Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Quand je me suis fais tatouer pour la première fois


Publié le 15 décembre 2014 par Marina

Je t’ai déjà raconté pourquoi j’ai pris la décision de me faire tatouer. À présent, je vais t’expliquer comment ça s’est passé en pratique.

Dans un premier temps, il m’a fallu choisir le modèle. Je pensais au tatouage depuis plusieurs années, mais je ne savais pas quel motif choisir. Je voulais quelque chose d’intemporel, indémodable, esthétique, fin… De l’ordre de 5 centimètres de diamètre, pas plus.

Au départ, j’ai pensé à des coccinelles, réalistes et à l’échelle. Mais j’ai appris qu’il est impossible de tatouer un motif si petit, parce que l’encre finit rapidement par baver légèrement, donc au bout de peu de temps, ma coccinelle serait devenue juste un gros point marronasse ne ressemblant à rien… Au fur et à mesure de mes réflexions, j’ai conservé l’idée d’un dessin figuratif, délicat, et j’ai finalement pensé aux fleurs. J’adore le tissu Liberty, et je m’en sers beaucoup pour coudre.

En cherchant des images de tatouages fleuris sur internet, j’ai découvert le motif « fleurs de cerisier », qui correspondait exactement à ce que je cherchais. Ce n’est qu’ensuite que j’ai appris que c’était un tatouage japonais traditionnel, dont la symbolique me convenait parfaitement : l’éphémérité de la vie et la féminité. Allez, va pour un rameau fleuri dans le dos, pour que je puisse le dissimuler au travail.

Ensuite, j’ai cherché le tatoueur. Pas cherché longtemps… Il y en a 4 ou 5 dans ma ville, j’ai regardé les photos sur leurs sites, éliminé ceux qui me paraissaient un peu roots (ambiance tête de mort et tatouage dans l’arrière-cuisine), et je me suis dirigée vers celui qui paraissait le plus « sûr » et propre dans l’hygiène. J’y suis allée une première fois cet été pour demander comment ça se passait.

Si tu as ce projet en tête et que tu t’es documentée, tu as peut-être lu qu’il fallait prendre le temps de rencontrer chaque tatoueur, de discuter de sa démarche et de sa conception de son travail, de ton projet, tout ça… Alors, je vais te raconter mon expérience, parce qu’en réalité, pour moi, ça ne s’est pas passé comme ça.

dos femme tatouée tatouage fleurs et oiseaux

Crédits photo (creative commons) : Chase Elliott Clark

Quand j’ai demandé des renseignements dans cette boutique, on m’a sommairement répondu qu’il fallait venir prendre une date de rendez-vous pour la réalisation du tatouage et verser un acompte de 50 % du prix, non remboursable, le reste étant payé le jour du tatouage. Le jour où on fixait le rendez-vous, je devais expliquer ce que je voulais comme dessin, on me fixait une date intermédiaire pour que je vienne voir le dessin réalisé (on ne m’a jamais proposé de me montrer un book, mais je suppose qu’il y en avait un), et si je le validais, je pouvais alors me présenter au rendez-vous tatouage déjà fixé.

Voilà, c’est tout. Je me suis dit que ce serait le jour de la prise de rendez-vous qu’on parlerait du dessin, de mon projet, et qu’à ce moment, si notre discussion me confirmait que je voulais vraiment ce tatouage, je verserais l’acompte.

J’ai encore réfléchi trois semaines, et je me suis présentée à la boutique pour cette fameuse discussion… qui n’existait que dans ma tête, puisque je n’ai pas eu affaire au tatoueur ce jour-là ! J’ai expliqué à la personne qui m’a reçu ce que je voulais comme dessin, elle a tout noté, a pris les photos que j’avais trouvées sur internet pour trouver l’inspiration, m’a pris mon chèque, donné mes deux dates (celle pour valider le dessin et celle pour la réalisation du tatouage), et basta.

Pour tout te dire, j’ai été très étonnée. Je pensais vraiment qu’on discuterait avec le tatoueur, eh ben pas du tout ! Alors peut-être que, comme je n’ai plus 20 ans et que j’avais déjà réfléchi au projet depuis longtemps, on n’a pas jugé utile de me proposer d’en discuter, je ne sais pas. Peut-être que si j’avais demandé à rencontrer le tatoueur, j’aurais pu avoir cette discussion-là. Peut-être que cet endroit fonctionne comme ça parce que c’est une usine à tatouages et à piercings… Mais je crois que ça m’a manqué.

