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Je ne sais pas aller au bout des choses


Publié le 1 mai 2020 par Rosa Evril

J’ai déjà parlé ici de mon côté anxieux que j’arrive de mieux en mieux à gérer au fil des années. Cependant, j’ai un autre caractère qui m’handicape beaucoup au quotidien : je ne sais pas aller au bout des choses et de mes projets.

Crédit photo (creative commons) : ChadoNihi

Je ne sais pas finir les choses de la vie quotidienne

Ce caractère se manifeste tout d’abord dans beaucoup d’aspects de ma vie quotidienne.

Tout d’abord, j’ai souvent du mal à finir les tâches ménagères en cours. Par exemple, je vais vider le lave-vaisselle mais je vais laisser quelques trucs sur le plan de travail. Ou bien je vais ranger une partie de la lessive qui est sèche, mais laisser quelques vêtements. Le double côté négatif, c’est que je me suis fatiguée à faire la tâche, mais je n’ai pas la satisfaction du travail accompli puisque ça n’est pas fini…

Ça se répercute aussi sur mon travail. C’est la chose pour laquelle j’ai le plus de discipline car j’y suis obligée, mais quand j’ai quelque chose à rédiger et que je n’ai pas de date limite, je tourne souvent autour du pot pendant des jours alors que quand j’ai un petit coup de pression je peux terminer l’ensemble en quelques heures (voire moins).

Je suis une personne assez créative et je lis beaucoup. Autant je n’ai aucun problème pour finir un livre (c’est même le contraire : je lis très vite et je peux passer des heures dessus si l’intrigue me passionne jusqu’à avoir terminé au plus vite), autant pour mes projets de création c’est très compliqué. J’ai actuellement en cours un pull en crochet (je n’ai fait que le devant… depuis 3 ans !) un chemisier pour lequel j’ai découpé toutes les pièces et il ne me reste « plus qu’à » coudre… depuis l’été dernier et toute une multitude de tissus, laines, et récup en tout genre que je garde pour le jour où je m’y mettrai « vraiment ». Alors, j’arrive quand même à finir des choses, j’ai quelques écharpes à mon actif et j’ai fabriqué un certain nombre de bijoux en perles dont je suis assez fière. Mais pour les bijoux, une fois encore, j’aimerais réussir à en fabriquer à plus grande échelle pour pouvoir en faire profiter les autres mais je n’arrive pas à me lancer.

Je ne sais pas finir les projets à long terme

J’ai acheté il y a quelques années un appartement qui nécessitait des travaux de rénovation. Rien de très sorcier puisque c’était surtout de la déco, mais alors que l’essentiel des travaux est terminé depuis deux ans, il me reste deux radiateurs à peindre et je n’ai jamais trouvé le courage de le faire. Il y a quelques autres petites bricoles qui nécessitent quelques heures de travail mais je ne l’ai pas encore fait et c’est bien dommage, car j’espère vendre mon appartement dans quelques mois pour déménager dans la maison de mon conjoint (dans laquelle il y a des travaux aussi, l’histoire se répète).

Comme je le disais dans la première partie, j’aime beaucoup créer et j’aimerais bien que ça occupe une plus grande partie de ma vie. Ce n’est pas faute d’essayer, mais malheureusement je m’y tiens seulement par période et souvent c’est ce qui passe en dernier après les « obligations » de la vie quotidienne (travail, tâches ménagères notamment). Et quand j’essaie de me discipliner, ça devient une obligation et ce n’est pas le but non plus… Je ne m’étale pas sur toutes les ébauches de roman que j’ai pu commencer, mais une fois encore je n’ai jamais réussi à aller au bout.

Au niveau du travail, je t’ai déjà parlé ici de mon métier et surtout des conditions précaires qui rendent difficiles l’obtention d’un emploi stable. J’ai déjà envisagé plusieurs fois une réorientation, je l’ai même concrétisé à un moment puisque j’avais trouvé un emploi de commerciale qui s’éloignait beaucoup de ma formation initiale. Mais comme ça ne se passait pas très bien dans mon entreprise, je suis revenue travailler dans un laboratoire de recherche ce qui était la solution de facilité à ce moment-là.

