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Avoir un enfant/devenir parent : le match linguistique


Publié le 6 janvier 2015 par Nya

On l’a déjà vu plusieurs reprises : la question des enfants, surtout après le mariage, est loin d’être une évidence : entre celles qui voulaient mais ne veulent plus, celles qui n’ont jamais voulu, celles qui hésitent… Les enfants cristallisent énormément d’attentes familiales et de pressions sociales : résultat des courses, toutes les femmes se sont posées au moins une fois la question fatidique. Est-ce que je veux un enfant ?

Je pense pourtant que cette question ne reflète qu’imparfaitement la réalité de la parentalité. Pour toutes les femmes qui doutent, une reformulation de la question ne serait pas du luxe. Si tu as toujours su que tu deviendrais mère, en revanche, la question ne se pose pas.

Tu es prête pour le coupage de cheveux linguistiques en quatre ? C’est parti !

avoir un enfant ou être parent se poser les bonnes questions

Crédits photo (creative commons) : Lauren Hammond

La question de base est généralement « est-ce que je veux avoir un bébé ? ». J’évite autant que possible de parler « d’avoir un bébé », car cette question ne me semble pas ancrée dans la réalité : pour moi, elle revient à dire « est-ce que j’aimerais jouer avec un poupon vivant ? ». Parce que cette question utilise le verbe « avoir », qui sous-entend une possession qui relègue le bébé en question au rang d’objet, et donc implique son éventuelle dé-possession si jamais il ne nous convient plus.

En en parlant de « bébé », on réduit l’être vivant à son statut de petite chose à pouponner. Avec un bébé, pas de crèche, pas d’inscription à l’école, pas de devoirs à surveiller ni de permis de conduire à financer : l’enfant est réduit à sa plus simple expression gazouillante et vagissante, à une sorte d’autarcie entre mère et enfant, où ils seraient seuls au monde dans une période fusionnelle idéale.

Dans la même veine, « avoir un enfant » est un peu moins réducteur, puisqu’on sous-entend une évolution de l’être humain que l’on va créer : la petite chenille deviendra petit papillon. Mais ici encore, je pense qu’on entend « enfant » au sens générique du terme, et non « mon enfant, qui va rester dans ma vie à jamais ».

Dans le genre vision réaliste des choses, on repassera : parce que oui, à un moment, le bébé, l’enfant, se transformera en enfant, puis en ado, puis en adulte. On réduit la progéniture à un petit être qui a besoin de nous pour sa survie, en occultant qu’il s’agit déjà d’une personne qui, un jour, deviendra adulte, fera ses choix, sera sans doute source de joie et de tensions, de rires et de chagrins, une personne indépendante et qui n’appartient pas à ses géniteurs.

En revanche, j’aime bien la formule « est-ce que j’ai envie de devenir parent ? ».

Celle-ci a le mérite de ne plus se situer dans la possession mais dans l’être : on ne possède plus, on devient. Et de situer le cadre de la relation : on ne possède plus un bébé, on est sa mère, son père, son parent. Je trouve que cela change beaucoup de choses : le terme « parent » est lourd de responsabilités, de devoirs, de droits également, il résonne comme un engagement profond là où « avoir un bébé » suggère une parentalité jetable, à mettre au placard sitôt le bébé grandi.

En se demandant si l’on souhaite devenir parent, on se compare forcément à ses propres parents : ai-je envie de devenir comme ma mère/mon père/la personne qui m’a élevé.e, ai-je envie d’assumer cette fonction pour un autre être humain, avec tout ce que cela implique de responsabilités matérielles mais aussi psychologiques, ai-je envie de me situer dans une hiérarchie familiale ?

Si tu as toujours voulu être parent, tu trouves peut-être que c’est beaucoup de bruit pour rien. Mais pour beaucoup d’entre nous, la parentalité n’est pas une évidence du tout, et le vocabulaire employé actuellement pour aborder le sujet ne permet pas, à mon sens, de se poser les bonnes questions, des questions qui reflètent une réalité différente du simple bébé « trop mignon, je veux le même ».

