Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Mon enfance incestuelle


Publié le 19 mai 2014 par Elodie

Mon enfance avait tout pour plaire : une famille, certes recomposée, mais aimante, une grande maison, des vacances à l’étranger. Des cadeaux à gogo, pas de problèmes financiers, des amies chez qui aller dormir le mardi soir. Des bonnes notes, beaucoup de créativité et d’imagination.

Ça, c’est pour l’apparence.

Sous le masque : un père hors du tableau, une mère aussi dépressive que désemparée face à la situation, et un beau-père à l’ambiguïté dérangeante.

Par « ambiguïté dérangeante », j’entends un beau-père dont la sexualité débordait de partout, de ses vêtements, de ses actes, de ses remarques, de ses gestes. De cette période, les seuls souvenirs qui me reste de cet individu sont liés à la sexualité et à la gêne qui en découlait. Une fois, nous avons failli basculer dans l’agression sexuelle quand il a mis sa main dans ma culotte. Une seule fois. Peut-être.

De mes 5 ans à mes 15 ans, cette personne a fait partie de ma famille. Je détestais cet individu, je faisais tout pour l’éviter. Peu après son arrivée, je me suis renfermée, j’ai commencé à avoir des troubles du sommeil, des terreurs injustifiées. Je suis devenue une pauvre petite chose craintive.

Dans ma famille, on ne parlait jamais des problèmes, on les taisait impitoyablement. Impossible d’aborder le sujet avec qui que ce soit, donc. J’ai essayé d’en parler à une amie, qui du haut de ses 10 ans, m’a dit que je me faisais des idées. À l’adolescence, quand j’exprimais des réserves sur l’affection de cet individu, on me rétorquait qu’il m’aimait comme sa fille.

C’est comme ça que pendant les dix années suivantes, j’ai vécu avec l’idée que j’avais trop d’imagination et que rien de ce qui s’était passé n’était dérangeant. Que tout était normal, que toutes les familles faisaient pareil.

Se caresser les parties sur le canapé devant les mouflets, tout le monde l’a fait un jour, non ? Si une gamine est gênée par un flux constant de blagues sexuelles qui portent sur elle, c’est parce que c’est une petite bêcheuse. Quant à l’exhibitionnisme corporel ou de la sexualité, si le mioche détourne les yeux ou se bouche les oreilles, c’est qu’il est « trop coincé », voilà tout. Pas de quoi fouetter un chat.

enfant triste

Crédits photo (creative commons) : Anthony Kelly

Mais moi, j’étais constamment choquée par les remarques sur mon corps, dégoûtée des plaisanteries grivoises à n’en plus finir, perturbée par les ébats bruyants. Entre autres.

J’en ai gardé une appréhension terrible face aux hommes, une timidité qui s’est muée en hostilité ouverte. Les représentants du sexe masculin sont devenus des prédateurs, des menaces dont il fallait se protéger. Une invitation à boire un verre ? Ce type veut me saouler. De la drague de rue ? J’en devenais violente tant cela me semblait intrusif.

Ma carapace s’est renforcée à grands coups de misandrie, dont j’ai mis du temps à sortir. Ce n’était pas la chose la plus constructive à faire, mais ce fut ma façon de me protéger.

Je m’étonne encore d’être mariée à un homme et d’avoir pu dépasser le schéma « prédateur-proie » qui a longtemps régi mes interactions avec le sexe opposé. Pendant longtemps, les seuls hommes de mon entourage étaient homosexuels, ou les chéris de mes amies, qui ne risquaient pas de s’en prendre à moi.

Après des années à mettre un mouchoir ou deux sur mon enfance, j’ai eu une révélation en découvrant le concept d’ « incestuel »*. Pas « incestueux » non : incestuel. Sans agressions sexuelles ni attouchements, le climat incestuel est néanmoins empli de sexualité et dénué de limites. L’incestuel est fait d’intrusions, d’imposition de la vie sexuelle des parents sur les enfants, de floutage des limites sexuelles, bref, de beaucoup trop de sexualité pour un cadre normal. Par exemple, une fois passé l’âge de la pudeur (5-6 ans) :

  • se laver les parties en présence des parents ou vice-versa
  • dormir dans leur lit ou vice-versa
  • l’exhibitionnisme
  • entendre régulièrement les parents pendant leurs ébats (et a fortiori, être dans la même pièce qu’eux)
  • subir des remarques sur le corps
  • subir des intrusions corporelles même pour les prétextes les plus louables (hygiène ou santé)
  • garder la porte des toilettes ouverte…

Le propre de l’incestuel est une ambiance menaçante, une atmosphère constamment ambivalente, un climat tordu. Peu importe que la famille ne pense pas à mal ou soit « libérée ». À partir du moment où l’enfant est gêné et que les comportements ne changent pas, la violence psychologique est réelle.

L’incestuel, c’est un inceste moral. C’est exactement ce que je ressentais petite, sans pouvoir l’exprimer. Lorsque cet individu a mis sa main dans ma culotte, on aurait pu basculer dans l’inceste pur et dur, et je suis incroyablement heureuse d’y avoir échappé. Mais l’incestuel n’en est pas moins sordide, et tout aussi dommageable.

Tout comme l’inceste et le viol, les victimes ont du mal à se faire entendre. Peut-être encore moins qu’en cas de viol. Comment prouver une ambiance ? Comment prouver que tout n’est pas le fruit de mon imagination ? Que la violence psychologique que j’ai subie n’est ni imaginaire, ni exagérée ?

Je ressens toujours un sentiment d’imposture. Ma famille était si aimante, comment lui reprocher ses intrusions ? Je fais de mon ancien beau-père le principal responsable de mes maux, mais les autres adultes de mon entourage, par leurs comportements pavés de bonnes intentions, ne m’ont pas moins menée dans un enfer psychologique.

Mettre un nom sur une souffrance m’a fait un bien et un mal fou. Ce fut la libération incroyable de savoir que je n’étais pas une enfant avec trop d’imagination, mais la victime d’un schéma pervers dont je n’étais en rien responsable. Mais aussi une colère sans fond de ne pas avoir pu m’en protéger, de ne pas en avoir été protégée, d’en être toujours prisonnière.

Je n’ai pas de conclusion à cet article. Je n’ai pas de solution. Mais j’espère qu’en parler ici permettra à d’autres de reconnaître leurs souffrances, de mettre un nom sur le mal-être. Et de savoir enfin que non, ce n’était pas une question d’imagination. Dans l’espoir d’aller toutes de l’avant.

*Attention : je ne suis pas psy et mon témoignage se fonde sur ma propre expérience et des données recueillies en ligne. Si tu penses avoir été victime d’un climat incestuel ou le soupçonnes sur un enfant de ton entourage, je t’invite à consulter un professionnel avant toute chose.

Toi aussi, tu as vécu des choses qui t’ont toujours mis mal à l’aise, sans savoir identifier le problème ? Tu as fini par comprendre ce qu’il se passait, ou tu es encore en recherche ? Viens nous en parler…

Tu veux témoigner, toi aussi ? C’est par ici !

Commentaires

32   Commentaires Laisser un commentaire ?

Claudie

Bonjour Elodie.
Je suis au bureau en train de lire ton article, et j’ai envie de pleurer car tu viens de mettre un mot sur ma vie jusqu’à mes 18 ans, mais que je n’ai moi même jamais su expliquer à mes amis et à l’homme qui partage ma vie.
Un grand père paternel incestueux, le tout additionné par un père « incestuel », et une mère docile qui ne fais jamais de vague. Ma colère a moi n’est pas vers les hommes, elle s’est manifestée d’abord envers Dieu, qui m’a abandonné à ma condition de gamine sans défense (car oui, je viens d’une famille croyant et pratiquante). Puis dès que j’ai pu, j’ai ris de la distance avec ma famille, grâce à l’internat dès le lycée, puis des études universitaire loin de tout ça. Et aussi envers ma mère, qui n’a jamais bougé le petit doigt, et qui est pour moi, le stéréotype de la mère au foyer soumise à son époux.
J’ai mis du temps, beaucoup trop, avant d’admettre l’inceste d’abord, puis ce que tu me permets aujourd’hui d’appeler l’incestuel.
J’en ai parlé à plusieurs reprise il y a quelques années chez mes parents, devant eux et mes frères et sœurs, du grand père, et des actes et paroles de mon père : mais pour eux je reste le mouton noir de la famille, l’incoruptible bobo chochotte, et a priori la seule à avoir été victime de ce grand père, et à avoir vu quelque chose de mal et de choquant dans ces comportements paternels.
Aujourd’hui mes rapports avec mes parents son cordiaux, et ce grand père, même décédé, continu parfois de me hanter.

le 19/05/2014 à 11h04 | Répondre

Elodie

Je suis désolée si mon témoignage t’a fait pleurer, mais si tu as pu mettre un mot sur ce que tu as vécu, c’est un premier pas. Ces rapports familiaux me hantent toujours, mais identifier ce mal-être nous permettra de nous en sortir, même si j’imagine qu’il nous faudra consulter pour nous en défaire. Courage et je te t’envoie du réconfort.

le 20/05/2014 à 09h35 | Répondre

Marina

Merci de parler de ce sujet parce qu’autant la parole des petites victimes se libèrent pour ce qui est des abus sexuels, autant la notion de climat incestuel (tout aussi destructeur pour l’enfant, mais beaucoup plus tolérée) reste encore souvent confinée aux rapports judiciaires et de l’aide sociale à l’enfance.

