Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Mes premiers pas en Côte d’Ivoire


Publié le 28 avril 2016 par Hibiscus

Quand j’étais petite, je rêvais de voyages et d’aventures, en mode nature et liberté.

J’ai grandi, je me suis frottée aux réalités du quotidien, j’ai voulu être autonome, voler de mes propres ailes… Mon objectif à la fin du lycée : une formation relativement courte et opérationnelle, pour intégrer rapidement le monde du travail.

Mais tout de même, une fois le diplôme en poche, mon désir d’évasion s’est réveillé. Je voyais mes amis et mes cousins se lancer dans des aventures incroyables, et je ne voulais pas louper la période idéale pour voyager. Je suis donc partie trois mois en Côte d’Ivoire, dans un village rural, pour apporter ma contribution au fonctionnement d’un collège-lycée fondé par les parents d’un ami.

Ça a été une vraie aventure !! Mais la plus sédentaire des aventures. Je vais tenter de te présenter les différents aspects de cette expérience telle que je l’ai vécue.

Faire de l'humanitaire en Côte d'Ivoire

Crédits photo (creative commons) : WorldVenture Photos

Mais d’abord, pourquoi parler d’une « aventure sédentaire » ? Eh bien, voilà la situation que j’ai vécue…

J’étais invitée, donc exemptée d’un certain nombre de tâches ménagères réservées aux filles. Je me retrouvais donc tous les weekends assise sous la paillotte contiguë à la maison, avec les jeunes garçons de mon âge, autour du koutoukou, du vin de palme, la boisson locale.

Je peinais à rencontrer des jeunes filles, trop gênée d’être à côté d’elles et pas ou peu autorisée à les aider. Elles vont chercher de l’eau, elles font le ménage, la cuisine, la lessive à la main (quelle fierté quand j’ai enfin réussi à laver mon drap deux personnes toute seule !!!), elles s’occupent des aînés et des enfants… Autant dire qu’elles n’ont pas de temps pour les loisirs… Je me contentais donc de les admirer beaucoup, et de discuter timidement de temps en temps.

J’étais blanche, donc il fallait me ménager, me protéger. Aller aux champs, ce n’est pas toujours une partie de plaisir, la forêt est potentiellement dangereuse. Finalement, le grand air n’est pas vraiment synonyme de loisirs, là-bas. Adieu mes envies de nature.

Je pense que c’est lors des moments informels, dans la douceur du soir, dans l’intimité de la maison, que j’ai pu construire de vraies relations. Je pense notamment aux séances de soutien scolaire que je faisais régulièrement avec deux jeunes de 3ème qui m’avaient demandé de l’aide. C’étaient les neveux de l’éducatrice principale (CPE) du collège. Ils vivaient chez elle pour être plus proches du collège, et bénéficier d’un cadre studieux.

« Maman » de tous les enfants du village, l’éducatrice principale avait été chargée de prendre soin de moi, et notamment de préparer mes repas. J’ai tissé une certaine complicité avec elle et avec la comptable du collège. Nous formions un joyeux trio, au-delà de nos différences de culture, d’âge, d’expérience, etc.

Je vais maintenant détailler un peu plus en quoi ce séjour était une aventure quotidienne. Plongée dans un univers nouveau, j’avais tant de choses à apprendre !

Voici un florilège de sensations et de situations qui étaient tout à fait nouvelles pour moi :

  • Avoir chaud. À la sortie de l’avion, j’avais l’impression de rentrer dans un « hamam ». Chaleur humide pour les trois mois suivants, jour et nuit. Transpirer dès la sortie de la douche. S’habituer… et avoir froid quand le thermomètre descend à 25°C !
  • Comprendre et me faire comprendre des Ivoiriens qui parlent… français !! Et aussi nouchi, le patois local, largement inspiré du français. Il m’aura fallu une bonne semaine pour ne plus les faire répéter systématiquement.
  • Manger. Avec la main droite, la main gauche étant réservée aux activités dites sales. (Désormais, c’est un jeu d’enfant, mais mon premier poisson entier à la main, à la faible lueur d’une lampe-tempête, reste un sacré souvenir !) J’ai découvert des saveurs nouvelles, des textures nouvelles, de très bonnes découvertes, des mets plus surprenants, et certains aliments qui manquaient, comme les produits laitiers et le chocolat (la Côte d’Ivoire est pourtant le premier pays producteur de cacao) ! J’ai fait des expériences culinaires originales, comme faire sauter des crêpes pour vingt personnes avec une poêle sans manche. Il y a eu des échanges de recettes, des fous rires, des adaptations, des ajustements de part et d’autre.
  • Se laver. Demander à une petite jeune fille toute fluette de l’aide pour soulever le bidon (qu’elle soulève seule X fois par jour). Se muscler pour y arriver seule. Gagner en autonomie. Remplir le seau. Estimer et gérer la quantité d’eau pour une douche simple ou une douche avec shampoing. Se lever à 2h du matin pour remplir la réserve (eh oui, c’était l’heure idéale avant la prochaine coupure d’eau !).
  • Prendre le taxi. C’est-à-dire monter à bord d’une R5 usée (parfois même avec un plancher ajouré) à six passagers. Payer la course quelques francs CFA. Ne plus craindre le retard du bus ou l’annulation du prochain train !
  • Se familiariser avec le collège-lycée où je travaillais, prendre mes marques avec l’administration, les professeurs et les élèves. Découvrir le système éducatif, essayer de mettre en place quelques activités, malgré les difficultés de plusieurs ordres qui rendaient impossibles mes missions initiales.

