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Pourquoi j’ai décidé de me syndiquer


Publié le 12 janvier 2016 par Mademoiselle Violette

Se syndiquer, en France, ce n’est pas forcément très bien vu. Le syndicalisme est bien souvent synonyme de grève, conflit, etc. Et l’actualité ne fait rien pour arranger cette vision. Oui mais… Oui mais le syndicalisme a aussi de bons côtés ! C’est quelque chose qui a un intérêt, vraiment !

Tu l’auras compris, je suis syndiquée. Et je vais t’expliquer pourquoi…

Syndicaliste

Crédits photo (creative commons) : Steve wilson

Tout d’abord, il faut que tu saches que, contrairement à certains qui ont ça dans les veines, chez nous, le syndicalisme n’a jamais fait partie du paysage. On ne m’en a jamais parlé quand j’étais petite. Ceci étant, je vais t’expliquer un peu le contexte dans lequel cette idée a germé.

J’ai travaillé quelques années pour l’administration, avant d’intégrer un grand groupe. C’était il y a deux ans. En mai, j’ai été arrêtée pour blessure pendant plusieurs mois, durant lesquels j’ai dû rester à la maison, « au calme ». Pour moi qui ne sais vivre qu’à 200 à l’heure, ça a été un drame. Je n’avais que deux recours : me morfondre ou réagir.

J’ai mis à profit cette période pour réfléchir à ce que je voulais exactement. Je venais d’avoir 30 ans, j’avais deux enfants, un métier qui me plaisait, j’étais blogueuse et chroniqueuse… Mais ce n’était pas suffisant. Alors quoi d’autre ? J’avais besoin d’un engagement utile et citoyen. Et pour ça, il y a trois possibilités :

  • Un engagement politique : pas mon truc… J’ai passé quatre ans dans les coulisses du pouvoir : c’était génial, mais ça m’a suffi !
  • Un engagement associatif : sauf à être membre du bureau, les associations sportives ne demandent que peu d’implication (même s’il faut être assidu, bien sûr, mais j’aurais eu l’impression d’être plus dans la consommation que dans l’action). Pour ce qui est des associations solidaires ou culturelles, j’avoue ne pas avoir trouvé dans ma commune de quoi me satisfaire (et je n’avais pas envie de créer une nouvelle association, n’ayant pas d’idée arrêtée de ce que je voulais faire).
  • Un engagement syndical : je m’y suis penchée plutôt par curiosité au début. Je n’envisageais pas d’entrer là-dedans, trop influencée par ce que j’en voyais dans les médias. Je ne suis pas du genre revendicative et pour moi, le syndicalisme, c’était juste une manière de s’opposer…

Mais je ne voulais pas mourir idiote et, n’ayant pas trouvé mon bonheur dans mes deux premières idées d’engagement, j’ai commencé à regarder à quoi servaient les syndicats. Et pour tout te dire, je suis tombée des nues ! Ce n’est pas seulement une histoire d’opposition et de grève. Il y a aussi d’autres formes d’engagement comme, par exemple, les délégués du personnel et les membres du comité d’établissement.

Au fil de mes lectures, je me suis convaincue que c’était utile. Et pas utile uniquement au niveau central, non, utile également au niveau de mon unité ! Du local, à 100% ! Ce premier pas franchi, j’ai ressenti le besoin d’avancer dans cette voie.

Oui mais… Comment m’y prendre ? Pour ça aussi, les mois de convalescence ont été bénéfiques. Je savais que, dans mon entreprise, il y avait un syndicat majoritaire historiquement, et trois autres avec plus ou moins de poids. De toi à moi, le nombre de votants pour tel ou tel syndicat n’est absolument pas entré en ligne de compte (et de toute façon, je ne pense pas que, depuis ma maison, j’aurais pu avoir accès à ces chiffres).

Je suis donc allée vadrouiller sur les différents sites web de ces quatre syndicats, avant de faire éventuellement mon choix. Je dis « éventuellement » car, si je n’avais rien trouvé qui me plaisait, tant pis, je n’aurais eu aucun scrupule à laisser tomber l’idée et à trouver une autre forme d’engagement.

Et puis, j’ai trouvé la perle. La perle pour moi. Le syndicat qui correspondait à mes envies, mes idées, mes aspirations… Voilà comment, un beau jour de septembre dernier, je suis allée trouver mon délégué syndical pour adhérer…

La prochaine fois, je te raconterai comment se passe mon engagement !

Et toi ? Tu avais ce désir de faire quelque chose pour la communauté ? Comment s’est-il traduit ? Tu es aussi syndiquée ? Pourquoi ? Raconte-nous !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Nounours

Je viens de me syndiqué il y a peu de temps. En effet, ayant changé d’entreprise récemment et en voyant un peu les pratiques peu scrupuleuses de mes anciens patrons vis à vis de certains collègues et sur les conseils de l’une de mes amies, j’ai franchi le cap car je pense que c’est une protection supplémentaire, notamment en cas de litige avec sa direction. Ma mère a été longtemps syndiqué et me l’a conseiller dès que j’ai débuté ma carrière professionnelle mais ayant fait les premières années de l’intérim et des cdd je n’en voyait pas l’utilité mais aujourd’hui étant en cdi et avec ma dernière expérience professionnelle c’est devenue primordiale à mes yeux.

le 12/01/2016 à 08h15 | Répondre

Virginie

Je trouve ça aussi très bien. De par mon métier, je fréquente beaucoup ce milieu mais, toujours à cause de mon métier, je ne peux prendre aucun engagement de ce point de vue.