Après tout, on est des « êtres » humains, pas des « avoirs » humains. Même lorsqu’il s’agit de se reproduire, pourquoi se demander ce qu’on veut avoir quand on pourrait se demander ce qu’on veut être ?

Et pour toi ? C’est évident de devenir parent ? Tu te questionnes beaucoup ? Est-ce que mettre en perspective l’enfant à travers tous les âges t’aide à y voir plus clair ? Viens en discuter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

20   Commentaires Laisser un commentaire ?

Louise

J’aime beaucoup ton point de vue et je suis complètement d’accord avec toi. C’est important de prendre conscience de tout ce qu’implique de devenir parents, un bebe c’est sur que c’est chou mais un jour il deviendra grand et il faut bien le préparer et l’accompagner dans cette vie. De mon côté, j’ai toujours voulu être mère, je ne me suis jamais posée la question est que je souhaiterais avoir des enfants mais plutôt qu’elle genre de maman je souhaiterais être. Malheureusement il ne suffit pas de le vouloir, je ne suis toujours pas enceinte et bebe tarde à venir. Ce qui laisse encore plus de temps pour se préparer mais c’est pas facile. Tout ca pour dire qu’on ne choisit pas tout et que je crois en une forme de destin, parfois c’est l’enfant aussi qui décide de pointer le bout de son nez à des moments inattendus. Mais dans tous les cas devenir parents est un grand chamboulement et il faut se sentir prêt.

le 06/01/2015 à 08h30 | Répondre

Mlle Moizelle

Entièrement d’accord. Je n’étais pas parvenu moi-même ces conclusions, et je dis plus souvent « avoir un bébé » que devenir parent, mais je crois que je ferais plus attention à présent, car j’aime utiliser les mots justes et tu me les as donnés. j’ai aimé ta réflexion!

le 06/01/2015 à 08h56 | Répondre

Mlle Zola (voir son site)

Ton questionnement est intéressant, j’ai eu une réflexion similaire lorsque je me suis penchée sur la question.
Je pense que c’est souvent une fois que l’on « a » l’enfant devant nous que l’on se rend vraiment compte de tout ce que ça implique. C’est bien de se poser la question mais laisser aussi une part d’insouciance et de naïveté aux futures mères n’est peut-être pas un mal…. La parentalité est quelque chose qui se construit avec son enfant, que l’on découvre petit à petit, où l’on tâtonne et où l’on hésite beaucoup. « Vouloir un enfant » est un premier pas vers « vouloir être parent ». Le pas décisif qui permet de se lancer dans la maternité, pour ensuite se lancer dans la parentalité…

le 06/01/2015 à 08h57 | Répondre

Magali

Parfaitement d’accord avec toi… A presque 30 ans, je hurle (intérieurement) lorsque certainement de mes amies me disent qu’elles ont envie d’avoir un bébé… Même écho que toi, pour moi elles s’imaginent seulement enceintes, en train d’accoucher, baigner leur nourrisson, etc. comme si elles occultaient complètement que ce « bébé » est seulement une étape très courte de la vie d’un être humain… Donc je trouve aussi que ta formulation « devenir parent » est beaucoup plus juste et plus ancrée dans la réalité… Je devrais peut-être leur faire lire cet article… 😉

le 06/01/2015 à 10h34 | Répondre

Chat-mille (voir son site)

Je crois que c’est sous-estimer (et infantiliser dans une certaine mesure) les personnes qui « veulent un bébé » que de penser qu’elles n’ont pas pris la mesure de ce qu’implique la parentalité. Comme le disait Floconnette, c’est une expression courante, et je crois l’avoir moi-même utilisée plus d’une fois ! Ça ne fait pas pour autant de moi une mauvaise mère (enfin, je crois). J’irai même plus loin : on ne peut pas savoir à l’avance comment on ressentira la parentalité, à quelle point elle sera dure ou facile à vivre et il est à mon sens inutile de vouloir trop se projeter dedans. Il y a des femmes qui ne se voyaient absolument pas mères qui font de fabuleuses mamans, et des femmes qui l’ont voulu toute leur vie et sont complètement perdues une fois leur nourrisson dans les bras. Pour moi, le plus important, ce n’est pas la linguistique (et pourtant j’ai un master de lettres :p), c’est ce qu’on fait une fois que bébé (car, sauf en cas d’adoption, il arrive quand même bébé) est là.

