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A la une / témoignage

Les questions sur mon désir d’enfant

Toute femme est confrontée à la question de la maternité à un moment de l’existence. Chaque cas est unique, il y a celles qui veulent être mères et qui y arrivent facilement, ou pas, celles qui ne l’ont jamais souhaité, et qui doivent se justifier, ou pas, celles qui ne peuvent pas avoir d’enfant, celles qui changent d’avis, celles qui regrettent, et tant d’autres… J’apporte ici ma modeste pierre à l’édifice, en te partageant aujourd’hui mes interrogations à ce sujet.

Crédit photo (creative commons) : DanEvans

Le contexte de mon désir d’enfant

Petite, j’ai toujours aimé jouer à la poupée et m’imaginer en tant que maman. Je m’inventais des histoires très élaborées où je devenais maman très jeune (15 ans me semblaient un âge tout à fait correct à l’époque… hum) et où j’élevais une famille nombreuse (6 enfants je crois).

J’ai finalement eu cette famille nombreuse d’une autre façon puisque nous sommes sept frères et sœurs. Je suis dans la « moitié haute » et je me suis occupée de mes frères et mes sœurs quand ils étaient petits. Je suis devenue tata pour la première fois à 21 ans, j’ai donc eu l’occasion à ce moment-là de m’occuper d’un bébé (j’étais trop petite pour vivre cela à la naissance de mes frères et sœurs plus jeunes) d’autant plus que je le voyais très souvent.

Pour moi, devenir une maman a toujours été une évidence. Cependant, pendant la vingtaine, je n’ai pas pu construire de relation de couple durable, et par la force des choses j’ai donc dû reporter cette envie (qui était sans doute surtout une envie de faire comme tout le monde) car il ne me semblait pas concevable à ce moment-là d’avoir un enfant en dehors du cadre d’une relation de couple solide.

Les années ont passé et je vivais mal la solitude de mon célibat. Moi qui me voyais maman très jeune, j’ai vu arriver (de loin) la trentaine avec beaucoup d’appréhension. Je me disais que le temps que je rencontre quelqu’un et que nous bâtissions notre vie de couple, il serait probablement trop tard pour avoir des enfants. A vrai dire, je ne croyais plus vraiment au fait de rencontrer quelqu’un par rapport à mes échecs précédents.

Un grand nombre de mes amies étaient déjà mamans, et celles qui ne l’étaient pas étaient célibataires comme moi et/ou totalement contre l’idée d’avoir des enfants un jour. L’idée que je ne serais peut-être jamais maman a germé en moi, et j’ai appris à vivre avec.

Je connaissais quelques personnes plus âgées sans enfant, et elles ne semblaient pas spécialement malheureuses même si ce n’était pas forcément un choix au départ. Au contraire, elles profitaient de beaucoup de liberté. De mon côté, j’avais une vie plutôt sympa avec des voyages, des sorties entre amis et des moments de solitude très précieux. En comparaison, certaines de mes amies semblaient toujours être sous l’eau avec leurs responsabilités familiales, certaines ne semblaient pas très épanouies dans leurs couples voire étaient même déjà séparées, leur situation me semblait ainsi beaucoup moins idyllique que quelques années plus tôt.

De plus, j’ai longtemps eu une relation très compliquée avec mes parents, j’ai eu le sentiment d’être la cinquième roue du carrosse en étant une « enfant du milieu ». Ma mère a eu elle-même des relations très compliquées avec sa propre mère. A la maison, on ne parlait pas beaucoup de sentiments et mes parents étaient très facilement irrités, très souvent des mots regrettables ont été prononcés. Pendant une longue période, je me suis donc mis dans la tête qu’ils ne m’aimaient pas et que je passais après les autres, ce qui n’est bien sûr pas la situation idéale pour s’épanouir pleinement.

