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Acheter une maison vers Cambridge : cette fois, c’est la bonne !


Publié le 14 septembre 2016 par Muscadine

Je me remets aux recherches. Et je trouve.

Une maison quasiment toute neuve (elle a 1 an et demi). Située un peu plus loin de la gare que la première maison, elle fait partie d’une zone résidentielle récemment construite, avec des installations écolo (double circulation de l’air pour récupérer la chaleur, panneaux solaires, système de récupération de l’eau de pluie pour les toilettes et l’arrosage du jardin, isolation exceptionnelle pour économiser l’électricité et le gaz). On est impressionnés. On la visite le weekend suivant, impatients.

Tout va bien. La maison est vraiment belle (bon, elle est sur deux étages par contre, avec la cuisine et le salon au premier étage). Il y a même un balcon où on s’imagine prendre le petit déj. Ça a presque l’air trop beau pour être vrai.

Les proprios sont sympas. On pose la question : y a-t-il quelque chose de particulier qu’il faudrait qu’on sache concernant cette maison ? La réponse est claire et nette : « non ».

acheter maison

Crédits photo (creative commons) : Mike Birdy

Notre offre d’achat est acceptée. On fait appel à une avocate/notaire indépendante. Il faut savoir que parfois en Angleterre, on a des réductions si on fait appel au notaire de l’agence immobilière. On a décidé qu’il pouvait y avoir conflit d’intérêt, donc on a opté pour un cabinet indépendant.

Les papiers sont préparés par l’avocate/notaire. Je les reçois par courrier un soir de semaine, quand Chéri est en déplacement en France. Et là, je n’en crois pas mes yeux. Il s’agit d’un leasehold.

Un leasehold, c’est quoi ?

Je me renseigne sur Internet. C’est un titre de propriété un peu bâtard (je n’aime pas ce mot mais il ne m’en vient pas d’autre à l’esprit), hérité à mon avis d’une période bien révolue, le Moyen-Âge ! À l’époque, les serfs avaient le droit de cultiver des terres mais devaient verser une grosse partie de leurs récoltes à leur seigneur.

C’est grosso modo pareil. La maison en elle-même finit par « appartenir » au propriétaire du leasehold (l’équivalent du serf) au bout d’un certain nombre d’années (quand l’emprunt et les intérêts ont été entièrement remboursés), mais il y a une rente annuelle à verser chaque année, indéfiniment, au propriétaire réel (freehold) du terrain. En attendant, la somme peut être révisée (généralement à la hausse) sans consultation du propriétaire du leasehold. Et au bout d’un certain nombre d’années, le leaseholder (propriétaire du titre de leasehold) perd tout. Ça peut être 999 ans – c’était le cas pour cette maison. Ça peut être aussi 30 ans, 80 ans etc.

À Londres, il y a des maisons dont la valeur baisse considérablement quand le leasehold arrive à expiration.

C’est un système de propriété qui n’existe pas en France. Ce qu’on a de plus proche est la copropriété pour les appartements. Mais ça paraît un peu plus logique de partager les dépenses de réparation d’un toit, par exemple, entre tous les habitants d’un immeuble que d’en faire intégralement couvrir le coût par les habitants du dernier étage.

Là, le leasehold est vraiment obsolète. Malgré tout, c’est assez courant pour les appartements au Royaume-Uni. Mais ici il s’agit d’une maison individuelle, sans mur mitoyen !

À mon avis, ça ne devrait plus exister. Ça revient à la mode malheureusement, parce que les investisseurs cherchent toujours à se faire plus d’argent !

Sur Internet, on se renseigne : il est possible d’acheter le titre de propriété pleine (freehold), mais c’est un procédé compliqué, long, parfois couteux (il faut souvent faire appel à des avocats), et sans garantie que le coût du freehold soit raisonnable.

Une fois le coup accusé, on prend contact avec l’avocate et on lui demande son conseil. Elle n’y va pas par quatre chemins et nous dit qu’elle nous déconseille fortement l’achat d’une propriété en leasehold, même si la maison est de bonne qualité, quasi neuve, etc. On suit son conseil, et on ne le regrettera pas. On laisse tomber la super maison, et on est un peu remontés contre les vendeurs.

Et on est vraiment pas contents avec l’agent immobilier, un petit jeune qui ne nous a pas tout dit (Anne Roumanoff, quand tu me tiens !). Il nous met en copie d’un mail aux propriétaires, dans lequel il indique qu’on n’est pas chauds parce que ce système de leasehold n’existe pas en France.

Les recherches reprennent

On retourne une fois de plus à la case départ. On est mi-décembre 2015, et on a commencé à chercher en mai 2014…

On nous fait visiter d’autres maisons dans les environs, mais souvent trop éloignés de la gare. Me vient alors l’idée d’avoir une voiture pour aller à la gare. Mais l’abonnement de parking annuel (à rajouter au transport en train) est de £3000 ! Un bras chaque année !

