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Couple bilingue : comment le vit-on ?


Publié le 13 janvier 2016 par Camille

Claire Gezillig et Die Franzoesin ont toutes les deux épousé un homme d’une nationalité différente : un néerlandais pour l’une, un allemand pour l’autre. Leurs époux n’ont donc pas la même langue maternelle qu’elles !

Au fil de leurs articles respectifs, elles ont découvert que leurs couples géraient différemment le bilinguisme : les Franzose utilisent deux langues, les Gezellig, trois !

Une famille, plusieurs langues, c’est un sujet qui fascine souvent ! Alors, au quotidien, qu’est-ce que ça donne, Mesdames ? Dans cet article qu’elles ont écrit ensemble, elles essaient de t’expliquer les choix linguistiques qui ont guidé leur couple, pourquoi et comment…

Couple bilingue

Crédits photo (creative commons) : John Hope

De la rencontre à la vie de famille

Die Franzoesin : Lorsque nous nous sommes rencontrés en 2008, nous parlions anglais entre nous. Je vivais alors à Paris et ne parlais pas un mot d’allemand. Lui vivait en Allemagne, et il avait appris le français au lycée pendant deux ans.

Claire Gezillig : Début similaire ici, on s’est rencontrés en 2010 au Royaume-Uni, et on a commencé à parler en anglais… Il avait quelques bases en français, mais moi, je ne savais pas du tout à quoi ressemblait le néerlandais.

DF : Très vite, notre grand amour nous a donné envie de mieux comprendre l’autre (et ses proches), alors nous nous sommes chacun mis spontanément à prendre des cours du soir dans la langue de l’autre.

CG : C’est un peu plus complexe pour nous… Si Monsieur a progressé rapidement en français, moi, je suis d’abord partie m’installer en Allemagne. Les langues sont proches et il fallait déjà que je me remette à l’allemand. On a gardé l’anglais comme langue de communication, surtout que ses amis et sa famille se débrouillaient très bien en anglais.

DF : Au bout d’un an de relation, nous avons laissé tomber l’anglais pour adopter l’allemand comme langue commune. Comme j’imaginais bien m’installer en Allemagne un jour, je souhaitais progresser rapidement. En 2011, mon niveau de langue m’a enfin permis de décrocher un poste en Allemagne ! Je m’y suis installée, et j’ai travaillé dès lors 100% en allemand. Mon niveau a explosé. Mais comme de son côté, Ulrich a émis le souhait d’améliorer son français, on a commencé un 50/50 à la maison.

CG : Quand je suis finalement venue m’installer aux Pays-Bas, en 2011 aussi, je ne connaissais quasi rien de la langue. J’ai pris quelques cours en arrivant, pour me débrouiller dans les magasins, la rue, etc. Mais l’anglais est resté notre langue. Je travaille majoritairement en français. Mais j’ai continué à prendre quelques cours de néerlandais et, petit à petit, je suis passée au néerlandais avec la famille et les amis de l’amoureux.

DF : En 2014, je suis tombée enceinte. Après une longue discussion au début de ma grossesse (l’idée que mon enfant ne parle pas ma langue me terrifiait), Ulrich et moi avons décidé de faire du français notre langue commune. Nous espérons ainsi rétablir un équilibre entre nos deux langues : notre enfant devrait parler allemand à la crèche, puis à l’école, mais principalement français à la maison.

CG : Notre mariage en 2014 a été une vraie motivation : je voulais pouvoir comprendre la langue de mon mari et me débrouiller vraiment pour parler. Je suis donc arrivée à me hisser à un niveau assez correct pour les conversations habituelles et familiales. Et c’est le niveau où je stagne depuis :  je ne parle pas parfaitement, mais j’arrive à m’exprimer et je comprends la majorité de ce que j’entends (télé, conversations informelles, repas de famille où j’arrive même à intervenir quand j’ai besoin…). Pour le moment, ça me suffit et je ne fais pas beaucoup plus. L’amoureux, lui, impressionne tout le monde avec son français : je dis souvent que c’est mon meilleur élève ! Au quotidien, entre nous, on garde cependant l’anglais. Avec du français et un peu de néerlandais par ci, par là.

DF : Depuis sa naissance, je parle français avec Pierre, Ulrich parle allemand avec lui, et Ulrich et moi continuons de parler français entre nous. Les premiers mots que Pierre a compris (« Regarde », « Non », « Donne », « Bravo » et quelques parties du corps qu’il sait montrer) étaient français (et Maman était ravie).