J’ai appris depuis qu’il est très rare, chez les autres tatoueurs, qu’un acompte soit demandé le jour où on fixe le rendez-vous. Tout ça pour te dire que si tu n’es pas très sûre et que tu as besoin d’en parler avec le professionnel, insiste si on ne te le propose pas d’emblée… et passe ton chemin si on ne veut pas t’écouter !

Tout s’est parfaitement bien terminé pour moi, mais avec le recul, j’ai le sentiment d’être allée là complètement à l’aveuglette, et ça aurait pu mal tourner.

Le jour prévu, je suis allée voir mon dessin. C’était une esquisse sur papier aux crayons de couleur, très jolie, bien plus grande que je pensais (environ 15 cm de long). J’ai demandé 2 ou 3 rectifications (un peu plus de rouge dans la couleur, ombrer le branchage, etc.), que la personne de l’accueil a noté. Toujours pas de rencontre avec le tatoueur à ce stade. On m’a appris que je ne verrais aucun dessin modifié, et que les changements demandés apparaîtraient… sur moi. Ah oui, quand même ! Donc je n’allais savoir si on avait bien compris les changements demandés qu’après le tatouage fait !

Bon, arrivée à ce stade, je n’avais pas envie de reculer… J’ai attendu que la date fatidique arrive. 48 h avant, je paniquais sévèrement, comme je te l’ai déjà raconté. Et puis je me suis dit que ce tatouage, je le voulais depuis longtemps, je voulais être forte, assumer mes choix, alors j’ai tenu bon. Je suis arrivée au rendez-vous, tremblante. J’ai enfin rencontrer le tatoueur… une tatoueuse, toute jeune et vraiment pas bavarde !

On s’est installées dans une pièce qui n’aurait pas dépareillé dans un hôpital : mobilier médical et propreté irréprochable, un bon point. Elle m’a appliqué le calque sur lequel elle avait reproduit le motif avec une encre bleue effaçable, ce qui a transféré les contours du dessin sur ma peau. Je lui ai dit que j’appréhendais beaucoup et que j’avais failli annuler. Elle m’a répondu en quelques mots que ça faisait ça à tous les débutants, de ne pas m’inquiéter… Et elle n’a plus dit un mot de toute la séance. Pas rassurant…

Je me suis installée. La position était très inconfortable, je pensais m’allonger tranquillement sur le ventre, mais en fait non, j’étais toute tordue parce qu’il faut que la peau soit bien tendue.

Et elle a commencé… Alors, la question inévitable : est-ce que ça fait mal ? OUI ! Beaucoup ! Bon, chacun a sa propre sensibilité à la douleur, je me classe dans la moyenne je vais dire.

J’ai vraiment serré les dents pendant 30 minutes, à en avoir les yeux humides. Le temps des contours en fait. Ce qui fait mal, c’est l’aiguille elle-même (la sensation d’un scalpel sur la peau, comme quand on se coupe un doigt, sauf que là, la douleur dure plus longtemps !). Mais c’est surtout les vibrations du dermographe : l’appareil actionne une aiguille comme un piston à très haute vitesse, donc ça vibre beaucoup, et ça transporte la sensation douloureuse à l’intérieur. C’est particulièrement vrai quand il passe sur une zone proche de l’os (les côtes, pour moi), c’est pour ça qu’on dit que le bras ou la fesse sont des zones moins douloureuses que le sternum ou la cheville.

Par contre, dès que le tatoueur relève le dermographe pour changer de zone ou recharger d’encre, la douleur s’arrête. Ça soulage 2 secondes, mais c’est très fréquent, heureusement. La demi-heure suivante, c’était du remplissage. L’aiguille est différente, et c’est un peu moins douloureux, comme une épilation électrique des jambes pour moi.

Si j’ai un bon conseil à te donner si tu veux tenter l’aventure, c’est d’accepter la douleur. Pendant la séance, je me suis rappelée de ce que j’avais appliqué pendant mon accouchement (la douleur est moins intense, je te rassure… ou pas, si tu vas bientôt accoucher !). La douleur est une sensation parmi d’autres, si on s’efforce de se détendre, de décontracter ses muscles, de se laisser aller et de l’accepter, et bien ça va mieux. Il faut s’efforcer de penser « oui, j’ai mal, et alors ? » au lieu de « ah mon dieu, j’ai mal, je ne peux plus le supporter ! ».

L’opération a duré un peu plus d’une heure. J’ai vu mon tatouage (rouge, boursouflé, sanguinolent… Mais par contre, la couleur de l’encre était exactement celle que je voulais) et la tatoueuse m’a scotché dessus une feuille de cellophane, en me donnant les consignes d’usage.

