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Le dur retour à la réalité après le décès brutal de mon mari


Publié le 9 mai 2014 par Edwen

Les mois qui ont suivi le décès de mon mari ont été très difficiles, mais je me suis débrouillée pour ne rien laisser paraître (enfin, je crois).

Il y a eu quelques découvertes peu sympathiques, du genre, la moto qu’il venait d’acheter et avec laquelle il a eu son accident, qui n’était pas complètement payée (il avait pris un crédit auprès d’un organisme de crédit sans souscrire l’assurance décès), et qu’il me fallait continuer à rembourser.

Ou découvrir à l’accueil de la Préfecture, devant une file d’attente fournie, que je ne pouvais pas vendre la 2ème voiture que nous possédions comme je le souhaitais, parce que mon fils était co-héritier. Et qu’en plus, il devait être placé sous tutelle jusqu’à sa majorité (avec le regard désapprobateur des autres usagers, qui n’ont du entendre que « mise sous tutelle » de mon fils donc = mauvaise mère).

Ces 6 premiers mois ont été absolument affreux. Le plus difficile est de reprendre le cours de sa vie, celle que l’on a laissé de côté pour l’organisation en urgence dans ce genre de drame.

Reprendre le boulot, reprendre le train-train quotidien, qui est profondément modifié. Même s’ils sont compréhensifs attentionnés, l’entourage (collègues, amis) ne peut pas comprendre le vide que l’on ressent.

Comment faire lorsque chaque chose, chaque moment de la journée, aussi banals soient-ils, nous rappelle l’absence cruelle de l’autre. Une expression ou un tic de langage que l’on s’attend à entendre à la fin d’une phrase. « Tiens, il faudra que je lui demande ça, il saura me répondre lui », sauf qu’il n’est plus là pour apporter la réponse. Les larmes contenues au cours de la journée qui s’échappent en flot ininterrompu sous la douche.

Et l’angoisse, l’angoisse qu’il m’arrive quelque chose, parce que maintenant, mon fils n’a plus que moi. C’est grâce à lui que j’ai réussi à tenir. Je ne pouvais pas m’effondrer, il avait besoin de moi.

le temps - horloge

Crédits photo (creative commons) : JD Kinchan

Ensuite, je crois qu’en réaction à toute cette charge émotive, j’ai un peu fait ma crise d’adolescence. Je pense que j’ai cherché à me prouver que j’étais vivante, et que la vie continuait malgré tout.

Je te précise tout de même que je n’ai rien fait de grave (pas de vol, pas de drogue, pas de choses répréhensibles par la loi. Répréhensible par la morale, peut être…). J’ai renoué avec un flirt de lycée : mauvaise idée… très mauvaise idée. J’avais sans doute besoin de ne plus être seule, peut être de me rassurer, de trouver quelqu’un pour combler le vide causé par la perte de celui avec qui je venais de passer 10 ans de ma vie (à 26 ans, ça fait quand même une grosse partie de ma vie partagée avec lui…).

Je me suis posé beaucoup de questions, me suis demandé si c’était normal de m’être jetée dans les bras de cet ex. Qu’allait-on penser de moi ? Qu’au final je n’aimais pas mon mari ? Que j’étais bien vite passé à autre chose ? Avec le recul, je me dis qu’au contraire, j’essayais de fuir toute cette douleur. Je cherchais quelque chose à quoi me raccrocher, pour ne pas non plus étouffer mon fils en me reconstruisant à travers lui, et en faisant peser cette responsabilité sur ses épaules.

Il m’a fallu du temps pour apprendre à vivre sans lui. Il a fallu passer toutes les nouvelles premières fois. Le premier anniversaire que l’on ne lui souhaitera pas. Le premier Noël. La première année…

Je vivais toujours dans le logement de fonction mis à disposition par son entreprise, j’y suis restée encore 2 ans.

Au bout d’un an et demi, j’ai eu besoin d’une réelle coupure. J’ai profité d’une occasion pour partir une semaine en thalasso. Pour souffler, loin du quotidien, loin de mon environnement. Pour ne pas succomber à cette tentation toujours présente de baisser les bras et de tout envoyer balader.

Et finalement, cette thalasso a été plus que bénéfique. J’ai fait la connaissance d’une femme charmante, avec qui je me suis parfaitement entendue, nous avons bien rigolé pendant une semaine. Elle vivait à plus de 600 km de chez moi, et avait un ami célibataire qu’elle a abso-lu-ment voulu me « présenter », parce qu’elle était persuadée que nous nous entendrions bien.

C’est dubitative et sans grande conviction que j’ai accepté qu’elle lui donne mon adresse mail. Nous avons échangé pendant quelques mois, effectivement nous nous sommes bien entendu, très bien même, puisque nous nous marions l’année prochaine !

Aujourd’hui, cela fait 5 ans que mon mari est décédé. Il ne se passe pas une journée sans que je pense à lui, et je suis certaine que ce sera ainsi encore pendant longtemps, et c’est tant mieux. C’est toujours douloureux, moins, et ça dépend des périodes. Forcément, le mois de juin est difficile.

Mon fiancé est en or, il a su me rassurer, me faire comprendre qu’il ne se sentait pas en compétition avec mon premier mari. Il a également su comprendre que, quoiqu’il arrive, j’aimerais toujours le père de mon fils, mais qu’il y avait aussi de la place pour lui.

Aujourd’hui, je suis heureuse, presque sereine. Presque, parce qu’il y a toujours une part de moi qui craint de revivre cette terrible épreuve, que l’histoire se répète. Il y a forcément des séquelles, mais il faut aller de l’avant. Ne pas rester dans la tristesse et le désespoir, car malgré tout, la vie est belle.

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Commentaires

3   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mme erika

Oh, j’en ai les larmes aux yeux… c’est vraiment affreux… Tu as vraiment eux du courage!!! je te souhaite pleins de bonheurs, pour vous 3… et je suis sûre que ton ancien mari veille sur vous 3, de la haut…. je te souhaite un très beau mariage pleins d’amour.

le 09/05/2014 à 23h10 | Répondre

Marion

Un témoignage plein d’émotions. félicitations d’avoir mis des mots et d’avoir su exprimer ça avec autant de simplicité que d’amour.

le 12/05/2014 à 13h05 | Répondre

Colombe29

Très très émouvant. Félicitations pour cette nouvelle page qui va s’écrire. Et félicitation pour ce magnifique témoignage.

le 12/05/2014 à 13h59 | Répondre

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