CG : Pas d’enfant chez nous pour l’instant, mais on s’est dit qu’il allait falloir qu’on soit plus stricts dans notre utilisation des langues quand on en aura. L’idée, c’est : Maman parle en français, Papa en néerlandais et les parents ensemble parlent anglais. Ou parfois d’autres langues, mais pas une bouillie mélangée. En attendant, on s’impose depuis quelque temps une règle simple : on peut parler plusieurs langues ensemble, mais interdit de les mélanger dans une seule phrase ! Ça commençait à devenir un peu n’importe quoi !

DF : Aujourd’hui, je suis considérée comme bilingue en allemand, même si je sais que je fais encore des petites fautes (mais les allemands aussi). Et Ulrich parle un français presque parfait à l’oral.

CG : Nous, nous parlons couramment l’anglais. L’amoureux parle vraiment très bien le français, et je me débrouille pas mal en néerlandais. On est assez fiers de dire qu’on est trilingues !

Avantages et inconvénients du bilinguisme

DF : Je me rends bien compte que notre façon de gérer le bilinguisme ne facilite pas toujours notre bonne compréhension. Car finalement, aucun de nous deux ne maîtrise la langue de l’autre comme un natif. Il y a souvent des malentendus, les choses peuvent être rapidement mal interprétées. En cas de dispute, surtout, nous ressentons souvent des difficultés à nous exprimer. Parfois, c’est frustrant : nous nous demandons si l’autre nous comprend vraiment. D’un autre côté, je me dis qu’au sein d’une même langue, la communication ne va pas toujours de soi et que, peut-être, nos faiblesses linguistiques nous poussent justement à être toujours plus à l’écoute…

Une autre limite de notre modèle est que, parfois, la langue peut être utilisée comme moyen de pression. Lorsqu’Ulrich est fâché, il arrête souvent de parler français. Et c’est énervant ! Dans ces moments-là, j’aimerais retrouver l’anglais comme langue neutre entre nous.

Je suis aussi parfois frustrée de toujours devoir abaisser mon niveau de langue : je n’emploie jamais de mots français trop compliqués à la maison…

CG : Pas vraiment de frustration autour des langues dans notre couple. Notre système nous permet d’utiliser celle qui nous paraît la meilleure au moment opportun. Après, oui, c’est vrai que parfois, je regrette qu’on ne puisse pas partager les livres, les subtilités qu’on aime dans notre langue maternelle. (Moi qui suis une littéraire, j’aimerais tellement pouvoir aller voir Cyrano avec lui…) Mais on va s’améliorer avec le temps.

DF : Il faut aussi beaucoup de patience pour être l’instituteur/l’instructrice de l’autre, et il peut rapidement y avoir des petites vexations lorsque l’un corrige l’autre.

CG : Je suis prof de français langue étrangère : expliquer, corriger, ce n’est pas difficile pour moi. Ce qui explique sans doute en partie le bon niveau de Monsieur en français. Mais nous aimons avoir l’anglais comme langue dominante, justement parce que c’est un terrain neutre (ni ma langue, ni la sienne).

DF : Au niveau des avantages, je dirais que deux langues, ça suffit : c’est déjà assez compliqué de bien en maîtriser deux ! J’ai du mal à imaginer ce que serait mon quotidien avec une troisième… Et puis, j’aime bien l’idée d’avoir appris et d’utiliser au quotidien la langue de l’autre, comme un symbole d’amour, un signe d’intégration dans sa culture…

CG : Je n’aurais pas mieux dit (prononcer mes consentements en néerlandais a été un grand moment d’émotion pour moi !).

Avantages et inconvénients du trilinguisme

CG : Le fait d’avoir trois langues n’est pas toujours facile à gérer, parce qu’en effet, c’est dur de maintenir son niveau ou de progresser dans trois langues. Quand je perds mes mots en français, ça me fait un peu peur. Et puis, il y a peu, on s’est rendu compte en allant en Angleterre que l’anglais qu’on parlait ensemble était teinté de français ! Il nous faut nous réadapter pour parler l’anglais standard. C’est aussi pour ça qu’on a fixé la nouvelle règle : une seule langue par phrase !

L’autre constat, c’est qu’on a vraiment l’impression de ne pas être la même personne suivant la langue qu’on parle. Du coup, au début, j’ai eu beaucoup de mal à accepter que l’amoureux me parle en néerlandais : j’avais l’impression que ce n’était pas la même personne. Et en français, je trouvais qu’il manquait de nuances… Bref, on est assez attachés à notre couple en anglais, même si on a appris peu à peu à se connaître et à s’aimer dans nos trois langues.

DF : Je rebondis sur ce point, car je m’y retrouve beaucoup ! Je perçois Ulrich différemment selon qu’il parle français ou allemand, et c’est presque déstabilisant. Il paraît doux et touchant dans ma langue, plus fort – et sexy ! – dans la sienne. Je n’ai cependant pas de préférence notable, j’aime bien l’alternance.

