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Trouver un emploi dans le secteur culturel : mon parcours du combattant


Publié le 24 mai 2016 par Mary Mead

Je me permets aujourd’hui de prendre la plume de mon mac qwerty afin de témoigner de mon bien-être retrouvé.

Il n’y a pas si longtemps, j’étais une jeune étudiante motivée par une soif de connaissances jamais tarie. Les années universitaires s’enchaînaient dans des domaines passionnants, tels que la culture, les arts et la muséologie. Mes parents, très fiers, donnaient sans compter pour nourrir les ambitions de leur tête blonde.

Et après avoir emmagasiné un maximum d’informations, me sentant prête à contribuer à l’essor culturel de mon pays natal (la Belgique), moi, jeune femme fraîchement diplômée, j’ai décidé de me lancer d’un pas assuré sur le marché de l’emploi.

Trouver un travail dans la culture

Crédits photo (creative commons) : Pierre Guinoiseau

La désillusion a été rude, car rapidement, je me suis rendu compte que je n’étais pas seule sur ce marché, loin de là.

Les offres ouvertes sont rares, et les pensionnés du secteur culturel, rarement remplacés. Les quelques postes de disponibles sont pris d’assaut par une horde d’intellectuels tous plus compétents les uns que les autres. Des maîtres, voire des docteurs, se présentent pour des postes aux salaires ridiculement ridicules et au contenu parfois sans intérêt.

Des examens et entretiens factices sont organisés pour octroyer le poste tant convoité à un proche d’une personne haut placée. Car en Belgique, il est toujours bon d’avoir des connaissances dans la haute sphère. Soyons honnête, j’ai moi aussi tenté d’approcher des politiciens dans l’espoir d’un quelconque soutien. Le placement d’amis, frères/sœurs, cousin(e)s, ou amant(e)s de ceux-ci à des postes convoités par de jeunes diplômés aux abois n’est en fait qu’un secret de Polichinelle.

Avant de me décider à prendre un job alimentaire, j’ai également tenté de recevoir quelques petites centaines d’euros par mois grâce au chômage. C’est exactement à ce moment-là que ces mêmes politiciens ont décidé de faire passer une nouvelle loi pénalisant les jeunes qui font de trop longues études. « Vous prenez votre temps ? Plus de chômage tant que vous n’aurez pas cumulé trois cents jours de travail au minimum ! »

Suite à ces déconvenues, et à une crise de larmes au bureau de chômage, j’ai décidé de partir ailleurs, pour voir si l’herbe était plus verte. C’est donc avec mes quelques économies, et toujours sans emploi, que je suis partie au Canada. Même pas pour la grande ville, non, à la campagne. Là où j’aurais peut-être droit à une certaine tranquillité d’esprit.

Le temps de m’adapter aux mœurs et coutumes locales, j’ai trouvé un emploi dans ma branche en « seulement » quatre mois. Pas d’examens, pas d’entretiens piégés, pas de magouilles. La province dans laquelle je réside octroie aux jeunes des aides à l’emploi, pour qu’ils aient une première expérience pertinente dans leur domaine. J’ai contacté les institutions qui m’intéressaient, l’une d’elles m’a dit oui.

Une fois en poste, j’étais prête à montrer que j’étais indispensable et à me surpasser. J’ai rapidement compris que ce n’était pas nécessaire, car le rythme de travail et de vie n’est pas le même qu’en Europe. Tranquillité côtoie efficacité. Autre changement de taille : la parole du jeune employé a autant d’importance que celle de son directeur.

Et là, dans ce système qui n’est certes pas toujours parfait, j’ai bel et bien retrouvé une certaine tranquillité d’esprit. Un bien-être qui m’avait échappé pendant deux ans et demi. Merci Canada, au revoir Belgique.

(Je tiens à préciser que mon expérience n’est qu’un témoignage parmi d’autres. Peut-être que j’ai joué de malchance dans mon parcours belge. Peut-être que tous les politiciens ne sont pas véreux. Peut-être que je reviendrai un jour m’installer en Belgique… Naaaaan, faut pas pousser Mémé dans les orties.)

Et toi ? Tu as eu du mal à trouver un emploi dans ton secteur de prédilection ? As-tu eu l’impression que des forces supérieures étaient à l’œuvre ? As-tu déjà émigré pour des raisons professionnelles ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

6   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

Tu as attisé ma curiosité, cela donne envie d’en savoir plus sur ce boulot et sur ce rythme de vie différent.

le 24/05/2016 à 07h56 | Répondre

sarah

Je suis aussi curieuse de savoir en quoi consiste ton boulot ? sinon parfois oui, quitter le pays c’est un mal pour un bien…je suis aussi partie, moins loin, mais je ne regrette pas non plus quand je vois ma qualité de vie. Profites de ce bonheur !

le 24/05/2016 à 09h20 | Répondre

MlleMora

j’espère que tu nous raconteras ce boulot et en quoi le rythme de vie est différent, j’adore connaitre les différences dans le monde du travail !

le 24/05/2016 à 13h48 | Répondre

Mme Lau

Ton article me parle énormément puisque moi aussi je suis dans le secteur culturel et je ne trouve pas de travail… J’ai fini un master en 2012 j’ai ensuite enchaîné un service civique puis faute de mieux j’ai pris un poste d’hôtesse d’accueil dans un grand musée parisien (bon au moins ça fait bien sur le CV on va dire) mais mon mari a été muté et depuis c’est le calme plat. Bon j’ai accouché il y a 3 mois donc ça n’aide pas non plus mais par moment je désespère un peu de trouver le métier qui me plaît vraiment et qui me permette de gagner correctement ma vie…

le 24/05/2016 à 13h58 | Répondre

Miss Chat

Erf le culturel en Belgique… Bon, ce n’est pas impossible d’y avoir un job mais il faut soit être prêt comme tu l’as dit à cumuler des stages non-rémunérés pendant des années ou avoir les bons contacts dès le départ (ou un parcours exceptionnellement brillant).
Une de mes meilleures amies travaillent dans le culturel et elle a en effet obtenu son premier stage parce qu’elle était « la fille de son père ». Mais le stage suivant et son job actuel, elle ne les doit qu’à elles-mêmes car elle a pu montrer de quoi elle était capable 😉 Juste pour dire que le pistonnage (et ça vaut pour tous les secteurs) ne signifie pas forcément mettre des incapables en poste !
Je suis également curieuse de savoir ce que tu fais actuellement, tu reviendras nous le dire ? 🙂

le 24/05/2016 à 14h13 | Répondre

Mary Mead

Hello,

Pour répondre à votre question principale, je suis actuellement agente de mise en valeur en patrimoine au Conseil provincial des sociétés culturelles du Nouveau-Brunswick (petite province maritime à côté du Québec).
Je suis d’accord pour dire que des personnes pistonnées peuvent être qualifiées. Néanmoins, ça arrive parfois, des postes importants peuvent tomber entre des mains non expérimentées… au grand dam des employés.
Je vais surement expliquer dans un autre post le système pro canadien 😉

le 24/05/2016 à 19h23 | Répondre

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