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A la une / témoignage

J’ai fait des études de maths

Oh, je te vois avec tes yeux grand ouverts, à te demander si je suis bien une personne humaine, bien équilibrée et socialement intégrée …

Ou toi qui soupire de soulagement de ne pas être la seule à avoir suivi ce parcours …

Quand j’étais plus jeune

« Et ben moi, quand ze serai grande, ze ferai des maths ! »

Crédit photo (creative commons) : geralt

Hahaha tu y a cru ?!

Et ben non, moi, quand j’étais une toute petite fille, je voulais être cuisinière. Rien à voir donc. En même temps, les maths, en primaire, on ne voit pas trop l’étendue de leurs pouvoirs (comment ça, tu ne le vois toujours pas ?!).

Quelques années plus tard, au collège, j’avais décidé de devenir magistrate. Et plus exactement juge d’instruction (merci la série Boulevard du Palais !). Et puis mes parents m’ont demandé si j’étais bien sûre de vouloir voir des cadavres … en vrai et pas à la télé. Bon. (En vrai, il y a beaucoup d’autres choses qui m’ont fait changer d’avis, notamment le fait que je n’allais pas forcément pouvoir choisir d’être spécifiquement juge d’instruction, le fait que l’école se trouve trop loin de chez moi, …).

Eh, prof de maths, c’est pas mal, non ?!

Lycée et prépa

Au lycée, j’aimais les maths. Vraiment. Je m’éclatais en cours. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire, et surtout j’ai trouvé vraiment difficile de choisir un métier, une orientation.

Comment fait-on pour choisir sans connaître ?

Vous avez trois heures.

Je pense qu’il m’était plus facile d’aller vers les métiers que je connaissais. D’où mon idée de prof qui est restée. Plusieurs personnes m’encourageaient en plus dans cette voie. J’ai commencé à aider des collégiens pour les devoirs. Et je n’ai pas vraiment eu de déclic. Mais, arrivée en terminale, il faut bien choisir. Comme je n’étais vraiment pas sûre de moi, on m’a plus ou moins orientée vers une Classe Préparatoire Maths Physique (ô joie extrême, souvenirs précieux … hahaha).

J’ai donc fait deux ans de Maths Sup / Maths Spé. A mon entrée en prépa, j’avais des rêves. Je me voyais déjà intégrer l’Ecole Normale Supérieure, y préparer mon agrégation, devenir prof de maths en prépa.

Crédit photo (creative commons) : ParentRap
Bon en vrai, Einstein était un physicien, mais tu as compris l’idée quoi … je me rêvais aussi brillante (ou presque) que lui.

Et puis, je suis redescendue sur terre : je n’avais pas le niveau malgré des heures acharnées de travail. J’ai tenu les deux ans en prépa, mais je n’ai pas passé les concours. Je n’avais aucune envie d’intégrer une école d’ingénieurs, je ne supportais plus la physique, je me voyais toujours prof de maths, mais je me voyais aussi très bien préparer le CAPES ou l’agreg en fac.

A l’université

Me voilà donc partie en licence de mathématiques, à l’université. Gros changement au niveau du planning ! J’ai donc réussi à travailler en parallèle des études, en donnant des cours (de maths) particuliers et à des groupes. Guess what? Toujours pas de déclic … Au contraire même, je me rends compte que le métier de prof n’est pas fait pour moi. Pas assez de patience, pas assez pédagogue, j’aurais aimé que les élèves comprennent tout du premier coup …

Crédit photo (creative commons) : geralt

Arrivée en master de mathématiques, je me rends compte que les études aussi commencent à me peser. Je ne comprends pas à quoi servent les mathématiques pures que j’étudie, et je ne vois pas ce que je vais bien pouvoir faire comme métier avec ça … A chaque partiel, je me dis que si je le rate, j’arrête tout et je me lance dans la pâtisserie (presque retour à mon idée de départ hein).

Mais finalement, j’ai la chance de pouvoir faire un travail de recherche, sur un sujet qui m’intéresse, avec un prof génial. Qui me conseille à la fin de mon master 1 de changer de master. Conseil que je suis.

Et je me retrouve donc toujours à étudier les maths, mais appliquées cette fois, avec des statistiques, des analyses de données, un peu de programmation, bref des trucs qui servent ! C’est LA révélation : les maths peuvent être utiles !! Après cinq ans d’étude de maths, il était temps de s’en apercevoir hein (mieux vaut tard que jamais, comme on dit !).

Cette deuxième année de master est aussi l’occasion de faire un stage, que je choisis d’effectuer dans mon université, avec mon prof génial, pour continuer le projet de recherche commencé l’année précédente.

Voilà, j’ai trouvé ce que je veux faire : je veux devenir chercheur en mathématiques appliquées.

Et toi, comment s’est passée ton orientation vers un métier ? Tu gardes un bon souvenir de tes études ? Tu fais partie de ces personnes qui détestent les maths ? Ou au contraire ?

A propos de l’auteur

Bientôt trentenaire (mais plus jeune dans ma tête !) je suis mariée et maman d'un petit garçon. J'aimerais te parler de mon métier (dans les mathématiques), de mes passions (lecture, pâtisserie, tricot), et te raconter quelques bouts de ma vie !