CG : Au final, notre usage des langues dépend beaucoup du contexte et du sujet : dans la cuisine, on parle français majoritairement. Pareil, quand je raconte des anecdotes sur mes cours, je les raconte en français. Par contre, si je raconte un problème que j’ai eu avec le train, j’utiliserai plus spontanément le néerlandais, comme c’est dans cette langue que j’ai vécu la situation…

DF : Spontanément, on a tendance à faire pareil. Si on parle d’un problème d’impôts, par exemple, on va en parler en allemand, parce qu’on paye nos impôts en Allemagne et que traduire cette discussion en français serait compliqué pour tous les deux !

CG : Finalement, j’ai l’impression que malgré les difficultés, le bilan est plutôt positif pour nous deux, non ?
On se donne rendez-vous dans dix ans pour un autre article, histoire de voir comment ça a évolué ? (Pourquoi pas sur Dans ma tribu, pour parler de nos enfants ?)

DF : Le bilan est très positif, même ! Je ne pourrais plus imaginer ma vie sans allemand. Le rendez-vous est pris pour dans quelques années, j’ai hâte de savoir comment ça va évoluer !

Et toi ? Tu es en couple avec quelqu’un qui parle une autre langue ? Comment vous vous organisez au quotidien ? Si vous avez un enfant, comment ça se passe ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

44   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Fleur (voir son site)

Sans vouloir vous passez de la pommade, c’est très certainement l’un des article les plus intéressant que j’ai lu !
On comprend bien les différences qui existent et les avantages et inconvénients de chacune de vos situations.
Bravo et à dans 10 ans alors 😀

le 13/01/2016 à 09h48 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Ooooh merci !! Et pluie de paillettes sur toi 🙂 .

le 13/01/2016 à 20h19 | Répondre

Mlle Moizelle

Je pense que vos enfants seront très chanceux! Et je rejoins Madame Fleur, article à 2 voix très intéressant! 😉

le 13/01/2016 à 10h35 | Répondre

Claire Gezillig

Je travaille pas mal avec des enfants bilingues et c’est juste fascinant et parfois, je suis jalouse…
Mais après, ce n’est pas automatique forcément et ça demande des efforts des parents pour garder les deux langues vivantes – beaucoup de cas d’enfants qui sont plutôt locuteurs passifs dans la langue qui n’est pas celle de l’environnement (compréhension mais pas production).
Mais j’espère pouvoir revenir en parler pour mes enfants quand j’en aurai 😉

le 13/01/2016 à 14h40 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Pour le moment je ne sais pas si c’est une chance, mon fils semble quand même un peu perdu à la crèche à cause du changement de langue. Mais je suis du genre à me faire du souci pour rien et j’espère que, quand il sera grand, il le verra effectivement comme une chance.

le 13/01/2016 à 20h20 | Répondre

madame lucette

J’ai des amis allemands qui vivent en France, leur petit garçon a mis plus de temps à parler que la « norme » mais à trois ans il s’exprime maintenant dans les deux langues, les distingue sans mélanger. Il parle l’allemand à la maison et français à la crèche et avec la nounou. La mise en route est plus longue mais c’est un peu normal vu que Pierre est en train d’assimiler deux langues en même temps !

le 14/01/2016 à 00h58 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Merci de me rassurer 🙂 c’est vrai que les débuts sont un peu plus difficiles mais ça va venir !

le 14/01/2016 à 22h17 | Répondre

Mlle Moizelle

(J’aime beaucoup quand Die Franzoesin décrit les 2 facettes de son mari selon la langue qu’il utilise! 😉 )

le 13/01/2016 à 10h43 | Répondre

Madame Béret

Sur le constat des double facettes, je me retrouve pleinement ! Etant bilingue en italien, je me suis vite rendue compte que je ne suis pas la même personne selon la langue que je parle. Je m’exprime différemment (niveau de langage, expression, timbre de voix, gestuelle, etc). C’est vraiment marrant à observer 🙂

Monsieur Babouche quant à lui est bilingue français. Nous communiquons en français mais le reste du temps il s’exprime en dialecte marocain.
Pour les enfants, notre idée sera que je leur parle français, lui marocain et arabe classique.
Entre nous, parlant français depuis notre rencontre, je pense que nous resterons principalement sur cette langue, même si je prends actuellement des cours de dialecte 🙂

le 13/01/2016 à 11h34 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

C’est drôle 🙂 . Cependant je ne crois pas que la langue influence la personnalité, mais plutôt la perception des autres, non ?

