Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Découvrir ses ancêtres pour décrocher du stress


Publié le 29 mai 2014 par Marina

Jusqu’à l’automne 2012, quand on me parlait de généalogie, j’avais toujours cette image en tête : un retraité délaissant sa binette et ses plantations de tomates pour des registres d’état-civil, poussiéreux et mangés par les mites, qu’il allait consulter aux quatre coins de France, au gré des origines géographiques de ses ancêtres. Au mieux, il consultait des microfilms et adhérait à une association, lui permettant d’échanger les informations qu’il trouverait sur sa région sur des inconnus, pendant que d’autres se chargeraient pour lui de faire des recherches dans d’autres contrées.

Mais çà, c’était avant. Jusqu’à ce que tout à fait par hasard, je découvre qu’aujourd’hui, on peut pratiquer la généalogie confortablement, sans sortir de chez soi, grâce à internet.

J’ai toujours pensé (même au temps où dans ma tête, les généalogistes vivaient encore à l’époque des dinosaures) qu’on ne peut se construire et cheminer dans la vie que si l’on sait d’où l’on vient. J’ai la fâcheuse manie d’entasser dans des boîtes ce qui me vient de mes ancêtres : la montre de l’un, le dé à coudre de l’autre, le passeport d’un troisième émigré en France il y a soixante ans… Mais ma connaissance de l’histoire familiale s’arrêtait dans les années 20, dans le meilleur des cas.

Mes parents étant tous les deux nés sur le tard (comme moi d’ailleurs), la mémoire de mes grands-parents a rapidement fait défaut quand j’ai atteint l’âge où le sujet commençait à m’intéresser. A quinze ans, alors qu’ils auraient été très disposés à me raconter « les histoires d’avant », tu te doutes bien que j’avais d’autres sujets de préoccupation…

J’ai perdu mes quatre grands-parents ces dernières années, alors qu’ils avaient tous atteint un âge très respectable (97 ans pour le dernier, tout de même). Mais justement… disons que leurs préoccupations à eux, dans les derniers temps, c’était plutôt de savoir s’il restait encore de la tarte aux fraises pour le goûter de la maison de retraite !

Finalement, je savais donc peu de choses de mes origines.

photos sépia anciennes

Un jour, pour rendre un service à un membre de ma famille, qui est fâché à tout jamais avec ce qui ressemble de près ou de loin avec un ordinateur, j’ai consulté le site internet des archives de mon département de naissance. Et je suis tombée sur l’onglet « archives en ligne ».

Quelques clics plus tard, je découvrais que mon département avait numérisé la totalité de ses registres d’état-civil jusqu’en 1902. Et il permettait leur libre accès en ligne, avec une interface performante, et surtout, très intuitive. J’ai eu la curiosité d’aller rechercher l’acte de naissance de mon arrière-grand-père (celui qui m’a transmis son nom de famille).

En quelques clics, en quelques mois, j’ai alors fait le tour de la France, et une plongée dans l’histoire. Je me suis découvert des ancêtres dans une quantité de départements français, que ce soit juste à côté ou à l’autre bout du pays. Des ancêtres ayant participé à l’Histoire (celle avec un grand H). Des filles-mères, des enfants trouvés. Des notables et des laboureurs… Et cette rencontre m’a transformée. J’ai même fait une incursion de l’autre côté de la frontière, vers les ancêtres de ma mère. De nombreux sites internet donnent des conseils sur les démarches à effectuer pour faire des recherches à l’étranger.

J’ai découvert ce qu’était désormais la généalogie au début du XXIème siècle : un loisir passionnant, et accessible à tous.

Ce que ça m’a apporté ? J’ai l’impression d’être comme « ancrée » dans le sol.

J’ai toujours été une personne anxieuse de nature, il me suffit de lire la liste des symptômes rattachés à telle ou telle maladie pour être persuadée que j’en suis aussi atteinte… j’ai la peur du temps qui passe. J’arrivais justement à un âge où ma génération était désormais celle de la maturité et de la fin de l’insouciance : les grands-parents disparus, les parents vieillissants, les enfants prenant de l’assurance… à même pas quarante ans, je me sentais déjà poussée vers la sortie. Je t’arrête tout de suite si tu m’imagine déguisée en adolescente par peur de vieillir : j’assume les premières rides, les cheveux blancs… Mon angoisse est plus profonde.

Reconstituer ma généalogie sur plus de deux siècles m’a permis de constater que je ne suis qu’un chaînon d’une histoire familiale. Bien avant moi, mes ancêtres ont vécu, se sont aimés, ont affronté des guerres, des famines, ont connu la douleur, la perte d’enfants en bas âge (relativement fréquente à l’époque), et sont morts. Et bien après moi, d’autres continueront l’histoire, quelque soit les circonstances tenant à l’environnement ou à l’économie.