En sortant de la boutique, j’étais… fière !! Je regardais chaque passant en songeant « J’ai un tatouage ! Je ne suis pas comme tout le monde ! Je suis une rebelle ! », j’étais en mode gamine surexcitée.

Au bout de quelques heures, je me suis sérieusement inquiétée : tout avait bavé, on ne voyait plus rien sous la feuille de cello, le dessin était brouillé… Je suis allée me doucher avec un gel sans savon, et j’ai vu de gros caillots d’encre et de lymphe coagulées tomber dans le bac.

C’est quand je suis sortie et que j’ai tamponné le motif avec de l’essuie-tout pour le sécher que j’ai vraiment découvert mon tatouage, alors que la peau avait dégonflé, perdu ses rougeurs, et que les croûtes ne s’étaient pas encore formées… Et là, miracle : c’était celui dont je rêvais. La tatoueuse, avec deux ans d’expérience et sans avoir jamais discuté avec moi du projet, avait exactement saisi ce que je voulais. J’étais comblée !

Il m’a fallu deux semaines de cicatrisation. J’ai appliqué une pommade trois fois par jour et je portais un débardeur en coton sous mes vêtements pour absorber le gras de la crème et les sécrétions. Pendant 2/3 jours, j’avais une sensation locale assez douloureuse, puis des démangeaisons terribles.

Au moment où j’écris, j’ai mon tatouage depuis trois semaines. Il est complètement cicatrisé, et je ne m’en lasse pas ! Je ne regrette donc pas un seul instant, mais je crois que j’ai eu beaucoup de chance. J’ai réalisé après seulement que, finalement, je ne savais pas grand chose de ce qu’on allait me faire, si ce n’est les contours généraux du dessin !

Cerise sur le gâteau, mon mari, qui n’a pas changé d’avis sur le tatouage en général, a fini au bout de quelques jours par m’avouer que, même s’il m’aurait préféré sans… « Quand même, je veux bien le reconnaître… Il est très très beau, ton tatouage ! ».

Après m’avoir lue, tu dois avoir envie de le voir, ce fameux tatouage… je ne te montre pas le dessin d’ensemble, mais en voilà un petit morceau !

tatouage fleurs de cerisier

J’ai toujours entendu dire qu’on revient toujours se faire tatouer, après une première expérience… pas sûre pour moi. Je pense m’arrêter là, parce que celui-ci me comble et que je n’ai pas besoin de recommencer. Mais il ne faut jamais dire jamais !

Et toi ? Quelle est ton expérience avec les tatoueurs ? Tu as eu mal en te faisant tatouer ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mme Alenvers

Très joli tatouage! pour ma part je confirme que j’ai bien payé un accompte pour bloquer la date et l’heure, par contre j’avais vu avec le tatoueur, avant de payer cet accompte quel dessin je voulais. Quand j’ai payé l’accompte j’avais donc vu le dessin final. Puis le jour J, le tatoueur a commencé par me poser le calque à l’endroit ou je voulais le dessin et m’a laissé quelques minutes pour que je puise le positionner exactement ou je voulais. Quand à la douleur, éternel débat. Perso j’étais dans un tel état de ‘transe’ que oui ca fait mal mais comme une bonne épilation électrique. J’avais entendu parler du coup du rasoir/scalpel avant et de mon côté je n’ai pas eu du tout cette sensation. Ca brule mais concretement le tatouer pique l’aiguille 5s, puis la retire 1s, et recommence comme ca tout du long, ce n’est donc pas une douleur en continue, après ca dépend surement de l’endroit du tatouage, le mien est sur la maleole (cheville ou la peau est fine sur l’os… en tout cas je suis déja en train de préparer le deuxième 🙂

le 15/12/2014 à 09h11 | Répondre

Marina

C’est ce qu’on m’a dit, le tatoueur ne devrait pas prendre d’acompte tant qu’il n’a pas fait le dessin. J’ai demandé ce que devenait mon acompte si j’abandonnais : c’était un peu évasif comme réponse, en gros, j’étais remboursée jusqu’au rendez-vous dessin, mais si je refusais le dessin proposé et que je ne voulais pas en rediscuter, l’acompte était conservé. J’ai trouvé çà un peu light comme façon de faire…

le 15/12/2014 à 18h06 | Répondre

Mademoiselle Fleur

Ton tatouage est vraiment très beau ! Je le trouve très doux, du fait qu’il n’y a pas de contours marqués (en noir ou de couleur foncée). Pour la douleur, je pense que c’est comme tout, l’endroit du tatouage et la sensibilité de chacun fait toute la différence.