le 13/01/2016 à 20h22 | Répondre

Cacy

Je retrouve dans votre article plusieurs facette de ma propre histoire: couple de francais expatrié dans un pays étranger (non anglophone), nous jonglons entre 3 langues: le francais entre nous, l’anglais avec nos amis et au travail et la langue locale dans les magasins et parfois au travail.
Il est parfois dur de raconter notre journée en francais sans utiliser les mots anglais que nous employons normalement en travaillant.
Il est aussi difficile de progresser dans la langue de notre pays d’adoption car les locaux nous parlent souvent en anglais dès qu’ils percoivent une hésitation ou un accent étranger.
Et nous avons une certaine inquiétude pour nos futurs enfants, comment apprendront-ils à écrire le francais alors que l’école francaise la plus proche est à 400 km de chez nous? Faut-il d’ailleurs leur faire apprendre à écrire le francais ?
Heuresusement, il nous reste quelques années pour trouver des réponses.

le 13/01/2016 à 13h05 | Répondre

Claire Gezillig

Je comprends ton questionnement. Même sans être scolarisé en français, l’enfant peut apprendre à lire / écrire dans sa langue maternelle. Bien sûr, ça va demander un investissement mais pas autant qu’on le croit. En fait, il faut juste ne pas être trop pressé car il vaut mieux qu’un système (celui de l’école) soit bien mis en place pour en apprendre un deuxième (comme ça on se sert des compétences déjà bien développées avec la langue 1 et on a moins de risques de confusion).
Si tu veux en discuter, c’est un de mes domaines d’expertise, tu peux m’envoyer un mail à claire@enfrancais.nl 😉

Et pour la langue de votre pays d’accueil : apprendre une langue, c’est un processus compliqué et long et ce n’est pas toujours facile… Et quand la facilité se pointe (on nous répond en anglais), on a tendance à baisser les bras… Mais il ne faut pas se décourager, j’ai l’impression que c’est un cap à passer (tu me réponds en anglais si tu veux mais je vais essayer de continuer à te parler dans ta langue)… Et puis, surtout, chacun à son rythme, c’est pas une compétition, on est tous différent 😉

le 13/01/2016 à 14h48 | Répondre

Mlle Moizelle

(désolée, je m’immisce) j’ai un couple d’amis bilingue (elle est française et lui hispanophone d’Amérique du Sud -je sais plus trop où, bref) et ils ont mis leur petit dans une école Diwan (tout en breton, donc). Pour l’instant, le petit Simon parle un peu moins bien que ses camarades du même âge, et il mélange les 3 langues dans une même phrase (parfois, même la maman dit qu’elle a du mal à comprendre!). Pourtant, pour la maîtresse, il est évident que Simon s’adapte mieux que les autres enfants car il est déjà habitué à jongler entre deux systèmes de langues différents. Il est donc normal que le langage se mette en place plus tardivement, mais les enfants acquièrent des réflexes de pensées et d’apprentissage très utile sur le long terme. Je ne veux pas mettre ton expertise en cause Claire ( 😉 ), je rapporte juste un témoignage différent. Et toujours selon la maîtresse de Simon, face aux doutes de la maman que cela fasse « trop » de devoir s’habituer au breton en même temps qu’à l’école: c’est de toute façon le propre de l’enfant de s’adapter, et comme il ne connait pas l’école sans le breton, il n’y a rien de déstabilisant là-dedans… Pour l’instant, il mélange un peu tout, mais se rend déjà compte que les langues sont liées aux contextes (français avec Maman et la nounou, espagnol avec Papa et les grands-parents, breton à l’école…) et plus tard il comprendra en plus que ces langues sont attachées à des cultures. Bref, be patient! 🙂

le 13/01/2016 à 15h08 | Répondre

Claire Gezillig

Tu ne mets rien en cause, on ne parle pas de la même chose 😉

En fait, je dis que pour l’apprentissage de l’écriture et de la lecture (et non de la langue), si l’école se fait dans une seule langue, il vaut mieux attendre que l’enfant apprenne d’abord à lire dans la langue de l’école avant d’essayer de lui apprendre (hors de l’école) à lire dans une autre langue (même si c’est sa langue première), juste, c’est plus efficace – surtout si c’est le même alphabet. Les enfants qui ont appris à lire en néerlandais et qui parlent le français à la maison, ils peuvent apprendre ensuite à lire en français vite, une fois que le système en néerlandais est bien assimilé.

