Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Pourquoi j’ai décidé de me faire tatouer


Publié le 10 novembre 2014 par Marina

Si tu consommes de la presse féminine, ou même d’ailleurs des hebdomadaires généralistes, tu n’as pas pu passer à côté de cette information : le tatouage est à la mode. Encore réservé, il y a quelques années, aux « bad boys and girls », aux marins, aux prisonniers, le tatouage a conquis tous les âges, toutes les classes sociales. Et moi, accessoirement.

Je ne vais pas te faire une étude sociologique, mais juste expliquer pourquoi je vais très bientôt faire moi aussi cette expérience.

D’abord, je ne me suis pas réveillée un matin en me disant « tiens, et si je me faisais tatouer ? », comme je pourrais me dire « tiens, et si j’essayais une coupe au carré ? ». Ça fait quelques années maintenant que j’y pense. J’ai mûri ce projet très lentement. J’ai commencé à y penser vraiment plus sérieusement il y a quelques mois. J’ai demandé conseil cet été, franchi la porte du salon début septembre, validé mon dessin il y a trois semaines… et je me fais tatouer dans trois jours, au moment où j’écris.

Je reviendrais ensuite te raconter comment ça se passe en pratique, à la fois pour la discussion autour du projet, la préparation et la réalisation.

Quand j’ai révélé à mon entourage que mon projet était assez avancé, au point d’avoir versé l’acompte et bloqué le rendez-vous, les réactions ont été moins enthousiastes que je le pensais. Quand j’en parlais comme d’une envie, on me disait « pourquoi pas, c’est sympa ». Maintenant, on me dit « je ne comprends pas pourquoi tu fais ça ».

Alors, pourquoi… voilà en vrac, sans ordre d’importance, ce qui me motive :

  • La peau est la plus belle des toiles à dessin…

Ma peau est très sensible… et je suis très sensible à la peau. Pour moi, les émotions passent bien plus dans le toucher, le contact, que par le regard ou la voix. Pourtant je suis une introvertie, j’ai besoin de préserver mon espace, je n’aime pas la foule, je ne fais généralement pas la bise à mes collègues ni à mes simples connaissances (il faut en prendre l’initiative, je ne refuse pas, je ne suis pas asociale non plus…). Donc je ne tripote pas les gens qui m’entourent…

Par contre, je peux être très tactile avec les gens que j’aime et qui comptent pour moi. Mon mari, mes enfants, ma famille, mes amis de toujours… Et je crois fermement aux vertus thérapeutiques de la peau : quand je sens que je commence à tomber malade, un bon massage me remet plus vite d’aplomb qu’un traitement médicamenteux.
Le tatouage s’inscrit dans cette démarche : je prends grand soin de ma peau depuis une vingtaine d’années, y ajouter une dimension esthétique ne me déplaît pas.

  • Même si le tatouage s’est largement démocratisé, il a encore du mal à passer dans certains milieux sociaux.

Je viens d’un milieu assez traditionnel, avec des convenances. J’ai toujours été une petite fille sage, bien obéissante, jamais pris de cuite, jamais fait le mur, jamais fumé… Parce que mes parents m’avaient dit que c’était pas bien… le tatouage, c’est un peu ma révolte (à 37 ans, il était temps…).

Je travaille dans un milieu assez strict, où l’originalité est tolérée dans une certaine mesure (faible). Il était inconcevable que j’ai un tatouage sur une partie visible du corps, genre l’épaule ou le bras… Je vais donc le faire au milieu du dos.

Mais le fait de savoir que je suis tatouée, alors que je viens de ce milieu social-là, que je suis dans cet environnement professionnel, ça me donne le sentiment que je suis un peu sortie du moule où je devrais me couler.

  • J’aime cette idée d’avoir le contrôle absolu de ce que je fais de mon corps.

On m’a dépisté par hasard une tumeur précancéreuse il y a cinq ans. Si ça n’avait pas été le cas, je serais malade à l’heure actuelle. Je ne suis pas à l’abri d’une autre pathologie (et je suis de nature à m’imaginer le pire dès que j’ai un bobo quelconque). Je vois le temps qui passe, le corps qui se modifie… mais je me dis que cette fois, c’est moi qui décide ce qui lui arrive.

  • J’ai le sentiment depuis quelques mois d’avoir vraiment accédé à la maturité.

Plusieurs drames ces dernières années m’ont fait changé ma façon d’appréhender la vie. J’ai la stabilité affective et amoureuse dont je rêvais, des amis pour la vie, un couple solide.