Ce qui a tout changé ? Habiter loin pendant un an, où je me suis rendu compte que je leur manquais réellement ce qui m’a paru totalement inouï… Depuis mon retour, notre relation est bien meilleure mais je garde quand même toujours des cicatrices de mon adolescence. J’ai mûri et j’ai réussi à passer outre car j’ai compris que leur propre histoire familiale avait un rôle majeur dans tout ça et qu’ils avaient fait du mieux qu’ils pouvaient.

La concrétisation de mon désir d’enfant

Après plusieurs relations très compliquées, j’ai rencontré mon conjoint un peu avant mes 30 ans. Notre histoire n’a pas été évidente tout de suite mais nous avons construit petit à petit notre relation, nous avons vécu de très bons moments et surmonté quelques situations difficiles.

Aujourd’hui, nous vivons dans un petit appartement et nous envisageons de déménager dans quelques mois mais notre situation matérielle ne s’y prête pas encore tout à fait. Depuis notre rencontre, il me semble évident que nous allons avoir des enfants ensemble, mais ça ne s’est pas encore réalisé d’abord par rapport à la jeunesse de notre relation puis par d’autres problèmes qui nous ont bien occupés.

Aujourd’hui notre situation n’est pas encore optimale matériellement, on voit le bout mais tous les soucis ne sont pas réglés. Le problème, c’est que je suis du genre assez obsessionnel et ça fait plus de deux ans maintenant que je reviens en boucle sur cette envie d’enfant, et que lui tempère car « ce n’est pas le bon moment ». Pour avoir un enfant, il veut que la situation soit parfaitement stable, avec un autre logement mais de son côté il n’avance pas beaucoup sur le sujet. De mon côté, je préférerais que nous commencions les essais en ayant en tête que ça peut prendre du temps, tout en avançant sur notre projet en parallèle en prenant le risque que ça ne soit pas terminé à temps.

Le gros problème de mon point de vue, c’est que j’ai 34 ans et j’ai très peur que ça ne fonctionne plus quand on s’y mettra vraiment (car je n’ai pas de projection, je ne sais pas si on essaiera dans 2 mois, 1 an, 2 ans ou plus). Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours pensé que j’aurais du mal à avoir des enfants et plus le temps passe plus cette peur est importante. J’essaie donc d’argumenter au maximum, j’ai remporté quelques petites « victoires » comme arrêter la pilule avec son accord, mais la situation reste malgré tout très frustrante car dans notre désaccord, la situation fait que c’est lui qui a « ce qu’il veut » (on n’aura pas d’enfant tant qu’il ne l’aura pas décidé).

Je noircis beaucoup le tableau, le fait est que de son point de vue la situation est tout à fait rationnelle (ce serait compliqué d’avoir un enfant dans notre logement actuel, et il n’y a pas le feu au lac on a encore plusieurs années devant nous pour envisager une grossesse). Je sais et je suis certaine qu’il veut avoir un enfant (il en veut même plusieurs !) mais pas maintenant. J’ai essayé d’obtenir une « deadline » en lui disant que ce serait plus facile pour me projeter mais sans succès pour le moment.

Un des gros problèmes dans cette situation, c’est une fois encore mon angoisse qui entraîne une fixette sur cette situation et m’empêche d’envisager les choses sereinement (je pourrais profiter de ce temps pour faire un tas de projets que je ne pourrai plus ou en tout cas beaucoup plus difficilement accomplir quand je serai maman alors que je perds mon temps à ne penser qu’à ça).

De plus, le plus gros problème dont je me suis rendu compte récemment c’est qu’inconsciemment, je le rends responsable de cette situation et je reporte mes frustrations sur lui (bon caractère bonjour). Résultat des courses, il prend mal (avec raison) ce que je lui dis car mon mal-être se répercute dans notre vie quotidienne, ça le pousse à s’interroger sur notre avenir, je ressens ses doutes et ça engendre encore plus de frustration que je reporte sur lui encore et c’est un cercle vicieux…

Bref, la situation a explosé il y a quelques jours et je me suis pris la réalité en pleine face : je lui mets une pression telle que c’est contre-productif, il a peur de son côté que je ne veuille « qu’un » enfant et pas être avec lui d’autant plus que je peux être très méchante et piquante quand je ne suis pas bien. Nous avons réussi à parler calmement mais la situation dans son ensemble engendre une grosse prise de conscience et une remise en question de mon côté.