Je ne suis pas du tout, du tout contre une scolarisation dans une langue qu’on ne parle pas à la maison, bien au contraire 😉 (je donne des cours de français précoce aussi pour des enfants qui ne l’ont pas dans leur environnement)

le 13/01/2016 à 15h20 | Répondre

Mlle Moizelle

Ok! effectivement, on ne parlais pas de la même chose! 😉

le 13/01/2016 à 15h49 |

Die Franzoesin (voir son site)

Euh Claire c’est moi qui vais t’envoyer un mail fissa pour cette histoire d’écriture ! Ca m’intéresse !

le 13/01/2016 à 20h23 | Répondre

MlleMora

Super article les filles, on retrouve bien vos styles et votre façon de vivre vos couples. C’est très intéressant de vous lire : j’aime déjà vos articles séparément, alors toutes les deux, c’est double dose de qualité ! 🙂
ce sera intéressant de voir comment vos (futurs) enfants vivront les langues, mais c’est déjà un beau cadeau que vous leur faites en parlant plusieurs langues à la maison !

le 13/01/2016 à 13h38 | Répondre

Claire Gezillig

Die Franzoesin parle un peu du bilinguisme de son fils sur son blog… pour moi, ben faudra d’abord se mettre à faire des gosses 😉

(et merci pour les compliments 🙂 )

le 13/01/2016 à 14h49 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Merci c’est adorable et motivant pour que nous continuions à écrire 🙂 .

le 13/01/2016 à 20h26 | Répondre

Mlle Baklava

Tout d’abord, je tenais a dire que je suis une lectrice invétérée des sites (un peu dans ma tribu, beaucoup sous notre toit et a la folie mlle dentelle !) et pourtant je ne suis ni mariée ni fiancée et pas d’enfants… Coucou la folle ! Il s’agit aussi ici je crois de mon premier commentaire car oui, je suis discrete .. Mais cet article me parle tellement.
Cela va faire 4 ans que je suis en couple avec un turc. Apres maintes voyages (c’est simple mon passeport ne contient plus que des tampons turcs) et un Erasmus magique d’un an a Istanbul, je me suis installé en Turquie il y a maintenant 10 mois.
Je parle turc (c’est a dire je comprends la plupart des conversations, je m’entretiens assez facilement avec sa famille et mes collegues qui ne parlent pas anglais). Mais la ou c’est compliqué pour moi, c’est communiquer avec mon Turc. Je ne veux pas parler turc avec lui (en tout cas pas des conversations longues) car je veux conserver le caractere neutre de cette langue. C’est notre langage intime.
Mais c’est vrai que meme si nous avons un tres bon niveau en anglais; les incomprehensions sont souvent nombreuses et cela nous frustre beaucoup. J’apparente un peu cela au jeu de téléphone arabe : je pense français pour le dire en anglais et lui traduit mon anglais pour comprendre en turc. C’est pas tellement la traduction qui serait faussé (on parle tres bien anglais) mais plutot son intensité … et je vous rejoint quand vous dites qu’on est pas la meme personne selon la langue qu’on utilise… J’ai une personnalité trop discrete voire effacée en turc, alors que ma personnalité en francais est pétillante et fofolle donc naturelle. Il y a donc cet sensation de ne pas connaitre l’autre a 100% et inversement.
Et c’est tout l’avantage et les désavantages d’une relation trilingue : on attache beaucoup d’importance a la communication qui est normalement spontané entre un couple francais/francais.
Alors oui, on pourrait se mettre a fond dans la langue de l’autre (moi parler turc constamment) ou lui se mettre plus sérieusement au francais … mais cette neutralité nous rassure.
Merci pour cet article =)

le 13/01/2016 à 13h45 | Répondre

Claire Gezillig

Apprendre la langue de l’autre, c’est un joli cadeau… C’est comme chercher à savoir quels sont ses passions, ça permet d’être plus proche, d’accéder à une partie de son identité… ça ne veut pas dire qu’on doit forcément parler cette langue ensemble (comme on doit pas forcément partager les passions de l’autre).
À chaque couple ses choix en fonction de ses envies, son histoire, son ressenti, il n’y a pas, à mon sens, de bon ou mauvais choix, il y a celui qui vous convient le plus 😉

Sinon, oui, parfois, les couples bilingues ont des problèmes de communication dus à la langue, c’est vrai. Ça nous arrive…
Mais c’est un facteur parmi d’autres et en avoir conscience, c’est déjà un grand pas et ça permet de gérer la plus part du temps…
Parce qu’à côté de ça, même si on n’a ni la même langue, ni la même culture, ni la même nationalité, l’amoureux reste la personne avec qui je trouve le plus facile de partager et de communiquer… et ça, c’est juste merveilleux 😀

le 13/01/2016 à 14h56 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Pour compléter la réponse de Claire je dirais de mon côté que oui les problèmes de communication ou de traduction existent et rendent parfois la relation plus compliquée. Et d’un autre côté je trouve qu’ils nous préservent car finalement même dans sa propre langue on ne se comprend pas toujours à 100% (le même mot n’a pas le même poids pour tout le monde) – mais dans ce cas, on ne s’y attend pas !