14 Commentaires

  • Rosa Evril
    3 mars 2020 at 9 h 09 min

    Article super intéressant ! Je me reconnais bien dans ton parcours (plus ou moins le même mais dans un autre domaine des sciences) même si j’ai eu encore pas mal de moments de doutes après mes études pour ma part… J’envisage d’en parler aussi ici mais je n’ai pas encore trouver comment 🙂

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    • Welna
      3 mars 2020 at 9 h 44 min

      Merci 🙂
      Moi aussi j’ai eu beaucoup de doutes, notamment pendant ma thèse. Mais en ce moment, ça va, je m’éclate 🙂

      Reply
  • Nathalie
    3 mars 2020 at 9 h 37 min

    Tu reviendrais nous raconter comment ça se passe, le quotidien d’un.e chercheur.se en maths appliquées ? Je suis curieuse !

    Reply
    • Welna
      3 mars 2020 at 9 h 45 min

      Oui, je reviendrai pour ça ! Il faut que je trouve comment raconter mon quotidien de manière un peu attrayante hahaha 😀

      Reply
  • Mégane
    3 mars 2020 at 10 h 56 min

    Bonjour, je suis très étonnée puisque je suis statisticienne et finalement j’ai un parcours complètement opposé au tien. Moi je ne voulais pas faire des maths théoriques, d’ailleurs je n’y comprends rien et j’ai eu une révélation pour la partie informatique des métiers liés à la data !
    Merci de montrer qu’il existe aussi cette voie 🙂

    Reply
    • Welna
      3 mars 2020 at 11 h 57 min

      Et tu as fait quoi du coup comme études ?
      Très honnêtement, j’ai continué dans les maths théoriques parce que je n’avais pas franchement cherché ce que je pouvais faire d’autres (et que ça me plaisait, au début) … Et c’était la voie pour passer l’agreg. Mais je suis bien contente de ne pas être allée jusqu’au bout !

      Reply
      • Mégane
        6 mars 2020 at 9 h 37 min

        J’ai fait une licence bi-disciplinaire maths/info et géographie puis un master en statistiques 🙂

        Reply
  • Azu
    3 mars 2020 at 15 h 37 min

    Mais euh concrètement, tu fais quoi dans ton métier ?
    Dsl moi je suis allergique aux maths alors à part pour faire des produits en croix j’en ai jamais vu l’utilité haha.

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    • Welna
      3 mars 2020 at 16 h 29 min

      Je reviens raconter ça très vite ! Tu vas voir, c’est passionnant (oui, j’essaie de vendre du rêve :D)

      Reply
  • Vee
    3 mars 2020 at 17 h 38 min

    Mon mari a aussi fait des études de maths, et depuis qu’on se connaît, il essaie de me convaincre que les maths (théoriques pour le coup) c’est génial, surpuissant et que ça résume tout l’Univers, mais j’avoue qu’il n’a pas encore réussi (autant j’adore la physique, mais les maths il doit me manquer une case, y a quelque chose de fondamental qui m’échappe toujours en tout cas) ! Ton article est super intéressant, je me réjouis de la suite (histoire de savoir ce qu’on peut bien faire de concret avec tout ça) 😀

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    • Welna
      4 mars 2020 at 10 h 05 min

      Ha, je suis d’accord avec ton mari ! 😀 (il fait quoi du coup comme métier, si ce n’est pas indiscret ?). Disons, que la base de mon métier c’est de « traduire » différents mécanismes en langage mathématique !

      Reply
      • Vee
        10 mars 2020 at 15 h 30 min

        Il est dans l’informatique, plus grand-chose à voir avec les maths « de base » 🙂
        Et je pense que vous deux devez avoir raison, mais que j’ai juste jamais eu le déclic pour le réaliser !

        Reply
  • Emilie
    3 mars 2020 at 18 h 09 min

    Mon orientation est le fruit d’une incroyable rencontre sur un forum des métiers en terminale.
    Alors que j’attendais patiemment mon tour dans la longue file des potentiels candidats aux études de médecine ou de sciences, un monsieur est sorti d’une salle en demandant « qui voudrait que je lui parle de mon métier de logisticien ? ».
    Hein ? Quoi ? Quésako ? En 1994 la logistique était loin d’avoir acquis sa renommée actuelle. Je n’avais jamais entendu parler de ce terme. Mais bon ma foi vu la file d’attente en sciences pourquoi pas, ça me fera passer le temps.
    Je me suis assise, je l’ai écouté et ce fût LA révélation. Ce métier dont j’ignorais tout 30mn auparavant il était fait pour moi.
    Je me suis renseignée sur les filières et je suis rentrée chez moi sûre de mon choix.
    Cela va faire 26 ans (punaise ce coup de vieux…) que j’ai démarré des études de logistique et que j’exerce ce métier avec une passion intacte. Je repense souvent à ce monsieur qui a changé le cours de ma vie. Si je n’avais pas croisé sa route quel métier aurais-fait ?

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    • Welna
      4 mars 2020 at 10 h 06 min

      Wow ton histoire est géniale ! Comme quoi, parfois le hasard fait bien les choses ! Pour moi aussi c’est grâce à une rencontre, avec mon prof génial, mais un peu moins fortuite que toi !

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