(bon, par contre c’est vrai que je regarde bizarre ma sœur -sage-femme- quand elle me dit qu’elle veut un « nouveau-né » mais je suis bien certaine que son amour et ses soins ne s’arrêteront pas quand son enfant aura 1 mois)

le 07/01/2015 à 11h19 | Répondre

Magali

Coucou Chat-mille, oui bien sûr c’est une expression courante, mais ce n’est pas parce qu’elle est courante, qu’on doit tous répéter la même bêtise… 😉
En outre (je me fais l’avocat du diable là, et je vais pousser un peu plus loin…), je préfère que les futurs parents se posent ce genre de questions avant qu’après ! (même si on a rarement les réponses, mais il parait que le questionnement est le chemin…)

Sur la question des « mauvais parents », pas de jugement de valeur, je n’ai rien à en dire…

Concernant mes petites copines, je suis bien sûre qu’elles n’ont pas du tout appréhendé de manière globale la parentalité… Et je trouve ça un peu dommage ! J’espère que ça ne fera pas d’elles de mauvaises mères, à mes yeux ! 😉

le 07/01/2015 à 20h36 | Répondre

Chat-mille (voir son site)

Je crois qu’on sera toujours en désaccord 😉

Parce que pour moi, la parentalité, ça ne se prépare pas, ça se vit. Évidemment on peut se renseigner, avoir un « plan d’attaque », de grands principes, mais le quotidien ne ressemble jamais à ce qu’on avait imaginé. Il faut être prêt à changer de vie, ça c’est certain (se préparer à toujours se demander « Qu’est-ce que je fais de bébé dans ce cas ? » et « Est-ce que je peux renoncer à faire ça, même si ça me fait plaisir, pour son bien-être ? ») (je suis la première à juger sévèrement -bien que ce soit mal de juger- les gens dont le nourrisson passe son temps chez un gardien pendant que les parents continuent de prendre du bon temps comme s’il n’existait pas) mais être prêt à devenir parent comme si c’était une sorte d’évolution pokémonique, pour moi ça ne veut pas dire grand chose.

Donc oui, « avoir un bébé » (sous-entendu dans les pattes), ça me paraît presque plus adapté. Et quand bien même l’expression n’engloberait pas la totalité de ce que ça implique, c’est le propre de la langue que de faire des raccourcis pour gagner en efficacité 🙂

le 08/01/2015 à 12h16 | Répondre

Magali

Etre prêt à changer de vie…. C’est exactement ce qui leur manque ! Evidemment qu’avant d’avoir un enfant, on ne PEUT PAS tout prévoir et savoir précisément dans quoi on s’engage (même si on a quand même quelques indices…) mais comme tu le dis si bien, il faut être prêt à changer de vie et à SE changer…

le 08/01/2015 à 16h29 |

Emma June (voir son site)

Chez nous, on s’est beaucoup questionné avant de devenir parent (avoir un enfant, ca n’a jamais jamais été vu comme ça pour nous). Après beaucoup d’hésitation, on a passé le pas et tout ce que je peux dire c’est que ça change encore plus la vie que ce que j’aurais cru 🙂

le 06/01/2015 à 10h55 | Répondre

sarah

Je suis tout à fait d’accord avec ton raisonnement, d’ailleurs c’est bien ce qui me pose problème car je m’imagine très bien mère, mais je ne me vois pas du tout avec un bébé 🙂 malheuresment à part l’adoption je ne vois pas comment ‘échapper’ à la grossesse et les premières années d’un enfant ^^

le 06/01/2015 à 11h56 | Répondre

Marie Obrigada

Réflexion très intéressante et très juste, merci ! Dans le même genre, je déteste l’expression « faire un mini-nous » ou pire un « mini-moi » car à mes yeux, non l’enfant à venir n’est pas un « nous » ni un « moi » juste lui.

