Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Mon presque bore-out


Publié le 2 janvier 2017 par MlleMora

On parle souvent de burnout. Enfin, disons qu’on en parle de plus en plus et qu’il commence à être reconnu par la société. Être débordé de travail, stressé, c’est possible, c’est acceptable.

S’ennuyer au travail, par contre, ce n’est pas quelque chose que l’on peut dire. On admet plus facilement que quelqu’un qui a beaucoup de travail soit stressé, mais si quelqu’un te raconte qu’il s’ennuie au travail et que ça le stresse, quelle sera ta réaction ?

Pourtant, s’ennuyer au travail a des conséquences aussi néfastes qu’être surmené, et comme pour le burnout, il faut se rendre compte de la situation pour pouvoir agir. La différence, c’est que le bore-out annihile toute envie d’agir. C’est un peu comme si la dépression s’installait sur ton poste de travail.

Je vais te parler de ma propre expérience, ce sera sans doute plus parlant. Je ne pense pas avoir été jusqu’au bore-out, car j’ai pu me sauver avant, mais je n’en étais pas loin.

Bore-out

Crédits photo (creative commons) : CollegeDegrees360

Avant de devenir fonctionnaire, j’étais chargée de recrutement et je ne comptais pas mes heures. J’avais une activité intense, très intense. Je ne prenais jamais de pause dans la journée, pas le temps. Je déjeunais en une heure chrono, et hop, je repartais au boulot. Je n’avais plus le temps de communiquer avec mon tendre époux pendant la journée, et en plus, j’avais deux heures de transport par jour, debout et collée-serrée dans la ligne 13 parisienne.

J’aimais beaucoup mon travail, je me sentais utile, voire indispensable, puisqu’il m’était difficile de poser des congés. Ma volonté de bien faire faisait que je me mettais une pression monstre : je pensais tout le temps à mon boulot. En rentrant chez moi, le soir avant de dormir, je repensais à tout ce qui m’attendait le lendemain. Je ne quittais jamais le travail en ayant fini ce que j’avais à faire, j’avais une masse de travail infinie. Clairement, ce rythme ne pouvait pas durer, et je n’adhérais pas du tout aux valeurs véhiculées par mon entreprise.

Donc j’ai décidé de partir et d’entrer dans la fonction publique, qui correspondait bien mieux à mes valeurs. J’allais être utile, mais pas pour faire du profit.

Tu imagines bien que tout le monde a trouvé ça dingue. Quoi ? Tu quittes un super job, super bien payé, pour entrer dans la fonction publique ? Tu n’es pas un peu folle ? Mais Chouchou étant fonctionnaire, je savais à quoi m’attendre, et il me soutenait beaucoup dans ma démarche.

J’ai passé deux concours administratifs destinant à travailler dans les services RH, comptables, juridiques… je les ai eus tous les deux, et me voilà !

Dans la fonction publique d’État, tu ne choisis pas ton premier poste, tu es affectée en fonction de ton rang de classement. J’étais contente, j’étais affectée sur un poste en ressources humaines. Parfait.

Nous étions deux petites nouvelles dans le service RH (et heureusement, car nous avons pu nous soutenir !). Au bout de deux semaines, nous avons compris que les tâches qu’on allait nous confier n’étaient pas du tout intéressantes. Pour te la faire courte – enfin, non, je te la fais exhaustive puisqu’il n’y avait pas grand-chose à faire – nous devions faire du copier-coller de listes de noms dans des tableaux Excel, imprimer des dossiers pour les réunions, obtenir des pièces administratives pour les dossiers des agents et… euh, c’est tout, il me semble. Ah oui, et assister aux commissions cinq fois par an et en rédiger le procès-verbal.

Clairement, nous n’étions pas occupées pendant trente-cinq heures par semaine. Une fois que nous avons compris le fonctionnement, nous nous sommes mises en mode automatique. Lorsque nous avons commencé à demander à avoir des choses plus intéressantes, notre hiérarchie a refusé – clairement, les choses intéressantes leur étaient réservées, et ils n’allaient certainement pas partager leur travail passionnant avec nous, les « petites mains ».

