Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

J’ai peur de mourir


Publié le 18 février 2020 par Madame Fleur

Aujourd’hui, je viens de te parler d’un sujet très personnel. Il s’agit de quelque chose dont je ne parle quasiment jamais (je suis presque sûre que mon mari n’en sait pas grand chose), mais qui occupait mes pensées de manière régulière. Pour tout dire, j’ai cet article en tête depuis de très nombreuses années et il est vraiment difficile de poser mes mots sur ce sujet.

Alors voilà, je me lance enfin, je crois que je suis prête à échanger là dessus, même si ce n’est pas un sujet très facile. Depuis de trop nombreuses années maintenant, j’ai peur de mourir.

Crédit photo (creative commons) : RobVanDerMeijden

Quand cela commence…

Je rappelle très bien avoir développé enfant, des peurs totalement irrationnelles. Pour te donner un exemple, après avoir vu un reportage, j’ai craint pendant des semaines voire des mois, qu’un volcan pousse dans le jardin de ma grand mère. Peur totalement fondée tu en conviendras. Des exemples comme celui-ci, je pourrais t’en donner des dizaines !

Je pense que mon hypersensibilité est en cause, mais je n’en suis même pas sûre. Finalement, cette peur s’est ancrée dans mon esprit de manière très insidieuse et j’ai un peu de mal à en situer l’origine ou la cause.

Quand la peur s’installe…

Et puis alors que j’avais une douzaine d’années, j’ai été confrontée à la grave maladie de ma maman. Du jour au lendemain, j’ai compris que quelque chose se tramait. Et même si ma sœur et moi, nous avons été protégées pendant qu’elle était opérée et à l’hôpital, les choses n’ont plus jamais été les mêmes à partir de là. J’ai gardé cette peur irrationnelle des maladies et des hôpitaux.

Quelques année plus tard, un très bon ami de la famille est décédé dans un accident de voiture. Pour la première fois de ma vie, j’étais confrontée à un deuil, j’avais quinze ans et j’ai totalement perdu pieds. Pendant des mois, j’ai développé des angoisses liées à la voiture. Je suis devenue hyper protectrice vis à vis de mon entourage familial au point de m’inquiéter au moindre changement de planning. 

J’ai commencé à avoir des TOC. Je pouvais par exemple, vérifier plusieurs fois par jour que le gaz était bien coupé. 

Je suis devenue hypocondriaque, croyant systématiquement avoir des symptômes de plus en plus graves. Malheureusement en grandissant, j’ai de mieux en mieux compris les informations et les articles que je lisais, et cela a accentué mes angoisses. Et bien entendu, j’ai commencé à avoir peur de mourir. 

Avec du recul, je me rends compte que les périodes de stress sont pré-disposantes dans mon cas. 

Je te laisse imaginer l’impact des attentats de Paris sur mes angoisses. Je n’ai pas pu reprendre le métro tout de suite. J’ai fait des crises d’angoisse sans aucun signes avant coureur à plusieurs reprises et cela alors que j’avais des grosses difficultés professionnelles. Un cocktail détonnant.

Lorsque j’ai changé de travail et que j’ai retrouvé un peu de sérénité, j’ai décidé de prendre les choses en main et de débuter un vrai travail sur moi afin de mieux gérer ces angoisses et surtout diminuer cette peur de mourir. 

J’ai commencé une thérapie comportementale cognitive (TCC) afin de mieux gérer mes angoisses. Cette thérapie a été une révélation pour moi. J’avais déjà consulté un psychologue “classique” par le passé qui m’avait beaucoup aidé sur le moment. Cette thérapie m’a permis de comprendre comment ses angoisses venaient et surtout, ce que je devais faire pour m’en débarrasser ou au moins, les tenir à distance.

Je n’ai pas forcément tout de suite ressenti les effets bénéfiques de cette thérapie (le changement de travail ayant considérablement amélioré mon équilibre personnel et professionnel), mais je me rends compte avec le recul à quelle point cette méthode d’appréhender les angoisses est adaptée à ma manière de penser et à mon hypersensibilité.

J’ai appris à ne pas trop me projeter et surtout à ne pas anticiper les choses sur lesquelles je n’avais pas de contrôle. Cela paraît évident et pourtant, je n’avais jamais compris comment ces angoisses se développaient et prenaient de l’ampleur chez moi.

Et puis vivre avec…

Si aujourd’hui, je me sens moins obnubilée par cette idée, mourir m’angoisse toujours un peu. L’idée qu’on puisse s’endormir et qu’il n’y ait plus rien, je n’arrive pas à le concevoir. Je crois que si j’étais certaine qu’il y a quelque chose après la mort, l’idée de mourir un jour me paraîtrait plus supportable. Alors que je suis plutôt quelqu’un de rationnel et pragmatique, sur ce sujet, j’en suis bien incapable. Je me raccroche à la religion, aux histoires de fantômes, aux expériences de mort imminente, pour continuer à croire et espérer qu’il existe un après. 

L’incertitude de la date ne m’aide pas non plus. Peut être que si je savais à l’avance quand viendrait l’heure de ma mort (de préférence le plus tard possible), je pourrais l’envisager plus sereinement. Avoir des enfants n’a pas vraiment arrangé les choses. J’ai peur pour eux bien évidemment, mais j’ai aussi peur de ne pas les voir grandir, de ne pas être là pour eux.

Pour autant, je me sens beaucoup mieux dans ma tête. Les TOC ont presque tous disparu et je ne m’endors plus quotidiennement avec l’angoisse de pas me réveiller le lendemain. Je sais que l’angoisse n’est jamais très loin, mais aujourd’hui j’arrive à la tenir à distance pour mon bien être et celui de mon entourage.