Une chose me surprend beaucoup dans ton article : tu écris « Une fois, nous avons failli basculer dans l’agression sexuelle quand il a mis sa main dans ma culotte. »

Mais… une main dans la culotte, c’est une agression sexuelle ! Et le fait que tu écrives « NOUS avons failli », et non « IL a failli » montre, mais je me trompe peut-être, que tu portes une certaine culpabilité comme tous les victimes de ces prédateurs… non ?

le 19/05/2014 à 14h14 | Répondre

Elodie

Merci Marina pour ton commentaire. Je ne sais pas si j’ai une culpabilité consciente mais tu montres bien l’existence de formulations inconscientes. Quant à l’agression sexuelle, la société blâme tellement les victimes qu’on a tendance à minimiser les actes subis… même 20 ans après.

le 20/05/2014 à 09h39 | Répondre

Marina

C’est bien pour çà qu’il est tellement difficile de révéler les faits, parce que la victime finit par se persuader que si c’est arrivé c’est par sa faute, parce qu’elle n’a pas su lutter… et que le jour où elle comprend enfin, et arrive à entendre et admettre que le seul coupable c’est celui qui a abusé d’elle, le premier pas vers l’apaisement se fait. Mais c’est très difficile de faire entendre çà a l’entourage : oui, on peut être un enfant, un ado victime d’abus sexuels par un parent, un proche, et continuer à le fréquenter, à se rendre chez lui…

le 20/05/2014 à 22h15 | Répondre

Mlle Ceriz

Bonjour ,

sache juste que ton article ma enfin permis de mettre un nom sur le comportement de mon ex beau-pere vis a vis de moi …
tu vois la liste que tu as fait ? cetait mon quotidien de mes 8ans a mes 12 ans …. meme l’excuse « tu as les pieds froids (je suis cardiaque donc cest un des symptome) vient je vais te les rechauffer en les posant sur mes parties intimes  » a fait partie de mon quotidien ….
merci , vraiment merci car je peux enfin me dire que non , cest normal pour moi detre encore géné aujourdhui du comportement qu’il avait avec moi et dans la vie de tout les jours et aussi den vouloir a ma mere qui joué le jeux en tout « innocence » ….
aujourdhui jai 25ans , je vais me marier et jai un enfant mais jai dut attendre mes 21ans pour oser approcher un homme dans loptique davoir une relation amoureuse sans me sentir mal dans ma peau ….
dernierement mon ex-beau-pere a repris contact avec moi car sa mere , ma grand mere de coeur , est morte et ce ne fut pas facile de parler avec lui car il souhaitait reprendre contact complemtement mais je sais desormais que son comportement etait mal , que je nai pas a me sentir coupable de ne pas vouloir avoir le moindre contact avec lui aujourdhui .
donc encore merci !

le 24/05/2014 à 10h33 | Répondre

Elodie

Je suis contente de voir que mon article a permis de t’aider, même si je pleure intérieurement de voir que d’autres personnes ont vécu les mêmes souffrances.
Quant aux contacts avec le responsable de tout ça, j’ai vécu la même chose avec mon ancien beau-père qui semble toujours content en me croisant dans la rue depuis sa rupture avec ma mère. Peut-être ne comprennent-ils pas la gravité de leurs actes ni les dégâts qu’ils ont causé, mais la conséquence est la même : ne gardons pas le contact avec des personnes aussi toxiques et ne nous en sentons pas coupables. Courage à toi.

le 27/05/2014 à 11h56 | Répondre

jina

Bonjour,
Ton témoignage m’a bouleversé quand est ce que cela s arrêtera? Je me le demande aujourd’hui ma vie est complètement détruite a cause d une personne, j ai peur un jour de commettre l irréparable, j ai tellement mal et je me sens si seule, il a tout gagne ma famille et ma destruction. 🙁

Merci pour ton témoignage et courage

le 01/07/2014 à 15h31 | Répondre

Elle

Bonjour,
J’ai 47 ans et ce témoignage fait écho à ma quête actuelle : comprendre et faire comprendre à quel point l’incestualité peut être destructrice, alors même que ce mot est parfaitement inconnu du plus grand nombre.
Il y a 18 mois, frappée brutalement de dépression majeure, je me suis fait hospitaliser en psychiatrie. C’est la psychologue du service qui a mis un mot sur ce que je lui décrivais : incestualité. Quel soulagement ce fut d’être enfin reconnue comme victime, par moi premièrement qui me culpabilisais de tout et de rien, par une tierce personne ensuite. Un peu comme si on mettait un nom sur votre maladie après des années de tâtonnements.
J’avais depuis plus de dix ans rompu tout lien avec cette famille que je décrivais comme toxique mais sans pouvoir argumenter ce jugement. En fait j’avais refoulé tout ce passé si douloureux et je travaille encore à retrouver les souvenirs utiles à ma thérapie.
Avoir un père incestuel et intrusif en toute chose a eu de lourdes répercussions tout au long de ma vie et de ma vie de femme. Aujourd’hui encore il tente de m’atteindre, par le biais de la justice entre autres, mais il ne me fait plus peur. Mes craintes de petite fille se sont estompées.
Bien sûr tout n’est pas rose dans ma vie mais j’ai été reconnue comme une personne à part entière, avec les droits qui en découlent. Je ne suis plus un objet manipulable, les contours et limites de ma personnalité s’affirment de jour en jour : je deviens moi.
N’hésitez pas à vous faire aider par des professionnels. Déballez, racontez, exprimez, témoignez. Vous avez été victime d’effraction : ne multipliez pas les verrous qui vous enferment. Nous sommes victimes, pas coupables. La prison c’est eux qui la méritent ainsi que la honte et la culpabilité !

le 04/07/2014 à 19h05 | Répondre

Anne

Juste merci pour tes mots… Ils sont libérateurs et me donnent l’espoir de pouvoir me reconstruire.

le 01/10/2018 à 11h41 | Répondre

Nuage

Bonjour,
C’est en cherchant des infos sur l’incestuel que je suis tombée sur vos témoignages. En effet, je découvre peu à peu la racine probable de mon incapacité à faire des choix, me décider, savoir ce que je veux et me lancer, à m’investir dans quoi que ce soit, … Et après pas mal des thérapies ici et là, mettre un mot sur une situation du passé, qui m’a toujours dérangée mais que j’ai longtemps planquée derrière une forme de culpabilité m’ouvre les yeux. En fait, j’ai depuis toujours été témoin auditif des ébats de mes parents, puis de ma mère et de mon beau père et je me souviens que petite, lorsque je m’en inquiétais et que je demandais ce que c’était, on me disait que c’était la télé, ou mon imagination…mais ça a duré jusqu’à ce que je quitte la maison, vers mes 22 ans. J’ai lu un bouquin récemment sur les pervers narcissiques qui parle à un moment de l’incestuel et reprend l’exemple que je cite (dans mon cas) et explique que la phase d’oedipe ne peut pas être dépassée car on bloque nos désirs à cause du manque d’intimité personnelle et de l’intrusion. Mes parents sont des gens bien, mais qui ne m’ont pas écoutée à ce sujet (et je ne leur en ai pas parlé depuis mes 7 ans par honte d’être là); Je suis par la suite toujours tombée sur des hommes toxiques qui me « bouffaient ».
J’ai 43 aujourd’hui. Merci d’avoir ouvert cette fenêtre !

le 15/08/2014 à 16h27 | Répondre

Janine

Non tes parents ne sont pas des gens biens

le 11/12/2017 à 23h15 | Répondre

Olivia

Merci pour cet article 😉
Ma sœur vient de m’apprendre ce terme incestuel. Ma mère qui se balade à poils, la salle de bain toujours ouverte et les toilettes aussi…
Ah c’est sur au moment de la puberté, on savait comment utiliser les protections hygiéniques.
C’est que récemment que j’ai realisé que c’était pas normal. Je me souviens pas avoir eu de gêne car en ce qui me concerne il n’y a jamais eu de contact entre mes parties genitales et eux ni entre moi et les leurs. C’était juste visuel. Pfiou, je crois que je réalise que maintenant… À quel point c’est malsain :-$

Ça fait du bien de savoir qu’on est pas les seules et que ça existe vraiment.