Je passe sur la hiérarchie catastrophique qui entretenait un climat néfaste. Je voulais surtout te parler de l’ennui qui s’est emparé de nous. Le fait d’arriver au bureau et de se demander ce qu’on allait bien pouvoir faire aujourd’hui. On se jetait sur la moindre tâche à faire et la faisions durer au maximum pour avoir l’impression de faire quelque chose.

Je venais de reprendre le boulot après ma grossesse, alors disons qu’au début, ça m’arrangeait bien, qu’il n’y ait pas de pression. Je partais à l’heure pour aller chercher ma fille, et j’en ai profité pour me mettre à 80% (et en quatre jours par semaine, j’avais quand même le temps de m’ennuyer).

Au bout de quelques mois, je me sentais vraiment mal. Complètement inutile, dévalorisée (car le travail que nous fournissions n’était jamais reconnu), déprimée. Cette humeur maussade a commencé à envahir mon quotidien : je n’avais plus envie de rien, je me sentais molle. Et en même temps, je culpabilisais lorsque j’étais au travail et que je surfais sur le net faute d’avoir autre chose à faire.

Pendant un moment, avec ma collègue, on s’est dit qu’on n’avait qu’à faire plein de pauses pour sortir du bureau, mais c’était très mal vu de faire des pauses – alors qu’on n’avait rien à faire ! La hiérarchie savait très bien qu’on s’ennuyait, mais il ne fallait pas que ça se sache. Tu comprends, il ne fallait surtout pas perdre d’effectifs : avoir une grosse équipe, c’est quand même mieux. Alors que clairement, on pouvait supprimer la moitié de l’équipe et nous affecter dans des services ayant besoin d’agents, ça aurait toujours bien tourné.

Je ne pouvais pas supporter cette situation, ma collègue non plus. Nous avons chacune trouvé des solutions pour palier cette situation tordue.

Nous étions obligées de faire trois ans sur ce poste (une règle implicite de notre ministère, difficile à contourner). Ça nous paraissait dix ans ! Nous avions l’impression, elle comme moi, de perdre nos compétences, de nous assécher dans ce bureau, que nos cerveaux ne sauraient plus jamais rien faire à force de tourner au ralenti. L’ennui nous dévorait à petit feu (et encore, nous étions deux, nous pouvions en parler ensemble).

Je dépérissais. À la maison, mon mari culpabilisait de m’avoir encouragée à entrer au ministère, et en même temps, il cherchait une solution pour me sortir de là rapidement. Avec les amis, j’avais toujours l’impression d’être totalement invisible, car je n’avais rien d’intéressant à raconter sur mon travail (je sais qu’on ne se définit pas par son travail, mais je n’étais vraiment pas bien !).

J’ai d’abord commencé à reprendre le théâtre, pour avoir une activité en dehors du boulot, j’ai commencé à écrire pour ce blog, histoire de me changer les idées… bref, j’arrivais à m’occuper le reste du temps, mais il fallait bien aller au bureau tout de même.

C’est ainsi que nous avons décidé avec mon mari de quitter la région parisienne. En invoquant un rapprochement de conjoints, je pouvais changer de poste sans faire les trois ans requis. J’ai dû tout de même faire deux ans, et encore aujourd’hui, quand j’y repense, j’ai des frissons.

Je garde des séquelles. Sur mon poste actuel, lorsqu’il y a un temps mort, j’ai peur que ça dure, que je m’ennuie de nouveau. Je fais mon travail moins vite qu’avant, parce que j’ai toujours peur de ne rien avoir à faire derrière – alors que j’ai toujours été très efficace. Je cherche toujours à avoir le plus de tâches possible, j’aime avoir une liste de choses à faire (pendant les deux ans sur mon ancien poste, je n’ai fait aucune to-do list). J’ai retrouvé une hiérarchie bienveillante, qui a confiance en mes capacités et me laisse travailler en autonomie. Certes, je ne fais pas ce qui me passionne le plus, mais au moins, je ne m’ennuie pas. Et ça, ça n’a pas de prix.

