Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Dans ma tête


Publié le 4 juillet 2016 par Nya

Dans ma tête, les jours de la semaine ont des couleurs : le lundi est ocre, le mardi rose, le mercredi bleu, le jeudi vert, le vendredi mauve. Les mois aussi sont colorés, tout comme les noms des pays. Quant aux chiffres et aux dates, en plus d’avoir leur couleur propre, ils suivent une représentation spatiale parfaitement identique à celle du jeu des échelles de mon enfance. Je suis, sans l’ombre d’un doute, synesthète.

Fonctionner différemment

Crédits photo (creative commons) : martinak15

Ma tête hait les situations sociales, qui l’épuisent. Elle rejette les environnements bruyants peuplés d’inconnus auxquels il faut faire la conversation. Je me délecte de la solitude, des moments calmes qui me rassérénèrent. Je peux parfaitement passer deux heures agréables à participer à une fête, mais ça me fatigue physiquement. Je suis assurément introvertie.

Ma tête fonctionne trop vite, ma bouche a du mal à suivre mes propres pensées. Elle s’est toujours sentie en décalage avec la façon de réfléchir des autres, leur manière d’être. Par contre, l’école, l’apprentissage, tout ça a toujours été un jeu d’enfant. Presque trop facile, en fait. Il m’a fallu attendre la troisième année de licence pour en baver un peu. Je pourrais être surdouée.

Ma tête aime les bruits comme les brossages, les frottements. Elle déclenche une réponse physique immédiate à ce type de stimulus, un chatouillis diffus, une accélération de la respiration. Je suis réceptive à l’ASMR.

Ma tête se délecte des obsessions, et entre régulièrement en mode obsessionnel. Je découvre le tricot ? Je vais faire uniquement du tricot pendant six mois d’affilée, jusqu’à ce que je découvre, disons, le poney aquatique, qui occupera toutes mes pensées les six mois suivants, avant que j’enchaîne sur la peinture sur galet… Je suis parfois monomaniaque.

Ma tête prend toujours du recul par rapport aux situations. Il est très rare que je parle naturellement, même avec mon homme, pourtant censé être la personne avec qui je peux me mettre à nu. Je suis constamment à plusieurs niveaux de conversation conscients dans ma tête : ce que je dis/pense, ce que l’interlocuteur dit/pense, le langage corporel de tous les interlocuteurs concernés, les phrases suivantes possibles, le décryptage du ton employé, le choix des mots… Chaque conversation est une partie d’échecs cacophonique à la fois avec l’autre et moi-même. Est-ce que je donne la bonne réponse ? Pour qui : mon interlocuteur ou moi ? Est-ce que je dis ce qu’il faut ?

Ma tête a tout un répertoire de phrases-clés pour presque toutes les situations. Je me fais l’effet d’un perroquet savant, qui a appris à répondre ce qu’on attendait de lui. On retrouve l’effet « bonne réponse » cité plus haut. Je suis contente quand je pense avoir trouvé la phrase-clé qui correspondait à la situation. Des fois, la machine s’enraye, et c’est le blanc total. Ou alors, je pars en sucette, en disant une énormité.

Ma tête n’a souvent aucune idée de comment interagir avec autrui. J’ai toujours été émerveillée par les gens qui savent naviguer à travers les conventions sociales avec aisance, qui sont spontanés, qui ont de l’humour, là où je reste souvent sans répartie, à me demander comment tenir une conversation, en m’efforçant de regarder la personne dans les yeux. Sortie d’un cadre précis (une soirée professionnelle ou une passion), je ne sais pas quoi dire aux gens en face de moi. Ma tête semble incapable de lire mes interlocuteurs.

Ma tête adore tricoter des idées, et alors, je me retire en moi-même, souvent à la grande surprise des gens qui m’entourent. Je peux rester une demi-heure, une heure sans rien faire, les yeux dans le vague, simplement à tisser un fil de pensée. Une salle d’attente vide avant un rendez-vous chez le médecin ? Pas de problème ! On me demande souvent si je m’ennuie, mais non : j’adore simplement penser. C’est souvent dans ces moments que je rédige mentalement mes chroniques, d’ailleurs.