Courage 😉

le 25/02/2015 à 22h57 | Répondre

Emma

Bonjour
J’ai déjà écrit sur ce forum concernant mon père qui est un pervers narcissique. Je n’avais pas réalisé qu’il me faisait vivre dans un climat incestuel . Pendant des années j’ai pensé que ce n’était que des coincidences, que je devais me faire des films. Mais non ce n’est pas normal qu’il se promène en boxer et ait la main dedans quand il me parle. Ce n’est pas normal qu’il essaie de m’attirer dans sa chambre en prétextant avoir des problèmes d’ordinateur ou pour effleurer ma cuisse. Ce n’est pas non plus normal qu’il m’ « offre » une nuisette transparente ni qu’il veuille m’acheter des vêtements quand il consulte des sites de lingeries pour adultes . Je pensais me faire des films malgré tout ça. Je ne comprenais pas pourquoi ma mère ne réagissait pas. J’ai appris il y a eu peu qu’elle avait toujours su. Que ma sœur qui a quitté le domicile familial lui avait confié avoir vu qu’il avait un comportement malsain avec moi. Ma mère m’a même mis en garde il y a peu en me disant de faire attention car je cite : c est un pédophile , fais attention si il tente quoique ce soit.
Je pense que ça m’apporte un peu de réconfort de voir que je ne suis pas seule dans ce cas et que c’est malheureusement bien réel, même si je n’ai personne pour me protéger.

le 14/07/2015 à 17h02 | Répondre

My

Je suis moi-même dans une thérapie et hier lors de l’interprétation du test de Rorschach (les taches) des choses sont ressorties de mon enfance. Je lui raconte l’impudeur verbale de ma mère qui me raconte leurs ébats, leurs difficultés sexuelles avec détail, le fait de savoir quand avaient lieu leurs ébats en fin d’après-midi, j’étais complice car je devais répondre au téléphone qu’ils étaient absente, je devais aller me promener avec mon neveu pour ne pas qu’il entende. Bref c’était une sorte de ménage à trois avec moi en « voyeur ». Et là elle me par de climat d’inceste même sans attouchement qui peut être presque plus délétère car la victime n’a pas d’objet (traumatisme physique) à pointer. Si elle en parle c’est banalisé voir même elle est culpabilisée. Le deuil est impossible.
En cherchant à me documenter je tombe sur le terme incestuel. Et là votre témoignage et la petite « liste » c’est le choc.
Oui effectivement c’est tout à fait ça, les intrusions dans la salle de bain, les toilettes sous pretexte de santé. Le fait de connaitre tout de l’utilisation des protection hygiénique y compris les tampons bien avant l’âge. Bref c’est moi tout ça. le puzzle se forme petit à petit

le 16/09/2015 à 06h08 | Répondre

pumkin

Je suis un homme. J’ai 46 ans et je suis en thérapie où je commence seulement à aborder le vécu incestuel dont je fus l’objet. je pense qu’un témoignage masculin peut apporter qqc. Ma mère était une très belle femme, mais infidèle et vénale avec ses amants. pendant que mon père travaillait, souvent à l’étranger, les amants défilaient et elle a fait de mon le témoin privilégié, le complice et le confident de ses adultères. ca a commencé lorsque j’avais 12 13 ans.il n’était pas rares que j’entende ses ébats, les soupirs et les cris de ses orgasmes. notre relation était très fusionnelle. je coiffais ma mère, je choisissais ses robes, et même je la maquillais. j’étais doué pour cela.Durant toute mon adolescence, ma mère rentrait dans la salle de bain pendant ma toilette. il n’y avait pas de clé à la porte. et moi de même je pouvais rentrer et la voir nue autant que je le voulais.J’étais un très bel ado qui plus est intelligent et précoce.j’étais le faire valoir de ma mère que j’accompagnais dans les bars où elle draguait des mecs souvent friqués, pour l’argent. j’étais parti prenante et donnais mon avis. j’aime bien celui ci et pas celui-là. Ma mère n’hésitait pas à me raconter ses ébats,sont intimité sexuelle, parfois directement parfois par allusion. Il arrivait même qu’elle me demande d’aller voir s’il n’y avait pas de taches de sperme sur les draps de son lit, et de les changer si nécessaires. Elle me parlait de tout, sa contraception, ses règles. Moi j’étais ado, incapable de faire la différence entre le mal et le bien, l’anormal et le normal. quand le père rentrait et qu’il se doutait bien de ce qui se passait en son absence, je devais mentir pour protéger ma mère et je prenais des coups à sa place.J’ai fais ma première tentative de suicide à 16 ans après une violente dispute avec ma mère. Puis j’ai décidé de ne plus la protéger et de ne plus être son complice et elle m’ a jetté à la rue à 17 ans. j’ai été un objet, une enfance volée, une personnalité impossible a construire, une vie infernale: 8 tentatives de suicide, alcoolisme, autodestruction, dépressions sévères à répétition. une vie amoureuse difficile. impossible pour moi de jouir dans le corps d’une femme encore aujourd’hui. Longtemps j’ai pensé que j’étais un pervers, que moi seul était responsable de ce climat incestuel, avec le poids écrasant de la honte et de la culpabilité, le désespoir de ne pas savoir qui je suis, de ne pas parvenir à être, à exister. Et personne pour vous écouter, vous comprendre. j’ai même rencontré une psy qui m’a dit que tout venait de moi, que ma mère ne savait pas quoi faire de mon désir incestueux. c’est maintenant seulement, en thérapie, que je fais les liens entre les symptômes, le mal être et le climat incestuel. peu à peu les pièces du puzzle s’assemblent. Mais cela ne réparera pas un vie détruite, l’espoir cependant est là, cheminer vers soi, comprendre ce qui s’est passé, en finir avec le flou, le doute, la culpabilité la honte et l’autodestruction. Sortir de la haine de soi et commencer à s’aimer soi-même et à vivre…