Ma collègue, quant à elle, s’est lancée dans une formation pour stimuler son esprit et préparer son futur poste, loin de l’ennui, elle l’espère.

Alors, pour moi, ça a été « facile », car étant fonctionnaire, j’ai pu changer de poste sans trop de démarches, mais j’imagine que si ça t’arrive dans le privé, c’est plus compliqué. Je n’aurais qu’un conseil : ne laisse pas cette situation te pourrir la vie. C’est l’organisation du travail qui est mal pensée – pour ma part, il y avait des gens débordés et des gens sans rien à faire, ou avec des tâches insignifiantes comme nous. Si tu arrives à te faire entendre, c’est génial, peut-être que les choses pourront évoluer. Par contre, si personne ne veut rien faire pour toi, alors il vaut mieux partir vers d’autres horizons plus épanouissants, car ils existent !

Et toi ? T’es-tu déjà ennuyée au travail ? Pendant combien de temps ? Connaissais-tu le bore-out ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

32   Commentaires Laisser un commentaire ?

Ars Maëlle (voir son site)

Ton témoignage rend un peu triste, pour toi et pour la fonction publique. Lors d’un stage, j’ai fait l’expérience de ne plus rien avoir à faire et de devoir être présente quand même, en 2 jours je n’en pouvais plus, alors 2 ans !
Quant à l’absurdité de faire payer des gens à ne rien faire juste pour garder l’effectif, ça me rend un peu malade quand on voit qu’à d’autres endroits, il manque du monde et que ce manque de personnel par endroit coûte à tout le monde (flagrant dans le secteur de la maitrise d’ouvrage publique par exemple). Je suis très attachée à la fonction publique, alors ça me déprime d’entendre qu’il y a vraiment des endroits où la hiérarchie utilise ce mode de management, qui donne une mauvaise image à tout le monde…
Parmi les bonheurs du travail version 21ème siècle, on a aussi un petit nouveau, le « brown out », quand on est submergé par l’absurdité de ce qu’on fait (il y a eu plusieurs article en octobre novembre à ce sujet)
Contente de savoir que tu as trouvé mieux en tout cas !

le 02/01/2017 à 08h58 | Répondre

MlleMora

Je ne connaissais pas la brown out, je vais me renseigner là dessus, tiens !
Mais oui, l’image de la fonction publique en prend encore un coup, c’est désespérant car il y a des services en sous-effectifs flagrants…

le 04/01/2017 à 14h00 | Répondre

Clette

Je me demande le bore out arrive autant dans le privé … touts mes emplois étaient et sont dans le privé et la tendance (pour mes collègues et moi) a toujours été d’en avoir trop (parfois vraiment trop, quand t’es cadre et que tu fais min 55h/semaine, on est tellement loin des 35h des emplois publics que ça paraît être un autre monde ).
En tout cas je suis tout à fait d’accord avec toi : j’imagine bien que s’ennuier au travail est une vraie source de mal-être. Je suis en congé mat et je tourne en rond et je culpabilise alors que je peux traîner en pyjama, que j’ai pas de chef qui me surveille, etc etc.
Et pour conclure, c’est dingue de voire à quel point c’était mal fait là où tu étais … ça fait soi-disant bien d’avoir un « gros service » alors que certains postes sont inutiles et que d’autres services ont du mal à s’en sortir ? pfff tu as pris la bonne décision d’aller ailleurs !!!!

