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Comment j’ai perdu mes amies d’enfance


Publié le 26 octobre 2016 par Madame Zou

Ah les amies ! Les copines d’enfance, de collège et de lycée. Celles qui connaissaient tous nos secrets d’adolescente, celles qui ont partagé notre joie d’avoir le bac avec mention, nos premières histoires d’amour…

Oui, c’est bien de ces amitiés-là dont je vais te parler aujourd’hui. Ces amitiés qui sont vraiment importantes et façonnent ta vie d’adolescente. Force est de constater qu’en vieillissant (les premières rides me guettent !), les amitiés vieillissent elles aussi, et ne se bonifient pas forcément !

Rompre avec ses amis d'enfance

Crédits photo (creative commons) : {Salt of the Earth}

Mes amies d’enfance

J’ai rencontré mes deux principales amies d’enfance en sixième. Chacune était sans aucun doute très différente. La première était plutôt introvertie, mais cherchant perpétuellement à se démarquer par rapport aux autres, alors que la seconde était plutôt extravertie, très avenante. L’une était détestée par ma mère car « trop dévergondée », et l’autre adorée.

La première s’est mariée et a eu des enfants très très jeune. À cet époque, elle consolait mon cœur de jeune adulte écrasé et dévasté par mon premier amour. Difficile de consoler quand on a déjà une vie de famille, mais elle a toujours été là. Ma seconde amie était plutôt là pour parler potins, faire du shopping… bref, pour faire des trucs de filles.

Par conséquent, on va appeler ma première amie « la Confidente » et la seconde, « la Sociable ». Oui, finalement, avec du recul, ça leur va bien.

Des chemins différents

Nous avons toutes les trois évolué différemment. À 25 ans, la Confidente a donc fondé une famille très très rapidement. Quant à la Sociable, elle sortait d’une histoire d’amour très difficile et avait des relations familiales conflictuelles. Et moi, dans tout ça, je vivais une histoire stable avec celui qui deviendrait mon mari.

L’une dans le sud avec sa famille, l’autre dans l’est, et moi en région parisienne, avec en plus des métiers très différents. Oui, nous nous sommes construites vraiment différemment chacune. Mais pour moi, ça n’a jamais rien changé. J’estime que la diversité est la plus belle source d’amitié, d’amour, etc.

Mon mariage pour ouvrir les yeux

Quand il a été temps de me marier, c’était évident qu’elles allaient être mes témoins. Et ce mariage a juste été le début de la fin pour notre amitié. J’ai dû faire avec des témoins non investies à mon enterrement de vie de jeune fille, qui ne m’ont pas aidée le jour J avec ma traîne, qui critiquaient des parties de l’organisation du mariage, ou encore qui semblaient « s’ennuyer ».

Les détails, ça m’est égal, au fond. Mais l’une des deux a reconnu clairement qu’elle était jalouse de moi ce jour-là et s’en est excusée d’une certaine manière quelques mois après le mariage. L’autre a juste été indifférente et n’a plus donné beaucoup de signes de vie suite à mon mariage, sauf les politesses de rigueur comme un « joyeux anniversaire » ou une « bonne année ».

À l’heure où j’écris, notre amitié n’en est plus une : ce sont juste des relations « cordiales ». Elles sont juste venues une fois voir mon petit bébé, mais les confidences d’avant, les affinités… n’existent plus aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que j’ai tout simplement choisi des témoins avec des chemins de vie trop différents et que mon mariage a mis en exergue ces décalages.

La Confidente a divorcé quelques mois avant mon mariage, et la Sociable sortait d’une douloureuse histoire d’amour quand je me suis mariée. Elles n’ont pas su se réjouir pour moi lors d’un des jours les plus importants de ma vie, car elles ont été incapables de mettre de côté leur souffrance sur cette période et ont préféré se focaliser sur leur propre vie.

Le jour du mariage, elles ont vu en moi tout ce qu’elles n’aimaient pas et tout ce qui pouvait les déranger. C’est ainsi. Leur souffrance était plus importante pour elles que mon bonheur à ce moment-là. Et c’est dommage. C’est sans doute difficile de voir quelqu’un heureux quand sa vie est en chantier.