le 19/03/2016 à 14h28 | Répondre

fevrier

Je réagis au commentaire de pumkin.
Je navigue de temps à autre sur internet à la recherche de témoignages en lien avec mon histoire. C’est une manière d’apprendre comment font les autres pour gérer leur vie, d’avoir un miroir ou d’être en miroir et de faire un point d’étape pour moi-même.
Pour faire court, mes parents sont issus d’un monde très rural et clos, ils sont montés à la ville et en ont été méprisés pour ça, mon père a été orphelin tôt et ce contexte explique la tension forte qui existait dans ma famille : un père voulant régenter tout de la vie de sa femme de manière agressive et possessive, une femme qui rejetait le mépris, le contrôle et l’agressivité sur sa fille ainée, moi-même. Jusqu’à 12 ans, je ne comprenais pas la colère, le mépris, les insultes, les baffes, j’avais peur, très peur. A 12 ans, ma mère en était à une phase émancipatoire de sa vie de femme qui lui a fait prendre un amant, mais elle n’était pas assez sure et m’a prise pour confidente, alliée, complice, témoin. Pendant 5 ans, j’ai caché des draps, pris les appels, reçu, prêté ma chambre, écouté, calmé, conseillé, j’avais enfin l’impression d’avoir un rôle actif, je pensais pouvoir mieux comprendre la situation, avoir moins peur. Ce rôle actif me donnait une autre place pendant quelques jours dans le mois, un répit. Mais j’étais prise au piège. Le piège du secret, honteux, d’autant qu’accepté, entretenu par moi-même, un piège qui isole, qui donne l’impression d’être folle, hors norme. J’ai plus payé le prix de ce secret que des baffes et du mépris.
La différence avec les témoignages ici, c’est que le climat n’était pas « aimant » et m’a sans doute permis de m’y opposer au moins par la pensée, plus facilement.
Le plus compliqué, je crois, c’est de se dire à soi-même, et en même temps qu’on le vit, que ce n’est pas normal, que je ne suis pas coupable, que ça ne devrait pas être, qu’il y a ici des actes répréhensibles même s’ils ne sont pas actés. Il faut se le répéter beaucoup pour soi-même pour s’en convaincre un peu. Et le travail pour en sortir vient aussi beaucoup de soi-même, prend du temps, n’est jamais fini, un apport extérieur, quelle qu’en soit la forme, est nécessaire.
Ce qui m’a permis de dépasser un peu cette situation :
– Me dire à 20 ans que 17 ans de noir seraient compensés par 17 ans de rose et qu’à 34 ans tout deviendrait gris et ça a marché. A 35 ans, j’ai arrêté de pleurer chaque jour.
– Fonder une famille où cette peur et ces transgressions générationnelles ne seraient pas, une manière d’équilibrer le passé et ça a marché. J’ai une très jolie famille de 3 enfants, de 23, 22 et 20 ans. Mais à chaque date anniversaire, les 12 ans de ma fille, les 17 ans de mon fils ainé, tout m’est revenu par surprise et en boomerang, alors que je croyais avoir résolu certaines choses.
– L’école et le savoir, apprendre, les figures rencontrées à cette époque de mon enfance. Les formations ensuite régulières. Avancer.
– Mes métiers, j’ai été orthophoniste et ai appris à parler doucement et calmement, à dire des choses gentilles, là, où je ne savais que tenir des propos hargneux. Je suis maintenant responsable d’établissement accueillant des enfants et soucieuse d’une organisation qui permet à des familles d’être accompagnées, soucieuse des salariés qui ne viennent pas dans ces métiers par hasard. J’ai une formation qui me rend attentive aux signes non langagiers plus « parlants », je fais plus confiance à ces signes qu’à la parole. C’est un poste d’observation, d’apprentissage, de vie, je vois le temps que ça prend pour avancer un peu.
– Mon conjoint : Il a été pendant de longues années, une source d’apprentissage. J’ai appris avec lui à aimer, donner, désirer, recevoir, partager. Il a été un rempart pour ne pas répéter.
– Mes enfants : Pendant les 7/8 premières années, j’étais double, je m’essayais à être une mère douce et y arrivais mais j’avais en echo, les propos méprisants qu’on m’aurait tenus s’ils avaient été moi. A 17 ans, mon fils ainé est parti, épris de liberté et de désirs de vivre. J’étais bouleversée, le passé revenait, je me suis rappelée mes 17 ans et ma peur au ventre, mais j’avais, je pense, réussi à ne pas transmettre. C’est un de mes objectifs, ne pas transmettre, même si on en transmet toujours quelque chose… A ce jour, ça reste une grande frayeur que d’avoir transmis quelque chose.
– Les livres : J’ai beaucoup lu, Racamier, Cyrulnick, et des tonnes d’autres… sur l’incestuel, la résilience, je reviens toujours aux livres et aux écrits, ne prend que quelques phrases qui me font echo sur le moment.
– Revenir vers mes parents après 10 ans d’absence, leur présenter leurs petits-enfants, même si ma mère ne se rappelait de rien.
– Regarder les aspects positifs de cette histoire : elle m’a apportée un feeling particulier sur le genre humain, j’ai un certain chemin dont je suis fière, j’ai besoin du chemin, d’avancer pas à pas, je reviens régulièrement sur ma vie, la recontextualise, regarde où j’ai avancé et reste humble, les pas se font petits à petits, j’apprivoise ma fragilité.
Ce que je me suis interdit de faire :
– Faire des reproches à mes parents aujourd’hui : Si j’avais des reproches à faire ce seraient aux parents que j’avais pour l’enfant que j’étais. Quand j’ai travaillé à ces reproches, je l’ai fait autrement.
– Pardonner : J’explique, je comprends, mais ne souhaite pas pardonner, je laisse la blessure s’atténuer avec le temps, j’ai instauré une autre relation avec mes parents d’aujourd’hui, d’humain à humain, non d’enfant à parent. Je suis soucieuse d’eux comme un humain le serait d’autres humains ayant une histoire proche.
– Aller en thérapie : J’ai testé à 40 ans, jour où j’ai pu faire confiance à un autre et accepté de débourser de l’argent pour moi, 2 séances. J’ai ressenti la chaleur du thérapeute et me suis dit que j’avais manqué de ça. Mais j’ai arrêté : j’avais l’impression qu’on me demandait de retourner très loin voir cette peine, ce que je ne voulais pas et de l’abandonner. Or cette peine m’a faite telle que je suis. C’était un peu tard pour moi, mais reconnais que c’est un apport extérieur à ne pas négliger. J’ai eu beaucoup de chance après mes 20 ans et sans cette chance, la thérapie m’aurait été essentielle.
– Trop partager le secret : Je le partage à petite dose, je ne le partage qu’avec des gens qui ont ce type de passé. Je n’aime pas la pitié ou le regard par trop bizarre des autres et partager avec qui ne sait pas partager ne m’a apporté que de mauvaises sensations.
Ce que cette peine ne me permet pas d’être :
– J’ai peu de relations sociales. Le secret ne me permet pas de m’engager facilement dans des relations. Je reste sur une réserve. Je reste avec des problèmes sphère public/privée. J’ai longtemps fractionné ma vie pour ne pas me livrer complètement et avoir des portes de sorties. Je la fractionne moins, m’y essaie, mais ça reste un principe de vie, d’autodéfense. Ma seule manière d’avoir des relations sociales est de faire avec, de construire avec, d’avancer avec, dans des associations par exemple.
– Je goute peu les relations sociales de surface. J’ai besoin de partage d’intime, de comprendre comment font les gens avec leur vie, partage qui est rare.
– Si je côtoie des personnes, hors de mon travail, j’ai besoin que leur chemin soit positif, j’ai quelque fois peur de sombrer avec eux, mon autre principe est que je dois toujours aller de l’avant, j’ai un impératif de changement, de chemin qui ne me fera pas retourner en arrière. Cette peur reste une faiblesse pour aller plus avant avec des personnes que je pourrai aider. Je ne peux le faire que dans le cadre de mon travail qui me donne un cadre, des bornes, dont j’ai manqué.
– J’ai du mal à côtoyer des personnes dites « normales », au passé heureux.
– J’ai du mal à côtoyer des personnes imbues de pouvoir.

Bref, j’ai encore pas mal de défenses à travailler, mais je n’ai que 52 ans. Voilà pour moi.

le 25/02/2017 à 17h45 | Répondre

Noa

Mon père lui faisait de nombreuses réflexions sur mon corps, « tu sais mas fille je crois que je suis en train de changer je commence à aimer des femmes avec des défauts comme toi celles qui ont des grosses chevilles. » il affichait des posters de nus grossiers et vulgaires et avait des femmes nues à son porte clefs. cette situation a été amplifiée avec le divorce de mes parents. J’ai de nombreuses anecdotes où cette sensation de bizarreries se manifestaient et le plus bizarre aura été que ma mère me faisant lire une carte postale écrite de mon père qui disait que je m’étais faite vomir et que j’avais trop grosse: d’une elle me faisait lire la lettre alors qu’elle aurait pu m’en protéger et deux elle a conclue avec « entre ton père et toi y a une relation incestuelle ». Il faut savoir que dans le contexte de notre histoire il y avait déjà un lourd passé de maltraitances psychologiques et physiques et que son comportement confirmait l’ensemble de sa position de mère non protectrice acceptant que l’on fasse du mal à ses enfants et que quelque part elle y prenne certainement un plaisir pervers.
bonjour la psychanalyse. Bonjour les années de thérapies. Bonjour à l’ambilance entre abandonner/continuer. mon seul rêve est de me désyntoxiquer de toute cette merde et toxines pour arriver à être heureuse/posée/amoureuse et avoir un enfant; mon seul rêve est de devenir maman et d’avoir une maison un mari simple ambitieux sain et fort et de pouvoir respirer sans plus aucune toxines sans plus aucune bizarrerie… J’y crois j’ai commencé par des troubles alimentaires qui ont duré des années, ensuite une dépression avec une tentative de suicide dont je m’en suis sortie seule ( dans une chambre d’hotel j’ai taillé mes veines à 18 ans et je me suis réveillée le lendemain c’ets moi qui est demandé à être hospitalisée et c’est le personnel qui m’a demandé de partir de l’hopital. mais partir signifait retourner chez mes parents. mon père et ma mère deversant leurs problemes de divorce et moi baladee entre ça -je vous raconte pas le massacre niveau études- j’ai fait avec et je me rattrapes comme je peux aujourd’hui. j’y crois car toutes les dérives dans lesquelles m’ont mises toutes ces toxines et ce climat de merde s’estompent peu à peu. MAIS MA PLUS GRANDE COLERE EST DE ME RENDRE COMPTE QUE MA VIE JE LA PAYE PLUS QUE DE LA GAGNER. car pour évacuer il faut travailler travailler et chercher les bons thérapeutes les bonnes méthodes et ça coutent de l’argent. Je paye ma vie je paye l’aide. Je paye mon désir de liberté. ça c’est vraiment la source de ma colère. payer pour exister.