le 02/01/2017 à 09h49 | Répondre

sarah

pour être dans le privée je confirme que le bore-out existe aussi. Je suis a 40h par semaine et ma collègue elle, arrive tout juste à avoir 20h de travail… pourquoi? parce que plus il y a d’effectif dans un département et plus celui ci aura un gros portefeuille. Quitte à ne pas virer des gens ou les laisser sans rien faire…

le 02/01/2017 à 16h14 | Répondre

MlleMora

Oui, je connais aussi des personnes qui s’ennuient dans le privé, c’est vraiment l’organisation du travail qui est mal pensée dans certaines structures… parfois il y a aussi l’activité en elle-même qui génère peu de travail à certains moments de l’année.
Dans mon service, il y avait des périodes où on avait beaucoup de travail et d’autres où il n’y avait vraiment rien de chez rien…

le 04/01/2017 à 14h04 | Répondre

Aurelie

Wahou ton article me sidère ! Ca à du être horrible à vivre ! Tu n’as pas pu passer des concours de grade supérieur pour avoir plus de responsabilité ? Tu es dans quel ministère ? Personnellement, c’est ce que j’ai fait. Non pas que je n’avais rien à faire mais je voulais plus de responsabilités, je suis entrée cadre C il y a 5 ans et j ai été B ; À et À+ bientôt. La seule chose qui me dérange un peu, c’est lorsque que tu te définis comme « fonctionnaire » c’est un statut et pas un métier. En espérant que ton prochain poste et collègues (car ca reste indispensable) soit à la mesure des attentes ! Plein de courage

le 02/01/2017 à 10h13 | Répondre

MlleMora

Je venais d’entrer au ministère, donc pour les concours, c’était de nouveau par l’externe, je préférais attendre de pouvoir passer en interne. Je vais m’y attaquer cette année si je trouve le temps entre mes filles et mon poste actuel plus prenant !
Bien entendu fonctionnaire n’est pas un métier, j’utilise le terme pour que ce soit plus parlant.

le 04/01/2017 à 14h07 | Répondre

Mélimélanie

Mon Dieu ce que ton témoignage résonne en moi. J’ai vécu ça 6 mois en retour de congé maternité et ça s’est très mal passé en fin d’année.
Oui tu comprends j’ai osé me plaindre donc il en est ressorti que : »Tout le monde s’ennui et fais des trucs pas intéressant tu te prends pour qui pour demander a faire autre chose sous prétexte que tu t’ennui? » Donc je me sens apparemment supérieur aux autres pour avoir dit que je n’avais rien à faire… bien bien..
Du coup le présentéisme étant roi en France je me suis retrouvée à rester 38h (voir plus) au boulot pour ne rien faire. J’ai donc commencé à aller sur le net, sur mon téléphone…

Devine ce qui m’a été reproché quand ça a pété??!! Du coup à un moment j’en ai eu marre j’ai dit cash qu’il fallait arrêter de me faire chier parce qu’avec le peu de travail que j’avais j’aurai pu me casser a 15h30 large tous les soirs. Ça a bizarrement calmé tous le monde et j’ai été changé de poste ou là j’ai du travail. Mais je suis en recherche active pour me sortir de là parce que c’est une petite boite et avec ce qu’il s’est passé je sais que c’est mauvais pour moi de rester.

Vive le monde du travail…

le 02/01/2017 à 11h47 | Répondre

MlleMora

Oui, oui le présentéïsme, quelle plaie en France !!
A priori ce n’est pas le cas dans d’autres pays où rester tard signifie plutôt que tu n’es pas très efficace…
Je ne comprends pas ce délire de devoir partir le plus tard possible tout en ayant passé 3h dans la journée à boire des cafés…
Je suis comme toi, je préfère faire mon boulot, et si j’ai fini à 15h, ciao, ils n’avaient qu’à mieux penser les postes… y a des gens qui sont payés pour ça, mais ils doivent être à la machine à café hihi

le 04/01/2017 à 14h09 | Répondre

Madame yoga

Je comprends tout à fait ton ressenti. Je ne suis jamais passée par là, pourtant je suis aussi fonctionnaire, mais je vois de quoi tu parles. Je me pose la même question qu’Aurélie, as-tu essayer de passer des concours ou examens professionnels pour accéder à un grade supérieur (je ne sais pas à quel niveau tu es entrée dans la FPE). Il y a juste une phrase qui m’a fait tiquée dans ton article : lorsque tu dis que les chefs se gardent les choses intéressantes et vous donnent uniquement les tâches les plus rébarbatives, est-ce des tâches dont tu devais t’occuper d’après ta fiche de poste? Je m’explique, après 3 ans en tant qu’agent dans un service, je prends des demain un poste d’encadrement dans ce même service. Depuis quelques semaines je reçois donc les demandes « de chefs », demandes pour lesquelles je ne comprenais pas qu’on ne soit pas sollicités parfois. Maintenant je comprends, il s’agit exclusivement de demandes hiérarchiques, le plus souvent urgentes…
Dans tous les cas je te souhaite de t’épanouir dans ton nouveau poste!

