Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Ma première machine à coudre et ce que j’en ai fait


Publié le 4 avril 2016 par Creamy

Je suis une fille chanceuse.

Oui, j’ai la chance de connaître des tas de filles talentueuses. Et dans tous les domaines : couture, tricot, broderie, dessin, décoration… et aussi dans le milieu professionnel ! Des nanas hyper douées.

Tu me vois venir, avec mes gros sabots ? Je suis une MAF (Mère Au Foyer, mais ça fait plus « blog » de dire MAF !) de 33 ans. Dans la vie, j’élève mes deux enfants : un grand garçon de 6 ans bientôt, et une petite louloute de 4 mois. Je n’ai pas le permis de conduire, et je vis dans la Beauce profonde, en Eure-et-Loir. Sans boulot, et dans un village, laisse-moi te dire que j’ai une vie sociale proche du néant.

Du coup, je passe beaucoup de temps sur le net, sur Facebook et sur les blogs de la vie quotidienne, comme celui-ci. Et je lis des trucs fabuleux ! Des histoires de femmes courageuses qui redémarrent leur vie, qui choisissent de travailler pour elles, de vivre de leur passion. Des femmes au foyer comme moi, mais qui ont des doigts de fée et qui créent des merveilles. Des mamans qui ont des tas de super idées pour organiser leur vie et amuser leurs enfants.

Alors, un jour, je me suis dit : « Et pourquoi pas moi ? Je suis chez moi, ma maison est relativement bien tenue, mes enfants sont bien éduqués (enfin, il paraît), donc si je savais coudre, par exemple, je serais une femme accomplie ! »

Apprendre à coudre ou pas

Crédits photo (creative commons) : suzy spence

Ni une ni deux, à la première occasion, je me suis acheté une machine à coudre. Enfin, je me suis fait offrir une machine à coudre par mon mari, qui était content que je me sois trouvé une nouvelle lubie, car j’avais tendance à le gonfler un peu ces temps-ci, à coup de « Ma vie est pourrie, je ne sais rien faire, je n’intéresse personne, bla bla bla ».

J’ai découvert la bête, mais je n’ai pas réussi à l’apprivoiser. Mon mari, ce héros, est finalement parvenu, au bout de quelques heures de jurons et d’insultes en tout genre, à enfiler les fils comme il fallait. Du coup, allez hop, j’ai cherché un tutoriel pour super débutante et entrepris de coudre un doudou. Une chose toute bête, mais bon, il fallait bien commencer quelque part, hein ?

Bon, je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps : après une oreille plutôt réussie, une deuxième déjà nettement moins classique et un ensemble affreux (mon mari a tenté vainement de me consoler en me disant que j’avais fait un doudou Sinok), j’ai ressorti le carton, j’ai tout rangé, et j’ai mis ma machine à coudre à vendre sur Le Bon Coin.

Après m’être confiée à mes super amies sur l’epic fail de mon projet doudou, celles-ci m’ont encouragée à persévérer, à continuer et à ne pas me mettre autant de pression. Après tout, si ça m’intéressait, pourquoi ne pas essayer encore ?

Je suis allée me doucher, officiellement pour sentir bon, officieusement pour pleurer toutes les larmes de mon corps sans que mon mari ne me voie. Et puis finalement, j’ai réfléchi. Pourquoi ça me touchait autant ? Et pourquoi j’abandonnais avant même d’avoir vraiment essayé ? Je me suis rendu compte que je n’étais pas aussi motivée que je le pensais.

J’aime bien voir ce que font les copines, je leur commande même des choses absolument adorables pour mes enfants, mais finalement, est-ce vraiment mon truc, la couture ? Et ça vaut pour tout ce que j’ai essayé : la couture, le tricot et même la broderie. Est-ce que j’ai vraiment envie de faire de la couture, ou est-ce que j’essaye juste de ressembler à mes amies ? De les copier pour me dire que ma vie est moins banale ?

Parce qu’il est là, le problème : en effet, je me mets la pression, mais de la pression sociale. Oui, je suis une fille banale, non, je n’ai pas vraiment de talent (je suis juste pleine de bonne volonté !), mais finalement, est-ce que ça ferait de moi une femme meilleure de savoir coudre un doudou, une gigoteuse pour ma fille ou une guirlande de fanions Star Wars pour mon grand ?

Voilà la conclusion à laquelle je suis arrivée : je vais rester fidèle à moi-même. Moi, je fais des DIY niveau maternelle, mais mon cœur explose de fierté quand mon fils pousse des cris admiratifs devant mes œuvres, ou quand son instituteur reproduit avec ses élèves de petite section le DIY de Noël que je lui ai offert l’année précédente.

Ce que j’aime, moi, c’est écrire, faire des gâteaux au yaourt ou au chocolat avec des étoiles en sucre dessus. J’aime faire des pièces montées de couches pour les bébés à naître de ma meilleure amie (des jumeaux, gniiii !). J’aime regarder des séries et jouer à Diablo avec mon mari. J’aime recevoir ma copine de l’école des gamins, et boire un thé en l’écoutant se plaindre (pour une fois que ce n’est pas moi !).

Alors voilà, j’ai décidé d’accepter ma vie telle qu’elle est. Elle est de toute façon très bien, ma vie, avec mon mari qui traîne dans son vieux jogging Adidas en suédine quand il ne travaille pas (en plus, ça revient à la mode, la suédine, hé hé), mon fils passionné de Star Wars, et puis moi qui attends leur retour tous les soirs avec ma chouquette d’amour.