Avant mon dernier emploi en date, j’ai également beaucoup réfléchi à changer de métier, j’ai même eu un accompagnement avec l’APEC qui m’a permis de dégager certaines pistes mais une fois encore je n’ai pas concrétisé ce changement car cela nécessitait de gros sacrifices (plusieurs années d’étude sans certitudes financières).

Il y a deux ans, j’ai commencé à préparer en parallèle de mon emploi les concours d’enseignement, j’ai acheté les livres nécessaires, me suis inscrite au CNED et ai travaillé 3 mois sur le programme. J’ai ensuite mis la préparation de côté car je n’arrivais pas à gérer la préparation en plus de mon travail, je n’étais pas sûre de mon choix et surtout j’ai eu une promesse d’obtenir un CDI pour rester dans mon emploi actuel, ce qui était encore une fois la solution de facilité.

Finalement, j’attends toujours le CDI, et je pense parfois que si j’avais obtenu le concours quand je l’ai préparé j’aurais déjà une situation plus stable.

Les solutions que j’ai déjà essayé de mettre en place

La solution la plus évidente est de faire des listes ou remplir son agenda et de s’y tenir. J’ai déjà essayé bien sûr, je tiens quelques semaines et puis je reviens à mes mauvaises habitudes.

J’ai déjà essayé aussi de me discipliner en m’imposant des horaires pour faire certaines activités, et des « deadlines ». Mais ça aussi, je n’arrive à m’y tenir que quelques temps car j’ai du mal à agir sous la contrainte.

Dernièrement, il y a quand même des choses que j’ai réussi à accomplir comme ma perte de poids. J’essaie de me raccrocher à ça pour me prouver que je peux quand même réussir à aller au bout de quelque chose quand je m’en donne les moyens. Cette année 2020 était bien partie car j’avais l’impression depuis quelques mois de mieux réussir à concilier les différents aspects de ma vie et à progresser sur certaines choses. Par exemple, j’ai fabriqué pas mal de bijoux, et j’ai enfin eu le courage de proposer ma candidature pour écrire sur Sous Notre Toit après plusieurs années avec l’envie de bloguer sans concrétiser. Mais le confinement que nous vivons actuellement a de nouveau chamboulé ces « bonnes résolutions » et je dois réussir de nouveau à passer au-dessus de ce trait de caractère.

Pourquoi suis-je comme ça ?

A vrai dire, je n’ai pas encore la réponse mais je sais que ça remonte à très loin. Ça n’est pas vraiment de la flemme ou de la procrastination car quand je m’y mets je sais faire les choses très vite et bien, et je suis en général plutôt impatiente donc pas trop encline à remettre au lendemain. Ça rejoint plutôt une certaine peur de faire des choix, de ne pas réussir, ou de me retrouver dans une situation que je ne maîtrise pas totalement : en ne terminant pas les choses, je reste dans une certaine zone de confort avant de passer à l’étape suivante inconnue.

Mais de manière générale, je vis plutôt mal cette situation qui me gêne beaucoup dans le quotidien et qui n’est pas très valorisante pour ma confiance en moi, et qui me fait aussi stagner dans des situations bancales ou moyennes alors que je pourrais faire bien mieux en m’en donnant les moyens.

Mon conjoint est un peu pareil, et du coup j’ai l’impression d’avoir à gérer ce trait de caractère pour deux même s’il est aussi une grande force de soutien. Je me retourne parfois sur toutes ces années où j’ai fait des choses qui n’avaient pas vraiment d’intérêt et j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps. Ecrire cet article et partager ce caractère n’est pas évident pour moi (ce n’est jamais facile d’avouer ses faiblesses) mais c’est peut-être le premier pas pour une certaine forme de « thérapie ».

Partages-tu ce trait de caractère ? Ou au contraire as-tu des clés pour mener à bien tes activités quotidiennes et tes projets sans te décourager ? Viens nous en parler !