Pas cool. Je pourrais bien aller à la gare en vélo, mais contrairement à Cambridge, Peterborough n’a pas beaucoup de pistes cyclables, et il y a beaucoup de camions… Ça ne me tente pas du tout. Par contre, il y a des scooters à trois roues, relativement stables. Et le parking des motos et scooters est gratuit à la gare. J’ai trouvé une solution et on élargit un petit peu notre aire de recherche.

Et un beau jour de janvier, il y a une maison portes ouvertes. La visite se fait en 15 minutes top chrono (c’est l’usine, les visites se succèdent pour les agents immobiliers).

Elle est bien située, à 25 minutes à pied du centre-ville, à 8 minutes en voiture-scooter de la gare, et surtout elle est au calme dans une impasse, avec des espaces verts autour. La maison a 10 ans, elle paraît bien conservée. Une grande cuisine qui donne sur le jardin plein sud, 4 chambres dont 3 doubles. 2 salles de bains. Une buanderie attenante à la cuisine, une vraie salle à manger et un grand salon.

On a fait une première offre, rejetée, puis une deuxième un peu plus élevée, acceptée. On fait inspecter la maison par notre ami surveyor (expert). Il nous dit que c’est tout bon, qu’elle est en bon état.

L’avocate nous a rassuré en nous disant que pour celle-ci tout est en ordre. Il s’agit bien d’un freehold. Chouette, on ne sera pas des serfs modernes, et nos enfants, si jamais on en a, n’auront pas à payer de seigneur une fois que l’emprunt sera remboursé intégralement ! Après avoir rempli des tonnes de papiers pour l’emprunt (ah, les joies de la paperasse, c’est aussi pénible en France qu’à l’étranger !), on a finalement signé les papiers fin mars.

Et le 29 avril 2016, on a pu entrer dans notre maison. Chéri a bien voulu me porter sur le seuil, pour nous porter chance, et ce sans me cogner !

Les premières semaines, j’ai eu du mal à réaliser qu’on était vraiment chez nous.

La maison est très bien. On a rencontré notre adorable voisine, et le quartier nous plait beaucoup : c’est très calme mais pas loin du tout du centre-ville. On pourra fonder notre famille ici. On prévoit aussi l’adoption d’un chaton dans les prochains mois. Avec Chéri, on a suivi une courte formation pour pouvoir faire du scooter sur les routes anglaises (sauf sur l’autoroute).

À toi qui cherche et qui perd patience dans ta recherche de maison, je dis : attend The Maison. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire.

De notre côté, on a fait 5 offres d’achat pour des maisons, dont seulement la 5ème a abouti. Avec le recul, je ne regrette pas les autres maisons pour lesquelles on a, toujours pour les bonnes raisons, changé d’avis.

Et toi ? Tu as dû renoncer à plusieurs maisons en apparence parfaites pour des histoires de contrat bizarre ? Tu es restée très exigeante malgré la durée de tes recherches ? Tu as fini par trouver LA perle ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

4   Commentaires Laisser un commentaire ?

emma_chan

c’est marrant ce que tu décris, l’équivalent du leasehold existe bien en France c ‘est le bail emphytéotique (ou son cousin le bail à construire). Cela n a rien a voir avec le moyen age ni la servitude!. Il s’agit d’une disposition permettant de dissocier la propriétaire du foncier (le sol) de la maison.C’est plutôt utilisé chez nous sur le logement social et l’activité économique. C’est effectivement très courant en Angleterre et au contraire très efficace pour éviter que la flambée des prix. Effectivement plus la fin du bail approche moins le bien « vaut cher » (ba oui comme tu l a dit tu va pas mettre 200 000 euros dans une maison dont tu risque de perdre le tire de propriété a breve échéance). Bref quand on voit la flambée des prix immobiliers en france et leur capacité à ne jamais baisser on se prend à rêver d’un système mieux régulé qui laisse plus de chance a tout le monde…

le 14/09/2016 à 11h36 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Ah enfin la conclusion heureuse.
Je suis ébahie pas le système de lease hold ! C’est ahurissant !!!

le 14/09/2016 à 14h36 | Répondre

Tamia (voir son site)

C’est chouette que vous ayez trouvé votre maison ! Par contre, le système de lease hold, effectivement c’est fou !!!

le 14/09/2016 à 15h14 | Répondre

Miss Chat

Comme l’a dit emma_chan, ça ressemble tout à fait au bail emphytéotique qu’on a en France et en Belgique aussi 😉 Mais c’est nettement moins répandu, c’est clair, et pas très apprécié.
Par contre, je ne trouve pas ce système aussi intéressant qu’emma_chan dans la mesure où si tu payes pendant 30 ans un bien qui au final ne t’appartient pas, bah autant louer toute ta vie, ça reviendra au même.
Bref, félicitations en tout cas pour votre maison ! Vous avez bien fait d’attendre, un vrai parcours du combattant bien récompensé 😉

le 15/09/2016 à 09h54 | Répondre

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