Une chouette petite vie banale, en somme.

Et toi ? Est-ce que tu as déjà eu envie de mener une vie plus créative ? Comment est-ce que ça s’est manifesté ? Qu’en as-tu retiré ? Viens nous raconter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici

Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

C’est un joli article Creamy !
Il est important de respecter ses envies tout en ne se créant pas des complexes.
J’adorerai également savoir coudre des jolies choses comme j’en vois parfois. Pour cela, il faudrait déjà que je trouve du temps.

le 04/04/2016 à 09h04 | Répondre

Lauriane (voir son site)

Je me suis bien dis, en lisant « si je savais coudre, je serais une femme accomplie ! » que ça ne pouvait pas être la morale de l’histoire !

Tu es une femme accomplie (entre autre) parce que tu sais rendre les gens autour de toi heureux, et ce n’est pas banal, et c’est surement l’un de tes talents !

Je me suis retrouvée à mener une vie créative « contrainte et forcée » par mon inconscient : j’ai fait un burn-out, j’ai démissionné et avec l’accord de mon mari je n’ai pas cherché d’autre poste. Comme nous n’avons pas d’enfant et que j’étais libre d’occuper mes journées comme je le voulais, je me suis mise à fabriquer des meubles pour notre appartement. Une chose en entrainant une autre, les meubles sont restés un hobby, mais j’ai pris confiance en moi et je suis devenue artisan (papèterie) : l’activité qui m’avait toujours fait rêver sans que je l’admette, parce que c’était inconcevable pour ma famille. Donc je trouve que tu as bien raison de faire seulement les choses qui te plaisent !

le 04/04/2016 à 09h12 | Répondre

Amandine Gimenez (voir son site)

C’est pas banal de trouver autant de plaisir que toi à élever tes enfants, c’est même une grande force ! 🙂

le 04/04/2016 à 12h02 | Répondre

Madame Nounours

Je pense que chaque personne a un don pour quelque chose bien que parfois c’est assez long (Rome ne c’est pas fait en un jour! ). Même si tu as eu quelques soucis pour l’apprentissage de la couture , tu restes une femme accomplie et c’est le primordial. La couture c’est pas toujours évident à maîtriser, perso même si je me débrouille bien en couture, je sais que je suis loin d’être une pro. As tu regardé près de chez toi pour prendre des cours avec une prof voir de rejoindre des groupes d’entraîdes sur Facebook pour la couture comme Petit Citron ?. Parfois ça permet de repartir sur des bonnes bases.

le 04/04/2016 à 12h25 | Répondre

Creamy

Merci pour vos mots.
Pour être honnête, je n ai finalement pas revendu ma machine à coudre 😉
Je vais attendre le bon moment pour m y remettre !

le 04/04/2016 à 12h37 | Répondre

Madame Bisounours

J’allais te dire de ne pas la vendre justement ! Moi aussi je suis une MAF, à la campagne et sans permis (pour l’instant) et comme toi, après la naissance de ma fille (qui est aussi la cadette) je me suis dit que je me mettrais bien à la couture. Et comme toi, j’ai abandonné assez rapidement ! Mais comme elle est plus grande maintenant, et qu’elle est plus indépendante, je m’y suis remise doucement. Mais j’ai commencé facile cette fois : des lingettes démaquillantes, d’autres pour le change de bébé, puis des capes de super héros, etc. Que des choses faciles, et dont le résultat moyen n’est pas un problème.
Quant au fait d’être banale, je n’y crois pas trop, pour moi tout le monde est exceptionnel sur un point ! (Oui, même ceux que je n’apprécient pas trop !)

le 06/04/2016 à 08h44 | Répondre

Madame Rêveuse

Un article réaliste mais optimiste, plein de vérités et d’espoir. J’adore et tu as tellement raison !
Moi je ne sais pas faire des petites étoiles en sucre alors je me suis mise à la couture… 😉

le 04/04/2016 à 15h26 | Répondre

MlleMora

super article plein de réalisme et d’optimisme aussi ! C’est marrant car cette semaine je me suis dit : tiens, si je me mettais à la couture pour faire des supers trucs comme ma copine machin ? Et finalement je ne l’ai pas fait car d’autres choses m’intéressent, même si c’est moins « vendeur » en société ! Et oui, il faut accepter la vie qu’on a, et savoir s’en réjouir, comme toi !

le 04/04/2016 à 16h09 | Répondre

sarah

Je suis contente de lire que tu n’as pas vendu ta MAC 😉 non pas que je pense qu’être une femme accomplie passe par la couture, mais parce que c’est super pratique pour faire des ourlets vite fait ! mais tu as bien raison, certaines sont douées de leurs mains et toi tu as sûrement un autre talent, ce n’est peut être pas créatif mais le principal c’est que tu sois heureuse de ta vie telle qu’elle est 🙂

le 04/04/2016 à 16h55 | Répondre

Kitsuné

Haaaa, faire des gâteaux et jouer à Diablo avec ton mari 🙂 je me reconnais bien là ! Tu as déjà fait deux enfants, n’est-ce pas un bel accomplissement ? Et puis, quand on commence la couture, après on veut se mettre au tricot … puis à l’aquarelle … puis au scrap-booking … puis à la photo … bref, tout ça pour dire que je ne connais pas une femme qui ne se dit pas « ha si je savais faire ça, je serais une femme accomplie » (moi c’est : « si je savais faire pousser des fleurs »). On n’est jamais assez parfaite !

le 04/04/2016 à 17h12 | Répondre

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