J’avoue que j’ai du mal à comprendre, mais chacun son caractère, non ? Je n’ai néanmoins aucun regret. C’est que ça devait être ainsi.

Et aujourd’hui, quelles amitiés ?

Parfois, elles me manquent, mais ce sont les amies que j’ai connues avant mon mariage qui me manquent. Celles qui n’étaient pas encore aigries par leur vie et leur souffrance. Pas celles que j’ai vues lors de mon mariage.

Je pourrais faire le premier pas, prendre de « vraies nouvelles », demander si tout va bien, etc. Mais je n’en ai pas envie. J’ai toujours été présente dans les moments les plus durs de leur vie, j’ai passé des heures au téléphone pour les consoler et parcouru des kilomètres en train pour venir les voir quand elles en avaient besoin. Mais j’ai été juste déçue le jour de mon mariage. Suffisamment pour passer à un stade d’indifférence où les explications m’importent peu.

Elles ne « m’intéressent » plus, mais je leur souhaite néanmoins un maximum de bonheur dans leur vie future, et je resterai d’une certaine manière présente si un jour elles ont besoin de moi, car presque vingt ans d’amitié, ça ne s’efface pas du jour au lendemain. Oui, c’est un peu ambivalent ce que je dis, mais je garde une certaine loyauté envers ces amitiés passées. Et puis, peut-être qu’un jour, les choses changeront et que l’une ou l’autre voudra faire un premier pas pour un nouveau départ ?

Quoi qu’il en soit, on met beaucoup trop en avant que de vrais amis doivent être là dans les moments durs. C’est peut-être vrai, mais ne doivent-ils pas être là aussi, et surtout, dans les moments de bonheur ? Nos amis ne sont pas uniquement présents pour décharger nos émotions négatives. Si l’amitié ne se résume plus qu’à comparer nos vies et à s’apitoyer sur son sort, ça ne sert à rien. C’est bien pour ça que j’ai été tellement déçue lors de mon mariage.

Aujourd’hui, je suis bien occupée par ma petite famille, et j’ai gardé contact avec une partie de mes amis d’enfance. Et surtout, je me nourris de nouvelles amitiés : de jeunes mamans pour parler bébé, des collègues pour parler travail, des amis de mon mari que j’adore… et je me suis également rapprochée d’une amie d’enfance avec qui je n’avais pas plus d’affinités que ça adolescente.

En fait, on s’est découvert tellement de points communs dans nos vies d’adulte ! Et nous sommes toutes les deux droites dans nos baskets. Les échanges sont simples et naturels. Grâce à elle, je réapprends ce que c’est que la vraie amitié : c’est celle où l’on est heureux à l’idée de passer un moment ensemble, celle où l’on sait que l’on va forcément partager de bons moments, que l’on ne passera pas notre temps à parler soucis et choses tristes. Mais on sait aussi qu’on est là l’une pour l’autre si nécessaire.

On a bien le droit à plusieurs histoires d’amour, alors pourquoi pas à plusieurs histoires d’amitié ?

Et toi ? Tu as été déçue en amitié ? Est-ce que ton mariage a été l’occasion pour toi d’ouvrir les yeux sur certaines personnes ? Comment as-tu réagi ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

Ars Maëlle (voir son site)