Le questionnement de mon désir d’enfant

Cette discussion m’a obligée à voir la réalité en face : la façon dont je gère les choses pour devenir maman va m’empêcher de le devenir si je poursuis dans cette direction. Je me sens totalement impuissante et « dépendante de son bon-vouloir » à la fois pour la concrétisation de notre déménagement et la décision d’une grossesse. J’envie les femmes pour qui la décision de faire un enfant a été facile à prendre dans le couple, mais d’un autre côté, je dois tenir compte des envies et doutes de mon conjoint car je les ai complètement niés au profit de mon envie à moi.

En plus de ça, je m’interroge beaucoup sur ce désir d’enfant. En effet, j’ai très envie d’être enceinte mais je m’imagine mal pour l’instant avec un bébé et plus tard un enfant. Cela me paraît encore beaucoup de contraintes d’autant plus pour quelqu’un de solitaire comme moi. Et si je le regrettais ? Je ne pourrais pas revenir en arrière…

De plus, je me rends compte que la façon dont je me comporte avec mon conjoint est très similaire à la relation que j’avais avec ma mère. J’ai très peur de reproduire le même schéma avec mes enfants. Je ne me sens pas très équilibrée, et mon conjoint a aussi eu une relation difficile avec ses parents.

Est-ce que je veux vraiment courir le risque de ne pas réussir à avoir une relation harmonieuse avec un enfant, et qu’il le vive aussi mal que moi ? Est-ce que si j’ai plusieurs enfants, ils arriveront à être une fratrie soudée ? Est-ce que je suis pressée d’avoir un enfant parce que j’en veux vraiment un, ou parce que le temps passe vite et que je ne veux pas regretter de ne pas en avoir eu un quand il était temps ? Ou parce que j’ai peur d’être seule quand je serai vieille ou si on se sépare ? Est-ce que c’est juste pour avoir un projet de vie car le reste de ma vie actuelle ne me semble pas très folichon ? Est-ce que je ne devrais pas plutôt essayer d’accomplir autre chose pour m’épanouir personnellement plutôt qu’être dans l’attente passive ? Est-ce que je veux vraiment un enfant, ou une preuve d’amour et d’engagement de la part de mon conjoint ? D’un autre côté, moi qui me suis toujours imaginée maman, quelle serait ma vie à 40 ans, 50 ans, 60 ans sans enfant ? Et si je tombais enceinte sans le rechercher et que mon conjoint le prenait mal ? Plus généralement, quelles sont vraiment mes aspirations dans la vie ?

Tu l’as compris, cette prise de conscience engendre énormément de questions auxquelles je suis forcée de prendre le temps de répondre avant d’envisager, ou pas, une grossesse sereinement…

Et toi, quel est ton ressenti sur le désir d’enfant et ton expérience personnelle ? Viens nous en parler !

A propos de l’auteur

Jeune femme trentenaire, je viens vous parler ici des mes réflexions sur les relations humaines et la maternité.

21 Commentaires

  • Virg
    6 mai 2020 at 7 h 43 min

    Nous avons eu le même parcours à une exception majeure près : nous nous sommes mariés tard et j’ai dit oui même s’il ne veut pas d’enfant (il était indécis sur le sujet et voulait que ce soit clair). Quand je me suis moi-même senti prête (je suis passée par plein de questionnements comme toi, j’ai lu plein de bouquins sur le sujet), je le lui ai dit en ajoutant que, maintenant, la décision devait venir de lui, que j’étais prête aux deux scénarios et que je ne lui parlerai plus de bébé.
    C’est lui qui a fini par me le demander 😉
    J’avais besoin que ça vienne de lui, si ça devait venir, pour être sûre qu’il s’engageait à fond. Je ne voulais surtout pas qu’il agisse sous la contrainte quitte à ce que ça nous explose au visage dans les moments de fatigue à venir.
    C’est maintenant un papa très impliqué.
    Le problème de l’enfant tardif est qu’en général tu n’en fais qu’un. C’est tout.