le 13/01/2016 à 20h29 | Répondre

Hermy

Je trouve votre article très intéressant et l’écriture à plusieurs voix sur un même sujet apporte vraiment un plus. J’espère qu’on verra apparaître le même concept sur d’autres sujet.

le 13/01/2016 à 13h56 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

J’adorerais !! Si tu as une idée d’article qu’on peut écrire à deux je suis preneuse (je ne sais pas, une expérience différente avec ton bébé par exemple).

le 13/01/2016 à 20h30 | Répondre

Hermy

Ah ben carrément !!! Faut juste trouver le sujet !!!

le 13/01/2016 à 20h51 | Répondre

Louna (voir son site)

Rah la la, les filles, comme je vous enviiiiiiiiie !! C’est un peu mon idéal, que vous décrivez-là : vivre à l’étranger au sein d’une autre culture, se servir d’une autre langue au quotidien, et summum du luxe, le vivre dans son couple et dans sa famille. 🙂
Depuis que j’ai commencé à apprendre une langue étrangère au collège, ça m’a toujours paru être une richesse incommensurable que d’arriver à penser, réfléchir, raisonner ou même tout simplement vivre dans une autre langue. D’autant plus que ma famille étant famille d’accueil pour des lycéens étrangers, j’ai pu le vivre en direct au quotidien et très jeune. Et bien sûr, j’avais très envie de pouvoir vivre ce partage si riche au sein de mon couple plus tard. Mais parfois la vie prend des tournants inattendus, et j’ai rencontré mon Mister F. bien francophone avec qui j’ai fait ma vie en France.

Heureusement, j’arrive à entretenir mon amour pour les langues étrangères à travers plusieurs amitiés bilingues (notamment héritées de mon année Erasmus) et ma pratique quasi-quotidienne de l’anglais dans mon travail, mais bon, ça n’a rien à voir ! Et un de mes plus grands regrets est que ma fille ne puisse pas grandir dans un environnement bilingue. (D’ailleurs, Claire, si tu as des conseils pour sensibiliser les petits aux langues étrangères assez tôt, je suis preneuse !)

Bref, profitez bien de cette belle richesse, les filles, et merci pour cet article passionnant sur votre vision à chacune et votre manière d’appréhender les choses (même si on voit clairement que vous êtes sur la même longueur d’onde sur la plupart des points importants ! 😉 ).
Rendez-vous pris dans 10 ans ! 🙂

le 13/01/2016 à 15h11 | Répondre

Claire Gezillig

j’ai plein de conseils pour sensibiliser les petits aux langues étrangères, je note l’idée d’article pour DMT.

Je développerai donc mais disons que quand il n’y a pas de deuxième (troisième, quatrième…) langue dans l’environnement, je trouve bien plus intéressant de sensibiliser un petit à la diversité linguistique plutôt que de vouloir lui enseigner une langue étrangère.
Bref, faut absolument que je vous parle de tout ça mais en attendant, tu peux aller voir le blog d’une amie qui fait ça avec sa petite et qui a mis des ressources en ligne : http://avenuereinemathilde.com/category/apprendre-2/langues-etrangeres/apprendre-en-famille/

le 13/01/2016 à 15h24 | Répondre

Louna (voir son site)

Ah c’est top ! Merci pour le lien !
Je vois que je fais à peu près déjà tout ce qu’elle fait avec sa fille : livres en allemand et en anglais, et histoires et comptines en anglais. Pour les échanges de cartes avec d’autres enfants, je vais attendre encore un peu qu’elle grandisse, bien que l’idée me tente beaucoup !
Je vais également lire ses articles sur les voyages avec bébé : ça m’intéresse drôlement ! Merci Claire !

le 13/01/2016 à 16h03 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Ah la la je sais pas pourquoi mais moi autant je trouve ça génial dans mon couple le bilinguisme autant vis à vis de mon fils ça m’inquiète en fait plus que ça ne me ravit. J’ai peur pour son intégration à la crèche, j’ai peur pour l’évolution de son langage, j’ai peur qu’un jour il rejette le français, je me demande comment je vais lui apprendre à écrire… Et j’envie souvent tous ceux qui n’ont pas ces questions à se poser ! Comme quoi on est jamais content 😉 .

