience, tu n’es déjà plus vraiment un profil « junior »…

Bref, il y’a quelque chose qui ne tourne pas tout à fait rond aujourd’hui dans la façon de recruter les jeunes je trouve!

le 05/01/2015 à 20h06 | Répondre

Madame Vélo

Je ne peux qu’approuver tout ça… entre les attentes des employeurs (que je connais très bien) et les difficultés des jeunes à trouver un emploi (que j’ai expérimenté plusieurs fois) il y a un vrai problème. Trop vaste problème…

le 06/01/2015 à 15h02 | Répondre

Miss Chat

Je précise que quand les recruteurs utilisent le terme « junior », cela ne désigne pas des jeunes diplômés sans expérience mais bien des 1-2 ans d’expérience ! Les personnes sans aucune expérience sont appelées des « starters » 😉 Le terme est apparu ces dernières années pour justement faire une différence entre « un peu d’expérience mais pas trop » et « pas du tout d’expérience ».

En tant que recruteuse, je ne peux que confirmer ce qui a été dit par Mme Irbis et d’autres : la raison pour laquelle les entreprises sont réticentes à engager des starters et des juniors, c’est bien parce qu’il faut les former et que ça coûte une vraie fortune. Employer quelqu’un pendant plusieurs semaines voire mois sans qu’il puisse être opérationnelle, c’est un véritable investissement pour les entreprises, petites ou grandes. Et de nos jours, les jeunes ne sont plus vraiment très « loyaux » : une fois formés et avec un peu d’expérience, c’est ciao les nazes.
J’ai été diplômée l’année passée, j’ai trouvé directement dans mon domaine de prédilection mais je comprends qu’il soit difficile d’engager des jeunes sans expérience à des postes correspondant à leur niveau de formation. Tout comme je sais qu’il est extrêmement frustrant de se voir fermer des portes parce que « vous n’avez pas d’expérience »… Le marché du travail n’est absolument plus adapté aux formations offertes dans les écoles et là, il y a vraiment quelque chose à changer…!

le 16/04/2015 à 12h28 | Répondre

Mzlle Ponygraphe

Malheureusement mon quotidien depuis la fin de mes études en juin 2015 (licence pro droit et commerce vins et spiritueux). J’ai fini mon stage fin août et depuis, je cherche… Ok j’ai pas été très active au début, mais depuis novembre je me bouge les fesses. Et rien… Soit pas d’annonces, soit pas de réponses.
J’avais déjà eu une vague idée du marché du travail après mon bts agricole finit en 2013, 6 mois à temps partiel en temps que caissière pour démissionner parce que je voulais faire autre chose, et inscription à pole emploi (qui me reproche d’avoir quitter mon job mais ne me donne aucune solution).
Je peux comprendre qu’embaucher une personnes sans expérience ou avec peu d’expérience (en vente j’ai 8 mois d’expérience, j’ai fais des stages assez « intensifs » dans des élevages équins, de la prospection auprès d’entreprises pour de l’immobilier, de la distribution de flyers et j’en passe) ne soit pas « attractif », mais je pense qu’il y a des jeunes qui sont reconnaissants lorsqu’on leur fait confiance, surtout quand on galère comme ça, ils sont reconnaissants et se donnent à 100%, pour peu qu’on leur confient des choses intéressantes à faire ou qu’on leur fassent comprendre ce qu’on attend d’eux.
Malheureusement, les formations des écoles ne sont pas adaptées à la vie active et ne permettent pas de dire que l’on est opérationnel après avoir décroché un diplôme. Pour ma part, ça fera donc officiellement 4 mois que je suis inscrite à Pole emploi, je cherche depuis plus longtemps et sur la France entière. Mais rien… Il ne faut pas désespérer mais j’espère pouvoir dire que j’ai décroché un travail « sympa » (au minimum, je ne m’attends pas au travail de mes rêves) dans maximum 6 mois. Parce que mine de rien, le chômage pèse, et rester à la maison « sans rien faire », ça bouffe le moral !

le 14/01/2016 à 17h44 | Répondre

Amer

Franchement la situation actuelle n’est pas tenable. C’est du pipot de dire que former coute cher. Les couts de formation sont déductibles fiscalement s’ils font l’objet d’une formation ad hoc, pour ce qui est du temps consacré au quotidien, le training on the job, il ne dépasse rarement trois mois à 6 mois franchement et avec la productivité, l’employeur ne perds rien loin s’en faut..Le jeune coute moins cher et fait souvent les tâches ingrates que les personnes expérimentées corrigent. Les employeurs se moquent du monde, il voudront bientôt des counsels à payer au niveau junior, ils veulent une main d’oeuvre corvéable et leur souhait est exhaucé dans le domaine juridique. J’étais juriste fiscaliste, avec master à l’étranger, je parle 4 langues dont dont une langue orientale. Lorsque j’ai commencé en tant que junior avocaillon, je ramenais 12,5 ce que je coutais à mon employeur… Ose-t-on dire que j’étais trop cher? Non je payais le chalet à Gstaad du partner en restant trop souvent tard pour prester ou pour les closings. On ose gloser sur la loyauté des jeunes, mais quid des employeurs, ils n’hésitent pas à se débarasser des gens à leur meilleure convenance.Pour ma part, malheuresement après avoir travaillé en cabinet, en big 4 et une société d’investissement, j’ai connu l’enfer du chomage. 18 mois traumatissant qui m’ont contraint à m’expatrier à Londres et je travaille actuellement en tant que recruteur tout en suivant une formation universitaire le soir en rêvant à des jours meilleurs. Si j’avais une baguette magique, je serais devenu chirugien comme mes parents, au moins on ne peut pas se permettre de dire des fadaises aux médecins, ils sont trop indispensable pour être aussi maltraité ou humilié que le reste des diplômés en entreprise

le 19/05/2016 à 02h44 | Répondre

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