Imaginer les conditions de vie de ceux qui nous ont précédés permet de relativiser bien des tracas de notre vie moderne. J’ai eu aussi beaucoup de plaisir à découvrir, par exemple, que mon fils porte le prénom de son arrière-arrière-arrière grand-père. Moi-même, je porte le nom et le prénom d’une ancêtre, ce que tout le monde ignorait dans la famille. Pour moi, c’est un vrai passage de relais, même si j’ignore tout du caractère, de la personnalité et de la vie de ces personnes.

Ces recherches m’ont apaisées. Elles demandent du temps, c’est vrai. Avec le travail, les enfants, la maison à gérer, il m’arrive de les délaisser pendant de nombreux mois. Mais quand je sature du quotidien, je trouve quelques heures, le temps d’une soirée ou d’une après-midi de RTT pour lâcher prise, me connecter et voyager dans le temps. J’en sors toujours plus sereine et prête à remettre les pieds dans le présent.

Tu aimerais te lancer sur la piste de tes ancêtres, toi aussi ? Je t’expliquerais bientôt comment progresser très vite dans tes recherches !

Et toi ? Tu as déjà fait des recherches généalogiques ? Qu’est-ce que ça t’a apporté ? Te sens-tu plus sereine, comme moi ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

audrey

cet article tombe à point nommé! Cela me taraude depuis quelques temps de me lancer dans l’établissement de la liste de mes ancêtres, mais je pensais aussi que se déplacer était obligatoire. Voila qui me prouve le contraire!

le 29/05/2014 à 11h40 | Répondre

Marina

Bientôt la marche à suivre 😉

le 29/05/2014 à 11h59 | Répondre

Marina

En photo, ma grand-mère et mes arrières grands-parents. Lui c’était plutôt un canon non ? Enfin, pour l’époque quoi… un genre de James Franco à moustaches 😀

le 29/05/2014 à 12h03 | Répondre

Sophie

Hâte de savoir la suite pour me lancer à mon tour.
Avant de tomber malade mon grand père avait commencé et voulu m’intéresser. Malheureusement maintenant il est décédé et je n’ai plus aucune trace à mon grand regret! C’est l’occasion ou jamais de reprendre le travail 🙂

le 29/05/2014 à 12h30 | Répondre

Sophie

Même parcours pour moi !
Très sympa cet article..
Pour ma part je m’y suis mise après le décès de mon grand-père…
Cela m’a apaisé.
Comme toi, j’ai vu que chacun avait sa place, sa vie, que certes cette vie avait un début et une fin, mais que tout restait cohérent dans l’ensemble!
Et oui, découvrir les drames de nos ancêtres, ça aide à accepter notre quotidien à nous !

le 30/05/2014 à 14h09 | Répondre

Marina

C’est un sentiment doux amer de faire ces découvertes quand les grands-parents ne sont plus là. D’un côté, ils deviennent un pont entre le passé et le présent, çà nous rapproche d’eux, d’un autre côté çà fait un peu de peine parce qu’on se demande s’ils savaient tout çà… Par exemple ma grand-mère disait que sa propre grand-mère avait divorcé parce que son mari avait disparu et était probablement mort dans l’anonymat. En retrouvant le jugement de divorce de…1890 (tout est possible !) j’ai retrouvé sa trace. Il s’est remarié, il a eu d’autres enfants… Est-ce que ma grand-mère savait qu’elle avait des oncles et tantes ? est-ce qu’elle l’a caché à tous parce que c’était honteux ? Je suis fière de ces découvertes (la psychogénéalogie, toute une histoire aussi…) mis j’ai de la peine aussi parce qu’elle n’est plus là pour répondre à mes questions, que je me suis posée trop tard…

le 31/05/2014 à 13h00 | Répondre

Sophie

Non non, ce n’est pas trop tard !
Chaque chose vient au moment où cela doit arriver.
Ma grand-mère avait une sorte de pudeur à parler du passé, comme toi nous avons découvert une foule de détails fantastiques et de photos après son décès, parce que je pense que cela DEVAIT être après son décès !
Cela laisse une part à l’imagination, au mystère de l’histoire de nos ancêtres et il me semble que c’est important, comme si trop de détails les rendaient bien trop présents, leur disparition encore plus pénible… des sortes de fantômes peut-être un peu trop présents !
Cette auréole de mystère fait partie de leur histoire, de nos recherches et de la vie !
Bonnes recherches à tous et toutes !

le 31/05/2014 à 14h30 | Répondre

Nilith lutine

Figure-toi qu’hier, une connaissance a partagé ce site : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/base_morts_pour_la_france_premiere_guerre/
(ici la recherche pour la 1ère guerre, mais il y a ça pour les autres aussi). Une base de données des morts pour la France.
J’ai entré mon nom, assez rare. J’ai trouvé quelques personnes. Ça m’a fait tout bizarre. Et j’ai pensé à ton article. Je crois que je vais me mettre à fouiner ! 🙂

le 02/06/2014 à 15h31 | Répondre

Marina

Je confirme, ce site est une mine. Et heureusement/malheureusement on y trouve beaucoup de monde. D’ailleurs, mon arrière grand père, en photo dans cet article, il y est aussi 🙁

le 02/06/2014 à 17h33 | Répondre

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