Est-ce que tu as ce type d’angoisse ? Est-ce que mourir te fait peur ?

Commentaires

6   Commentaires Laisser un commentaire ?

Welna

Moi aussi, j’ai très peur de mourir, et surtout de voir mourir mes proches. J’ai eu des périodes où j’en cauchemardais très souvent, en me réveillant en criant et pleurant … En ce moment, cette angoisse a resurgi de façon très forte, et comme toi, j’essaie de me rassurer en imaginant l’après, mais c’est une angoisse vraiment profonde.
Au niveau des autres angoisses, je peux te parler de ma peur du noir (j’ai peur d’être dans le noir car je pourrais ne pas me rendre compte que je suis devenue aveugle), ma peur d’être dans une petite pièce fermée, car j’ai peur de manquer d’oxygène (petite tendance à la claustrophobie …)

le 18/02/2020 à 09h37 | Répondre

Rosa Evril

Merci pour ton article très intéressant et de partager ça avec nous, je me retrouve dans ce que tu dis et comme Welna j’ai peur aussi de voir mourir mes proches, j’y pense dès qu’ils ont du retard, qu’ils ne donnent pas de nouvelles ou qu’ils ont un symptôme un peu bizarre… Moi je suis très sensible aux « mauvaises nouvelles », quand j’apprends des maladies ou des décès dans les médias ou les réseaux sociaux… Je n’ai pas encore trouvé comment en sortir complètement même si j’ai fait aussi une thérapie.

le 18/02/2020 à 11h27 | Répondre

MlleMora

C’est courageux de la partager avec nous.
Moi aussi j’ai peur de la mort, quand j’y pense, je suis presque prise de vertiges, il faut que je fasse des efforts pour chasser cette pensée de mon esprit. C’est venu vers 12 ans quand j’ai compris que le soleil n’était qu’une étoile, que la Terre finirait par exploser et que nous allions tous mourir (et même si je serai morte depuis longtemps quand ça arrivera, je n’arrive pas à me faire à l’idée que notre monde puisse disparaitre).
Par contre, c’est mon côté égo-centrée, je n’ai pas peur de voir mes proches mourir, j’arrive à « l’envisager » même si je sais que ce serait/sera terrible. (mais c’est plus lié au fait que je prévois et envisage toujours toutes les options dans n’importe quelle circonstance…)
Je crois que ce qui m’effraie le plus, c’est comme tu dis, le fait du « plus rien » qui me tétanise et la notion d’infini qui me fait grave flipper (le fait qu’on soit infiniment petit dans un univers infiniment grand…).
Je n’ai pas développé de TOC lié à ça, ça ne m’angoisse pas au quotidien, heureusement, et c’est super que tu aies pu mieux maitriser cette peur, qui, je pense, est connue de tous…

le 18/02/2020 à 13h48 | Répondre

Athéna

Je n’ai pas peur de mourir, je crois en la réincarnation donc j’appréhende la mort comme une sorte de suite.
Par contre je comprend tes angoisses.

Personnellement quand je pense à la mort, ce n’est pas le fait de mourir qui me terrifie, mais le fait que je ne sais pas ce qu’il adviendra de mes chats.
Ouai je sait, ça va peu être paraître fou à certains, mais mes chats sont pour moi ce que j’ai de plus cher à mes yeux et je fais des crises de paniques quand je pense à ce qu’il se passerais s’il m’arrivait quelque chose de grave.

J’ai 6 chats qui ont quasiment toujours vécu ensemble, les deux plus vieux ont passé deux ans en duo avant que la fratrie des quatres monstres viennent les rejoindres.
Ils forme une meute soudé et à part pour les différents rendez vous chez le veto, ils n’ont jamais été séparé depuis ce jour et malheureusement je ne connais pas grand monde (voir personne) qui serait prêt à accueillir 6 chats d’un coup.
L’idée même que mes « bébés » puissent être séparé les uns des autres ou pire qu’ils ne soient même pas récupéré par ma famille mais mis en assoc’ me panique tout bonnement.

Autant te dire que je me suis promise de tout simplement ne pas mourir avant eux.
Et même si je sait qu’à chacun de leurs décès (de mort naturel quand ils seront très âgés bien entendu) va m’arracher le cœur, je me dit que eux au moins ne se seront pas retrouver seul, séparé ou abandonné.

le 18/02/2020 à 13h56 | Répondre

Cricri2j

Je suis complètement pareil et ça me gâche parfois la vie. C est encore pire depuis que je suis devenue maman. J ai peur de ne plus être là pour elles.
Outre la peur de mourir, j ai peur de tout. Je cogite sur tous les dangers et ça mouline sans cesse dans mon cerveau.
Je ne sais pas si l ère de l information à grande vitesse y est pour quelque chose mais je devrai sûrement tenter une thérapie comme toi.
Bon courage

le 19/02/2020 à 07h56 | Répondre

Elodie

J’ai longtemps eu peur de la mort de mes proches ( et malheureusement on a eu beaucoup de deuils dans la famille/amis) et de la mort et du corps mort tout court d’ailleurs. Puis j’ai côtoyé la mort, la maladie durant mes études, j’ai appris à l’apprivoisement à accompagné des couples confrontés au la mort de leur bébé etc
Je me sens mieux vis à vis de tout ça.
Par contre, depuis que je suis maman j’ai peur de mourir. Mon petit gars a tellement besoin de moi, l’idée de le laisser sauter moi me terrifie!

le 20/02/2020 à 12h15 | Répondre

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