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Azu

Je me reconnais totalement dans cette chronique : les activités commencées mais jamais terminées, une reconversion pro où je n’ai jamais eu la force d’aller jusqu’au bout (bon finalement je suis en CDI et très heureuse donc je me dis que c’était pas plus mal de pas terminer ça). Mais comme toi, parfois ça me pèse, surtout quand se sont de gros projets, style avoir le permis de conduire… Et comme pour toi mon mari est un peu pareil. Ce n’est pas facile au quotidien, et clairement je pense aussi que cette une manière de pousser au loin mes peurs de l’inconnu…

le 01/05/2020 à 11h11 | Répondre

Rosa Evril

Ça fait du bien de ne pas être seule 🙂 je pense aussi que c’est lié à une façon de repousser les peurs, de rester dans sa zone de confiance. Pour le permis de conduire, j’ai eu beaucoup de mal à l’avoir mais à l’époque j’étais poussée par mes parents. Sinon j’aurais laissé tomber je pense. Et finalement je ne conduis presque jamais…

le 01/05/2020 à 13h35 | Répondre

Emilie

Alors pour le coup je suis ton exacte opposée : impossible pour moi de laisser quoi que ce soit en plan. Que ce soit sur le plan pro ou le plan perso IL FAUT que je finisse tout ce que je commence quel que soit le temps que j’y passe et l’effort que cela demande.
J’ai grandi dans un environnement très / trop exigeant qui ne tolérait aucun relâchement d’aucune sorte.

le 01/05/2020 à 13h17 | Répondre

Rosa Evril

Moi aussi j’ai grandi dans un environnement très exigeant, peut être que c’est aussi une manière de m’en affranchir que de me « laisser le droit » de ne pas finir les choses. Est ce que tu en souffres de ne pas pouvoir laisser les choses en plan justement ?

le 01/05/2020 à 13h37 | Répondre

palau

Bonjour, je me reconnais également dans cet article. L’analyse que j’ai fait de mon fonctionnement serait plutôt en lien avec la quantité d’idées qui me passent dans la tête : tout m’intéresse, je veux tout faire, mais en réalité je n’ai ni le temps ni l’énergie pour tout, ou alors le temps de formation nécessaire pour y arriver me décourage au premier essai… Mari idem, source de conflits depuis qu’on a des enfants, car ce n’est pas possible de juste commencer des choses pour eux, ils ont besoin d’un quotidien fiable et programmé, même si c’est plus simple au fur et à mesure qu’ils grandissent

le 01/05/2020 à 15h14 | Répondre

Rosa Evril

Je me reconnais aussi dans ce que tu dis, que beaucoup de choses me passent par la tête et que j’ai du mal à tout faire. C’est frustrant 🙂 Je n’ai pas encore d’enfants donc j’ai du mal à me projeter là dessus, mais je trouve ça bien qu’ils puissent être déclencheurs d’un changement. Est ce que tu arrives justement à mettre en place ce cadre fiable et programmé dont tu parles ?

le 01/05/2020 à 21h07 | Répondre

Marjolie

Je me reconnais dans beaucoup de ce que tu écris, donc tu vois, on est plusieurs 😉 moi j’ai pas ça pour ranger le linge, mais alors pour tous les trucs importants, bingo! (j’ai exactement les mêmes problématiques pour le boulot précaire et les envies de projets créatifs jamais concrétisés ou achevés)
A mon avis, il y a bien de la procrastination là-dedans (mais pas que ça), parce que la procrastination me semble souvent très liée à la peur de ne pas réussir et à des questions d’estime de soi.
Pour le côté créatif mais éparpillé, ça me fait penser aux hauts potentiels aussi. Je ne sais pas si tu en as d’autres caractéristiques (hypersensibilité, grande empathie, sens aigu de la justice, par exemple), ça pourrait être une piste éventuellement?

le 02/05/2020 à 09h59 | Répondre

Rosa Evril

Oui ça fait du bien de voir qu’on est plusieurs à avoir ce fonctionnement 🙂 et je suis d’accord concernant la procrastination. Ce n’est pas juste la flemme mais aussi un moyen d’éviter ce qui est inconfortable. Très bien vu pour le côté haut potentiel, j’ai aussi écrit un article à ce sujet qui va être publié très bientôt 😉

le 02/05/2020 à 13h14 | Répondre

Marjolie

Ah bah tiens… 😉
Copine !

le 11/05/2020 à 15h25 | Répondre

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