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Comment j’ai décidé de ne plus être salariée


Publié le 28 août 2019 par Creamy

J’ai commencé à travailler à l’âge de 18 ans. Dans un premier temps, c’était un job d’étudiant, pénible et rébarbatif, comme beaucoup d’autres jobs d’étudiant. Après le décès de mon père, très vite, j’ai compris que je ne pourrai plus continuer mes études et je suis donc entrée dans la vie active.

Une succession d’échec

Pendant plusieurs années et dans plusieurs régions, j’ai enchaîné les contrats. Des CDI, des CDD, et même un CNE. Tous se sont achevés dans la douleur. J’ai même eu à me défendre auprès des prud’hommes. J’ai été insulté, harcelé, diffamé.

Un exemple parmi d’autres: Lors de la grosse canicule en 2003, je travaillais comme hôtesse administrative pour une grande chaîne de vente électroménager. Lors d’un week-end de promenade en montagne, j’ai très bêtement été négligente sur la protection solaire et j’ai été gravement brûlée. A la limite de devoir me faire hospitaliser. J’ai eu un arrêt maladie de 3 semaines. Je ne pouvais pas bouger, j’étais couverte de compresses, bref j’ai larvé 3 semaines comme une âme en peine dans mon appartement du 3ème arrondissement de Lyon. Un matin, la direction du magasin m’appelle pour m’annoncer qu’elle m’accuse d’avoir volé 200 euros dans ma caisse. Je leur ai demandé des explications sachant que normalement, la caisse est nominative et personnelle, et surtout comment aurais je pu me rendre au magasin dans mon état, sans que personne ne me remarque. Eh bien ils ont eu le culot de me répondre que j’étais certainement passée par derrière, avant l’ouverture du magasin. On passera le fait que je n’avais pas de clefs, pas de droit, pas de code, que c’était dans une autre ville, bref. Après une menace de dépôt de plainte, ils m’ont laissé tranquille et ont même accepté ma démission, avec paiement de mon préavis sans avoir besoin de l’effectuer.

J’ai également été agressé sur mon lieu de travail par une proche du directeur parce que j’étais le 11ème élément qui l’empêchait d’obtenir un avantage financier lors d’un autre emploi… il espérait que je démissionne tranquille pépère.

Le problème vient de moi ?

J’ai fini par me dire que le problème venait de moi. C’était tellement systématique que ça ne pouvait pas être autrement. Heureusement, avec le recul et l’aide de mes proches, j’ai vite compris que non. Le problème, c’est qu’une personne sans autre revenu que son smic représente une proie facile. On ne peut pas se permettre de perdre son travail. Alors on accepte les choses, on finit par s’y habituer. Et c’est là qu’intervient mon « problème ». Je ne l’ai jamais accepté. J’avais toujours mon code du travail et la convention de l’entreprise à portée de main. J’aidais aussi mes collègues plus fragiles. Bref, j’emmerdais le monde.

J’arrête les frais

En 2009, je suis tombée enceinte de mon fils. J’étais en interim donc j’ai pu tout simplement m’arrêter de travailler le temps de ma grossesse et j’ai ensuite profité de mon congé maternité.

En 2011, j’ai eu la chance d’être embauchée à mi temps par celui qui deviendrait quelques années plus tard mon mari. Je travaillais seule. Mon patron était arrangeant et compréhensif, ça a facilité beaucoup les choses niveau transport et garde d’enfant. Bon c’était une situation idéale surtout dû au fait que nous étions des amis proches avant cette embauche. Lorsqu’ après quelques années, on s’est mis en couple, on a dans un premier temps décidé de me passer en conjoint collaborateur ( pire idée du siècle ) et finalement quand on s’est marié, on a juste décidé de fermer la boutique. Pour des questions financières évidemment mais aussi de qualité de vie. Mon mari a trouvé un emploi ailleurs, mieux payé, et qui nous laissait enfin du temps à passer en famille.

