Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Les intolérances alimentaires et moi


Publié le 7 avril 2015 par Mélimélanie

Intolérances alimentaires : le débat

En commençant cet article, je redoute un peu les réactions : même si elles ont beaucoup évolués dernièrement, je me retrouve encore parfois devant des gens sceptiques face à la réelle existence d’intolérances alimentaires ! Même encore certains médecins, voir allergologues, vont être capable de me tenir un discours en disant que c’est dans ma tête.

Ce n’est jamais très agréable, surtout que certains peuvent être très virulents sur le sujet, me reprochant même de « simuler ». Je n’écris pas cet article pour clore le débat et dire que la seule vérité est la mienne. Je vais juste te raconter mon expérience personnelle…

intolérances alimentaires - mon parcours

Crédits photo (creative commons) : Dennis Skley

Mon parcours

On ne vient pas à se dire qu’on a des intolérances alimentaires du jour au lendemain. C’est un mal plutôt malin, qui se cache et qui empire petit à petit, qui s’insinue dans notre quotidien. La première fois que j’ai dit à mon médecin que j’avais l’impression que quelque chose n’allait pas au niveau digestif avec moi il m’a répondu :

« Vous avez des intestins sensibles. C’est comme ça. Prenez ce médicament (médicament peu recommandé par les médecins d’habitude, puisqu’il dérègle le système digestif et peut provoquer une accoutumance en plus du risque de somnolence) régulièrement et faites avec. »

J’avais 17 ans et on venait de me recommander de prendre à vie un médicament.

Jusque-là, pourquoi pas… Sauf que malheureusement, ce médicament n’a pas fait des miracles, et j’avais encore et toujours cette impression d’avoir une sorte de gastro permanente. Je te passe les détails, mais on va dire qu’il était facile pour moi de garder la ligne, vu que mon corps avait décidé de ne pas garder grand-chose ! Je tenais debout, mais avant de réussir à grossir j’avais de la marge.

3 ans plus tard (le médicament miracle ne fonctionnant pas), après avoir vu plusieurs fois mon médecin, perdu pas mal d’amis ne comprenant pas que je me renferme sur moi, et m’être de nombreuses fois pris la tête avec mes parents qui se sentaient démuni… Je suis retournée voir mon médecin, en lui disant qu’il fallait qu’il se décide à faire quelque chose.

Manque de pot pour moi, à cette époque-là, je sortais de 2 années de classe préparatoire qui avaient été très éprouvantes, à cause de charmants garçons de ma classe qui prenaient un malin plaisir à essayer de me pourrir la vie. Du coup, la sentence est tombée : « Mademoiselle, vous faites une dépression, tout ça, c’est dans votre tête ».

Et hop, anti dépresseur et thérapie. Comme tu peux le deviner, ça n’a rien changé à mon état.

4 ans plus tard, après 7 année de « gastro permanente », de mise à l’écart et de prises de médicaments, j’arrive un jour chez ma gynécologue pour une visite de contrôle. Et là, elle pose la question banale, qu’elle pose à chaque fois : « Vous allez bien ? ». À moitié en pleurs, je lui explique ma situation et lui dit que si ça continue, j’arrête définitivement de manger et je m’injecte directement de l’eau sucrée dans les veines (oui, je ne suis pas du tout excessive comme fille, je sais). Je la vois écouter calmement, et me répondre très sérieusement : « Mais vous avez pensé à des intolérances alimentaires ? ».

Ce fut la délivrance : 2 semaines après avoir arrêté le lait et le blé, je n’étais plus malade et je n’avais plus besoin d’aucun médicaments pour pouvoir sortir 2h de chez moi. Je ne remercierai jamais assez cette gynéco, à qui je dois beaucoup de mon bien être actuel.

Mais alors les intolérances alimentaires, c’est quoi ?

Parfois, quand je dis que je ne peux pas manger tel aliment, j’ai le droit à des questions du genre « Mais donc si je te force à en manger un morceau tu meurs/ tombe gravement malade ? » Euh… Non.