Ma tête a du mal à s’attacher. J’ai des amis, des gens que j’apprécie, que j’aime. Mais je ne ressens pas forcément de tristesse à être loin d’eux. Je me sens assez détachée émotionnellement. J’adore la solitude, et j’ai des besoins sociaux très restreints. J’ai eu de mauvaises aventures amicales, comme tout le monde, et je me protège peut-être. Mais je n’ai même pas envie d’agrandir mon cercle social. J’aimerais avoir envie d’avoir des amis, si tu me suis. Mais pas avoir plus d’amis.

Ma tête a du mal avec le traitement de la parole. J’ai souvent du mal à comprendre les films bavards, car je me concentre plus sur le sens des phrases individuelles que sur l’intrigue globale, alors qu’un film sous-titré ou un livre ne posera pas problème.

Ma tête est parfois connectée à mon corps. Mon corps qui déteste certaines sensations, comme le pli d’un drap dans mon dos, qui m’obsédera jusqu’à ce que je le fasse disparaître. Ou un vêtement qui tombe mal. Ou un bracelet qui gratte. Ces gênes physiques envahissent toute ma tête, me donnent des palpitations et m’empêchent de fonctionner jusqu’à résolution, parfois à en pleurer de rage. Impossible de faire autre chose tant que ma manche ne tombe pas comme il faut, de dormir si la housse de couette est mal mise.

Ma tête semble assez bizarre. Avec tout ça, elle cogite beaucoup trop. Elle lit des articles sur la psychologie, recoupe des infos, passe des tests. Elle semble fonctionner à la manière des personnes atteintes du syndrome d’Asperger, une facette de l’autisme de haut niveau (entendre : dont l’autisme n’est pas visible au premier abord). Sans diagnostic officiel, difficile de m’autoproclamer « autiste de haut niveau », mais disons qu’il y a des ressemblances troublantes, confirmées par des proches.

On me dit souvent : « Oh non, pas toi, tu es parfaitement normale. » J’ai passé toute ma vie à rectifier et à gommer les anomalies, les remarques qui ne passaient pas en société, tout ce qui attirait des regards de biais, de l’incompréhension, du dégoût. Je cache les habitudes non conventionnelles, comme battre des mains quand je suis contente, me frotter les cuisses ou me balancer quand je suis nerveuse. J’ai appris à reproduire des comportements attendus, et j’apprends toujours, passée maître dans l’art de l’imitation. J’ai tout fait pour me donner une façade normale.

Alors oui, je passe peut-être pour « normale ». Mais quand on creuse, il semblerait que ma tête ne soit pas si « normale » que ça.

Et toi, tu te sens en décalage ? Tu t’es déjà demandé si tu étais sur le spectre autistique ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

24   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mme Chouquette

Bonjour Nya,

Merci pour cet article, qui fait vraiment écho en moi, pour ma part, j’ai été diagnostiquée précoce une fois adulte, et cela m’a permis de comprendre mon côté « en décallage ». Si tu as l’occasion, je te conseille de lire « différence et souffrance de l’adulte surdoué » de Cécile BOST, qui a été tardivement diagnostiquée également.
Je pense que c’est bien de voir que l’on n’est pas si « anormal » que ça, c’est juste qu’au lieu de nous faire rentrer dans un moule carré, il faut un peu aplatir un peu les angles pour se rendre compte qu’on est en fait un losange, pas mieux, pas moins bien, juste différent 🙂

le 04/07/2016 à 07h44 | Répondre

Virginie

Comment l’as-tu vécu quand tu as « réussi » à mettre un mot sur tout ça ?