Dans ma vie, j’ai été l’amie en souffrance qui s’éloigne de la relation. Je me suis rendu compte en allant mieux combien je m’étais refermée sur moi-même, ratant les moments importants dans la vie de mes amis – enfin, pas vraiment présente mentalement à ce qui leur arrivait parce que j’étais trop absorbée par mes problèmes (j’ai été si triste quand j’en ai pris conscience ensuite). Pourtant, ils ne m’en ont pas tenu rigueur, m’ont accompagnée quand je les laissais faire et m’ont ouvert la porte quand j’ai pu revenir, et je leur en suis infiniment reconnaissante.
Une autre fracture, plus violente, a déchiré mon groupe pendant des années, on en était arrivé à des « je n’ai plus l’impression d’avoir qqch à partager avec untel/unetelle ». Et puis une amie du groupe est morte, à 30 ans, dans un accident, et on s’est tous retrouvés dans la même douleur, la même colère, le même besoin de nous souvenir, de nous soutenir. Et depuis, la fracture est réduite et finit de cicatriser, pas oubliée car ça laisse des traces, mais on sait que notre amitié était plus forte et elle est maintenant scellée « à la vie à la mort ».
Je ne dis pas qu’il faut tout pardonner – les blessures d’amitié peuvent être tellement douloureuses. Parfois la blessure vient d’une vraie divergence de chemin (voire d’une volonté de faire mal, amitié toxique bonjour). Mais il arrive aussi que la blessure qu’on vit comme l’égoïsme de l’autre soit le signe d’une grande souffrance de son côté, et quand tout le monde a léché ses plaies, laisser la porte ouverte est pour moi un des plus grands signes d’amitié qui soit.
Je te souhaite plein de beaux moments d’amitié.

le 26/10/2016 à 08h05 | Répondre

Madame Zou (voir son site)

Merci 🙂 Je suis d’accord avec ce que tu dis. Oui, il y avait et je pense qu’il y a toujours de la souffrance pour mes deux « amies ». Malheureusement je crois que même avec mon soutien, j’ai compris que cela ne changerait rien d’être présente. Quand je me suis rendue compte que leur souffrance les rendait jalouse, je t’avoue que j’ai juste eu envie de m’éloigner. Pourquoi ? Parce que j’ai mon lot de casserole aussi et que j’ai préféré me préserver, surtout que je suis devenue ensuite maman. Devenir maman, cela change la vie : on fait le tri sur tout 🙂

le 27/10/2016 à 12h32 | Répondre

Juliette

Quoi qu’il en soit, on met beaucoup trop en avant que de vrais amis doivent être là dans les moments durs. C’est peut-être vrai, mais ne doivent-ils pas être là aussi, et surtout, dans les moments de bonheur ? Nos amis ne sont pas uniquement présents pour décharger nos émotions négatives. Si l’amitié ne se résume plus qu’à comparer nos vies et à s’apitoyer sur son sort, ça ne sert à rien »
==> pour moi ce paragraphe résume exactement l’amitié. Tout est dit ici!
Merci pour ton article!

le 26/10/2016 à 10h04 | Répondre

Madame Zou (voir son site)

Merci pour ton commentaire 😉

le 27/10/2016 à 12h32 | Répondre

MlleMora

Peut-être reviendront-elles, on ne sait pas ce que nous réserve la vie. Il arrive parfois que les chemins se séparent à un moment car nos vies et nos priorités sont devenues trop différentes. Mais cela n’enlève rien de ce qui a été vécu, et cela peut renaitre plus tard si les chemins se recroisent de nouveau,sait-on jamais.
C’est difficile d’admettre que les choses ne sont plus comme avant et c’est courageux de ta part de ne pas trop t’y accrocher au risque d’être déçue et blessée de nouveau.

le 26/10/2016 à 12h15 | Répondre

Madame Zou (voir son site)

Je suis assez fataliste ! On verra bien, et comme je le dis dans mon article, si elles ont besoin de moi un jour, je serai quand même là – par loyauté.

le 27/10/2016 à 12h33 | Répondre

virginie

Je suis d’accord avec toi, un ami est là pour partager les moments forts et importants, donc heureux et malheureux. J’ai l’impression que les naissances/mariages sont plus propices à ce genre de découverte car on est alors dans le bon état d’esprit, en général on va plutôt bien et on s’aime bien. Du coup, ce moment d’égo tout simple nous fait plus facilement accepter ce genre de choses. Au contraire, quand on va mal, on ne s’aime pas beaucoup et on identifie moins bien ceux qui ne nous soutiennent pas vraiment.
Après, j’ai envie de dire « c’est la vie », on « perd » des amis mais pas tout à fait vu ce qu’on a partagé et on s’en fait d’autres.
Je te suis assez sur le fait que, si une ancienne amie frappait à ma porte, je suis certaine qu’elle lui sera grand ouverte. Je pense que ça marche quand on n’a pas de rancoeur, qu’on a simplement accepté la fin de cette amitié.