J’ai cherché à nouveau un emploi , toute en confiance de mon expérience précédente. J’ai trouvé un CUI ( contrat d’insertion ) de quelques mois dans la cantine d’un collège. En passant le mépris manifeste de la direction pour une « CUI », ça pouvait encore aller. Mais j’ai fait une fausse couche et ça a été le début d’un harcèlement très cruel. La cpe m’a appelé le jour du curetage pour me souhaiter de passer une bonne journée par exemple. On exigeait de moi que je rattrape mes absences ( pourtant justifiées ) en faisant des heures incompatibles avec les transports en commun alors qu’ils avaient été mis au courant de la situation avant même la signature de la convention. J’ai fait tant bien que mal mon année et j’ai enchaîné avec un emploi de téléconseillère dans la presse. Sur le papier, boulot sympa, intéressant même selon les missions. Pas loin de chez moi. Et de nouveau, c’est parti en sucette. Tellement que grâce à moi, la direction régionale a fait une descente sur site. Cette fois, ça s’est bien fini, mon chef a reconnu que j’étais un excellent élément et que ma persévérance était utile à l’entreprise. Il a proposé de passer mon cdd en cdi. Et j’ai dit non. Ras-le bol.

Crédit photo (creative commons) : Ian Schneider

Nouvelle ambition, faire ce que j’aime

J’ai décidé de m’occuper de mes enfants. De devenir « mère au foyer ». Je suis restée au chômage rémunéré tant que cela a été possible. Je me présentais à des offres d’emploi mais il me suffisait de préciser que j’avais deux enfants, dont un bébé pour que « merci pour votre intérêt, on vous rappellera » ou pas. L’allocation chômage néanmoins n’est pas éternelle et très vite, j’ai dû prendre une décision.

Si tu as lu les chroniques de mon mariage, tu sais que je suis très nostalgique et passionnée par les années 80 et en général par le « vintage ». Je chinais tous les week-end pour mon plaisir et j’ai remarqué qu’il y avait un vrai business autour de la brocante. J’ai donc pris la décision de tirer mon épingle du jeu. J’ai commencé à revendre quelques objets. Et finalement, ça a pris une proportion suffisante pour me permettre d’agrémenter le budget de la famille. J’ai créé mon auto entreprise et voilà, cela fait maintenant presque 3 ans que je ne suis plus salariée. Je ne pourrai pas vivre de mon revenu, je n’exerce pas cette activité en « professionnelle ». J’entends par là que je parcours les brocantes en famille à 9h30, je ne campe pas les coffres de voitures dès 5h du mat mais cela me convient. Je garde mes principes, ma moralité et surtout je me sens utile chez moi. Je suis de nouveau heureuse car je t’avoue que toutes ces expériences au fil des ans ont attaqué sérieusement mon moral et ma confiance en moi. Il y a des aspects négatifs mais largement compensés par tous les côtés positifs dont je te parlerai plus longuement dans un prochain article.

Et toi, tu as décidé de changer de vie professionnelle ? Tu as tourné le dos au milieu salarié ou au contraire tu ne pourrais pas t’en passer ? Raconte nous!

Commentaires

2   Commentaires Laisser un commentaire ?

Colombine

C’est assez incroyable toutes ces expériences négatives !! Il y a en effet de quoi se poser des questions…

Dans mon établissement, il y a beaucoup de personnes employées en CUI. Je ne pense pas qu’il y ait un mépris envers eux de la part de l’employeur (en tout cas ici) mais par contre la différence doit se faire sentir avec les collègues titulaires.

le 30/08/2019 à 11h35 | Répondre

Madame Parenthèses

Ma pauvre, je comprends que toutes ces expériences négatives t’aient dégoutée… Et tu fais bien de te protéger en choisissant une autre voie ! J’espère que ton activité actuelle te comble toujours et continuera à le faire pendant longtemps ! 🙂

le 02/09/2019 à 12h11 | Répondre

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