En revanche, dis-toi que la normalité est une chose très surfaite lol tu voudrais être normale ? les gens normaux voudraient être spéciaux ! 🙂 🙂 🙂

le 04/07/2016 à 08h15 | Répondre

Nya (voir son site)

Haha il y a plusieurs niveaux de normalité et je t’assure que l’anormalité physique gêne les gens. Je parle ici des comportements censé être réservés aux enfants, comme battre des mains ou pousser des cris de joie. Je n’ai aucun problème avec mon « décalage » mental, que certains appellent indépendance d’esprit, mais je pense qu’il est mieux accepté si je passe pour normale sur le reste.

le 04/07/2016 à 12h59 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je me retrouve dans certaines des choses de ta tête notamment les différents niveaux de pensées et le côté monomaniaque.
À te lire, je suis certaine que tu as une personnalité complexe et intéressante !
Néanmoins j’ai l’impression que cela va aussi avec certains traits de caractères un peu incompris !
L’important c’est de savoir si toi tu y trouves ton compte.

le 04/07/2016 à 08h24 | Répondre

Nya (voir son site)

Yay copine monomaniaque *high five* C’est quoi ton obsession du moment ? 🙂

Nous avons tous une personnalité intéressante et complexe, c’est juste que vous avez davantage accès à mes pensées qu’à celles de personnes qui ne s’étalent pas en ligne 😉

J’y trouve généralement mon compte. Quand j’étais enfant, ma mère passait son temps à me répéter que j’étais « parfaitement normale » (ce qui maintenant, me laisse à penser que c’était de la méthode Coué) et j’avais horreur de ça. J’aime toujours être décalée, j’adore être le mouton foufou, la fille qui ne pense pas comme tout le monde, mais dans un contexte personnel. En revanche, quand il faut être crédible, professionnel, formel, sérieux, je marche sur des œufs, car je ne suis pas à l’abri d’un débordement de personnalité qui me nuirait, et là, je maudis cette personnalité excentrique.

le 04/07/2016 à 13h42 | Répondre

sarah

C’est marrant la synesthésie je ne connaissais pas, je veux dire pas le nom, jusquà ce matin je pensais que c’était normal d’associer des couleurs aux nombres et des humeurs aux lettres, quand au ruban numrico-spatial une évidence ! haha que celui qui n’a jamais vu ca dans sa tête lève la main ! Je me suis toujours sentie en décalage avec les autres gens de mon âge, toujours plus proches des plus vieux même maintenant. J’ai pensé fût en temps passer un test de QI, mais à quoi bon? au final qu’est ce que ca changera? je sui heureuse et épanouie dans ma vie même si mon mari ne comprends pas toujours mes réaction ou mes raisonnements qui sortent de nul part 😀 mais bon je crois que lui aussi n’est pas tout à fait ‘normal’. Mais au fond’ qu’est ce que la normalité? est ce que la normalité existe? vous avez 4h ..

le 04/07/2016 à 08h35 | Répondre

Nya (voir son site)

On est d’accord sur le ruban spatial ! Et sur le reste… Mon homme me dit toujours que je suis bizarre de temps en temps, mais venant de lui, c’est un compliment 🙂

le 04/07/2016 à 13h35 | Répondre

issabill (voir son site)

Oh! Je me reconnais dans certaines de tes descriptions!
Je n’associe pas de couleurs aux chiffres, etc. Mais par contre, les jours de la semaine, les mois de l’année, les années, et les lettres de l’alphabet ont une position spatiale qui leur est propre. Les chiffres aussi, mais dans ma tête ils sont « juste » en ligne, c’est moins marrant! Ahaha
Je pourrais passer des heures et des heures, seules, à penser.
Je suis mal à l’aise en groupe, dans les fêtes, dans les discussions (à un degré moindre que toi, toutefois).
l’ASMR… quel plaisir, ces petits picotements dans mon crâne 🙂
Merci pour cet article!

