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Notre retour en France après un tour du monde


Publié le 10 mars 2016 par MlleMora

Maintenant que je t’ai raconté toute mon année autour du monde, tu te demandes peut-être comment s’est passé le retour en France.

En réalité, nous étions contents de rentrer en France. Les deux derniers mois de voyage en Inde avaient été assez éprouvants. Les dernières semaines, je rêvais croissant, saucisson, raclette, trottoirs propres, Tour Eiffel, baignoire propre, lit douillet… Bref, j’avais envie de rentrer.

Nous étions heureux de retrouver famille et amis. Notre retour a donc commencé par la tournée des proches. Quoique nous n’ayons pas été trop coupés d’eux, car grâce à la magie d’Internet, on communiquait beaucoup. Voire plus que maintenant que nous sommes rentrés !

Nous avions un mois de battement avant de reprendre le travail, et heureusement que nous avions prévu ce temps, car nous n’avons pas vu le mois passer. Entre les visites, les formalités administratives, le déménagement… Paf, nous étions de nouveau derrière nos écrans dans nos bureaux parisiens.

Revenir après un long voyage

Crédits photo (creative commons) : moerschy

Et là, un sentiment de vide et de frustration a commencé à nous envahir. Nous étions contents d’être rentrés, mais beaucoup de choses nous agaçaient. La manie qu’ont les gens de se plaindre en permanence en France m’a vraiment tapé sur le système. Et puis finalement, on se réhabitue et on rentre de nouveau dans le moule.

Nous avions notre mariage à préparer. Ce nouveau projet nous prenait du temps et nous évitait de penser que quelques mois plus tôt nous étions « libres ». On regardait beaucoup nos photos.

Les collègues étaient plus ou moins curieux, au début. Disons, le premier mois, le temps que tout le monde ait compris qu’on était de retour de voyage. On nous questionnait sur ce qu’on avait préféré, détesté, etc. Et puis, après, on n’en parlait plus. Éventuellement au détour d’une conversation : « Ah oui, mais toi, tu as fait le tour du monde, c’est vrai. » C’est normal, les gens sont dans leur quotidien. Ils ne peuvent pas savoir que toi, tu es la moitié du temps en train de te dire : « Mais qu’est-ce que je fous là ? »

Je trouvais même que j’étais trop payée, au début. Je me disais que c’était fou de me payer autant pour faire du « vent ». (Bon, aujourd’hui, je ne cracherais pas sur ce salaire que je n’atteins plus.)

Le voyage n’a pas fragilisé notre couple, au contraire. On a eu des échos de couples qui se séparaient en cours de route, mais c’étaient souvent des personnes plus jeunes que nous (bon, après, l’âge ne fait pas tout !). Nous avons appris énormément sur nous-mêmes et sur l’autre. On a pris le temps de savoir comment fonctionnait vraiment l’autre. On s’est un peu redécouverts, parfois.

Il y a eu des prises de bec aussi, il ne faut pas se leurrer : être sans arrêt avec sa moitié, ça peut étouffer. On parlait beaucoup, beaucoup, mais on savait aussi quand l’autre avait besoin de solitude. Quand on rencontrait des gens, ça oxygénait aussi le couple, en apportant de la nouveauté.

Notre vision de la vie a changé pendant ce voyage : nous sommes revenus pleins de convictions et d’envies de changement. Mais finalement, le quotidien nous a rattrapés et on a repris nos vies quasi à l’identique. On sous-estime la force du quotidien, de la société dans laquelle on vit. Insidieusement, on s’inscrit dans ce mode de vie, et on ne songe plus que les choses pourraient être différentes.

Nous avons des amis qui ont fait un voyage comme le nôtre, et qui, en rentrant, se sont mis en danger en refusant de reprendre leur vie précédente. Ils se sont lancés dans la création de leurs entreprises, pour vivre de ce qu’ils aimaient faire. Nous admirons leur audace, mais nous ne l’avons pas eue.