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    • l'abeille
      6 mai 2020 at 13 h 21 min

      ça me semble très sain cette façon de faire : lui dire « tu sais que je suis prête pour avoir un enfant, par amour pour toi je suis prête à attendre que toi aussi tu sois prêt.  » et attendre que ça soit lui qui le demande (en ayant quand même vérifié qu’il ait connaissance des statistiques de fertilité chez la femme parce que c’est une réalité)

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    • Coralie
      6 mai 2020 at 14 h 37 min

      Merci Virg pour ton partage d’expérience, ma réflexion des derniers jours se dirige vers ça également. Mais l’attente et la frustration ne sont pas faciles à gérer en pratique ! Mais je te rejoins sur le fait qu’il faut que le papa soit totalement prêt pour le chamboulement qu’entraîne l’arrivée d’un enfant. Pendant la période entre le moment où tu lui as annoncé que tu étais prête et le moment où il te l’a demandé, est-ce qu’il t’est arrivé de douter et de te dire qu’il ne se déciderait jamais ? Tu t’es imaginée sans enfant ? J’admire beaucoup ta force de caractère en tout cas. Pour le fait de n’avoir qu’un seul enfant, ça ne me gêne pas vraiment, mon conjoint imagine en avoir plusieurs par contre.

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  • Kler
    6 mai 2020 at 9 h 21 min

    Moi aussi je pensais, petite, etre une jeune maman! Finalement, j’ai 2ans de plus que toi et notre 1er enfant a tout juste 3 semaines…
    Nous avons également choisi l’option « sécurité matérielle » et au final, sur nos 10ans de relations, nous aurons changé de pays 3 fois et chacun (l’un après l’autre) effectué une reconversion professionnelle!
    Et puis un jour, on a « su » qu’on était prêt, tout les 2.
    Je ne regrette pas l’attente, meme si j’aurais aimé que les cousins ou enfants des copains soient du même âge que le notre…
    Nous accueillons aujourd’hui notre bébé dans un appartement confortable, ou on se projette sur du long terme et sans remise en question professionnelle.
    Nous sommes donc tout les 2 disponibles mentalement pour affronter les 1ers mois et la fatigue!
    Et meme si j’en parlais et revais de me lancer bien avant mon mari, avec l’experience de nos 3 premières semaines de parents, je suis contente de l’avoir attendu et que ca soit aussi SON projet car il est volontaire, impliqué et surtout, ne se défile pas (trop) quand il y a des pleurs ou une couche qui fuit!
    J’espère que tu trouveras tes réponses, mais ton article me fait penser que déjà oui, pour une bonne partie!

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    • Coralie
      6 mai 2020 at 14 h 39 min

      Merci beaucoup Kler pour ton partage d’expérience qui me réconforte beaucoup. Comme dit plus haut, je pense que c’est très important que le papa soit motivé et impliqué à 100%, et c’est plus important que de faire un enfant au plus vite, je m’en rends compte de plus en plus.

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  • Marjolie
    6 mai 2020 at 9 h 21 min

    Je comprends vraiment tes questionnements. Je n’ai pas ce désir ancré que tu exprimes, mais je me pose une bonne partie de ces questions depuis quelques années (surtout celle de s’imaginer à 50, 60, 80 ans sans enfants, question qui m’a frappée de plein fouet il y a à peu près un an et à laquelle je ne trouve pas de réponse, la perspective est assez angoissante – mais on ne fait pas d’enfants pas peur d’être seul dans ses vieux jours!).
    Je voudrais souligner un point qui me paraît important : tu dis que tu as envie d’être enceinte. Je pense qu’il faut bien distinguer l’envie d’être enceinte et l’envie d’avoir un enfant (que je distingue même aussi de l’envie d’avoir un bébé : un être éternellement dépendant de toi, à câliner à volonté, auquel on est indispensable : avoir un enfant, ce n’est pas ça, à mon sens…)