le 22/09/2016 à 18h28 | Répondre

marie

Je me reconnais dans ta colère,devoir s’accrocher ne pas etre accueillie,devoir prendre jamais rien recevoir enfant , ce n’est pas dans l’ordre des choses, donner sans avoir recu,avoir été exploité enfant me met en rage face à la notion de donner,travailler.Massacrée et invalide ma mère DOIT ME DONNER , sinon rien n’a de sens c’est SA responsabilité de payer les soins , en juridique obligation alimentaire et de soins , avocat s’il le faut.Tellement coupable je me débrouille dans un enfer sans un centime aujourd hui c’est terminé , j’ai des soins que je ne peux me payer , c’est à la famille de pourvoir , solidarité familiale est un terme que j’ai découvert l’année dernière.La culpabilité s’infiltre partout ,si subtile. voici mon avis.Bises

le 13/12/2017 à 14h53 | Répondre

ELISABETH

Bonjour,
Un thérapeute vient tout juste de me parler de l »acte incestuel dont malheureusement, j’ai fait vivre à mes enfants. Mon ex-mari dont je suis séparé depuis 10 ans, a tenté de m’étrangler car je refusais un acte sexuel. J’ai sauté du lit, j’ai appelé au secours, mes deux filles dont marie qui souffre d’un trouble psychique important ont malheureusement entendu mes cris car j’ai appelé AU SECOURS. Mes filles sont arrivées et les paroles de mon ex-mari ont été les suivantes « Elle ne voulait pas faire l’amour. ». J’ai mis un mot maintenant acte incestuel qui péturbe à vie un enfant. Je paye ce jour car aurélie ma fille ainée est en adoration devant son père et n’aide pas sa sœur à se sortir de la dépression. voilà les dégâts que peuvent causer ces hommes malades du sexe.

le 19/11/2016 à 13h07 | Répondre

Karine

J’ai fait 5 ans d’analyse quand j’avais une vingtaine d’années. Ma sœur a été violée par mon oncle quand elle avait 6 ans, moi j’en avais 3. Je n’ai pas de souvenirs concrets mais je sais. Je me souviens de cette sensation dans cet appartement. J’avais peur, je me sentais en insécurité. La nuit j’attendais qu’Il vienne, qu’il m’arrive quelque chose. Pourquoi ce n’est jamais arrivé ? Je n’étais pas assez bien ? Et puis, j’ai été le déversoir de mes cousines qui me racontaient comment mon père les avait mises mal à l’aise et comment leur père les laissait toucher son sexe quand elles étaient petites. Ma tante (sœur de ma mère) quand j’avais 20 ans m’a raconté qu’elle avait eu des rapports sexuels avec mon père quand elle avait une dizaine d’années, elle était manipulée, elle n’était pas d’accord.
Je ne savais pas quoi faire de tout ça. Je comprenais que ce n’était pas normal. Personne ne me considérait comme une victime parce que j’étais le réceptacle.
Adolescente, j’ai toujours détesté mon père. Je détestais comment il me regardait. Je détestais qu’il est envie de moi. Ca me dégoûtait, il me dégoutait. Et j’avais peur. J’avais peur qu’il n’arrive plus à se retenir et qu’il me pénètre violemment. Il rentrait dans la salle de bain quand ma poitrine poussait. Il faisait des réflexions sur mes œufs aux plats. Il rapportait du sexe tout le temps à la maison. Il me dérangeait. Il se promenait nu. J’entendais ma sœur faire l’amour avec son petit ami quand j’étais adolescente, c’était insupportable. Elle ne faisait aucun effort pour être discrète. Il n’y avait aucune limite chez moi.
J’ai 35 ans maintenant, depuis quelques mois, je fais une thérapie. Je me remercie d’avoir trouver une professionnelle si compétente spécialisée dans ce contexte. C’est la première fois que l’on me dit « victime ». C’est la première fois que je me reconnais comme telle. Il n’y a pas eu de passage à l’acte sur moi comme il en a été sur mes cousines, ma sœur ou ma tante. Mais, j’ai grandi dans ce contexte toxique qui a détruit la magnifique petite fille que j’étais. J’ai un souvenir avec mon père qui est toujours remonté régulièrement. Il m’en manque des bouts comme si mon esprit s’était évadé, insoutenable, la trahison suprême. Et pourtant, j’arrête de chercher ces blancs. Parce que je pense que c’est juste ce qu’il transpirait. Jamais il ne me prenait dans ses bras. Ce n’était juste pas normal et j’avais peur et j’étais bloquée, comment se défendre lorsque l’on est une enfant et personne pour nous protéger. Il est pervers. C’est insidieux. Comment expliquer aux autres un ressenti dérangeant ? Comment les autres peuvent le comprendre ? Ma sœur est perverse aussi. Elle m’a manipulée depuis toujours. Elle m’a pris ma liberté de pensée. Elle avait besoin que j’aille mal pour se nourrir et me bouffer. Elle m’a fait croire que je ne pouvais pas vivre sans elle et donc que je devais toujours aller mal.
J’ai lu avec le soutien de ma psychologue le livre de Susan Forward « Sortir de l’emprise des parents toxiques ». Les démarches sont longues et difficiles. J’ai envie d’aller bien. J’ai coupé les ponts avec ma sœur. Elle ne demande pas d’explications et je crois qu’elle ne peut de toute façon pas comprendre. J’ai décrit par mail mon rejet à mon père. Je n’ai pas de réponse mais je pense qu’il ne peut rien en faire mais cela m’est égal. J’en ai marre de continuer à payer pour me construire alors que c’était le rôle de mes parents de m’armer et de m’arroser d’amour pour la vie. J’ai demandé à mon père qu’il paye les plus de 15000€ que j’ai mis dans des séances de psy.
J’ai tout raconté à ma mère qui n’a jamais rien vu. Qui a toujours été triste parce que mon père a toujours eu une liaison avec une autre femme. Elle était triste, elle est restée parce qu’elle pensait son mari un bon père. Je l’ai toujours protégée. Je n’aimais pas qu’elle soit triste. Elle l’a quittée, il y a plusieurs années. Aujourd’hui, ma mère est très soutenante. Elle me donne l’impression que tout est possible maintenant. Cela me fait un bien fou. Dans ma démarche de bien-être, j’aurais pu faire sans elle mais elle me fortifie.

J’ai un fils de 5 ans. Je vis depuis plus d’un an dans une famille recomposée avec un homme qui me permet ce travail parce qu’il me sécurise. Il a trois adolescents de 11 à 18 ans, trois garçons qu’il a en garde alternée. Le père de mon fils m’a quittée quand mon fils avait 1 mois après 9 ans de vie commune. Depuis un an c’est la première fois que je construis une famille, cela a été douloureux et violent parce que pour moi la famille est toxique, il y a forcément un fonctionnement toxique. Mon compagnon a aussi une histoire difficile en matière de famille. C’est difficile de construire quelque chose ensemble mais ce n’est pas impossible.