Je viens enfin d’obtenir ce qui manquait à ce tableau, un changement professionnel qui me fait accéder à des responsabilités, je me sens pleinement épanouie dans mon travail. Alors ça me paraît important de faire un geste qui marquera à tout jamais ce moment où je me suis sentie devenir une adulte… mais qui en lui-même, n’est pas « raisonnable ».

photo studio femme tatouée

Crédits photo (creative commons) : Alan Antiporda

J’ai mis très longtemps à me décider à franchir la porte du salon, parce que je ne savais pas quel motif choisir. Figuratif, tribal, abstrait… j’ai bien conscience que le dessin sera toujours là dans 30, 40 voire 50 ans, et qu’il ne faut pas se tromper, sous peine de détester se voir nue… Je te dirais bientôt ce que j’ai choisi.

Au-delà même du dessin, j’avais conscience que ce n’est pas anodin de s’infliger un tatouage : mine de rien, c’est quand même une blessure. Ça fait mal, ça suinte, ça saigne… À 3 jours de l’intervention, je viens de connaître un très gros moment de doute, en m’observant dans le miroir sous la douche, en me disant que je vais modifier mon corps de façon irréversible. Que mon dos ne sera plus jamais le même.

Et surtout… mon mari n’approuve pas. Il associe le tatouage au marquage du bétail… Il ne comprend absolument pas ma démarche, et m’a dit qu’il appréhendait un peu sa réaction dans l’intimité. Il sait que j’ai besoin régulièrement qu’il me masse le dos, et il s’y prête de bonne grâce (qu’est-ce que je suis de bonne humeur après ça !), mais il redoute de ne plus pouvoir me toucher après…

J’étais à deux doigts d’annuler. Et puis il m’a rassuré, en me disant que je ne devais pas renoncer pour ça, et qu’il s’y fera sans doute…

Si je suis bien sûre d’une chose, après tous ces mois, ces années de réflexion, c’est que c’est un geste qu’on ne devrait pas faire trop tôt, trop jeune. Quand je vois des jeunettes de 18 ans aller se faire tatouer un lézard sur la cuisse, une hirondelle sur l’épaule, je me demande si elles mesurent bien le poids de cette décision…

Mais tous les tatoués me disent que c’est une drogue, qu’une fois qu’on y a goûté, on recommence toujours… Je te dirai ça… Commençons d’abord par le premier !

Et toi, quelles sont les raisons qui t’ont donné envie ou qui pourraient te donner envie de te faire tatouer ? Ton compagnon adhère à ton envie, ou pas du tout ? Comment arrives-tu à gérer cela ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

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Nya (voir son site)

Merci pour ton témoignage. Je me retrouve dans beaucoup de choses, surtout la partie avec le mari qui n’paprouve pas… Sauf que le mien n’approuve pas, mais alors pas du tout. Et que j’ai déjà annulé deux rendez-vous pour me faire piquer à cause des tensions que ça génère chez nous.
Je sais bien que ma peau, c’est mon choix, mais si son regard sur moi s’en trouve affecté, cela fait réfléchir à deux fois… Je repousse donc encore mon envie en rongeant mon frein.
J’espère que tu reviendras nous dire ce que ça d’être fraîchement tatouée pour la première fois !

le 10/11/2014 à 14h05 | Répondre

Marina

Tu verras dans la suite du récit que finalement la réaction de mon mari a été plutôt positive. Je dirais que tout dépend du type de tatouage que tu veux, du motif, de l’emplacement, et des raisons pour lesquelles ton mari n’approuve pas… après, le tatouage devient tellement une partie de toi-même qu’il n’y a pas de raison que ton mari te rejette à cause de çà ; c’est comme les défauts qu’on déteste mais dont on s’accommode chez le conjoint parce que le reste le vaut bien 😀 mais c’est sûr qu’il faut y réfléchir… :même si mon mari est rassuré et le trouve plutôt beau (si si !) il n’arrive pas à le toucher… quand il me masse le dos il l’évite ! il ne veut pas trop le voir de près mais je crois comprendre que c’est parce que çà l’intimide et qu’il voit d’abord l’aspect « blessure », il en a peur en fait… çà passera…

le 10/11/2014 à 19h24 | Répondre

sandy (voir son site)

Alors je fais partie des « tatouées sur le tard » Mon premier tatouage, je l’ai fait quand j’avais 36 ans, je crois. Au bout de 3 mois, j’ai enchainé avec deux nouveaux tatouages (cou et bas du dos) et je croyais que j’en avais fini avec tout ça ! J’étais comblée par mes 3 tatouages, et vraiment pleinement satisfaite. D’ailleurs, mon mari, qui était plutôt pas trop pour, a finalement trouvé que c’était super joli et sexy ! Et aujourd’hui, j’ai 43 ans, et j’envisage TRES sérieusement un petit 4ème ! J’ai trouvé l’endroit ! Il me reste à finaliser le dessin ! Voilà ! C’est vrai que on sait quand on commence, et on ne sait pas quand on finit !!!!! 😉 Bon courage à toi et vas au bout de ton souhait !