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    • Coralie
      6 mai 2020 at 14 h 43 min

      Merci beaucoup Marjolie, tu mets en effet le doigt sur un questionnement important : j’ai envie d’être enceinte mais je ne me projette pas sur l’après bébé, ça me paraît très nébuleux d’élever un enfant et plus tard un adolescent. C’est peut-être normal ? Mais en tout cas je dois essayer de répondre à cette question avant que ça devienne plus concret. J’espère que tu trouveras également les réponses à tes questions, et bien sûr on ne fait pas un enfant pour ne pas être seul mais c’est quand même une part importante dans le projet de construire sa famille, c’est très humain je pense.

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      • Raphaelle
        7 mai 2020 at 16 h 11 min

        C’est un bel article et une bonne réflexion que tu fais. Je veux toutefois rebondir sur ce que dis Marjolie. A mon avis tous les cheminements vers la maternité sont différents et il n’y a pas UNE route parfaite à suivre. Ainsi pour certaines personnes avoir envie d’une enfant est une certitude viscérale instinctive, mais ça ne veut pas dire que si on n’a pas cette certitude-là il faut laisser tomber son projet.. Pour ce qui est de s’imaginer enceinte c’est une première étape importante. Ensuite être maman d’un nourrisson, puis d’un bébé, puis d’un enfant, puis d’un ado et enfin d’un adulte (!), ce sont des choses qui sont parfois presque impossible à conceptualiser car ça peut être très loin de notre réalité. Ce n’est pas pour autant que ton rêve n’a pas de valeur. Et d’ailleurs il y a un monde de différence entre que l’on s’imagine et ce qu’on vivra au final (tous les enfants sont incroyablement différents). Je voulais aussi te partager mon expérience : je n’ai jamais eu d’envie viscérale de maternité, enfant je m’imaginais plus tard maman mais sans trop y réfléchir, puis ado et jeune adulte je m’imaginais bien plutôt sans enfant (liberté, pas de responsabilités qui m’enchaineraient, n’ayant aucun « instinct maternel » et aucun atome crochu ou attirance envers les enfants des autres). Mais il est venu un moment dans ma vie (l’horloge biologique tournant) où je me suis dis : « est-ce que mes autres projets et ma liberté valent la peine de passer à côté de cette aventure pleine d’inconnus qu’est la parentalité ? » Pour moi c’était ça le déclencheur. Est-ce que ce que j’avais actuellement et que je projetais d’avoir suffiraient pour me justifier d’avoir décidé de passer à côté d’une expérience humaine très forte. Je pense aussi qu’il faut dans une certaine mesure relativiser le coté « perte de liberté/responsabilité d’un être à vie », parce les enfants grandissent et s’indépendantisent. Alors oui, ils devront toujours compter sur nous, mais ce n’est pas pour autant qu’on reste enchainés à eux comme au stade nourrisson. Un beau jour ils sont ado et tu peux te faire des weekends spontanés en amoureux à l’étranger ? !

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        • Coralie
          10 mai 2020 at 18 h 13 min

          Merci Raphaëlle pour ton témoignage et tes réflexions, tu as raison sur le fait que c’est normal de se projeter plus sur le fait d’être enceinte et d’avoir un bébé que sur le fait d’avoir un enfant plus grand, finalement c’est le cas pour toutes les grandes étapes de la vie. Forcément, j’ai du mal à m’imaginer aujourd’hui comme une femme de 50 ans, et pourtant ça arrivera et ça se passera sans doute très bien 🙂

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  • Welna
    6 mai 2020 at 10 h 48 min