Comment aller bien au fond de soi viscéralement ? Comment écouter ses émotions et se faire confiance quand on ne nous l’a pas appris quand nous étions enfant ? Comment faire au mieux avec ses propres enfants quand on a grandi dans un tel contexte ? Pendant 4 ans, j’ai cru que je n’avais rien de bon à transmettre à mon fils, que de la merde, du mal-être. Parce qu’avoir des enfants c’est ça, ce n’est qu’une question de transmission. J’ai perdu tellement de temps avec mon fils.
La route n’est pas finie pour moi et c’est dur. On se sent tellement seule. Et je continue à trouver tout cela tellement injuste pour moi. Accepter d’avoir abandonné un équilibre, néfaste, certes mais que je connaissais et donc réconfortant. Comprendre que les hommes ne sont pas tous pervers. Accepter que je peux être une personne à part entière. Ne plus accepter que l’on viole mon intimité. Accepter que j’ai pu me laisser me faire violer par des hommes quand j’étais jeune adulte parce que je n’avais pas de liberté de penser. Accepter que ce n’est pas de ma faute si on a abusé de moi.
J’ai tellement hâte de ne plus être une victime.

le 31/12/2016 à 13h14 | Répondre

Sariana

Merci!
J’ai toujours vécu dans le déni, je me suis construite sur cela et, à mes 33 ans je n’y arrive plus. Je commence une thérapie mais j’ai la trouille de me retrouver à nouveau dans la peau de cette fillette… 😢

le 04/03/2017 à 09h58 | Répondre

Mylène

En fait, dursnt cette thérapie tu (je me permets de te tutoyer tant cette peur que tu as me parle) ne vas pas revivre ce que tu as vecu. Tu vas affronter ton passé MAIS avec ton regard et ta reflexion d’adulte. Tu vas pouvoir te réconcilier avec ton enfant intérieur. Et tu pourras regarderctes cicatrices avec bienveillance.Pas de la bienveillance envers ce que tu as pu vivre, mais de la bienveillance envers toi même.
Je te souhaite une belle rencontre avec cette petite fille que tu vas pouvoir consoler et aimer de nouveau.
Je t’envoie des ondes positives

le 06/03/2017 à 00h06 | Répondre

Lena

Bonjour,
Je suis une femme de 28 ans.
Je te remercie pour cet article (je me permets aussi de te tutoyer dans un bon esprit de compassion, cela va de soi) ainsi que toutes les autres personnes qui ont témoigné. C’est important qu’hommes et femmes témoignent de toutes sortes de ‘petits’ gestes/mots/mises en scène incestuels.

J’ai compris aujourd’hui que ma mère n’est pas incestueuse mais incestuelle avec moi. Il y a quelques jours, j’ai écrit plus de 40 emails à mon père, soit peut-être 15 pages Word, pour lui raconter tout ce que j’ai vécu par ma mère, comment je me suis sentie sale, honteuse, et coupable de son comportement incestuel. Ainsi que de celui de … ma propre soeur avec moi.

Je suis née dans un foyer de deux parents assez isolés, classe moyenne vite supérieure, une soeur de 4 ans ma cadette. Ma mère et ma soeur ont des comportements incestuels, jaloux, humiliants et méchants avec moi. Mon père est faible et peine à ‘rattraper’ leur méchanceté, il essayait mais il suffisait que ma génitrice hausse le ton pour qu’il se couche. J’ai énormément de colère contre mon père. Autant que je l’aime. Je le hais, le déteste, le pleure et l’aime car il n’est pas comme elles deux et pourtant il n’a rien fait. Et il ne fera certainement rien. A mes emails, mon père a répondu que dorénavant il mettrait tout ce que j’enverrais à la poubelle directement. Le choc a été rude, j’ai peu pleuré car je crois que pour lui j’ai déjà pleuré toute une adolescence, espérant son aide, son secours. Noircissant oreiller après oreiller toutes les nuits et finissant régulièrement à l’hôpital dont une fois car je m’étais poignardée … au coeur. Beau symbolisme que je ne comprends que trop bien désormais.

Ma mère me touchait à l’entrejambe après m’avoir bousculée dans la table, le mur ou simplement m’être rentré dedans, l’effet de surprise me prenait au dépourvu et là elle glissait une main sous ma jupe, touchait mes fesses, l’intérieur de mes cuisses et bien quelques fois ma vulve à travers ma culotte et avec ses bouts de doigts froids et griffus. Rien que d’en parler j’ai encore ce mélange de honte, de souillure, d’amertume, d’humilation et cette formidable haine meutrière contre elle qui me viennent en bouffées indistinctes.

Ma soeur avait 6 ans et elle m’attirait dans son lit pour que je lui raconte des histoires ‘pipi-caca’, j’avais 10 ans. ça me gênait énormément de raconter ces choses là, j’avais plutôt honte mais elle insistait pour que je continue alors je continuais. Puis il y a eu ces histoires de prince et princesse version malsaine. Et à la fin je devais embrasser le prince, ma soeur, un baiser baveux dégoûtant qui me faisait terriblement honte et me répugnait. Repoussant. Encore aujourd’hui, je me souviens du dégoût que je ressentais. Tout ça non plus nétait pas normal. Longtemps j’ai cru que comme j’étais l’aînée, j’étais la coupable. Je comprends que non. Je n’avais de la joie qu’à raconter l’histoire romantique, le reste me dégoûtait. Et j’ai grandi en ce sens, attirée par les jolies choses, les créant aussi bien dans un jardin que dans mes écrits, et je n’étais pas différente à 10 ans. A l’adolescence, toujours honteuse de cette période de ma vie, j’ai plusieurs fois essayé d’amener la conversation sur le sujet à table. Pour me faire engueuler, voilà, je voulais payer pour ‘mon’ crime, et recevoir la condamnation. La culpabilité me rongeait. Mais ma soeur subtile m’a lancé par deux fois un regard noir qui m’a dissuadé de tout révéler. A l’époque j’ai cru que c’était parce qu’elle ne voulait pas que son humiliation d’alors soit révélée, je comprends que c’est parce qu’elle ne voulait pas que la perverse sous le masque de l’enfant d’alors 12 ans soit exposé au grand jour.

Quand à 12 ans, j’ai demandé à ma mère ce que cela faisait d’être amoureuse d’un garçon et de l’embrasser. Comment on faisait. Le genre de choses mignonnes que les petites filles demandent simplement. J’ai reçu des assénements de « vérités » sur le fait que les hommes sont des forceurs, des abuseurs, des violeurs. Que le sexe c’est sale, c’est pas intéressant. Enfin ELLE ça ne l’intéressait pas. Elle a commencé à me parler de son asexualité, me mettant dans l’embarras le plus complet. Elle a commencé à me parler de mon père, de leur vie intime. De sa vie intime en me parlant de ses hypothèses sur son passé intime à lui. Choquant. Je pourrais écrire « Choquant » ou « Choquée » à toutes les phrases. Toutes ces choses dans l’esprit malade de ma mère, je ne voulais pas les voir ou les entendre, mais je cherchais des réponses à MES questions mignonnes sur l’amour DANS LE COEUR (pas sexuel?! D’autant plus à 12 ans) et elle ne parlait que de ça alors j’insistais bêtement en croyant qu’elle ne comprenait pas que je parlais d’amour ‘dans la tête’ et de ‘petites’ choses comme les baisers sur les lèvres.

J’avais par empathie (surdouance émotionnelle) le sentiment que ma mère était en souffrance alors je l’écoutais (la psychanalysait, l’enfant surdoué/empathique, médicament du parent malade). Je l’écoutais et n’avais aps à coeur de la couper car j’étais dans une posture difficile, trois cas de figures et j’ignorais lequel choisir souven. La couper c’était manquer d’amour pour elle, c’était comme claquer la porte à quelqu’un qui a besoin de parler. Ma mère se plaignait de son cafard et je savais qu’elle n’avait pas d’amis du tout, ni de famille. Alors je faisais psy pour elle, par amour. J’essayais de la faire se sentir mieux, rire (En vain pendant 28 ans). Mais en même temps ses confessions me gênaient tellement que j’en étais choquée au fond de moi et que j’essayais plutôt que de couper la conversation, de subtilement faire dériver la conversation de l’incestuel (que je ne comprenais pas alors en ces termes) vers l’amour pur (ce qui m’intéressais moi). Et enfin le troisième problème était que je n’avais pas confiance en moi et je pensais que si elle répondait à côté, c’était peut-être que je posais mal mes questions OU … que j’étais tellement sale que ma mère croyait que je m’intéressais à ces choses sales qu’elle me racontait par jouissance perverse. J’étais confuse. Je me disais plus ou moins consciemment que si elle me parlait de choses sexuelles, de viols, de souillure, de salissure, c’était parce que je cherchais des récits du genre. Et avec ma soeur qui avait posé problème pendant bien 2 ans (?), j’ai dû croire que ‘Décidément, soit c’est le monde entier qui est pervers, soit c’est moi qui suis perverse et donc les gens me parlent de choses dégueu pour me satisfaire.’ Sauf que j’étais petite, ne savais pas que ‘oui on peut avoir une mère ET une soeur incestuelle. Que 2 personnes sur 6.5 milliards c’est pas ‘TOUT LE MONDE' »

Ma mère se dénudait devant moi dans la salle de bains. Enlevait son soutien-gorge devant moi quand je venais lui parler dans sa chambre. Laissait la porte des toilettes ouvertes. Certains jours quand je repense à ça, j’ai de la haine et je me moque d’elle dans ma tête, de son odeur répugnante, du fait qu’elle est hideuse, sale, laide, déformée et bouffie par ses orgies de nourriture et sa profonde méchanceté. A d’autres moments, j’ai envie de la ‘tuer’ pour ce qu’elle m’a fait, elle m’a souillée, humiliée, utilisée. Et toujour je suis heureuse de savoir que jamais je ne tuerai personne car je ne suis PAS une meurtrière comme elle, que ce soit à petit feu ou de façon expéditive. Justement, je suis tout son contraire. Une pacifique, une pure, à 28 ans, je suis encore dans les princes et princesses, les amours mignons à la Orgueil et Préjugés. Et j’en suis fière car les amis que j’ai aimés qui étaient ainsi, peu nombreux hélas et qui ne soient pas dans des situations désespérées, furent de grands amours.