Les intolérances alimentaires, ce ne sont pas des allergies (j’ai aussi des allergies qui se manifestent complétement différemment). On ne risque pas de faire un choc anaphylactique en entrant en contact avec l’aliment maudit. On peut même parfois (et c’est mon cas avec le blé) manger cet aliment en petite quantité, même si ce n’est pas toujours recommandé.

Les intolérances alimentaires impliquent le métabolisme, et non le système immunitaire. On ne peut pas passer outre en prenant un anti histaminique ou en se désensibilisant (comme avec une allergie aux acariens par exemple). Le seul moyen avec l’intolérance alimentaire, c’est de ne pas consommer l’aliment qui nous fait mal. Il ne faut pas non plus confondre intolérance alimentaire et maladie cœliaque. (C’est facile, l’une est reconnu par la médecine et la sécu, et l’autre, bah, pas vraiment…)

J’espère donc t’avoir un peu informé sur ces termes d’intolérance alimentaire, que l’on entend de plus en plus. Je reviendrai peut-être plus tard pour parler de ce que ces intolérances changent au quotidien !

Et toi, tu souffres d’intolérances alimentaires ? Tu as souvent à faire aux septiques ? Tu as mis longtemps à découvrir quel était ton réel problème ? On t’a dit que c’était « dans ta tête » ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

14   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Rose

alors là je compatis à mort. Les médecins résument souvent les petits maux par « c’est dans votre tête ». Une amie avait également ce syndrome de la « gastro permanente ». Impossible de trouver la cause. Puis, elle a arrêté la pilule pour un projet bébé et hop ! guérie ! Cette cause insidieuse n’était venue à l’esprit d’aucun médecin, sans commentaire.

Pour ce qui est de l’intolérance alimentaire, je ne connais pas bien le sujet. En revanche, j’ai un souci à l’estomac. Du coup, je fais extrêmement attention à ce que je mange et je comprends ton problème relationnel avec les autres « ça ne va pas te tuer », non mais je n’ai pas du tout envie de passer ma soirée avec le coeur au bord des lèvres juste pour te faire plaisir !!!
Mon indicateur perso est très simple : la nourriture devant moi me donne envie, je mange, sinon, pas une bouchée. Je mange lentement, dès que je sens que ça ne passera pas plus, stop !

En tout cas, c’est vrai que ça complique la vie tous ces soucis digestifs mais, si l’entourage était plus ouvert, ce serait plus simple.

Ô joie d’entendre « c’est dans ta tête » grrr

le 07/04/2015 à 15h16 | Répondre

Mélimélanie

Tu vas rire mais je t’envie un peu. Si seulement ma tête pouvait arrêter d’avoir envie de manger des choses que mon corps ne tolère pas (hum religieuse au chocolat…).

Mais c’est vrai que le problème des soucis digestifs c’est que c’est tabou. Donc on souffre souvent en silence et on a du mal à pouvoir dire publiquement en soirée : je rentre parce que je suis malade. Donc on s’isole. Et c’est encore plus difficile quand les gens ne veulent pas comprendre. Et quand on est abandonné par le corps médical qui ne nous croit pas on se sent vraiment seul.

Je suis contente que ton amie ai trouvé ce qui la gênait. Ce n’est pas la première fois que j’entends que la pilule provoque ce genre de symptômes. Et pourtant à chaque fois les médecins n’ont jamais même évoqué cette possibilité…

En tout cas continue à faire comme tu le sens. Le principale c’est que tu te sentes bien toi peu importe ce que pense les autres!

le 08/04/2015 à 12h10 | Répondre

Margot

Je compatis et suis heureuse que tu aies ciblé ton problème!
Pour les proches, je te conseille de dire que tu souffres d’une allergie. Le mot faisant peur, on devrait moins insister.

le 07/04/2015 à 16h00 | Répondre

Mélimélanie

Merci ça a été un soulagement pour moi aussi de pouvoir mettre un terme sur ce qui me rendait malade.

