Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Comment j’ai débuté la course à pied


Publié le 11 août 2014 par Nya

Pendant ma scolarité secondaire, entre deux bonnes notes en anglais et 327 conversations sur les Garçons (engeance excessivement mystérieuse !), j’ai fait absolument tout ce qui était en mon pouvoir pour échapper aux cours de sport, et plus précisément, à la course à pied.

Invariablement, chaque premier trimestre de chaque nouvelle année scolaire, les classes prenaient la direction de l’échafaud du stade voisin pour de nombreuses épreuves d’un sadisme raffiné : courses fractionnées, endurance, sprint, endurance, saut de haies et encore plus d’endurance.

Je haïssais la course à pied de tout mon petit cœur, et pour me porter pâle, j’ai essayé le bain d’eau froide (dans l’espoir d’attraper une pneumonie), les dispenses impromptues, les certificats médicaux. Tu noteras qu’en bonne élève, je n’ai jamais pensé à sécher tout simplement. Bref, l’athlétisme était mon pire cauchemar.

faire de la course à pied

Crédits photo (creative commons) : Gareth Williams

En 2011, une amie est venue avec une idée saugrenue : participer à une course caritative.

Autant te dire que j’avais pas rechaussé mes baskets depuis dix ans, et que ma première réaction a sûrement été un haussement de sourcil moqueur (« Moi ? Tu m’as bien regardée, là ? »). Mais la bonne action, la courte distance et le fait qu’il s’agissait d’une allure libre m’ont séduite. Il devait aussi y avoir la perspective de faire une bouffe après, sinon on ne m’aurait pas eue si facilement.

Je me suis inscrite aux 5 km allure libre, je me suis entraînée. J’ai sué, j’en ai bavé, j’en ai eu marre, j’ai souffert, je me suis plainte à n’en plus finir, j’ai eu des ampoules, des points de côté, des courbatures, j’ai couru sous le soleil, sous le vent, sous le pollen (mais qui programme les courses au printemps ?)… Et petit à petit, j’ai pris du muscle, du souffle, de l’assurance et même du plaisir.

Je n’ai finalement pas couru cette course pour un empêchement familial. Mais malgré moi, la machine s’était enclenchée. Avoir réussi à courir 5 km en m’entraînant régulièrement m’a montré qu’avec patience et assiduité, c’était possible. Le mental, ça s’entraîne aussi !

Et quand on m’a proposé de participer à un 10 km en équipe, je n’ai pas hésité bien longtemps. C’était un tout autre défi, mais attends un peu, petite : j’avais couru 5 km, je n’étais plus débutante ! Je m’en sentais capable. Je transpirais la confiance par tous les pores (ou peut-être était-ce l’effort). Je me suis inscrite, je me suis entraînée, j’ai couru ces 10 km et j’ai survécu ! Regarde comme j’ai l’air heureuse :

course à pieds

(Bon OK, ça, c’était AVANT la course.)

J’en retire une grande fierté et cette expérience m’a appris plusieurs choses :

  • La course à pied, c’est gratuit et facile à pratiquer, pour peu qu’on ait de bonnes baskets et un parc sous la main. Pour commencer, même pas besoin de vêtements thermolactyles ultra-absorbants en mérinos transgénique !
  • En fait, beaucoup de personnes pratiquent. En tout cas, ce sera toujours plus simple de trouver des coureurs que des escrimeurs, des trampolineurs ou des lanceurs de nains.
  • C’est addictif. SAPRISTI. Je l’ai dit. C’est addictif. L’adolescente en moi est en train de pleurer mais je l’ai dit : je suis devenue (modérément, quand même) accro à la course à pied. Je me suis mise à apprécier ce moment de calme à l’écoute de mon corps. Pire encore : la sensation d’avoir bougé et accompli quelque chose est très agréable.
  • C’est bon pour la santé. Même à mon allure de tortue paraplégique (je tiens un bon 7km/h, quand même), c’est bon pour le cœur, la forme physique et le moral.

Enfin bref. Et comment on commence ?

On se fixe un objectif en s’inscrivant à une course réaliste mais motivante. On oublie immédiatement le semi-marathon ou le parcours du combattant, qui certes feraient classe en soirée mondaine mais sont tout bonnement inaccessibles aux communs des mortels dont nous faisons encore partie.