Désormais je me repose, j’ai commencé à parler de tout cela, à des psychologues dont une psychologue super spécialiste qui plus est de la gestion de l’anxiété et de la douance, j’en parle aussi à mon formidable généraliste empathique et humain, à une juriste d’une association d’aide aux victimes bientôt. Je suis en train de tout mettre à plat, tout verbaliser, tout explorer, tout ‘vomir’ et littéralement (désolée pour l’aspect peu glamour mais j’ai des troubles alimentaires depuis 2 ans où j’ai été violée par mon seul et unique compagnon, lui aussi pervers patenté, qui m’a séquestrée, affamée et abusée pendant tout un mois). Pour aller bien enfin, et aller rechercher quelques amours perdus, dans des situations similaires, en trouver d’autres, des vrais.

Honnêtement, à l’heure d’aujourd’hui je pense être dans une forme de résilience pour beaucoup de ces agressions, sur bien des aspects de ces agressions aussi. J’ai énormément de colère, de haine contre les agresseurs, contre mes agresseurs aussi. Tout en me disant que je me moque d’eux, mais que je veux sortir mon père de là. J’ai un peu mis la charrue avant les boeufs le concernant. Comme tout bon empathique, j’ai pensé à aller le chercher lui alors que je n’étais pas reconstruite. Et mélangé ce qu’il lui appartient de faire pour lui et ce qu’il m’appartient de faire POUR MOI. Penser à soi est important. D’abord à soi.
J’en veux beaucoup à mon père désormais. Je ne lui pardonnerai pas tant qu’il ne reviendra pas vers moi avec humilité, humanité, et la tête haute.

J’ignore si j’intenterai une action en justice car je ne suis pas certaine que la reconnaissance juridique de ma souffrance puisse m’aider et le système judiciaire étant ce qu’il est, je ne suis pas même certaine d’obtenir une reconnaissance. Par contre la reconnaissance de la société, vitale pour moi, je l’obtiens de façon centrale et bénéfique par le corps médical. ça fait un bien fou. Sortir du silence, sortir un peu plus de l’état de victime, de profonde détestation et ignorance de soi depuis toujours. Savoir enfin que oui, je ne suis pas sale, que non je n’ai pas voulu ces choses qu’elles m’ont faites toutes les deux. Que bien au contraire, je suis quelqu’un de très pur. Et d’autant plus que je travaille avec des jeunes, qu’à part les soutenir, les encourager et chercher (un peu trop) à en sauver certain(e)s, je ne veux rien d’autre. C’est en me voyant ressentir de l’amour vrai pour des jeunes que j’ai compris qu’on ne peut pas parler de choses sexuelles (ou les vouloir) avec eux. C’est sale, c’est mal. C’est ma mère, ce n’est PAS moi.

Et je suis fière d’être pure. C’est ma fierté dans un monde hypersexualisé, hyperdésirant, hyperconsumériste, hyperfutile souvent et basé sur l’incessant ‘pulsion-satisfaction-frustration’

le 05/04/2017 à 21h48 | Répondre

Delphine

Un témoignage qui concerne tellement de filles, c’est tellement répandu et criant de vérité. …bouleversant

le 17/06/2017 à 11h43 | Répondre

mar

Merci pour ce partage, c’est dur d’en parler et personne ne veut jamais entendre ça !
Moi c’était avec mon frère…(11 ans plus vieux que moi) et quand j’ai enfin tout avoué à ma famille ils m’ont rétorqué que j’avais du « mal interprété » des gestes qui n’ont aucune ambivalence !! (attouchements poussés).
Ce qui me fait réagir c’est justement ça, moi aussi j’ai passé des années à me dire que peut être je me faisais des idées, et toute ma famille et mes amis m’ont poussés à ne jamais porter plainte car « c’est quand même ton frère voyons ». Aujourd’hui il a des filles…

Bref tout ça pour dire que dans tout ce qu’il m’ afait, il y a aussi l’épisode de la main dans la culotte. Et ça n’est pas incestuel c’est incestueux.
Ne diminue pas ce que tu as vécu, l’atmosphère chez toi était certainement incestuelle, mais ce geste était incestueux. C’est ton intimité, il n’avait rien à y faire ! Même s’il n’est pas allé plus loin c’est déjà trop loin et c’est déjà franchir un énorme cap.

Donc voilà, je ne te connais pas mais je t’envoie tout mon soutien et me permets de te conseiller de t’autoriser à dire que tu es une victime de l’inceste. Tu l’as été, tu as été abusée. Moralement et physiquement car une main dans la culotte n’a rien du tout d’ambigu ou de léger. C’est énorme déjà !

Je te remercie encore une dernière fois pour ce précieux partage et cet énorme courage de le partager…

le 30/07/2017 à 20h50 | Répondre

Mme tracteur

Rapidement car aujourd’hui j’ai a peu près réussi a construire ma vie, merci de m’avoir fait découvert ce terme qui raconte mon enfance.
Pour ma part avec ma tante. Ma mère ayant été abandonnée par mon père, sa soeur lui a proposé de vivre avec elle, ce sera plus facile pour avec la petite. Domination, violence, racket sur ma mère, et ambiance incestueuse sur moi. Lavée par ma tante, y compris les parties intimes, treeeeeeees soigneusement, par ma tante, celle ci nue a toute heure du jour, me faisant rentrer chez nous en empêchant ma mere de le fairefaire. Une peur de rentrer dans la chambre de ma tante pour ne pas voir/entendre quoi je ne sais plus, mais peur et gène au plus au point.

le 05/08/2017 à 12h28 | Répondre

Jissé

Bonjour à tous,

J’écris ici aujourd’hui car je me pose beaucoup de questions. Cette histoire ne me concerne pas vraiment en fait, je m’explique: je suis avec un homme qui est déjà papa d’une petite fille de 5 ans (je suis plus jeune que lui et sans enfant). Je suis d’ailleurs en dernière année de psychologie avant d’avoir le titre.
J’ai l’impression d’assister à cette « ambiance » incestuelle lorsque je suis chez lui, mais j’ai peur de tirer des conclusions trop hâtives. La petite, à plusieurs reprises, se met à pleurer le soir lorsqu’elle comprend qu’elle doit dormir seule. Jusque là je dirais que c’est un cas assez classique.. Son père est donc obligé de rester avec elle jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Cependant, je sais que c’est parce que je suis là. Sinon mon homme a prit l’habitude de dormir avec elle parfois, donc quand je ne suis pas là.
Pareil ce matin, après l’avoir sortie de son lit pour la réveiller (école oblige), il l’installe dans le notre et lui fait un câlin pendant 10 mn. J’ai du assister à ce moment qui peut passer pour la complicité aux premiers abords, mais l’accumulation de ces petits épisodes ont fait que j’avais envie de crier « ça va je vous dérange pas?! ». Bien sûr je ne l’ai pas fait, au risque de passer pour la copine jalouse et égoïste.
En tant que futur psychologue, j’analyse beaucoup tout ces faits avec le complexe d’oedipe, période dans la quelle elle est en ce moment, et pense beaucoup à ce que Racamier a nommé « l’incestuelle « .
Etant petite j’ai été abusée pendant des années. J’en suis à peu près remise aujourd’hui car je suis en psychanalyse depuis quelques années. Je me dis que peut-être ce qui m’ai arrivé fait que je ne peux m’empêcher de diaboliser cette situation, comme une projection.
Un dernier épisode parmi d’autres qui me revient: un soir alors que j’avais envie de vomir, mon homme tente de faire l’amour. Je lui dis que je ne me sens pas bien. Une minute après il se lève toujours en érection, pour je cite « vérifier si la petite est bien couverte par sa couette ». Elle dormais à ce moment là. J’ai trouvé cela très étrange, le fait que cette envie lui soit venue soudainement alors qu’il était excité.
J’aimerai lui en parler mais je ne sais pas comment l’amener. Car j’ai peur d’avoir justement ce trop plein d’imagination. Mais je pense aussi beaucoup à sa fille que j’adore. Ma position est délicate…
Quelqu’un aurait vécu des faits similaires?

