Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Le bien-être par le vide


Publié le 23 mai 2014 par Nya

Quand j’étais enfant, j’adorais garder tout et n’importe quoi. Comportement sans doute hérité de mon grand-père, qui après avoir connu la guerre, ne jette pas grand-chose « au cas où ». Ou de ma mère, qui adore les collections.

J’avais des collections de cailloux, de jolies boîtes de chocolat. Je gardais tous mes cahiers de cours de toutes les classes, mais ça ne me choquait pas, mes grands-parents avaient bien gardé les cahiers de ma mère. Je gardais aussi pas mal de trucs, tous plus improbables les uns que les autres, pour garder, pas pour en faire quelque chose. Juste comme ça. On a toutes été un peu comme ça, non ? Même pas un peu ?

Ce comportement a duré, duré, jusqu’au jour où je suis partie du nid familial et où il a bien fallu faire le ménage dans tout ça.

Et là, le choc : jeter m’a fait du bien. Je me souviens très bien de la libération ressentie en jetant les lettres d’une amie qui n’en était plus une, de jeter les horribles cahiers de physique et de chimie du collège.

On aurait pu penser que ça m’aurait ouvert les yeux, mais loin d’en tirer une leçon qui aurait été salutaire pour mes placards, j’ai poursuivi sur ma lancée habituelle, à garder de vieilles peluches, des tickets de concert. Toujours plus de trucs et de machins.

Et puis j’ai emménagé avec mon homme, qui est adepte du minimalisme à l’extrême. Là où je vois des souvenirs, lui ne voit que des choses, en bon moine zen, ce qui aurait pu être un bon choix de carrière pour lui s’il n’avait pas eu la vocation de l’informatique.

informatique zen

Crédits photo (creative commons) : Okko Pyykkö

Et petit à petit, j’ai fini par changer, poussée à la fois par mon homme et une volonté de me détacher du matériel pour me recentrer sur l’essentiel. Il faut croire que la moinitude zen, c’est contagieux.

C’est comme ça que je suis devenue accro aux sites de vente d’occasion, aux vide-grenier, aux dons spontanés aux amis. C’est ma voie vers le dépouillement zen.

À n’importe quel moment de l’année, je dois avoir un bon quart de mon appartement en vente sur Le bon coin, Ebay, Priceminister… Mangas, vêtements, chaussures, meubles… tout y passe ! Même ma robe de mariée, même les choses les plus improbables comme des bacs à glaçons ou des pompes à vélo.

Le début du plaisir commence par la mise en ligne de l’annonce. On prend une jolie photo, on rédige un texte aguicheur, c’est la promesse d’une vente et surtout d’un bon débarras. Il m’est arrivé de mettre des annonces pour des dons quand je savais que je n’arriverais pas à revendre une chaise cassée ou un sac taché. Et tout part ! Plus exactement : tout finit par partir, si l’on sait être patient (très zen, la patience).

À chaque nouvelle transaction, j’ai l’impression de me libérer un peu plus des entraves du monde matériel. Présomptueux, peut-être… Mais tellement libérateur. À chaque fois que je vois un objet partir de chez moi, que j’en aie retiré une satisfaction financière ou non, j’ai l’impression d’avoir joué un tour à la société de consommation, d’avoir rendu service à quelqu’un, d’avoir libéré mon esprit du poids d’un objet.

Je ne sais pas comment tu envisages tes possessions, mais chez moi, elles deviennent facilement un fardeau. Les bibelots, les livres qu’on ne lira plus jamais, les fringues qu’on ne remettra plus… J’ai l’impression que chaque objet inutilisé me hurle « Relis-moi ! Porte-moi ! Répare-moi ! »… Bref, ces objets dont je ne me sers pas me donnent l’impression d’être leur prisonnière, de leur devoir une utilisation. En m’en débarrassant, je me libère de cette obligation de les utiliser.

Je reste malgré tout humaine et je garde quelques objets ou livres que j’aime bien. Le livre que j’ai lu dix fois. La tunique chinoise ramenée de Hong Kong que je ne mets que pour les grandes occasions, mais qui me va bien. Le maneki-neko d’un goût douteux que je trouve trop mignon. Ceux-là ne me dérangent pas, car je sais que je les utilise régulièrement. Idem pour les objets de décoration mais bien mis en valeur : ils sont utilisés à leur juste valeur, et non gardés avec dédain au fond d’un placard.

L’important n’est pas de jeter absolument tous mes objets pour vivre dans un cellule monacale (fût-elle zen), mais de me défaire de ceux dont je sais qu’ils m’encombrent l’esprit. Moins de choses chez moi ? Moins de choses à penser. J’aime l’idée de ne posséder que des objets qui ont du sens tout en étant utiles, qui ne me reprochent rien et ne me pèsent pas, pour me laisser me concentrer sur le côté immatériel de ma vie.

Et toi, quel est ton rapport avec les objets qui t’entourent ? Tu es plutôt du genre à tout garder ou à tout jeter ? Tu te sens entravée par tes possessions ? Viens me raconter tout ça !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mademoiselle A

J’approche actuellement d’un déménagement, et je suis en pleine phase de « on doit se débarrasser de tout ce dont on ne se sert pas ». Vêtements, vaisselle, objets divers, tout passe au crible. Tout ça parce que quand j’ai emménagé avec M. A, j’ai dû faire le tri sur tout ce que j’avais engrangé parce que « souvenir » ou  » ça servira peut-être un jour ». C’est fou tout ce qu’on garde, comme ça. Je me retrouve donc totalement dans ce que tu écris.