Si tu n’es pas sportive pour un sou, cinq kilomètres, ça te semble sûrement le bout du monde : c’est parfait pour commencer. Si tu es déjà sportive, dix kilomètres, c’est tout à fait faisable. Avec un peu d’entraînement. Ou beaucoup.

Pourquoi s’inscrire à une course ? Très simple : en dépensant une somme modérée (une vingtaine d’euros), tu t’engages moralement à aller courir ce jour-là devant des milliers de spectateurs, de téléspectateurs et ta conscience. Participer à une course donne un objectif concret et mesurable (une distance ou un temps de course officiel), dans une ambiance qui te fera sentir partie de la grande famille des coureurs. Et ça, ça n’a pas de prix.

Ensuite, on y va petit à petit : commence par courir 5 minutes sans t’arrêter à ton rythme. Puis 10 minutes. Si tu préfères un objectif de distance, commence par un kilomètre, puis 1,5, puis 2… Bref, vas-y pro-gres-si-ve-ment ! Rien de tel pour se démotiver que de vouloir aller plus vite que la musique.

En parlant de musique, courir avec ton mp3 rivé aux oreilles peut être hyper motivant. Ou t’essoufler incroyablement en te faisant courir à un rythme qui n’est pas le tien. Ça dépend énormément, donc essaie de courir en musique ou en silence pour voir ce qui te correspond.

Je préfère écouter mon corps pendant l’effort, mon homme préfère se laisser porter par son groupe de punk préféré. Chacun son style. Mais garde une oreille sur les signaux que t’envoie ton corps, c’est important pour ne pas se blesser. Et on n’oublie pas de s’étirer avant, après, et de bien s’hydrater pendant.

Courir avec quelqu’un est motivant aussi. Et parler en courant entraîne le souffle !

Si tu hésites à te lancer, n’hésite plus ! Dans le parc à côté de chez moi, j’ai vu des coureurs trois fois plus âgés que moi, des personnes qui vont encore moins vite que moi, des femmes qui courent en voile ou en jupe longue, des coureurs aveugles guidés par un entraîneur… Tout le monde peut courir ! Peu importe ta condition physique, tes convictions vestimentaires ou tes performances : si tu as envie d’essayer, rien ne peut t’arrêter !

Alors, convaincue ? Tu chausses régulièrement tes baskets ou tu préfères encourager les coureurs ?

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

sarah

eh beh, je n’aurais pas dis mieux! exactement comme toi en cours d’EPS je détestais la course, et pourtant j’ai toujours été très sportive. J’aimais TOUT, sauf la course… le 20 mn d’endurance… un vrai calvaire… et puis un jour dans mon club de fitness il y a eu un concours et mon coach m’a proposé de m’y inscrire. tirage au sort, je tombe sur le tapis de course… bouhhhh… première fois 20mn j’ai cru que j’allais mourir, puis comme toi j’ai pris du muscle, mon souffle s’est amélioré et un jour quand la machine s’est arrêté automatiquement au bout des 20mn je n’étais même pas fatiguée et je voulais continuer… et maintenant je suis accro. par contre je cours toujours sur un tapis car j’aime la fait que si j’en ai marre je m’arrête et je suis sur place… alors que si je cours à l’extérieur et qu’il m’arrive n’importe quoi (une attaque surprise d’ours… oui, je vis dans un pays dangereux) ca me fait flipper de ne pas être capable de rentrer chez moi. bref, la course c’est la vie 🙂 prochaine étape m’incrire à une course!

le 11/08/2014 à 08h50 | Répondre

Christelle

Comme toi, l’endurance était mon pire cauchemar au collège et au lycée ! Je n’étais pas du tout sportive mais une fois j’ai essayé pour voir ce que ça donnait et je suis devenue accro aussi ! Maintenant j’adore ça c’est devenu une véritable drogue et il faut que j’ai ma dose au moins deux fois par semaine =)

le 11/08/2014 à 14h43 | Répondre

Madame Nounours

Il m’arrive d’aller courir avec mon mari mais en ce moment il n’est pas très motivé et comme je n’ai personne avec qui courir ça me démotive aussi mais c’est vrai que c’est une excellente activité. J’ai une copine d’école qui s’y étais mise et au bout de quelques mois elle avait perdu tous ses kilos en trop et elle continue ce sport et on voit qu’elle est supe épanouie.

le 12/08/2014 à 13h13 | Répondre

Mme Crazy

Bonjour!