    Alors chez nous, j’étais plutôt comme ton conjoint. Même pire. Au début de ma relation avec mon mari, je lui ai dit que je ne voulais pas d’enfant. Ni maintenant, ni plus tard. Je ne me voyais ni enceinte, ni maman.
    Et puis ensuite, ce n’était pas le bon moment, pas d’emploi stable pour moi, un petit appartement, …
    Et puis un jour, j’ai senti un vide chez nous. Pas de rire, pas de jeu. Pas d’enfants. Alors je lui ai dit que j’étais prête.
    Il ne m’a pas vraiment mis la pression, mais je savais que lui, il était prêt depuis bien longtemps déjà. Je n’aurais pas du tout apprécié qu’il me mette la pression, et ça aurait probablement eu l’effet inverse qu’attendu (ce qui a parfois été le cas, j’ai tendance à être un peu butée).
    Courage en tout cas pour cette tempête de questions. J’espère que tu réussiras à comprendre ce que tu souhaites, et que vous arriverez à trouver un compromis à 2.

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    • Coralie
      6 mai 2020 at 14 h 45 min

      Merci beaucoup pour ton commentaire, je pense que mon conjoint est un peu comme toi, j’ai certainement fait une erreur en lui mettant trop la pression. Quelque part, j’ai fait un peu le deuil pour l’instant de ce souhait de maternité en attendant d’avoir les réponses à mes questions, on verra ce que l’avenir me réserve.

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  • sarah
    6 mai 2020 at 11 h 44 min

    J’ai aussi fait face à ces nombreux questionnements. Je n’ai jamais eu cette envie viscérale d’être mère et donc c’était très difficile de savoir quelle vie je souhaitais construire. J’ai donc fait un truc assez barbare, la liste des avantages et inconvénients de ma vie actuelle
    et une autre liste de points positifs et négatifs, de la parentalité dans son ensemble. Puis j’ai comparé pour savoir les points négatifs de la parentalité n’allaient à l’encontre des avantages de ma vie. Un exemple concret, la liberté. C’est la priorité dans ma vie, faire ce que je veux quand je veux avec qui je veux, sans contraintes et sans rien devoir à personne. Il est apparu assez clairement qu’un enfant chamboulerait cet équilibre et que peu importe toutes les autres raisons pour lesquelles j’avais envie d’un enfant je savais au fond de moi que ce n’était pas compatible avec ma façon de vivre tout simplement. Certes, rien ne me garanti que je ne regretterais pas ce choix un jour, mais je préfère de loin les regrets aux remords 🙂
    Plein de courage à toi dans cette réflexion …

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    • Coralie
      6 mai 2020 at 14 h 47 min

      Merci Sarah pour ton commentaire et ton partage d’expérience. J’aime bien aussi faire ce genre de liste quand j’ai un problème épineux, dans ce cas présent je n’ai pas encore eu le courage de le faire. Bravo en tout cas d’avoir su prendre cette décision, je pense qu’on ne regrette jamais les choix qu’on fait quand on est en accord avec soi-même.

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  • Lucie
    6 mai 2020 at 16 h 36 min

    Alors, moi, je vais aller un peu à contre fourrant des commentaires mais pourquoi toujours se poser dix mille questions ? Quand on est en couple, amoureux, c’est normal d’avoir envie d’un bébé lorsqu’on est une jeune femme amoureuse (comme de ne pas en vouloir, hein). Or le moment idéal n’existe pas… Des mierdas, il y’en aura toujours et de toutes sortes. C’est responsable de se poser des questions mais bon, force est de constater que beaucoup d’hommes disent qu’ils veulent des enfants mais pas tout de suite. Et qu’est ce qui se passe ? C’est la femme qui doit mettre en veilleuse parfois très longtemps son désir d’enfant alors que le temps tourne… essentiellement pour elle. Les compromis c’est dans les deux sens. Les hommes doivent être responsabilisés face à la fertilité et le désir d’enfant de leur compagne et tous ne le sont pas. Une amie a patiemment attendu son mariage puis que monsieur soit prêt… Or, monsieur n’a jamais été prêt dans son cas. Ce n’est pas grave à 25 ans mais lorsque cela nous arrive à près de 40 ans, cela peut être beaucoup plus mal vécu. Donc mon conseil, c’est communiquer entre vous avant tout sur le sujet des enfants