Mais je suis une novice en ce qui concerne les sites de revente, etc. Tu aurais des conseils à me donner ? Je ne sais pas par où commencer, ni comment m’y prendre … :/

le 23/05/2014 à 11h21 | Répondre

Alice la lutine

Bonjour Mademoiselle A ! 🙂 En attendant peut-être une réponse plus précise de Nya, je t’invite à aller consulter son article précédent, qui donne quelques pistes sur le sujet ! 😉 http://www.sous-notre-toit.fr/trucs-et-astuces-pour-rallonger-un-peu-ton-budget/

le 23/05/2014 à 11h47 | Répondre

Mademoiselle A

Merci, j’avais loupé cet article !

le 23/05/2014 à 11h51 | Répondre

Marina

Je suis eu peu comme toi Nya, je vois des souvenirs dans le moindre objet, mais je me soigne… J’ai gardé ma collection de cailloux et quelques objets de mon enfance dans une grande boîte, et bazardé le reste… Mais je conserve des affaires pour mes enfants, pour plus tard : leur premier pyjama à la naissance, deux ou trois livres premier âge, la première petite voiture… maintenant la manie de l’accumulation s’est transférée sur tous les matériaux récupérables pour bricoler, et çà c’est pas marrant pour mon Zhom : je garde des boîtes en métal, des emballages, des vieux rubans… berk !!
Un super site pour donner ce qui ne mérite plus d’être vendu : http://www.donnons.org : on met une annonce, une photo, et en général dans la journée on a trouvé quelqu’un qui vous en débarrasse. Ca peut être n’importe quoi : vieux meubles, électroménager cassé, livres, vêtements, déco démodée… Très pratique !!

le 23/05/2014 à 12h20 | Répondre

Madame Arwen

Alors je suis partagée, parce que je garde énormément de choses pour se souvenir, même des trucs un peu bizarres… Mais pour ce que je veux jeter (parce que des sacs remplis de fringues que je veux donner ou jeter j’en ai quelques uns), j’ai la flemme! même de juste les porter au secours catholique à 10 minutes de route de la maison… Je mets de côté, n’y pense jamais et résultat ça traine… Pareil si je veux revendre ou donner sur des sites de trocs, la perspective de prendre les photos, les mettre sur internet, et ensuite expédier les colis me fatigue d’avance ^^

le 23/05/2014 à 13h09 | Répondre

Mademoiselle A

Comme je te comprends xD c’est peut-être pour ça que je n’ai jamais sauté le pas …

le 23/05/2014 à 16h34 | Répondre

Madame Vroom

Pour échanger des livres, j’aime bien utiliser BookMooch (http://fr.bookmooch.com/)… c’est de l’échange !

le 23/05/2014 à 14h33 | Répondre

Tefyline

Comme je te comprend !
Je suis encore attaché à bcp de choses, mais j’aime parfois faire le tri et ne pas (trop) m’encombrer inutilement. Comme tu dis : ça fait du bien 😀
Prendre le temps de vendre ou trouver où donner, ça c’est une autre histoire ! Je ne jette pas car j’aime encore moins le gaspillage ^^

Moi aussi, chez maman ça stock et ça stock, pourtant l’appart n’est pas grand, mais on trouve tjs un coin où ranger un ptit truc de plus.
Mais une fois les études finis et donc après 5 déménagements en 3 ans, on comprend l’importance (et le poid !) de ses affaires.

le 23/05/2014 à 20h07 | Répondre

Magali

Pour moi également… Cela fait quelques années que je me « débarrasse » de livres, de vêtements qui ne servent plus, de petits mots et autres lettres écrites par de vieilles amies qui ne sont même plus des « connaissances » aujourd’hui… Et je ressens comme toi un réel bien-être à me débarrasser de ces objets… Je me libère d’une entrave, d’un boulet à mes chevilles… Et j’ai l’impression de me réinventer, d’être un peu « nouvelle », d’avoir une nouvelle partie de moi disponible, ouverte, libre. Posséder un objet n’est important pour moi que s’il représente qqc… Et c’est pour ça que je garde précieusement tous les tickets, petits mots doux, photos… qui me rappellent les moments inoubliables avec mon homme. Le reste, je vide, je m’en libère !!

le 01/06/2014 à 21h11 | Répondre

Cybercrevette

Hello! Ton article me fait penser au livre « L’art de la simplicité ». Ce n’est pas à prendre au pied de la lettre, sinon on finit avec 3 bols, un morceau de savon et deux pantalons, mais ça m’a fait réaliser que l’important dans un objet c’est la qualité et la beauté et/ou l’utilité. J’ai aussi appris à ne pas faire de doublons. Pour mes achats beauté / mode / déco / appareils, si j’achète des marques, c’est pour leur qualité et leur durabilité, sinon je me contente de l’entrée de gamme. Ca aide aussi à se distancer du ratio prix=statut social. Du coup, nos amis et nos familles ne comprennent pas pourquoi nous vivons dans un studio malgré nos situations stables. La raison est simple: nous n’avons pas besoin de plus! Au final, je ne manque de rien et je suis zen 🙂

le 26/09/2014 à 20h23 | Répondre

prettyarty

c’est exactement ma façon de voir les choses, et j’y travaille, comme toi ! j’ai trié ma cuisine le weekend dernier d’ailleurs, et j’ai deux cartons remplis à mettre à la brocante. c’est un vrai plaisir d’ouvrir les placards sans y voir un tas de fourbi maintenant: ) nous sommes sur la bonne voie! 🙂

le 29/07/2015 à 12h49 | Répondre

Mathilde

Je suis actuellement en phase de dépression due à des attaques de panique et je suis tombé sur votre blog par hasard : il m’a redonné le sourire ! Les sujets sont variées et bien abordés, une vraie façon de voir les choses autrement, continuez 🙂

le 24/04/2016 à 22h48 | Répondre

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