Pour les proches ça m’a permis de faire du tri. Ceux qui comprennent et qui même s’ils n’en saisissent pas toujours toutes les implications font ce qu’ils peuvent et acceptent. Et ceux qui disent que c’est dans ma tête et que ça ne va pas me tuer de manger une part de cheesecake. Parfois ça blesse parfois ça fait découvrir des facettes de certaines personnes qu’on ne soupçonnaient pas (en bien ou en mal).

le 08/04/2015 à 12h03 | Répondre

Philyra

En ce qui concerne de lait, l’allergologue de ma fille (allergique aux plv) parle systématiquement d’allergie. Pour elle, l’intolérance (aux plv) n’existe pas et c’est forcément une allergie. Après une allergie peut être plus ou moins forte/grave mais de simples maux d’estomacs peuvent signifier en fait des plaques d’eczéma à l’intérieur du système digestif. Ce n’est pas parce que l’eczéma n’est pas visible ou que la personne n’est pas en choc allergique que ce n’est pas une allergie 😉
En tout cas, tant mieux si tout va mieux maintenant 😉

le 07/04/2015 à 18h19 | Répondre

Mélimélanie

Certains allergologue appelle effectivement l’intolérance : la troisième allergie. (le mien par exemple).
Je crois que les type 1 et 2 sont allergie asthmatique et allergie autre que asthmatique (oui effectivement ça ne fait pas méga scientifique comme façon de parler mais c’est ce que j’ai retenu des posters dans son cabinet).

J’ai opposé intolérance à allergie car malheureusement contrairement aux allergies « classiques » qui peuvent être contrôler par un antihistaminique ou carrément « soigné » par une désensibilisation l’intolérance ne peut pour le moment être contrôler que par l’éviction des aliments qui nous rendent malades.

Après pour avoir fait divers examens je sais qu’il n’y a aucune plaque d’eczéma visible ou lésion au niveau de mon système digestif. De plus à l’époque ou j’étais le plus malade manger un bout de camembert me faisait avoir une réaction en 30 minutes top chrono (chose impossible selon beaucoup de médecins…) En tout cas je sais que dans mon cas ce n’est pas mon système immunitaire qui réagit contrairement à mes allergies aux acariens et métaux. (oui je cumule mais sinon c’est pas drôle).

Après mon expérience j’ai une nouvelle façon de voir les choses : peu importe comment l’appelle les médecins tant que ce qui mettent en place me permet de vivre normalement ça me va :-).
J’espère que pour ta fille tout ira bien. Je sais que parfois les allergies/intolérances disparaissent à l’adolescence. Je croise les doigts pour elle.

le 08/04/2015 à 11h58 | Répondre

Philyra

Je ne sais pas. En tout cas, les types d’allergies que je connais sont : allergies respiratoires, allergies cutanées, allergies alimentaires et allergies aux médicaments.
Pour la différence entre allergie et intolérance, c’est de l’ordre de la réaction du corps : une allergie provoque une réaction du système immunitaire qui peut être mesurée par une prise de sang (pas à 100% fiable malheureusement).
En tout cas, même si ma fille n’a pas de symptômes respiratoires ou cutané, mais uniquement des maux de ventre, les anti-histaminiques fonctionnent très bien sur elle !
Pour la guérison, l’allergie aux plv (à ne pas confondre avec l’intolérance au lactose, ce n’est pas du tout pareil) disparaît dans 80% des cas avant 3 ans. C’est loupé ici mais il y a encore des chances que ça parte avant l’adolescence (il n’existe pas – encore – de traitement de désensibilisation pour les allergies alimentaires)

le 08/04/2015 à 12h52 | Répondre

pitch

Article très intéressant! j’ai fait des gastrites à répétitions l’année passé et j’ai pensé que ca pouvait être une intolérance alimentaire mais tout s’est résorbé du jour au lendemain… (jusqu’à la prochaine fois ?) et sinon tu dis qu’il ne faut pas confondre maladie coeliaque et intolérance… mais comment fais tu pour savoir?