Je me suis completement reconnue dans tes lignes. Je DE TE STAIS l’endurance au college, et je pense que c’etait en partie du au fait que ca nous etais impose.

Le fait d’y aller en ayant envie change completement la donne selon moi. J’ai commence a courir pour me bouger les fesses, et parce que je deteste les contraintes horaires et financieres de quasi tous les autres sports.

La course a pied, c’est la liberte: tu le fais quand tu veux ou tu veux avec qui tu veux et gratuitement. Ou quasi. Et je suis d’accord avec toi quand tu dis qu’une course motiv en termes d’objectif.

Par contre, je ne suis pas tout a fait d’accord quand tu dis que le semi-marathon n’est pas atteignable pour « le commun des mortels comme nous ». Je suis comme toi. Ma premiere course etait un 10km en septembre 2009 et j’ai ete malade a la fin tellement j’avais trop force pour mon etat physique de l’epoque. J’ai continue a courir regulierement et j’ai fait mon premier semi en mars 2011. En prenant le temps, et en ayant un entrainement adapte, TOUT LE MONDE peut le faire. J’ai fait mon premier marathon en avril 2014 et je fais celui de NY en Novembre! J’ai tellement hate.

Et je ne dis pas du tout ca pour la ramener, je voulais juste te dire que tu es comme moi, et si tu as envie, bah tu peux! Et c’est un sentiment tellement genial!!

Mon premier semi, je l’ai fini en souriant, et meme si j’ai eu des courbatures, je l’ai fini sans souffrir. Le deuxieme, alors que j’avais l’experience du premier, je ne me suis presque pas entrainer, et c’etait l’horreur!

Donc allez y! C’est trop genial!
Je viens de faire mon premier tri-athlon ce week-end et pour le coup, la nage, c’est pas pour moi :)))

Bonne journee a vous tous!

le 14/08/2014 à 19h10 | Répondre

Nya (voir son site)

J’ai parlé du semi dans le paragraphe qui s’intitule « comment on commence », et je persiste : pour une toute première course, le semi-marathon est une très mauvaise idée si on n’est pas déjà un grand sportif !

Rien n’empêche d’en faire un quand on a acquis de l’endurance, qu’on connaît mieux ses capacités physiques et qu’on a l’expérience de quelques compétitions… Mais alors, on ne fait plus partie du commun des mortels 😉

le 18/08/2014 à 13h31 | Répondre

Mme Crazy

Je suis d’accord avec toi, pas pour une premiere course! Quand on commence, on n’est pas un grand sportif, c’est vrai, mais on le devient tres vite! Un semi peut s’envisager en moins d’un ou deux ans en partant de zero avec un entrainement adapte!

le 18/08/2014 à 15h00 | Répondre

Milune (voir son site)

Très intéressant cet article. Moi j’aimerais bien faire travailler mon coeur, ça m’inquiète de voir qu’à 31 ans je n’ai aucune endurance.J’ai essayé plusieurs fois de m’y mettre à la course ou à des cours de cardio training mais comme je parts de très loin je me décourage vite 🙁

le 15/08/2014 à 02h49 | Répondre

Sarah

Pour l’endurance pas besoin de commencer direct avec la course, déjà la marche est une très bonne activité pour le début et tu verras quand tu te sentiras prête à courir à ton rythme 🙂

le 15/08/2014 à 14h37 | Répondre

Milune (voir son site)

Je marche pourtant beaucoup depuis plusieurs années puisque je n’ai toujours pas le permis de conduire et que j’habite à 3km du village !

le 20/08/2014 à 16h49 | Répondre

Marylin (voir son site)

Hey, des femmes en jupe longue ??
Mélol, j’ai jamais vu ça ^^
Moi aussi, j’aime courir, mais plus pour « m’entretenir » car j’ai d’autres sports de prédilection.
Bref, c’est un bon sport, excellent pour penser et s’écouter – du moins, je trouve ^^
Et effectivement, à 2 (ou plus), on peut papoter, et – truc de dingue- au bout d’un moment, c’est même facile de parler en courant !
Bref, excellent comme sport ^^!

le 04/09/2014 à 17h58 | Répondre

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