le 13/01/2016 à 20h31 | Répondre

Mlle Girafe

Nous aussi couple mixte mais pas bilingue malheureusement. Chéri a été traumatisé par une prof de français au collège et laissé tomber cette langue dès que possible au moment de choisir les options. Depuis le début on se parle en néerlandais et on n’a jamais eu recours à l’anglais sauf pour des mots ou des expressions dont je ne connais pas la traduction. Mais il apprend petit a petit même s’il est trop timide (ou têtu) pour oser parler français avec ma famille et mes amis! Il lit les asterix et d’autres Bd et on regarde parfois la télé en français. Ça reste assez frustrant parfois pour moi de devoir toujours communiquer dans une autre langue. Et quand je ne trouve plus mes mots en français alors là je m’inquiète.
Il nous est arrivé de nous disputer parce qu’on ne se comprenait pas et dans ces cas-là il me dit de déballer mon sac en français et ensuite quand j’ai bien tout dit ce que j’ai sur le coeur, et que je suis plus calme, on peut repasser en néerlandais. Il me connait assez bien 🙂

On espère par contre que Poussin sera bilingue lui! Par contre il m’a fallu dépasser le cap de parler français avec lui devant des gens qui ne me comprennent pas. Quand je suis chez mes beaux-parents je trouve ça toujours un peu délicat. Mais un jour où on était chez eux, ma belle-mère, très fière, a dit à une tante qu’on élevait Poussin dans les deux langues. Depuis j’ai moins d’appréhension!

le 13/01/2016 à 15h50 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

C’est un sujet très intéressant que tu abordes à la fin de ton commentaire. De mon côté je parle toujours français à mon fils quel que soit l’environnement. Mais je remarque parfois que ça gêne certaines personnes qui prennent cela pour de l’impolitesse. Et bien sûr ce n’est pas agréable… Mais bon ce n’est pas la majorité.

le 13/01/2016 à 20h34 | Répondre

sarah

super sujet! j’avoue que je vous envie un peu, j’aurais adoré avoir un mari d’une autre culture (bon il est breton ca compte?) j’ai toujours adoré les langues et révais d’être bilingue… par chance ce n’est pas au sein de mon couple mais en entreprise ou je jongle entre l’anglais et le francais et je confirme les commentaires sur la ‘double’ personnalité. Je me sens bien plus extravertie en anglais qu’en francais. Aussi surprenant soit-il, je préfère faire des présentations en anglais… mais du coup je côtoie plein de collègues dans votre cas, ou les parents parlent une ou deux langues et les enfants parlent en plus la langue du pays, ce qui pose des soucis car les parents ne peuvent pas toujours les aider pour leurs exercices scolaires si leur niveau n’est pas assez bon…

le 13/01/2016 à 21h41 | Répondre

Madame Mo

Chez moi, tout le monde est déjà au moins bilingue. On parle français mais aussi la langue de son ethnie.
Le Nounours n’est pas de la même ethnie que moi. De fait, nous souhaitons que notre enfant parle ses 3 langues « maternelles » en plus de l’anglais et de l’allemand/espagnol qu’il apprendra, plus tard, à l’école.

le 14/01/2016 à 08h40 | Répondre

Madame Mo

Une partie de mon commentaire a disparu mystérieusement.
Je disais donc que, pour le Nounours comme pour moi, l’apprentissage de la deuxième langue (nous ne sommes pas d’accord à ce sujet, lui dit que sa deuxième langue est le français et pour moi c’est clairement l’inverse) s’est fait naturellement.
Nos amis sont les parents forment un couple mixte parlent les 3 langues doc il n’y a pas de raison que notre enfant ne parle pas nos 3 langues. On en rigole en disant que chacun de nous apprendra la langue de l’autre en même temps que l’enfant. 🙂

le 14/01/2016 à 08h49 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Tu as raison, finalement c’est peut-être plus facile qu’on ne pense !! Merci pour témoignage en trois langues 🙂 .

le 14/01/2016 à 22h21 | Répondre

Madame Vélo

Oh oui merci pour cet article vraiment top ! Et écrit à deux mains ça apporte vraiment un plus, surtout écrit par vous 2 🙂
J’avais aussi remarqué que je n’étais pas tout à fait la même quand je parlais en anglais (notamment avec mon amie américaine) qu’en français, et je me demandais si c’était normal 🙂 à priori oui !
Et comme Louna je suis très intéressée par un article pour ouvrir mon enfant à la diversité linguistique (comme tu dis Claire !). J’ai toujours envié mes copines qui connaissaient plusieurs langues dès leur enfance. Après j’ai entendu dire que ces enfants multi-linguistes ont plus de mal avec l’orthographe, est-ce vrai ? (par exemple ils vont plus facilement mélanger le et/est/ai/est/…).

le 14/01/2016 à 10h36 | Répondre

Claire Gezillig

Aucune étude sérieuse n’a prouvé de relation entre difficultés d’orthographe et multilinguisme.