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    • Coralie
      6 mai 2020 at 17 h 18 min

      Merci Lucie pour ton commentaire, c’est exactement le constat que je fais aussi et la plus grande crainte que j’ai dans ma situation : « et s’il n’était jamais prêt ? » Comme tu dis je n’ai pas autant de temps devant moi que si j’avais 25 ans et parmi toutes mes questions il y en a une importante que je n’ai pas soulevé dans l’article : est-ce que le fait d’être en couple avec cet homme est plus important que le fait d’avoir un enfant ? Je n’ai pas la réponse, je ne suis pas dans sa tête et je ne connais pas l’avenir mais en même temps je n’ai pas vraiment le choix, je ne peux pas et ne veux pas le forcer… Dans mon cas, je pense avoir déjà beaucoup communiqué, dès le début de notre relation on a parlé d’enfant et il était partant « plus tard » donc maintenant, à part attendre que le cheminement se fasse de son côté je n’ai pas tellement d’options… J’espère que tout va bien malgré tout pour ton amie, ça doit être très difficile à vivre.

      Reply
      • Lucie
        6 mai 2020 at 22 h 40 min

        C’est tellement difficile cette situation. En revenant sur ton article, je me suis rendue compte que j’avais réagi très à chaud car, moi aussi, j’ai souffert de cette situation. La question que tu te poses, je me la suis aussi posée. Je n’aurais pas pu faire une croix sur mes désirs d’enfant même pour un homme que j’aimais (je savais que j’allais finir par en vouloir à cet homme, et puis je voyais déjà la loi des contradictions, il m’aurait quitté dix ans plus tard et lui aurait fini par faire un enfant avec une autre, mon pire cauchemar). Dans mon cas, la situation a bien évolué. Après une année très difficile de crises en tous genres, on a décidé de faire un break. On est partis en week-end tous les deux. A cette occasion, il a reconnu que mon envie d’enfant lui faisait aussi peur. Moi aussi j’avais peur de ne pas être à la hauteur mais mes hormones étaient plus fortes 😉 On a beaucoup parlé et ça a décoincé quelque chose. Sur la même longueur d’onde, il m’a aussi proposé de me renvoyer la charge de la contraception, à charge pour moi de la stopper quand je le souhaiterai. Pour mon amie, c’est plus compliqué. Ils ont divorcé. Je lui souhaite de rencontrer un homme bien, qui ne la mène pas en bateau et qu’elle puisse devenir maman comme elle le souhaite. Avec ces histoires, je souhaitais juste mettre l’accent sur le fait que le désir d’enfant est souvent très naturel, légitime, et qu’il ne faut pas toujours chercher midi à quatorze heures. Tu as le droit de te sentir prête, de dire que tu en as envie. (Dans ton article, tu te justifies beaucoup trop à ce propos je trouve). Si ton compagnon t’aime, il doit le comprendre et être lui même plus clair la dessus. On ne peut pas toujours remettre à plus tard ou alors, un jour, il sera vraiment tard et ça, ça peut aussi effriter un couple. D’autant que plus tard, il y’aura peut être d’autres difficultés. Aucun moment n’est idéal et on n’est jamais prêts à avoir des enfants si ce n’est cette envie et cet amour partagé 🙂 Je te souhaite tout le bonheur du monde.

        Reply
        • Coralie
          7 mai 2020 at 9 h 35 min

          Ton message me touche beaucoup. J’espère de tout cœur que tu connaitras ce bonheur, ainsi que ton amie. Pour ma part, ma situation regroupe plusieurs problèmes, à la fois le fait que mon conjoint ne soit pas prêt mais également toutes les incertitudes que j’ai moi autour de la maternité. Comme j’ai dit plus bas, j’admire (et j’envie un peu) les personnes qui sont sûres de leur choix, pour ma part même si j’ai envie d’être enceinte et d’avoir un bébé, je ne suis pas sûre de vouloir élever un enfant, par rapport à ma relation avec mes parents, à mon anxiété chronique et tout un tas d’autres raisons.