le 02/01/2017 à 11h53 | Répondre

MlleMora

Je ne pouvais pas passer de concours en interne vu que je venais d’arriver, maintenant c’est plus facile si je veux monter. Je suis catégorie B.
Pour les tâches intéressantes sur mon précédent poste, notre chef nous a dit explicitement qu’il se gardait les trucs intéressants pour lui – ce n’était pas des demandes urgentes, car pour le coup, quand il fallait répondre au N+2, il nous laissait le faire pour pas se mouiller. C’était pas un bon manager – ce qui n’est pas le cas de tous les managers, heureusement !

le 04/01/2017 à 14h12 | Répondre

Madame yoga

Ok je comprends mieux! et c’est sûr que présenté comme ça ça ne motive pas son équipe!

le 04/01/2017 à 20h17 | Répondre

Pimoussette

Bonjour et merci pour ce témoignage qui fait echo à ma situation professionnelle actuelle. Je reprends demain et je stresse et n’ai pas envie de retourner travailler. Je suis en contrat aidé, qui se termine à la fin du mois (non renouvelé par manque de travail, la bonne blague), à la différence que je me retrouve seule dans mon coin et dans mon bureau… les journées sont longues et j’ai hâte de voir la fin de mon contrat pour essayer de rebondir sur un emploi plus valorisant…
Je te souhaite en ce début d’année plein de courage pour réussir dans ce nouveau poste !

le 02/01/2017 à 13h21 | Répondre

MlleMora

Je te souhaite aussi de trouver un poste plus intéressant. C’est un mal pour un bien, j’en suis sûre, que ton contrat ne soit pas renouvelé, tu trouveras certainement mieux ailleurs, je l’espère !!

le 04/01/2017 à 14h13 | Répondre

Nya (voir son site)

J’ai connu ça dans mon stage de fin d’études : six mois dans la fonction publique hospitalière. Six mois d’ennui total. Ma mission était de traduire des rapports d’étude : clairement mes encadrants ont sous-estimé la tâche ; deux semaines m’auraient suffi. Je me souviens d’une journée où j’avais été voir les 70 membres du service un à un pour demander du travail, et on m’avait répondu qu’il fallait en parler à la hiérarchie, comment osais-je prendre ce genre d’initiatives…
Bref, j’ai passé mon stage à rédiger mon mémoire de fin d’études pendant mes heures de bureau. Heureusement, je savais qu’au bout des six mois, tout était fini. Je ne peux pas imaginer la perspective de s’ennuyer sur trois ans.

le 02/01/2017 à 13h58 | Répondre

MlleMora

Au moins, tu as mis à profit ton « temps libre » !
Je crois que bien souvent, c’est comme tu le dis une mauvaise évaluation de la charge de travail…

le 04/01/2017 à 14h20 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je peux le dire, je l’ai vécu, cela existe aussi dans le privé. Ça a commencé comme toi par un gros Burnout dans mon premier poste après ma thèse. Puis au Burnout, je me suis retrouvée dans une situation limite de harcèlement. Et pour finir la boîte n’allant pas très bien je me suis retrouvée à faire des taches hors fiche de poste (que je n’avais pas vraiment de toutes façons), totalement inintéressante et qui me prenaient très peu de temps. J’ai subis tout ça pendant une année et demi, le temps de trouver autre chose. Je l’ai comme toi hyper mal vécu, heureusement pendant un certain temps j’avais les préparatifs de mon mariage. Mais quand celui-ci a été passé c’était l’horreur. J’ai enfin réussi à changer et depuis une année je revis vraiment !
J’espère que c’est la même chose pour toi.