Le grand danger principal, c’est plutôt d’ordre émotionnel / psychologique : les gens qui ont grandi dans plusieurs langues ont parfois l’impression qu’ils n’ont pas la même maîtrise d’aucune langue que les monolingues. Ce n’est pas forcément vrai dans les faits mais c’est plutôt une représentation qu’on se fait parce qu’il y a une certaine insécurité de ne pas appartenir à un seul groupe. C’est pourquoi, à mon sens, il est important de travailler sur les apports du multilinguisme : oui, ce n’est pas toujours facile, oui, ça rend différent d’une certaine norme (même si en fait, c’est surtout dans le monde occidental qu’on est monolingue, ailleurs, c’est le multilinguisme qui est la norme), oui, c’est du boulot de garder cette richesse dans certains contextes mais aussi oui, ça vaut le coup. Surtout si ce n’est pas artificiel (quand je dis artificiel, je veux parler de ces parents qui décident de parler une langue à leur enfant qui n’est ni leur langue maternelle, ni une langue de l’environnement – ça, je ne sais quoi en penser…)

Et promis, je vais vous faire cet article sur Dans ma tribu sur l’ouverture à la diversité linguistique 😉

le 14/01/2016 à 11h44 | Répondre

Madame Vélo

Merci pour ta réponse, et aussi pour l’explication 🙂
Et vivement l’article alors !

le 14/01/2016 à 15h28 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Je n’ajoute rien sur le fond mais merci pour les compliments sur cet article innovant, ça fait plaisir 🙂 .

le 14/01/2016 à 22h24 | Répondre

Tatiana

Je suis pour ma part une enfant de couple franco-allemand, élevée en Allemagne mais dans le système scolaire français. Et nous avons aussi appris l’anglais. Pour ma part, que du positif à tous niveaux et pas de souci particulier avec l’orthographe. Pourtant nous avons toujours allègrement mélangé français et allemand dans les conversations. Il y a des objets qu’avec ma mère on ne peut nommer qu’en allemand comme Topflappen ou
Schlagsahne…mots qui nous paraissent barbares en français (maniques / crème à fouetter) 🙂

le 14/01/2016 à 10h58 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Merci pour ton commentaire expérimenté 🙂 c’est rassurant !

le 14/01/2016 à 22h19 | Répondre

SwissGirl

Fan de cet article ! Juste merci. Cœurs, paillettes et hugs pour vous !

le 14/01/2016 à 16h40 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Oh merci <3 !!! C'est adorable et motivant !

le 14/01/2016 à 22h20 | Répondre

Lilenok

Mon fiancé est russe, et moi je suis française. Quand on s’est rencontrés il y a 11 ans, j’étais en 1ere, lui en école d’ing, et on ne parlait anglais entre nous (heureusement que j’étais bonne en anglais… je serai passée à coté de l’homme de ma vie !).
Nous avons parlé anglais pendant 2 ans, jusqu’à ce que Mr vienne s’installer en France avec moi. Là, il a fallu qu’il apprenne le français en urgence pour integrer la fac, et du coup il a été necessaire qu’on parle français pour qu’il puisse progresser. ça ne s’est pas fait sans heurt… Il lui est arrivé de se vexer lorsque je le corrigeais, encore un peu maintenant (après 9 ans en France), mais beaucoup moins quand meme. Je lui ai meme corrigé son mémoire et son texte de soutenance, qu’il a du apprendre par coeur le pauvre, car son niveau de français était trop courant, pour avoir un niveau assez soutenu, ça sortait de ses habitudes !
Moi, j’ai commencé à apprendre le russe doucement quand lui a commencé le français, au contact de sa famille (qui ne parle rien d’autre que le russe), puis à la fac. Aujourd’hui, nous sommes tous les deux bilingues dans la langue de l’autre, en plus de l’anglais, et à la maison, c’est une espèce de melting pot assez bizarre. Nous avons toute une partie du vocabulaire dans une langue ou dans l’autre. Par exemple, tout ce qui tourne autour de nos chats, c’est en russe. Ne me demande pas pourquoi…
Nous n’avons pas encore d’enfants, mais comptons bien leur apprendre toutes nos langues – français, russe, mais aussi l’anglais. En attendant, ce bilinguisme a un autre avantage… En public, lorsque nous ne voulons pas être compris, nous parlons russe en France et français en Russie ! c’est vraiment pratique, même si ça créé de la frustration si on le fait trop devant nos proches. ça a aussi créé une ou deux situations cocasses, quand je me lache a dire des trucs salaces en Russe à Paris et que quelqu’un se met à me regarder bizarrement… !

le 01/07/2016 à 11h28 | Répondre

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