          Reply
  • Madame Colombe
    6 mai 2020 at 17 h 50 min

    Bonjour,
    J’ai 40 ans et ai rencontré celui qui est ensuite devenu mon mari à 28 ans. Dès le début, j’ai été claire : hors de question d’avoir un enfant, à prendre ou à laisser. Je ne regrette pas mon choix, et je sais que mon mari non plus. Je lui ai toujours dit que je préfèrerais le perdre plutôt que de faire un enfant. On en parle quelquefois et nous tombons d’accord pour dire que notre mode de vie et notre personnalité ne sont pas compatibles avec la parentalité. En plus, trop de casseroles( voire la batterie de cuisine) à trimballer. De plus, dans notre entourage, il y a pas mal d’enfants, nous ne sommes donc pas privés. Je vous souhaite d’avancer aussi sereinement que possible dans ce cheminement. Et posez vous la question: à qui vaut- il mieux renoncer ? A votre mari que vous aimez, ou à un enfant que vous ne connaissez pas ?

    Reply
    • Coralie
      7 mai 2020 at 9 h 30 min

      Merci beaucoup pour votre partage d’expérience et je suis contente que vous ayez trouvé votre équilibre. J’admire les personnes qui, comme vous, sont sûres de leur choix. Votre question de fin est très intéressante ! En effet, il est important d’y répondre pour prendre la bonne décision.

      Reply
  • Nubuck
    8 mai 2020 at 8 h 51 min

    Bonjour !
    J’ai moi aussi été dans ta situation : j’avais très envie d’avoir un bébé, mais mon mari tout neuf pas encore. Aucun moyen de lui faire dire quels étaient ses critères de choix pour qu’il soit d’accord, et bien sûr aucune date. Après lui avoir sans cesse répété que je voulais un bébé pendant plusieurs mois, j’ai laissé un peu de temps s’écouler, en essayant de me concentrer sur d’autres projets (ça n’a absolument pas marché, mais au moins il en a beaucoup moins entendu parler). Finalement, quelques semaines après la mort accidentelle d’un de ses amis, il m’a dit que c’était bon.
    J’ai plusieurs réflexions à ce sujet :
    – j’espère qu’il ne faudra pas qu’un autre de ses amis meure pour qu’on ait un deuxième enfant (humour noir, je précise)
    – une fois que le message « j’ai envie d’avoir un bébé » est clairement passé, peut être que c’est bien de lui laisser du temps
    – si tu as très envie de parler grossesse, désir d’enfant, bébé, une bonne solution peut être d’en parler, mais à une bonne copine. Tu seras contente de pouvoir te projeter et lui aura moins la « pression »
    – il n’y a pas une bonne solution (avoir un enfant) et une mauvaise ( ne pas en avoir). Tu peux très certainement être heureuse dans les deux cas.

    Reply
    • Coralie
      10 mai 2020 at 18 h 18 min

      Merci Nubuck pour ton témoignage, ces derniers jours je me suis fait exactement la même réflexion (il sait que je veux un enfant donc je n’ai pas besoin de lui dire tous les jours). Depuis notre grosse discussion, je n’ai pas reparlé du fait d’avoir un enfant (mais des autres aspects de notre relation oui). C’est une bonne idée d’en parler à quelqu’un d’autre, ça m’a fait du bien. Même si maintenant, je préfère ne plus trop en parler pour penser à autre chose. C’est triste que ton mari ait dû subir un drame pour que son envie d’enfant se concrétise. J’ai souri à ta phrase pour le deuxième enfant car en lisant ce qui est arrivé je me suis dit « j’espère que je ne vais pas devoir attendre ce genre d’évènement quand même ».

      Et ta dernière phrase me réconforte beaucoup, tu as tout à fait raison, on peut être heureux dans les deux cas. Il faut faire confiance à la vie !

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