Pour ma part, j’ai tout de même gardé à l’esprit que je ne voulais pas continuer de travailler pour un système que je n’approuvais pas (j’étais RH dans une boîte de crédit à la consommation… tu vois le délire). Je voulais rejoindre le service public, qui correspondait plus à mes valeurs. J’ai réussi et j’étais assez fière d’embrasser mes convictions. Je pense que c’est le tour du monde qui m’a poussée à prendre ma vie en main, sans attendre que ça se passe.

Aujourd’hui, presque cinq ans plus tard, notre vie a changé et notre regard aussi. Nous sommes parents. Et ça change totalement notre notion du « profitons de la vie, on verra après ». Nous sommes endettés sur vingt-cinq ans et responsables de l’éducation et du bien-être de notre enfant.

Notre tour du monde nous semble si loin, car il s’est passé beaucoup de choses pour nous en cinq ans. Quand j’en parle aujourd’hui, parfois, je me demande si c’est vrai, si j’y étais vraiment. Je regarde les photos, et tous mes souvenirs remontent, avec les émotions et impressions du moment. C’est merveilleux, ce trésor en moi : j’y puise ma force lorsque la vie est moins sympa. Et d’avoir partagé ça avec mon chéri, c’est encore plus fort. Il suffit d’un mot et il sait de quoi je veux parler lorsque quelque chose m’évoque notre voyage.

Nous rêvons toujours de voyages et de tour du monde avec enfants… Mais il faudra attendre des années avant de pouvoir réitérer la chose. En attendant, on a toujours ces souvenirs merveilleux.

Et toi, tu as déjà fait un long voyage ? Comment s’est passé le retour ? Le voyage a-t-il changé des choses à ta vie quotidienne ? Raconte !

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Commentaires

14   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame D

Tu me fait rever !
J’ai des amis qui après être revenu n’ont pas reussi a se remettre dans le moule et on decidé de repartir faire leurs vies ailleurs.

Pour notre part, ayant lancé le projet bébé très tot, nous avosn décidé de faire ce genre de voyage dans quelques années pour faire voyager nos enfants.

le 10/03/2016 à 10h10 | Répondre

MlleMora

Oh oui avec les enfants, ça sera super ! On espère pouvoir repartir dans moins de 10 ans… 🙂

le 10/03/2016 à 14h05 | Répondre

Globettroteuse

même sans avoir fait de tour du monde je comprends ce que tu ressens quand tu te replonges dans les photos et tu retrouve d’un seul coup, les odeurs, la chaleur, les bruits… j’ai de plus en plus envie de partir ne serait-ce que commencer par 3mois dans une région précise, surtout que mon employeur est très flexible la dessus et que ce serait le moment idéal car nous n’avons pas d’enfants… mais chéri est encore réfractaire, ca me désole. mais je ne lache pas l’affaire 🙂

le 10/03/2016 à 10h20 | Répondre

MlleMora

Tu finiras par l’avoir à l’usure ! 😉 On a des amis qui sont partis faire le tour du monde l’an dernier, au départ la fille était totalement réfractaire à l’idée… Alors, ne lâche pas l’affaire ! 🙂

le 10/03/2016 à 14h06 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’aime beaucoup ta conclusion. Cela n’a pas dû être facile de se remettre dans le bain après tout ça 🙂

le 10/03/2016 à 10h56 | Répondre

MlleMora

Eh oui, au départ, ce n’est pas évident… maintenant ça me parait si loin ! Vivement qu’on réitère l’expérience !

le 10/03/2016 à 14h07 | Répondre

Madame Parenthèses

Quelle chance vous avez eue !
On dit que les voyages forment la jeunesse 🙂 Former n’est pas forcément bouleverser : ça ne m’étonne pas plus que ça que vous n’ayez pas eu envie de repartir à 0.
Comme tu le dis, il vous reste des souvenirs merveilleux, à transmettre à votre fille… Et peut-être lui donner envie de découvrir le monde !

le 10/03/2016 à 11h33 | Répondre

MlleMora

Oui, on s’est demandé souvent au début si on ne faisait pas fausse route en reprenant nos vies là où on les avait laissées… Mais finalement, ça nous convient quand même et on a hâte de souler notre fille avec tous nos souvenirs ! 🙂

le 10/03/2016 à 14h09 | Répondre

Charlotte

Une année au tour du monde me fait aussi rêver mais avant de penser au retour difficile le problème c’est déjà de pouvoir partir 1 an!