le 04/07/2016 à 09h32 | Répondre

Madame Bisounours

J’aurais pu écrire cet article ! D’ailleurs je penchais dessus depuis des semaines sans trouver les mots !
C’est le fait d’être au Canada qui t’a fait te poser des questions sur les TSA ?
Moi, j’ai rdv en novembre dans un CRA (centre recherche autistique) en novembre. Est ce que tu comptes te faire diagnostiquer ?
C’est marrant parce que, en lisant tes chroniques je m’étais demandée si tu n’étais pas sur le spectre de l’autisme !
Je pense que je vais me remettre à l’écriture de mon article (pas parce que le tien n’est pas bien, il est parfait ??, mais parce que ma situation est différente puisque j’ai eu la bonne idée d’avoir deux enfants dont un qui présente aussi des signes d’un TSA)
En tout cas, encore bravo et merci pour cet article qui est hyper clair et honnête

le 04/07/2016 à 09h52 | Répondre

Nya (voir son site)

Contente si j’ai pu t’aider à trouver des mots 🙂 Quelles chroniques te font soupçonner un TSA chez moi ?
Comment je suis arrivée là… Je passe pas mal de temps sur Tumblr, où tout le monde est un peu Aspie/neurodivergent/pansexuel/non-binaire etc. J’ai fait l’Aspie Test en ligne, et les résultats étaient sans appel. Mais vu le coût d’un diagnostic officiel, je ne pense pas entamer de procédure, sauf si un jour j’ai une mutuelle en béton qui rembourse ce genre de choses 😉 Tiens-nous au courant de ta démarche !

le 04/07/2016 à 12h56 | Répondre

Madame Bisounours

C’est pas tellement une chronique en particulier que ce qui ressort de l’ensemble de tes chroniques depuis mademoiselle dentelle. (Y compris ta publication sur offbeatbride !) C’est mon coté sorcière qui se fait sentir ? !
Pour le diagnostic, c’est vrai qu’en France tout est gratuit à partir du moment où tu es suivie par un CRA. Si j’avais dû payer je ne suis pas sûre que j’aurais engagé le processus de diagnostic.
Je ne sais pas si tu connais le blog des tribulations d’une aspergirl, il est hyper intéressant d’autant plus que l’autrice est aussi THQI.
Je vais me mettre à l’écriture assez rapidement je pense !

le 04/07/2016 à 13h41 | Répondre

Flora

Je pense que c’est très difficile de définir la normalité. Nous constituons une mosaïque de nuances de gris dans la quelle il est difficile de définir une limite entre les gens normaux et les autres.
Moi même j’ai l’impression d’être une boule à facettes qui change de reflet au fur du temps. Plus jeune j’avais un décalage avec mes camarades de classe, j’étais l’intello. En grandissant je suis devenue plus sociable, plus ou moins consciemment, mais je m’y retrouve bien. J’adore être entourée et je suis plutôt fêtarde, tout en gardant des penchants très geek. Des contradictions dans ma personnalité il y en a plein et ça me va bien parce que je détesterais être mise dans une case. Alors normale ou pas je m’en fous, je suis moi et c’est bien assez 🙂

le 04/07/2016 à 10h07 | Répondre

Nya (voir son site)

On a tous une personnalité en mille-feuille j’imagine, et c’est tant mieux 🙂 Mais les points que j’évoque sont ceux qui, quand j’essaie de les décrire à des proches, suscitent l’incompréhension. Quelqu’un qui n’est pas réceptif à l’ASMR, ou extraverti, ou qui ne peut pas vivre sans être entouré… aura du mal à comprendre. Même mon homme a du mal à appréhender certaines notions, comme le fait que je sois toujours en « partie d’échecs » quand je parle. Même si en fin de compte, je pense être parvenue à un bon équilibre entre ce que je corrige et ce que j’exprime pour avoir une façade plus ou moins normale ( = qui passe en société). Bravo si tu parviens à être totalement toi, pour ma part j’ai besoin de camoufler certaines façons de faire.