En tout cas bravo pour ton témoignage.

le 25/09/2017 à 15h22 | Répondre

Karine

J’ai fait un témoignage sur ce site en décembre de l’année dernière.
Bien sûr que l’histoire que tu décris te concerne. Construire une famille est déjà compliquée avec nos histoires et encore plus quand il s’agit d’une famille recomposée.
Lorsqu’on grandit dans un contexte incestueux ou incestuel, on perd la confiance en soi et en ses ressentis. On confond « comportements » toxiques et « contexte » toxique.
Mon fils a 5 ans et demi et je me suis toujours refusée à dormir avec lui à cause de mon histoire et il y a belle lurette que je lui ai appris à se nettoyer le zizi tout seul ! Mais, sans doute que j’étais trop excessive et trop tendue ! Quand il a commencé à se poser des questions sur mes seins, cela m’a mise terriblement mal à l’aise et c’est ma psy qui m’a fait réaliser que c’était normal (que cela me mette mal à l’aise et qu’il pose des questions). Cela fait partie de l’intimité alors quand j’ai expliqué ça à mon fils, il a arrêté de m’en parler. C’est un apprentissage l’intimité et c’est un problème quand l’adulte en face ne pose pas de limite.
Je connais beaucoup de parents qui prennent leurs enfants pour faire des câlins dans le lit le matin (dont le père de mon fils) ou même lorsqu’un des parents est absent prenne l’enfant dans le lit. Se pose, je pense la question de la « place » mais du contexte incestuel, je ne pense pas mais je ne sais pas, il faudrait voir si il y a d’autres comportements. Je comprends que toi cela te pose un problème et peut-être pourrais-tu l’aborder dans ce sens là avec ton homme ? « Cela me dérange qu’elle vienne dans le lit parce que c’est notre endroit à tous les deux, c’est l’endroit des adultes, c’est là que l’on fait l’amour, elle n’a pas sa place ici ». Tout en lui disant que tu acceptes et que tu aimes que sa fille fasse partie de ta vie.
Est-il au courant de ton histoire ?
Par contre, effectivement qu’il est besoin d’aller voir sa fille qui dort en pleine érection me pose question… Si encore elle avait appelé ou était en train de pleurer.
Le complexe d’oedipe est une phase normale, tu le sais bien. Le problème est quand le parent y répond de manière inadaptée.
Depuis décembre les choses ont beaucoup bougé pour moi. J’avais fait 5 ans d’analyse lorsque j’avais une vingtaine d’années et je me rends compte aujourd’hui alors que je fais une psychothérapie à tendance plutôt systémique que l’analyse m’avait sauvé la vie à un moment donné mais m’avait laissé également « suspendue » par rapport à la notion d’inceste. Tu as dû étudier Freud et par rapport à ce sujet, il n’a pas été clair et les psychanalystes restent sur son idée qui date d’un siècle. Je ne sais pas si tu connais Alice Miller. Elle est décédée maintenant mais son site reste actif grâce à sa partenaire. Il m’avait beaucoup aidé et sa démarche de reconstruction m’avait beaucoup parlé. Elle parle de rencontres avec des « témoins lucides » et il est important de rencontrer un professionnel qui soit spécialisé sur la notion d’inceste.
En tout cas, ce qui me pose question, c’est que tu doutes de pouvoir lui parler. Est-ce en lui que tu n’as pas confiance ou en toi ?
J’entends bien que tu adores sa fille et sans doute te projettes-tu en elle. Mais parfois, il est important d’apprendre à se protéger et prendre soin de soi. C’est difficile quand on ne l’a pas apprise petite fille mais c’est un droit tout à fait légitime.
Bon courage à toi !

le 25/09/2017 à 21h49 | Répondre

mam

Bonjour Jissé,

Je me permets de répondre à tes questions, je te conseillerai aussi de lire Alice Miller et de prendre tes distances par rapport à Freud en comprenant son enfance à lui, son vécu à lui (Alice Miller l’analyse tu y trouveras des réponses qui t’intéresseront sûrement et te seront j’en suis sûre très utiles pour te remettre de ce que tu as vécu).

En lisant ton texte, le fait de faire du cododo avec une enfant, qui plus est quand les parents sont séparés, ne me choque pas plus que ça.
Qu’il fasse un câlin dans le lit à la petite pour qu’elle se réveille en douceur pourquoi pas, après tout les enfants d’aujourd’hui subissent un rythme effréné, un contact aimant au réveil avant de démarrer une journée « seule » à l’école aurait du sens. Mais pourquoi la mettre dans son lit à lui ? Soit elle est levée elle commence sa journée soit elle est au lit et il peut juste rester 10mn prés d’elle le temps qu’elle emmerge (sans forcément se mettre sous la couette avec elle ça n’augmente pas la qualité de leur moment de réconfort d’être sous la couette en même temps).

En te lisant au début je me dis « tiens ça n’a pas l’air si étrange, mais le fait qu’elle se pose ces questions signifient peut être qu’elle sent quelque chose là dessous de pas clair, alors que peut être elle aurait pu voir quelqu’un faire quelque chose de similaire sans ressentir cette drôle de sensation de malaise ». Et là je tombe sur ta phrase sur l’érection…

Je suis vraiment préoccupée par cette partie de ton histoire, et aussi par ce que tu ressens le reste du temps car il est fort possible que tu arrives à percevoir quelque chose de malsain dans l’intention même si au niveau des gestes ça reste « discutable ».

Pour ce qui est d’aller voir sa fille alors qu’il est encore en érection pour moi c’est vraiment un signe d’alerte : quelle idée ! surtout qu’elle n’appelle pas sinon bien sûr ça aurait pu passer (et ça aurait dû le faire débander ceci dit …). Méfiance ++++++++, personnellement j’en parlerais mais pas seulement au père, je le dirais à l’entourage, à des professionnels. Il ne faut pas laisser cette petite fille risquer de subir ce que tu as subis.

Aie confiance en toi : ce n’est pas parce que tu as vécu ça que tout vient de toi et de tes projections, tu as le droit d’avoir confiance en ce que tu ressens si tu vois que ça ne va pas.

Ne reste pas seule : parles en à un professionnel extérieur qui pourra protéger la petite fille en cas de besoin

Ne sous estime pas l’impact sur cette petite fille : tu peux la protéger, ne reste pas sans rien faire face à ça s’il te plait.

Tu parles de ce que tu vois quand tu es là, qui sait ce qui se passe quand ils sont tous les deux ?

Je précise que je suis une professionnelle de la petite enfance qui travaille en lien avec la PMI, j’ai récupéré des enfants vraiment traumatisées alors que tout le monde savait autour d’elle mais que personne n’osait parler…

Cet homme devrait aller voir quelqu’un…et cette petite fille doit être protégée.

Bon courage n’hésite pas à nous tenir au courant si tu en ressens le besoin

le 15/01/2018 à 14h24 | Répondre

Aude

Bonjour,
Le climat incestuel existe malheureusement. J’ai découvert cela en 2016.
En fait j’ai assisté malheureusement pr moi au début de puberté de mon petit frère ….qui dès que j’étais dans les parages bander .. etc…à un moment ns étions en difficulté chez moi et ns devions dormir dans la même chambre ce qui était horrible je ne comprenais pas ce qu’il avait étant donné que ns avons que 3 ans de différence….je l’ai donc vu plein de fois en érection….ce sont des images traumatisantes pour moi. En plus de cela. …min grave frère lui a été le voyeur de service. ..il me regardait me déshabiller et ceci depuis ma plus petite enfance.. parfois il me déshabillait la nuit. … mais j’ai réalisé ceci tard. ..
Il est vrai que les nuits ont souvent étaient perturbées mais mettre un mot sur tout ce climat aide ;!!

Merci

le 19/02/2018 à 05h59 | Répondre

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