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Retourner à l’école à 30 ans


Publié le 24 octobre 2019 par Bibi

Après mon expatriation, j’ai choisi de changer de voie… et d’apprendre la langue de mon pays d’accueil ! Je suis donc retourné sur les bancs de l’école, 10 ans après les avoir quittés…

Crédit photo (creative commons): Alexas_Fotos

Réapprendre à apprendre

La dernière fois que j’ai suivi un cours, j’avais 21 ans. Je pensais avoir laissé carnets, devoirs et examens pour de bon, après une classe préparatoire intense. Avant de commencer, je me disais « pas d’inquiétudes, Bibi, tu sais comment faire et tu étais plutôt douée, ça va le faire! » C’était sans compter sur les années passées à ne pas étudier.

Mine de rien, c’est une activité à part entière, et je me suis rendue compte que j’avais perdu l’habitude d’être en classe. Rester assisse des heures, ne pas perdre la concentration, ne pas pouvoir consulter mon téléphone ou aller aux toilettes quand je le voulais: c’était bien plus difficile que ce à quoi je m’attendais.

Rester concentrée aussi longtemps est une habitude qu’il faut savoir garder… ou dans mon cas, réapprendre. Les premières semaines ont été compliquées. Pour me forcer à écouter et ne pas m’endormir relâcher la concentration, je notais absolument tout ce que le prof disait.

Tout le reste m’est revenu assez facilement: prendre des notes, participer, poser les bonnes questions au bon moment… Même faire mes devoirs n’était plus une corvée, plutôt une manière pour moi de bien m’assurer que les leçons étaient acquises.

Crédit photo (Creative commons): lil_foot_

Cela demandait quand même une organisation dont je n’avais plus l’habitude. Contrairement au travail, qui me suivait rarement à la maison, en rentrant chez moi après l’école, il me restait des livres à lire, des devoirs à faire ou des exposés à préparer. Avec un travail à temps partiel à côté, il a fallu apprendre à jongler avec tout ça. Heureusement j’ai tendance à travailler rapidement et à ne pas remettre les choses à la dernière minute…

Une perspective différente

En intégrant l’école après un premier parcours très académique, ma perspective sur les cours a largement changée. J’ai choisi ma formation consciencieusement selon sa durée, sa réputation et son prix. J’avais en tête un objectif précis. Cette formation est mon choix, à 100%. Du coup, ma motivation a dédoublé par rapport à mes cours de lycée (tu me diras, pas difficile de doubler une motivation que j’avais quasi nulle pour certaines choses, comme par exemple mon cours de géographie le lundi à 8h). Non, à mon âge et après mon parcours, je suis là pour apprendre, j’ai payé avec mes propres sous pour cette formation: je vais donc tout faire pour apprendre au maximum. Étant plus adulte, j’étais également plus responsable vis à vis de mon éducation.

Je savais donc ce que je faisais. Et quand je dis ¨plus responsable¨, ça ne veut pas dire que je ne faisais pas l’école buissonnière de temps en temps ou rendait un devoir en retard. Mais quand je sautais un cours, je le faisais parce que je savais que ce n’étais pas au détriment de mon objectif global. Si mon papier était rendu en retard, c’est parce que je travaillais. Et j’assumais à 100% chacune de ces démarches.

Popularité

Quand j’étais au lycée, ou en prépa, les gens de ma classe étaient d’une importance vitale. C’était la grosse question en chaque début d’année et l’inquiétude primaire de toutes mes années d’études: est-ce qu’il y aura des gens sympas? Vais-je pouvoir me faire des amis?

Sauf que quand on change de perspective, la socialisation n’est qu’un supplément, pas un objectif vital. Si les gens autour de moi sont cools, tant mieux. Si ce sont d’immenses idiots, tant pis. Ce qui vient en premier, ce sont les études.