le 04/07/2016 à 13h21 | Répondre

Flora

« on est tous un peu autistes, certains plus que d’autres » résume ce que je voulais dire. Quand on reconnait que personne n’est « normal » tout va mieux 🙂
J’avoue qu’il y a beaucoup de choses citées que je ne connais pas c’est vrai mais je les comprends, surtout quand c’est aussi bien expliqué 😉
Pour vivre ensemble on n’a toujours besoin de compromis pour pouvoir se comprendre, mais c’est un peu dommage de devoir aussi inhiber sa personnalité. Espérons que les mentalités vont évoluer de ce coté là aussi (comme pour la race, le sexe, l’orientation sexuelle… ce n’est pas parce qu’un groupe est majoritaire que ça les rend meilleurs)
Cette personnalité complexe est ce qui fait de toi qui tu es et on t’aime bien comme ça 🙂

le 04/07/2016 à 14h36 | Répondre

Chacha d'avril

Ton article me parle beaucoup !
Certains points que tu évoque me sont familiers. D’ailleurs merci de me permettre de mettre un nom sur cette sensation que j’adore et dont je n’ai jamais parlé à personne car je pensais être la seule bizarre à le ressentir : l’ASMR !!
L’un de mes proches est Asperger mais n’étant pas dans sa tête je ne sais pas si cela s’approche de ce que tu peux vivre, puisque chacun est différent.

le 04/07/2016 à 11h36 | Répondre

Nya (voir son site)

L’ASMR est assez étrange à décrire mais pas si rare que ça, et je suis ravie de lire que d’autres personnes connaissent cette sensation !

le 04/07/2016 à 13h29 | Répondre

Madame Parenthèses

Pour Asperger, si ça vous intéresse : La différence invisible, de Julie Dachez et Mademoiselle Caroline (http://www.editions-delcourt.fr/serie/difference-invisible.html) 🙂
Très bon livre graphique !

le 01/02/2017 à 12h19 | Répondre

MlleMora

Ton article est génial (comme la plupart de tes articles). Il est intime et en même temps nous parle. Je me reconnais dans certaines choses que tu cites (introvertie, niveaux de pensées, besoin de trouver la « bonne » réponse »…), pas dans d’autres, mais c’est normal puisque nous sommes uniques, teintés de spécificités et de nuances.
C’est génial que tu saches décrire ta tête de la sorte – je n’ai jamais essayé de le faire à ce point (je crois que j’ai un peu peur de ce que je vais trouver dans ma tête…)
Soyons nous, voilà.

le 04/07/2016 à 13h21 | Répondre

Nya (voir son site)

Merci MlleMora <3 J'ai mis du temps à l'écrire, cette chronique… justement car trouver les mots pour décrire ce qui se passe là-dedans n'a pas été chose facile. Et encore, je passe sur le maelstrom de pensées en bruit de fond permanent, les angoisses et les 18 000 projets par jour 😉 Je pense que pas mal de gens s'y retrouveront car on parle justement du "spectre autistique" : on est tous un peu autistes, certains plus que d'autres. Certaines de ma connaissance ont eu un diagnostic d'autisme, d'autres non mais présentent certaines caractéristiques "visibles" de l'autisme (en en étant conscientes ou non), d'autres ne présentent rien…

le 04/07/2016 à 13h27 | Répondre

Elodie Gimenez

C’est fascinant de voir comme chacun se retrouve un peu dans les divers traits cités dans ton article ! Pour moi c’est plus sur la partie relations sociales : faire la conversation est pour moi un supplice, non que je n’aime pas ça mais plutôt que je n’ai pas la moindre idée de ce que je peux raconter aux gens (je remercie d’ailleurs mon bavard de chéri qui me sort souvent de situations délicates en parlant suffisamment pour nous deux <3) et ce que les gens ont beaucoup de mal à comprendre (surtout la famille en fait) c'est que j'ai beau apprécier les moments d’interactions sociales, il y a très peu de mes relations qui arrivent à susciter un manque chez moi, j'aime passer des moments avec eux mais ils ne me manquent pas et du coup c'est rare que je prenne les devants pour les voir et on en vient à me traiter d'égoïste ou de sans coeur… Alors que j'aime juste être seule (je dirais même que j'en ai besoin, surtout après avoir vu beaucoup de monde d'un coup, j'ai besoin de ma bulle de calme… enfin calme relatif vu le brouhaha qu'il peut y avoir dans ma tête à suivre plusieurs conversations à la fois avec moi-même…).
Merci pour cet article qui rappelle que certains de nos grains de folies se retrouvent chez d'autres et à la fois diffèrent pour chacun-es 😉