le 26/10/2016 à 14h24 | Répondre

Madame Zou (voir son site)

Oui, entièrement d’accord. C’est sans doute parce que j’ai fait « mon deuil » d’une certaine manière, et que j’ai cessé de me poser des questions du genre : « mais qu’est-ce que j’ai fait de travers pour que cela se passe ainsi ? »

le 27/10/2016 à 12h34 | Répondre

Madame Béret

C’est « marrant ».. j’ai vécu la même chose avec celle que je considérais comme Ma Meilleure Amie. Celle qui connaissait tout de ma vie, jusqu’aux détails les plus intimes.. et moi aussi, mon mariage (ou le sien?) a été le début de la fin. J’ai mis du temps à faire le deuil de cette relation de presque 18 ans mais aujourd’hui ça va mieux, même si je ne peux m’empêcher de me dire que c’est dommage, lorsque certains anniversaires arrivent ou des étapes importantes de ma vie se produisent…

le 26/10/2016 à 17h45 | Répondre

Madame Zou (voir son site)

On va dire pour ma part que j’ai mis un peu moins d’un an. Je suis tombée enceinte entre temps (grossesse un peu difficile) + quelqu’un de mon entourage proche sérieusement malade. Et du coup, j’ai tellement été occupée à mettre mon énergie sur ces deux événements que cela m’a aidé à faire mon deuil et recentrer mes priorités 🙂

le 27/10/2016 à 12h36 | Répondre

Madame Nounours

L’amitié ça passe ou ça casse comme je dis souvent. Je trouve moche que tes deux amies de jeunesse aient eu un comportement de jalousie envers toi car bon ce n’est pas de ta faute si leurs vies notamment amoureuse ne soit pas au beau fixe. L’amitié c’est selon moi une preuve envers autrui de montrer qu’on est là pour les bons et mauvais côtés de la vie mais malheureusement certaines personnes occulte ça et se comporte mal envers leurs amis et c’est fort regrettable. Moi aussi j’ai connu des déconvenues amicales avec certaines personnes mais j’ai toujours eu pour philosophie que l’amitié avec ces personnes devait s’achever et que la vie me fera rencontré des nouvelles amitiés sur mon chemin. Je comprends ta déception avec tes amies et c’est parfois difficile de faire le deuil de cette amitié mais tu rencontreras d’autres personnes qui deviendront des bonnes amies et avec qui tu auras plus d’atomes crochus.

le 27/10/2016 à 21h13 | Répondre

Mademoiselle Laine

Ton témoignage me parle beaucoup … J’ai (ou j’avais, je ne sais plus trop …) 3 amies d’enfance. Mes amies les plus proches, celles qui me connaissent par coeur, avec qui je passe de supers moments, qui sont là pour moi dans les meilleurs et les pires moments.
Et puis, je me suis fiancée. Et puis je leur ai demandé d’être mes témoins. Et puis, une d’entre elles nous a expliqué qu’elle ne se sent pas proche de nous. On est ses amies d’enfance et on compte pour elle, mais ça s’arrête là. Elle n’a pas forcément envie de nous parler/voir régulièrement. C’est comme ça. Mais on ne l’avait pas du tout remarqué. Et puis elle a quand même réussi à me dire (2 mois après que je lui ai demandé, et qu’elle a accepté …) qu’elle n’a pas compris que je la demande comme témoin. Pour moi ça a été un moment très dur (c’est encore frais d’ailleurs). Le fait de se tromper sur le niveau de relation que l’on a avec les autres. C’est dur, et j’ai encore du mal à comprendre. Heureusement, les 2 autres sont toujours là, et je les remercie vraiment de leur patience car cette histoire m’a beaucoup bouleversée. J’espère réussir à passer par dessus, même si pour le moment c’est encore très étrange comme situation.

le 30/11/2016 à 10h49 | Répondre

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