le 02/01/2017 à 15h17 | Répondre

MlleMora

Je comprends bien que ça a du être affreux pour toi aussi… Heureusement que tu avais la préparation du mariage… Moi, je m’accrochais à notre départ de Paris…
Aujourd’hui ça va beaucoup mieux, même si ce n’est pas hyper passionnant, au moins j’ai du travail et je ne m’ennuie pas !

le 04/01/2017 à 14h21 | Répondre

Tamia (voir son site)

Ton témoignage est dur ! La situation a du être difficile à vivre !
J’ai connu une situation similaire quelques mois après mon embauche, l’horreur !!! J’ai été embauchée sur un type de poste et pour démarrer j’ai fait des missions équivalentes à un poste inférieur… Difficile à vivre ! Certains jours je me retrouvais à n’avoir rien à faire ! On attendait de moi que je sois force de proposition, sauf qu’au bout d’1 semaine à essayer de mettre à jour des outils que je n’avais pas vraiment utilisé, chercher des formations qui pourraient convenir à mes collègues… Clairement, je ne savais plus quoi faire, mais je devais être présente ! Au bout de 3 semaines à ce régime, j’ai été voir ma responsable et lui ai demandé de me mettre sur n’importe quelle mission, j’avais besoin de faire quelques choses !!! Finalement, j’ai atterri dans une mission où certes l’équipe était super, mais mon dieu que c’était ennuyeux ! Bref, rebelotte !!! Avec le recul, je ne comprends pas comment j’ai pu accepter une telle situation…
Je suis heureuse de lire que tu as trouvé un moyen de te sortir de cette situation.

le 02/01/2017 à 15h24 | Répondre

MlleMora

On accepte parce qu’on se dit qu’on n’a pas le choix… d’autant plus dans le privé j’imagine !
J’espère que toi aussi tu t’épanouis mieux aujourd’hui !

le 04/01/2017 à 14h23 | Répondre

Madame Nounours

Ton article me rappelle un peu ce que j’ai vécu dans mon ancien posté. Moi aussi j’ai eu des périodes où je m’ennuyai car je n’avait pas trop de boulot sans parler de la non reconnaissance de la Part de la hiérarchie et un salaire pas top top. Finalement j’ai trouvé un autre emploi ou j’ai beaucoup de boulot et c’est très stimulant. Quoiqu’il en soit c’est super pour toi que tu as pu trouver un autre poste plus intéressant.

le 02/01/2017 à 17h43 | Répondre

MlleMora

C’est super pour toi aussi que tu aies trouvé autre chose de plus stimulant, on en a vraiment besoin.

le 04/01/2017 à 14h23 | Répondre

Christelle

Cela me fait un peu peur de lire ça car j’ai commencé un nouveau poste à la rentree et…je m’ennuie déjà… Pas fonctionnaire mais presque, mon poste aurait nécessité un mi-temps plutôt qu’un temps complet , mais pareil, pour des histoires d’effectifs, on demande le max… Mes collègues que je dois assister arrivent parfois à me trouver du boulot mais pour qqun comme moi qui ait l’habitude de bosser vite et bien, ce n’est pas assez. On a aussi qq périodes où on est presque débordées, mais idem, ça ne dure pas assez longtemps… Venant d’arriver, j’espère que des projets vont se mettre en place et me permettrontree de faire de nouvelles choses. Et dans quelques années, quelques retraités ne seront pas remplacés. .. Après, au niveau privé, je ne me plains pas, j’ai beaucoup de congés, ce qui me permet d’avancer sur pas mal de projets persos, choses que je n’aurais pas pu faire dans mes précédents postes.