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Cette nouvelle attitude m’a paradoxalement permis de plus facilement me lier avec mes co-étudiants. J’accordais moins d’importance à mon statut social dans la classe, j’étais plus décontractée et sûre de moi, du coup la pression était moindre. J’étais entourée souvent de gens plus jeunes, de milieux complètement différents. Je ne me suis pas fait d’amis pour la vie, mais j’ai trouvé de bons camarades avec qui c’était plus simple d’interagir.

Un nouveau système

Paradoxalement, ce qui m’a le plus étonné en retournant en cours, c’est la nouvelle manière de procéder, puisque tout passe par Internet maintenant! La dernière fois que je devais rendre un papier datait d’il y a plus de 10 ans, et depuis, l’usage d’Internet et des ordinateurs s’est largement répandue. Maintenant, on remet une dissertation dans Drive, les exposés sont des présentations Powerpoint, et les cours sont disponibles sur une plateforme dédiée. Finies les heures passées à la bibliothèque qui ont définies une partie de ma scolarité, tout se fait maintenant sur Google. Autant te dire que même si je ne suis pas une mamie croulante, je me suis pris un sacré coup de vieux.

Me mettre au 100% numérique a été très simple, étant plutôt adepte de la technologie et pas la dernière sur l’utilisation de PowerPoint. J’ai même trouvé ça très excitant, de voir comment les choses ont évoluées et à quel point la technologie peut faciliter la vie. Mais j’ai connu des comparses un peu plus âgé qui avait énormément de mal à s’y faire (sans parler de se payer le matériel nécessaire, que par chance j’avais déjà).

Vers une nouvelle vie

Mon année sur les bancs de l’école m’a au final beaucoup appris… Pas seulement sur les sujets sur lesquels j’étais formée. Je me suis redécouvert une passion pour la connaissance, j’ai mis à jour mes pratiques d’apprentissage, mais surtout, surtout, j’ai retrouvé une motivation qui me faisait défaut depuis que j’avais abandonné ma première carrière.

J’ai repris confiance en moi, je me suis fait des nouveaux amis, et j’ai mis toutes les chances de mon côté pour entamer une nouvelle partie de ma vie. Je me sentais extrêmement fière d’avoir réussi, et, après une longue année d’apprentissage, d’avoir mon diplôme flambant neuf en poche (j’ai même failli l’accrocher sur le frigo). Passé 30 ans, donner une nouvelle direction à ma vie n’était pas chose facile, ni donnée, et j’ai l’impression qu’en retournant à l’école j’ai réussi à repartir sur de bonnes bases.

Et toi, tu es retournée à l’école, ou souhaites le faire? Comment l’as-tu vécu?

Commentaires

3   Commentaires Laisser un commentaire ?

sarah

Bravo, c’est très courageux ! je ne suis pas sûre que je tiendrais 3 mois avec toutes mes petites habitudes maintenant ^^ (quelle horreur de ne pas aller aux toilettes comme on veut !)
Par contre je suis assez surprise, alors soit j’ai eu la chance d’être dans une école moderne à l’époque, mais il y a 10 ans tous mes cours étaient au format numérique. On les récupérait sur une clé USB après la présentation des intervenants et on avait un portail universitaire en ligne ou on rendait nos copies aussi.

le 24/10/2019 à 08h16 | Répondre

Virg

Mon projet m’obligera aussi à retourner 2 ans sur les bancs d’école à 40 ans. Hum autant apprendre, j’aime ça, autant je suis passée dans le hall d’une université pour mon boulot actuel il y a quelques semaines en m’imaginant au milieu des étudiants, pfiouuuu le coup de vieux ! Je me suis dit « ah non pas de sac à dos ! » 🙂 🙂 😉

le 25/10/2019 à 07h06 | Répondre

Croco

J’envisage une reconversion qui passera peut être par une nouvelle formation et ce qui m’inquiète le plus c’est la gestion des enfants en parallèle de la formation. Comment ça s’est passé pour toi ?

le 11/11/2019 à 14h36 | Répondre

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