Hormis tout ça, il faut que je te le dise, le plus déstabilisant, c’était certainement la perception que les autres semblaient avoir de moi. Eh oui, il m’était impossible de passer incognito !

Être blanche. Se faire appeler « la blanche » par toutes les personnes que je rencontrais. Expliquer que malgré que je sois française, je n’ai pas beaucoup d’argent. Que la vie en Europe n’est peut-être pas aussi idyllique que ce qu’on imagine quand on est né dans un village de brousse.

Être blanche. Se faire draguer maladroitement plusieurs fois par jour. Inventer un petit ami imaginaire pour être un peu plus tranquille. Expliquer à qui veut l’entendre que non, je n’ai ni petite sœur, ni cousine à marier !

Et puis… faire une belle rencontre. Chercher à revoir le jeune homme, le seul qui ne m’ait pas draguée, mais qui s’est intéressé à moi et au sens de ma présence en Côte d’Ivoire.

Et puis… tomber amoureuse !! Rassure-toi, je ne me suis pas fait mal, c’était une chute heureuse !

Rapidement, les interrogations ont été nombreuses. Pourrait-on se revoir ? Était-ce possible de nous lancer dans une relation à distance ? Nos différences culturelles étaient-elles une richesse ou un fardeau ? Et si ça marchait, où vivrait-on ? Serais-je prête à vivre en Afrique ? Serait-il prêt à vivre en Europe ?

Mais tout ça, c’est une autre histoire !

Et toi ? Es-tu déjà partie faire du bénévolat à l’étranger ? Comment ça s’est passé ? Comment as-tu vécu le choc culturel ? Viens nous raconter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !


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Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

Mon côté fleur bleue adore la chute de ton article ? Tu m’as mis le sourire aux lèvres. J’espère que tu viendras nous en raconter plus.
J’aimerai vraiment en savoir plus également sur cette expérience en côté d’Ivoire.

le 28/04/2016 à 08h25 | Répondre

Flora

Une très belle histoire très bien racontée 🙂 C’est cruel ce suspense, j’espère que tu nous en dira plus bientôt.
Quand j’ai amené mon mari voir ma famille en Afrique, le premier mot qu’il a appris c’est « le blanc » parce que tout le monde s’adressait à lui comme ça !

le 28/04/2016 à 08h56 | Répondre

Madame Vélo

La suite ! La Suite !!
Super cette expérience, ça a dû être vraiment top cette immersion.
Nous aussi on se faisait remarquer par notre couleur de peau lorsque nous sommes allés au Bénin. Les enfants dans la rue venaient nous voir pour nous toucher et repartaient en courant ! Mais c’est vrai que j’avais été un peu frustrée de ne pas pouvoir discuter avec des femmes, connaître un peu mieux leur quotidien.

le 28/04/2016 à 09h23 | Répondre

Laura

Oouuuuh … une aventure comme j’aime ! Un voyage tel que j’aurais aimé le faire ! Vite, la suite !

le 28/04/2016 à 09h50 | Répondre

Hibiscus

Merci pour vos compliments! ça va me motiver pour écrire la suite, promis.

le 28/04/2016 à 10h31 | Répondre

MlleMora

Super récit, je suis curieuse d’en savoir plus sur cette immersion en Côte d’Ivoire, ça a vraiment dû être une expérience enrichissante, et cela a dû changer ta perception du monde aussi !
Vivement la suite !

le 28/04/2016 à 13h17 | Répondre

Galeopsis

Merci pour ce très bel article 🙂 Il a fait remonter un tas de souvenirs, j’aurais pu raconter quasiment la même histoire (dans un autre pays mais même continent) et avec la même chute !… (sauf que ça aurait été beaucoup moins bien écrit !) Merci encore pour ce joli témoignage, et pressée de lire la suite !

le 28/04/2016 à 14h20 | Répondre

Hibiscus

Je crois que la chute est fréquente ! ^^

le 30/04/2016 à 15h10 | Répondre

Jacinthe

Joli article qui me parle pour avoir été en cote d’ivoire plusieurs fois.
Courant juillet ça sera le grand saut on part s’installer la bas, l’homme y est déjà (ivoirien ) et avec les 2 mioches. Grand changement mais on a hâte ?

le 29/04/2016 à 14h40 | Répondre

Hibiscus

Super! Bons préparatifs et bonne installation. Envisage-tu travailler là-bas?

le 30/04/2016 à 15h13 | Répondre

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