le 04/07/2016 à 16h54 | Répondre

Mlle Moizelle

Pfiou! ça a l’air crevant d’être toi! 😉 Intéressant mais crevant…
Je suis aussi « monomaniaque » (je dis souvent « monotâche » parce que je veux pas être « maniaque »! ^^), en tout cas à 200% dans un projet, une idée, une activité. Cela m’obsède et j’ai du mal à passer à autre chose. J’ai aussi souvent les idées qui vont plus vite que mes mots, mais ça je pense que c’est tout le monde non? Et je me pose beaucoup de questions, mais ça c’est parce que je suis une femme! haha! Et j’aime le calme (le silence même en fait) et j’aime me retirer dans mes pensées quand mes main s’occupent toutes seules (vaisselle, tricot, jardinage,…). Mais j’aime aussi beaucoup être entourée des gens que j’aime, et je déteste quand mon chéri part quelques jours par exemple et que je suis seule pendant trop longtemps (c’est-à-dire plus de quelques heures).
Je suis complètement intriguée et fascinée par les synesthètes… J’ai trop envie de voir à quoi ça ressemble dans vos têtes, ça a l’air jouliiiii! ^^ et je n’arrive pas du tout à me représenter en quoi cela pourrait consister.
Mais ce que tu dis sur tes conversations-parties d’échec, ça me trouble… et me fait froid dans le dos… ça a l’ai épuisant, mais surtout, cela me semblerait désagréable de discuter avec toi en sachant que tu as un tel esprit analytique et une telle « maîtrise », un contrôle de tout ce qui sort de ta bouche… J’aime les gens spontanés et vrais, alors je ne sais pas si je pourrais me sentir à l’aise en discutant avec toi! 🙁
En tout cas ton article est intéressant (comme d’hab! 😉 ). Merci!

le 05/07/2016 à 10h30 | Répondre

Nya (voir son site)

Je ne sais pas si c’est fatiguant d’être dans ma tête, je n’ai jamais eu que celle-là !

Quant à la fin de ton message, je ne sais pas vraiment que te répondre. Au nom de tous les gens qui aimeraient être spontanés mais n’ont jamais eu le mode d’emploi, désolée ? On n’en est pas moins vrais et sincères dans la mesure où on fait des efforts pour tenter de s’ouvrir aux autres. Je n’ai pas l’impression d’être calculatrice, j’essaie simplement de canaliser un flux de pensées cacophoniques bien involontaire pour essayer d’interagir avec mon interlocuteur de façon à ce qu’il me comprenne le mieux possible.

le 05/07/2016 à 21h04 | Répondre

Mlle Moizelle

Oh Nya, j’espère ne pas t’avoir vexée!!! Tes articles sont très intéressants, alors je me doute que tu dois être quelqu’un d’intéressant et je ne te tournerais pas le dos de peur que tu sois « calculatrice »! Ce n’était pas une attaque envers toi mais sûrement un réflexe de « protection » envers moi, juste un risque ressentir un malaise en sachant que tu choisis autant tes mots (alors que moi j’ai plutôt tendance à parler à tors et à travers, ce qui n’est absolument pas mieux!). Mais comme tu le dis, tu es sincère quand tu essaies de t’ouvrir aux autres. Tu m’en veux pas dis?

le 06/07/2016 à 09h07 | Répondre

Nya (voir son site)

Pas de souci, mes excuses pour mon commentaire un peu virulent.

le 06/07/2016 à 12h36 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?