le 08/04/2015 à 09h01 | Répondre

Philyra

Je me suis posée la même question. Pour moi, la maladie coeliaque est justement une intolérance au gluten (je sais que intolérance au gluten est différence d’allergie au blé, mais je ne m’y connais pas forcément beaucoup sur cette intolérance).

le 08/04/2015 à 11h08 | Répondre

Mélimélanie

La maladie cœliaque c’est cyclique et avec une coloscopie – fibroscopie (oui effectivement ce n’est pas l’examen le plus agréable du monde mais au final le pire c’est la préparation…) on peut observer des atteintes du colons caractéristiques de cette maladie.
Même si un certains régime alimentaire la soulage en cas de crise c’est difficile à contrôler. J’ai connue une collègue qui avait ça et pendant ses crises elle devait même être hospitalisée.

Une intolérance si on ne consomme plus l’aliment/les aliments maudits on n’a plus aucune gène. Il n’y a pas encore d’examen réellement fiable et reconnu pour les détecter. La plupart du temps c’est en testant l’éviction des aliments suspectés qu’on la découvre.

le 08/04/2015 à 11h46 | Répondre

Maruschka

C’est difficile à expliquer qu’effectivement, on ne finira pas aux urgences en faisant un œdème, mais qu’on ne souhaite quand même pas subir les désagréments digestifs que cela va entraîner… Il y a des gens qui ne comprennent pas…
Et puis, c’est ennuyeux de dire à chaque fois lors d’une invitation « tu te rappelles, je dois éviter tout ce qui contient du lactose (lait, beurre, crème…) ? », alors souvent, je préfère inviter chez moi ! au moins, je maîtrise le repas et les ingrédients ! Mais heureusement, mes amis proches ne l’oublient pas et font attention 🙂
Et, au cas où, j’ai toujours une boîte de gélules de lactase avec moi !

le 08/04/2015 à 09h15 | Répondre

Fleur-Joséphine

Les gélules de lactase? Est-ce que tu peux nous expliquer dans quels cas tu les prends et ce que ça fait pour toi?
Je ne connais pas du tout….

le 08/04/2015 à 11h40 | Répondre

Maruschka

ça fait maintenant plusieurs années que j’en commande auprès de Lactolérance (et mon père aussi et je crois bien une de mes cousines – légèrement familiale notre intolérance…). ça ne fonctionne que lorsqu’il s’agit vraiment d’une intolérance au lactose dû à un déficit en lactase (l’enzyme qui permet de le digérer). J’en prends quand je ne suis pas sûre des ingrédients de mon plat (au restaurant par exemple) ou quand, volontairement, je vais manger un plat avec des choses que je ne devrai pas manger mais que c’est trop bon !!
Les gélules permettent de limiter les désagréments digestifs, mais ne m’évite pas de déclencher une migraine si je consomme trop de lactose (oui, parce que ce ne serait pas drôle de n’avoir « que » des problèmes digestifs).
Il faut faire des tests pour savoir le nombre de gélules nécessaires pour contrer les effets. Par exemple, en prendre une et boire un verre de lait. Si ça ne suffit pas, réitérer le test en prenant 2 gélules. Ils expliquent tout assez bien sur leur site et dans leurs brochures.

le 09/04/2015 à 09h55 | Répondre

Mélimélanie

Oui effectivement c’est délicat à chaque fois « d’imposer » nos contraintes pour la préparation d’un repas. Je ne le demande qu’avec des amis extrêmement proche et ma famille. Pour les autres je propose d’organiser ça chez moi ou d’aller au restaurant (pour le moment j’ai toujours trouvé des choses à manger au restaurant type salade ou steak frite). Mais le problème du restaurant c’est quand ils n’ont pas réellement fait le plat sur place et parfois tu as des surprises…
Pour les gélules de lactase ma sœur m’en a rapporté des Etats Unis à Noel mais je n’ai pas encore osé tester… Ça marche bien?

le 08/04/2015 à 11h41 | Répondre

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