Pour me consoler on réalise une partie de mon rêve en partant 5 semaines en Amérique Latine. Et déjà là niveau budget et surtout niveau boulot c’est pas évident de pouvoir prendre tout ses congés de l’année en une fois et hors saison mais bon on a déjà la chance de pouvoir le faire ce qui n’est pas le cas avec tous les postes.
Après je ne désespère pas de pouvoir le faire un jour avec enfants à un moment de transition professionnelle par exemple mais c’est encore une autre organisation (un peu moins à l’arrache)…

le 10/03/2016 à 11h47 | Répondre

MlleMora

Oui, il faut beaucoup d’organisation pour prévoir 1 an de congé sabbatique (tu peux le faire en étant en poste depuis au moins 6 ans il me semble, et dans le contexte actuel les entreprises sont souvent contentes de ne pas avoir à payer quelqu’un pendant 1 an…)
C’est super 5 semaines en Amérique Latine, tu vas en prendre plein les yeux et les papilles ! 🙂 Arriver à poser 5 semaines c’est pas évident non plus… chez nous dans la fonction publique, je crois qu’on ne peut même pas…

le 10/03/2016 à 14h12 | Répondre

Charlotte

En fait je suis justement dans la fonction publique hospitalière. J’ai fait la demande à la direction et comme mon poste n’est pas incompatible (je ne suis pas dans les soins) ils ont un peu tiqués mais ont acceptés (après on a décalé la date pour choisir une période post grosses échéances).
Une année sabbatique à voir peut-être avant une mutation: il faudrait alors louer la maison et tout mais comme dit Marylin les limites c’est nous qui nous les posons (même si je pense que j’en ai moins que lui 😉 )

le 10/03/2016 à 21h58 | Répondre

Marylin (voir son site)

T’inquiète, dans quelques temps, vous repartirez, mais en famille cette fois : et ça c’est encore un autre trip, vraiment fort aussi !
De voir ton enfant s’émerveiller – en même temps que toi ou pas – en pays étranger, c’est un truc vraiment chouette.

Mais pour un congé sabbatique… bon, c’est plus compliqué à organiser, certes, mais ça se fait 😉
J’ai des amis qui sont partis 1 an en voyage en bateau autour des Caraïbes avec 3 enfants en bas âges (1 an, 4 ans et 5 ans : des vrais warriors quand même, ceux-là ^^).
Apparemment, c’était toppissime, parents et enfants en sont revenus transformés !

Les limites, c’est nous qui nous les posons finalement 🙂

le 10/03/2016 à 19h05 | Répondre

MlleMora

Oui, tu as bien raison, c’est à nous de nous donner les moyens de nos rêves !
1 an en bateau avec les 3 enfants, je dis chapeau car ça ne doit pas être facile tous les jours (surtout dans les periodes de navigation !)
Je pense qu’on ne repartira pas 1 ans, mais plutot 6/7 mois, histoire que ça ne soit pas trop long non plus pour les kids ! 🙂

le 11/03/2016 à 15h02 | Répondre

Raphaelle

Evidemment ça a du faire un sacré choc!.. Mais c’est pas si « grave » la routine, le quotidien non..? Les gens en parlent souvent comme une force destructrice qui brise les rêves, alors qu’il y a d’autres manière de le vivre : le fait de prendre le temps profiter des petits instant de bonheur au jour de jour, la serenité qui vient avec l’acceptation de soi, apprendre à rêver de manière « constructive » sans vouloir toujours être là où l’herbe semble plus verte, prendre le temps de profiter de l’amour de ses proches (et d’être là pour ceux qui ne le sertont pas toujours), ou encore vivre ses engagements au quotidien (associatif, bénévolat, politique, actions environnementales).. Le calin du matin avec son bébé par exemple, c’est une bien belle routine non? 🙂

le 14/03/2016 à 12h04 | Répondre

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