le 02/01/2017 à 18h54 | Répondre

MlleMora

J’espère aussi que cette situation ne va pas perdurer… je crois que c’est d’autant plus dur que tu bosses vite ! Tu peux te concentrer sur d’autres choses, mais c’est vrai que les 8h par jour au boulot, c’est quand même plus sympa de les passer à faire son boulot quand même…

le 04/01/2017 à 14h25 | Répondre

Melanie

Je comprends bien cette situation, puisque je suis en plein dedans ! Contractuelle de la fonction publique territoriale j’ai occupé des postes à responsabilités dans des structures assez grandes dans lesquelles j’avais beaucoup de boulot, toujours en mouvement, dans des équipes dynamiques. Puis on a quitté la région parisienne, et je suis responsable d’une structure en milieu rural… je suis toute seule, à temps plein alors qu’un mi-temps suffirait amplement, ajoutée à l’ennui pour moi il y a la solitude. Le matin je vais bosser en sachant que je n’ai rien à faire et que je ne vais voir personne, l’angoisse ! Paradoxe : je suis enfin stagiaire de la FP ! J’ai donné ma démission avant les congés de fin d’année, ça me fait trop peur de devoir rester dans ce boulot. Je trouve quand même que la parole se libère vis à vis de l’ennui au travail, parce qu’au final c’est assez répandu malgré tout…

le 03/01/2017 à 09h02 | Répondre

MlleMora

Ah pas facile d’être toute seule en plus… c’est dur…
je ne sais pas si la parole se libère, j’ai toujours l’impression que personne n’ose dire qu’il s’ennuie. Après quand on creuse, on se rend compte qu’il y en a plein dans ce cas-là, mais on a « honte » aussi, par les temps qui courent, on se sent « bête » de se plaindre de l’ennui alors qu’on a quand même un salaire à la fin du mois… mais c’est pas épanouissant, on a le droit de souhaiter mieux.

le 04/01/2017 à 14h27 | Répondre

Madame Ananas (voir son site)

J’ai connu ça… 2 fois dans deux boulots successifs et très différents (moi la poisse? naaaaaan).

Pour le premier, j’étais à 80%, j’avais du travail pour… 20% environ. J’étais toute seule dans mon bureau. J’ai demandé plusieurs fois plus de trucs à faire, mais ils avaient pas de nouvelles études donc rien du tout pour moi… A la fin du CDD, ils voulaient me garder en me proposant 40% au lieu de 80. J’ai refusé, trouver un boulot en complément aurait été très compliqué.

2eme boulot, je pars en industrie après le précédent, en me disant qu’au moins j’aurai des trucs à faire. Ils avaient clairement sous estimé la quantité de trucs à faire pour ce dont il m’avait recruté, j’ai fini beaucoup plus vite que prévu. Dans la journée, j’avais de quoi m’occuper 60% du temps (et le reste du temps fallait pas que je fasse voir que je me faisais chier…). Là aussi, j’ai demandé plus de trucs mais on me l’a toujours refusé sous prétexte « non c’est bidule qui doit le faire, c’est son taf », « oui mais bidule il préfère faire des pauses clopes et trier ses photos que son taf », résultat des courses, on me donnait son taf à 1j de la date de fin et fallait que je fasse ça en 4eme vitesse… Pour m’occuper j’ai alors fait une formation qui n’avait rien à voir (au moins j’avais de quoi occuper mon temps libre au boulot, je pouvais chercher des infos sur internet pour cette formation). Je sais pas si c’était une super idée au final, je sais pas si cette formation me servira un jour, j’ai peut être mal choisi et calculé…

Voila donc boreout en industrie et en semi-privé… (et encore je parle pas de l’intéret en lui meme du boulot et des taches…)

le 03/01/2017 à 09h29 | Répondre

MlleMora

2 fois ? oh lala, tu cumules ma pauvre !
La formation, c’est une bonne idée je pense, même si tu ne t’en sers pas, au moins tu stimules ton intellect, c’est le plus important !

