Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Participer à une bourse aux graines – Partie 2


Publié le 10 novembre 2019 par Madame Ecologeek

La dernière fois, je t’encourageai à trouver une bourse aux graines proche de chez toi pour végétaliser ton logement et celui des autres quelque soit sa taille, tes talents en jardinage et tes moyens financiers puisque le but est de donner et de repartir avec des plantes gratuitement.

Aujourd’hui, je te parle de l’organisation d’un tel événement. Les plantations ayant souvent lieu au printemps et à l’automne, il faudra commencer par fixer une date à partir du mois de mars ou du mois de septembre voire les deux !

« A l’automne, c’est le moment de planter les arbres, les bulbes et autres boutures qui vivent habituellement toute l’année dehors : le système racinaire va se développer au chaud dans la terre avant les gelées pour une plante forte dont la tête sera en sommeil. Au printemps, c’est l’inverse même s’il est toujours possible de planter (au risque de devoir arroser si l’été est trop chaud). C’est surtout le moment de faire ses semis de légumes et fleurs non vivaces puisque les plantes montent et bourgeonnes pour nourrir les pollinisateurs qui se réveillent. »

M. Ecologeek

L’organisation entre l’administratif et la convivialité

Je ne connais que des bourses aux graines créées par des associations et leurs bénévoles donc je ne témoignerai que sur ce type d’organisation. En général, la mairie ou l’école ou la médiathèque sont un soutien majeur à l’initiative notamment pour fournir le lieu ou la communication (partage de l’événement sur facebook, coordonnées des journalistes voire affichage en ville…).

Pour rendre l’événement encore plus convivial, les bénévoles préparent des gâteaux et les participants peuvent prendre de l’eau, du thé ou du café également offert. Pour décomplexer les participants qui viennent les mains vides, personnellement, je les encourage à venir avec des crêpes ou un gâteau pour nourrir les troupes… Ce ne sera jamais perdu et ils se sentent plus légitimes quand ils repartent avec des plantes (du donnant-donnant je te dis). Parfois, les bénévoles prévoient aussi des sachets de noix, de pommes ou de noisettes à donner si la récolte a été trop grosse chez eux pour leur consommation personnelle plutôt que de gaspiller !

Crédits : Photos personnelles

La matière première

Reste le plus long à faire par les organisateurs maintenant à savoir : la récolte des graines, des boutures et des plantes. En effet, tu ne peux pas compter que sur les plantes que les participants vont apporter de leur côté (notamment parce que tu ne sais pas combien vont venir et avec quoi en quelle quantité). Je te recommande donc d’avoir un stock et là plusieurs solutions : 

  • demander et/ ou acheter des graines en magasin spécialisé (et les bénévoles peuvent également donner ce genre de graines qu’ils ont en trop chez eux)
  • faire monter en graines ses propres plantes pour les récolter et faire des boutures et diviser ses propres plantes au moment de les remporter/ de les nettoyer

Crédits : Photos personnelles

Personnellement, je préfère la solution n°2 qui est gratuite pour l’association organisatrice en plus d’être très formatrice pour ses bénévoles (tu avais déjà vu des graines de betterave avant cette photo, toi ?). En plus, la majorité des magasins vendent des graines d’une très bonne qualité (ex : des plants de tomates qui vont donner beaucoup de fruits et de bonne taille) mais les plants seront stériles pour l’année prochaine donc il faudra en acheter de nouveau au magasin. Le but de la bourse aux graines reste de partager le savoir-faire et les semences au plus grand nombre pour que nous puissions tous faire pousser nos plantes quelque soit la taille du compte-en-banque. Je ne me lancerai pas dans de longues explications mais le marché des semences est très très très réglementé et la vente hors magasin spécialisé est, en gros, interdite par la loi. C’est d’ailleurs pour cette raison que les bourses aux graines sont gratuites sous forme de troc sans argent. 

La solution n°1 reste tout de même intéressante pour créer son tout premier stock de graines. Et, pour les jardiniers experts, c’est un petit défi supplémentaire : réussir à faire germer d’année en année des graines initialement stériles ! Par exemple, dans mon potager, je n’ai pas acheté de graines et de pieds de salade depuis des années car nous avons laissé faire la nature et les plants ont fini par se ressemer d’eux-mêmes. Clairement, mes tomates sont loin d’atteindre le calibre de celles du magasin (même bio) mais elles sont tellement plus rouges, plus goûteuses et plus parfumées ! En plus, de génération en génération, elles se sont adaptées au climat extérieur de Normandie donc elles arrivent à maturité à leur rythme entre mi-août et mi-octobre sans soin particulier (à part de l’eau de pluie et, si besoin, un apport en cendre pour le manque de potassium ou en savon noir anti-pucerons).

Les petits détails

Les plantes ont toutes des graines différentes mais, à l’œil nu, c’est parfois difficile de reconnaître qui est qui (ex : entre une graine d’oignon et de poireau… bon courage !). Pour plus de confort, il faut donc prévoir des contenants pour chaque plante avec un étiquetage. Les bénévoles de l’association peuvent fournir une liste des légumes, fruits, fleurs qu’ils apporteront pour la bourse aux graines afin d’équilibrer l’offre d’année en année : chacun pourra décider de faire un peu plus de melon ou de lupin dans son jardin juste pour fournir les graines par exemple. C’est aussi pour cette raison que, parfois, les organisateurs demandent aux participants de revenir la fois prochaine avec les graines des plantes qu’ils ont eu lors de l’événement (ex : en laissant au moins un plant sur les 10 monter en graines) afin de maintenir le stock à niveau d’année en année.  

Crédits : Photos personnelles

A ma connaissance, les organisateurs les mieux préparés auront de petites enveloppes (si possible zéro déchet, sur la photo, il s’agit de la récup’ de vieux livres trop abîmés avec un pliage ne nécessitant aucun adhésif). Dans chaque enveloppe, les bénévoles ont mis une dizaine de graine avec, dessus, le nom de la plante et l’année de récolte voire l’année de péremption ! Là encore, c’est très pratique (et chronophage) pour gérer les stocks d’année en année et se répartir entre bénévoles un certain nombre de plants à faire monter en graines. Les enveloppes sont rangées, un peu comme chez un disquaire, par ordre alphabétique (ex : concombre, cornichon, courgette, courge musquée) et des séparateurs indiquent la lettre (ex : C) pour que les participants se retrouvent facilement dans les cartons. 

Il est possible, aussi, de juste mettre les graines dans un gros contenants étiquetés (toujours rangé par ordre alphabétique quand même) et les participants se serviront eux-même de manière raisonnable (quitte à les surveiller pour les graines les moins nombreuses). Les habitués viendront sûrement avec leurs propres contenants mais si tu as de petites enveloppes et des stylos à mettre à leur disposition, c’est toujours un plus.

Et toi, tu as déjà organisé ce genre d’événement ou bien tu es tentée de le faire ? Tu as des informations à rajouter ? 

Commentaires

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?