le 15/12/2014 à 10h05 | Répondre

Marina

Merci 😉 c’était une de mes demandes au tatoueur : aucun contour, et un dessin aquarellé. C’est respecté à la lettre. Il y a bien un contour en fait mais de la couleur exacte de la fleur, du coup le dessin est net mais on ne voit pas le contour !

le 15/12/2014 à 18h07 | Répondre

MlleMora

Très beau ton tatouage !
je me souviens que mon ex est entré chez un tatoueur pour la première fois pour « regarder » et se faire une idée de ce qu’il voudrait faire et il en est ressorti avec un tatouage ! J’étais un peu hallucinée de voir qu’on lui avait fait le tatouage comme ça direct sans savoir s’il avait vraiment réfléchi ou pas… Il y pensait depuis plusieurs années, mais il n’avait pas d’idée précise, il a choisi sur le book du tatoueur et boum c’était parti. Alors tu vois, tu as eu « la chance » de pouvoir y aller en plusieurs fois !

le 15/12/2014 à 11h38 | Répondre

Marina

Il a eu de la chance (ou pas ?) que le tatoueur soit libre à ce moment là…

le 15/12/2014 à 18h09 | Répondre

Bibichu

Moi j’ai eu une toute autre expérience.
Le dessin c’est mon chéri qui l’a fait, et la tatoueuse l’a stylisé pour qu’il soit vraiment beau et dans son style à elle (c’est pour ça que je l’ai choisie). En tout je l’ai vu deux fois avant de me faire tatouer. Étant à Lille et elle à Paris, nous avons beaucoup conversé avant mon premier rendez-vous. C’est à ce moment que j’ai donné mon premier paiement. Ce jour là elle a fait les contours seulement.
En tout j’ai eu 3 rendez-vous tatouage.
Je n’ai jamais eu mal sauf la dernière fois puisque mon tatouage était enfin cicatrisé (c’était 4 semaines après mon deuxième rendez-vous), et là j’ai vraiment eu mal sur le bas du dos.
Mai je suis très contente de mon tatouage, et le chéri aussi.

le 15/12/2014 à 16h17 | Répondre

Miss Petiillante

Bonjour,
Personnellement je suis tatoué 2 fois.
J’ai abordé du motif et du style avec ma tatoueuse (car j’ai eu à faire uniquement avec elle) lors de la prise de RDV mais les dessins n’ont été réalisés que le jour du RDV car ce sont des motifs très simple (quand il s’agit de motif très poussé là elle prépare).
Le 1er date d’il y a 5 ans 1/2 à la cheville très peu douloureux mais le dernier date de cet été sur le flanc gauche et là j’avoue j’ai souffert mais j’ai accepté la douleur car je l’ai souhaité.
Mon mari n’est pas du tout pour mais accepte pour moi 🙂 j’essaie de le motiver pour un 3ème mais compliqué

le 15/12/2014 à 19h14 | Répondre

zazapich

Bonjour Marina,
Bravo pour cette démarche! J’ai lu la première partie de ton récit, et comme je te comprends, le milieu n’aide guère à franchir ce cap…les préjugés, l’entourage, ou la profession (je suis juriste comme toi) nous mènent parfois à douter sérieusement.
Ca n’est pas simple non plus de trouver LE tatoueur à qui donner sa peau…c’est drôle, à te lire, je me retrouve à 18 ans sortant d’un salon fraichement tatouée, tombée 2 fois dans les pommes mais fière comme tout et jurant tout mes grands Dieux que jamais je ne retournerai me faire piquer. Et puis…j’y suis retournée, deux fois, 6 ans et 12 ans plus tard. Pour mes 30 ans, je me suis offert une pièce aquarelle, des fleurs comme toi, tout le dos, et un tatoueur brésilien fantastique, une belle rencontre et un souvenir incroyable après plus de 6 h sur sa table. Bref, tu me diras si depuis tu as retenté cette expérience?
Ce tatouage a été compliqué à montrer à certains personnes de mon entourage familial, j’ai dû répondre à la fameuse question « et quand tu seras vieille tu verras ca, il sera frippé… », et oui, je serai une mamie tatouée, et mon corps aura bien d’autres cicatrices que je n’aurai pas désiré, subies, moches, et qui seront les signes du temps qui passe. Mes tatouages en revanche je les aurai choisi, et tu verras avec le temps, c’est incroyable comme sensation. C’est une modification du corps qui n’est pas anodine certes, mais qui est une décision personnelle 🙂
Si tu es intéressée par les projets de tatouages, démarches etc…j’ai participé à un projet d’expo photos et témoignages de femmes tatouées, tu pourras le trouver sur fb, c’est un superbe panorama de photos.

Bonne route et bravo!

le 27/11/2015 à 15h37 | Répondre

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