le 04/01/2017 à 14h29 | Répondre

Audrey

Je me reconnais totalement dedans. J’ai entendu parlé du bore-out il y a peu de temps et je me suis rendu compte que même si ça n’a jamais été jusqu’à l’explosion j’en ai beaucoup souffert et en souffre encore aujourd’hui.
En fait de mémoire, je n’ai JAMAIS eu de poste où j’ai été occupée à 100%, de mon premier stage jusqu’à aujourd’hui. Pourtant c’est quelque chose que je martèle en entretien « je n’aime pas m’ennuyer, j’aime avoir beaucoup de choses différentes à faire ». Je me rends compte qu’en fait les personnes qui embauche sont loin de connaître les postes qu’ils pourvoient… Il y a quelques années j’ai même raté un CDI suite à un CDD à cause de ça. Au début, une fois mes missions terminées je demandais toujours du travail à mon supérieur… sauf qu’il arrive un moment où tu en marres d’aller quémander du travail et donc je ne le faisais plus. Mais mon supérieur s’est un peu aperçu que je me tournais les pouces et du coup comme mon n+2 m’avait dans le nez (pour des raisons idiotes et fausses bref…) le CDI qui devait être signé à la fin de mon CDD a disparu… Au final, c’est pas plus mal.
Le pire dans l’ennui au travail c’est quand on se sent inutile ou futile. Mon dernier CDD m’a fait ouvrir les yeux dans ce sens là, non seulement je m’ennuyais (alors qu’on m’avait promis une tonne de travail) mais en plus je trouvais mon travail futile, sans impact positif pour la société.
Aujourd’hui j’ai trouvé un boulot que j’aime, mais clairement, je m’y ennuie aussi. Heureusement le côté positif l’emporte sur l’ennui (et comme je suis en train de commencer à organiser mon mariage *trépigne* j’avoue que hum c’est plutôt pratique… XD), mais je ne me vois pas rester longtemps dans ma boite, quand je vois une offre d’emploi intéressante j’y réponds.
Le seul soucis c’est que désormais j’ai peur que quelque soit le poste je m’ennuie. Je n’ai jamais connu un travail où j’avais de quoi m’occuper toute les semaines. Parfois j’ai des périodes de rush, mais ça ne dure qu’un ou deux jours.
J’en suis quand même venue à la conclusion que je travaillais vite et bien. Ce qui est plutôt positif… mais bon… c’est dur parfois quand on ne sait pas quoi faire.

le 03/01/2017 à 15h48 | Répondre

MlleMora

Oui, je te comprends bien, le seul poste où je ne me suis jamais ennuyée c’était celui dont je parle au début, mais avec le recul je me rends compte que c’était pas vivable sur la durée, c’était trop.
Mais y a un juste milieu entre trop et pas assez.
Travailler vite et bien, je crois que ça joue contre nous finalement, car peut-être que tu ne t’ennuierais pas autant si tu travaillais moins vite, et que le poste a été défini pour un rythme plus « lent » que le tien ?
En tous les cas, l’organisation du mariage te prendre plein de temps, tout en étant toujours aussi efficace au travail, ça c’est positif !!

le 04/01/2017 à 14h34 | Répondre

Mlle Laine

Waou, je pourrais écrire le même article ! Sauf la fin malheureusement. J’en suis toujours à l’ennui au travail … ça fait 3 mois déjà, j’ai un contrat encore pour 1 an, mais je ne sais pas si je vais tenir. Ne rien faire de la journée, ça ne me plait vraiment pas. Et quand j’ai des choses à faire, c’est bien en dessous de mes compétences, et ça n’est pas ce que je veux faire … Je réfléchis vraiment à changer de métier, car j’ai peur de ne pas réussir à m’épanouir dans celui-là. Mais c’est vraiment une période difficile (rien que d’écrire ici, ça me noue la gorge …), et j’espère vite m’en sortir.

le 05/01/2017 à 10h19 | Répondre

MlleMora

Je comprends ton angoisse… entre le fait de s’ennuyer et l’impression d’être sous-exploitée, c’est vraiment dur pour le moral. Il faut garder confiance en toi, je suis sure que tu parviendras à rebondir vers d’autres horizons !

le 05/01/2017 à 13h44 | Répondre

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