le 10/11/2014 à 20h18 | Répondre

Linda

Merci pour ce témoignage. moi aussi, je parle très régulièrement de me faire tatouer mais mon éducation traditionnelle me poussait jusqu’à récemment à être sage. Finalement, j’ai eu le déclic il y a 3 semaines, après mon mariage et un très gros choc dans ma vie de couple. Le besoin de graver ce moment dans ma peu. Pour ne pas oublier mais également avancer. Le 1er dessin fait avec mon mari et un autre à concevoir avec un tatoueur. Ne reste qu’à pousser sa porte…

le 12/11/2014 à 17h01 | Répondre

Bountynette (voir son site)

Je me suis fait tatouer pour la première fois il y a moins d’un mois et tout comme toi c’était une décision mûrement réfléchie.
J’ai eu une trés belle première expérience et mon tatouage fait à présent partie de moi puisqu’il représente mon histoire.
Quand on veut se faire tatouer, on y pense beaucoup avant, mais il y a des choses que l’on n’apprend qu’après. Même si on s’y prépare, on est vraiment confronté à son image dans le miroir que lorsqu’il est fait. C’est assez drôle finalement comme sensation. C’est un dessin, gravé à tout jamais……
Une coupe de cheveux, ça se change, un style vestimentaire aussi, un visage se modifie avec l’age (malheureusement parfois), mais le tatouage lui, on sait qu’il restera la et qu’il nous accompagnera jusqu’à la fin.
Mon compagnon m’a suivie et soutenue dans ma démarche (c’est lui qui m’a dessiné l’ébauche du dessin), quant à mes proches peu l’ont vu. Je crois que les réactions seront la en été lorsque l’on ressortira bras nus puisque mon tatouage se situe sur mon épaule. Après les gens pourront dire ce qu’ils veulent, c’est mon corps, mon histoire, ma vie.
Enfin, pour conclure ce commentaire, oui il y aura bien un deuxième, mais peut être plus tard…. le temps de le faire murir comme il faut …. 😀

le 12/11/2014 à 17h25 | Répondre

Madame Ananas (voir son site)

Merci pour ce témoignage. Je ne suis pas fan de tatouage, en tout cas je n’en veux pas pour moi (déja parce que ça fait mal et en plus parce que j’aurai trop peur que le truc ne ressemble à rien quand j’aurai 80 ans ou que je regrette plus le dessin/l’endroit…).
Mon mari veut s’en faire un depuis un bon bout de temps, ça fait des années qu’il en parle, il avait commencé a regarder les dessins (asvec son frere qui dessine tres bien et devait fournir le dessin) pis c’est tombé au point mort. Il en reparle de temps en temps mais c’est tout. Je ne sais pas combien de temps ça va rester en stand by, s’il a/va changer d’avis ou pas…

A+
Karine

le 16/11/2014 à 05h34 | Répondre

Marie

Pour ma part, j’ai pris le RDV pour mon 4ème tatouage. Le premier, je l’ai fait à 20 ans, le 2ème à 26, le 3ème à 28, et cette année j’ai 30 ans. Je confirme que c’est une drogue (mais personne ne m’avais prévenue MDR) Je suis aussi d’accord avec le fait qu’il faut mûrement réfléchir sur le quoi et sur le où, surtout quand on est jeune. Le 1er tatouage, je l’ai fait dans le dos, juste sous la ligne du col de t-shirt, de manière à pouvoir le cacher si besoin. Le 2ème est sur ma cheville, et je ne suis quasiment jamais en jupe ou robe, donc la plupart des gens l’oublient. Le 3ème, c’est l’initiale de mon fils, du coup, je le voulais à vue. Je l’ai donc fait sur l’intérieur du poignet. Avec une manche, on ne le voit pas, mais c’est sûr qu’on le voit bien plus souvent que les 2 autres. Mais j’adore vraiment ! Tellement, que le 4ème, en cours de création chez le tatoueur, sera fait sur mon bras (l’autre pour le coup), en débutant sur la main et en remontant. Ce coup-là, manche ou pas manche, il se verra tout le temps. Je crois que c’est grâce à l’assurance qu’on prend avec l’âge qu’on peut se permettre de se lâcher, et arriver à accepter que c’est pas une « connerie » mais bien parce qu’on préfère voir ses tatouages. Le tatouage dans le dos, c’est bien, c’est discret, mais c’est pas vraiment pour soi puisqu’on ne le voit que dans quelques circonstances (nue, de dos dans une glace, cheveux relevés, etc). Je trouve ça pas mal d’avoir fait mes tatouages dans ce sens-là, du plus discret au plus voyant, plutôt que le contraire, qui reviendrait à dire que je regrette d’avoir fait mes 1ers tatouages à vue et que je me mets à en faire des plus discrets. Voilà, voilà, c’était mon petit témoignage ! 🙂

le 30/11/2014 à 18h58 | Répondre

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