En revanche, j’ai été déléguée du personnel dans une petite entreprise lorsque j’étais étudiante, avec aucune étiquette syndicale. J’ai fini par laisser tomber car je sentais bien que, certes, c’est hyper enrichissant mais, si tu n’as pas le temps d’y consacrer l’engagement nécessaire, ça ne rime à rien.

le 12/01/2016 à 08h40 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

C´est très intéressant j´ai hate de lire la suite !! Ici en Allemagne beaucoup de mes collègues sont syndiqués mais je ne me suis jamais penchée sur la question. Tu vas peut etre me convaincre 🙂 .

le 12/01/2016 à 08h40 | Répondre

Virginie

En Allemagne, je pense que c’est encore plus intéressant. Il me semble que les syndicats sont un peu moins dispersés qu’en France et que leur poids est vraiment indiscutable dans les négociations par branche.

le 12/01/2016 à 08h42 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Il y a en encore 5 ans j’étais dans une entreprise mais en CDD du coup je m’étais seulement pencher sur les comptes rendus des assemblés. Par la suite j’étais dans une trop petite boite pour qu’il y ait des délégués du personnel. J’avoue dans quelques années c’est sans doute quelque chose qui me tenterait. J’attends donc la suite avec impatience.

le 12/01/2016 à 10h08 | Répondre

Miss Chat

Comme tu l’as dit, on ignore trop souvent l’intérêt ‘quotidien’ et ‘au jour le jour’ des syndicats 🙂 En Belgique en tout cas, ils ont énormément de poids pour pouvoir défendre les travailleurs lors des nouvelles réglementations en matière de travail, avantages, bien-être etc. et ils sont effectivement une très bonne protection contre l’employeur en cas de conflits.
Mais (bah oui il y a un mais) il y a actuellement tellement de dérives à mon sens dans les syndicats belges qu’il est devenu hors de question pour moi de me syndiquer. Je ne suis pas en accord avec la plupart de leurs actions, je ne me retrouve pas dans l’image qu’ils promeuvent actuellement, je refuse donc par principe d’adhérer à l’un d’eux. De toute façon, je travaille dans une entreprise de 3 personnes, boss compris, et à mon compte le reste du temps : l’intérêt d’un syndicat dans ma situation frise donc le zéro.

le 12/01/2016 à 10h26 | Répondre

Mam' Agrume

J’exerce une profession paramédicale, et dans mon cas se pose également le choix de s’impliquer dans un syndicat… ou au conseil de l’ordre.
Les syndicats en l’occurrence sont beaucoup plus efficaces pour défendre la profession face aux décisions parfois… étranges… du gouvernement (parce que bon, pour une profession libérale, utilité locale = zéro), mais je regarde aussi du côté du conseil de l’ordre, parce que dans ma branche, il y a du ménage à faire niveau bonnes pratiques, et à l’ordre (par chez moi) on trouve surtout les planqués qui n’ont pas envie que ceci change (malgré la mauvaise image que ça peut nous apporter auprès des autres corps médicaux et des patients).
Du coup je suis encore en train d’hésiter entre fuir très très loin cette institution ou… essayer de faire changer les choses 🙂

le 12/01/2016 à 12h57 | Répondre

Milune (voir son site)

Je suis assistante maternelle et je ne suis pas syndiquée mais j’y pense de plus en plus !
En effet, ça fait 8 ans et demie que j’exerce ce métier et en 8 ans et demie seulement j’ai vu les mentalité des parents évoluées et pas dans le bon sens alors que paradoxalement nous avons de plus en plus de lois qui nous protègent, comme les CP, une mensualisation … et pourtant il est de plus en plus difficile d’avoir son salaire en fin de mois, les parents pinaillent pour quelques centimes … Je sais bien que les temps sont dur mais pour nous les assistantes maternelles ils le sont aussi et nous avons besoin de notre salaire pour vivre, trop de parents semblent confondre l’assistante maternelle qui garde leurs enfants la journée pour vivre et la jeune baby sitter qui vient garder les enfants le soir pendant qu’ils dorment pour se faire de l’argent de poche donc ma résolution 2016 est de me syndiquer maintenant plus qu’à choisir celui qui me convient le mieux et ça ce n’est pas simple …

le 12/01/2016 à 14h22 | Répondre

Manon

Merci pour ton article et j’ai hâte de lire la suite. Ayant fréquenté les syndicats étudiants, je ne connaissais un peu le milieu. Quand j’étais intérimaire et en CDD, j’y voyais pas l’intérêt mais maintenant que je suis en CDI, je commence à y réfléchir même si je suis dans une petite entreprise. Car je ne sais pas ce qui va passer et je pense que j’aurai besoin de me syndiquer…

le 12/01/2016 à 21h18 | Répondre

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