le 06/01/2015 à 12h17 | Répondre

Floconnette

En résumé, je suis d’accord avec ta pensée. Par contre, je fais moins attention aux termes employés. Je suis maman et quand on a annoncé la grossesse, je ne sais même plus trop ce qu’on disait mais en gros, « on va avoir un bébé » ou « on va avoir un enfant ». Mais dans ma tête, j’allais devenir maman et mon mari papa. Donc disons qu’on pensait bien « devenir parents » et on a attendu d’être à peu près prêts à l’être (bien qu’on ne puisse jamais l’être vraiment, ne sachant pas ce qui nous attend). On a pas fait un bébé parce que machin et machine en on un et qu’il est trooooooop mignon. Même si je reconnais que des fois, ça me faisait envie les bébés des autres, dès que je me posais les questions de base sur mon envie d’être maman les réponses m’arrêtaient net.
Je pense juste qu’on dit « avoir un bébé » souvent car c’est plus commun comme expression. Par exemple je préférais dire que j’allais avoir un enfant qu’un bébé car en effet le bébé grandit, mais je me voyais mal dire « on va avoir un être humain à vie » lol
Et pour le « avoir », je dis plutôt « je vais avoir un enfant » dans le sens « je l’aurais dans ma vie » et pas « je l’aurai à moi, ce sera ma possession ».
Là, j’ai un bébé, qui ressemble déjà à un petit garçon, dans ma vie 🙂
Et malgré tout, je suis devenue maman, parent, mais j’ai très peur pour le deuxième, car je ne sais pas si je saurai en gérer deux. Pour l’instant, il n’en es tpas question même si je sais qu’un jour ça viendra.

Et pour tout dire, quand je parle des mes visions futures sur mon fils, on me dit « ohlala mais tu penses déjà à si loin?! », ben… oui…. et ça me paraît normal non? J’ai déjà pensé à l’école, aux crises d’ado, à lui payer son permis, à financer ses études (on aura fini le crédit de la maison avant ses 18 ans!), à lui payer des cours de sport musique ou ce qu’il voudra, aux vacances, et même à son futur éventuel mariage, à ses enfants (oui je m’imagine déjà mamie je suis bizarre!!). Et je ne regrette pas un seul instant ma vie de maman qui est très épanouie car en fin de compte, plus facile que ce à quoi je m’attendais et tellement heureuse 🙂

le 06/01/2015 à 13h08 | Répondre

sarah

héhé c’est marrant, je n’ai pas d’enfants mais quand je réfléchi si je suis prête a en avoir un je me projette toujours dans 10 ou 20 ans avec des questions du style ‘est ce que financièrement parlant dans 20ans je serais capable d’assumer des études supérieures’ ou a plus court terme ‘est ce que j’ai envie de consacrer du temps à emmener mon enfant aux match de basket tous les samedis après midi de 14h a 17h?’ et pour moi c’est tout à fait normal d’y réfléchir a l’avance, on ne peut pas se dire on le fait et puis on verra après! personnellement je trouve ca inconscient… quand on s’embarque dans un tel projet de vie il n’y a pas de marche arrière alors autant bien y réfléchir avant 🙂

le 06/01/2015 à 14h30 | Répondre

Sabine

Le titre m’a fait croire que ce serait un article sur comment élever son enfant dans une famille multilingue ! He hé hé 🙂

le 06/01/2015 à 13h23 | Répondre

Margaux

Je trouve ton article vraiment très beau et plein de sensibilité. C’est une belle réflexion que tu apportes là, sans jugement ni prétention.
C’est toujours un plaisir que de te lire.

le 06/01/2015 à 16h25 | Répondre

Maman poule

J’ai toujours utilisé le terme avoir des enfants mais pas dans le sens possession. On ne fait pas des enfants pour les garder toute la vie avec soi. J’aime les bébés, les caliner mais j’adore les voir grandir, découvrir le monde, interagir de plus en plus avec nous. Parfois je les imagine ados ou adultes. Je ne comprends pas les personnes qui n’aiment que les bébés et qui se désolent de les voir grandir.

le 06/01/2015 à 20h29 | Répondre

Chat-mille (voir son site)

(et je crois aussi, pour compléter mon commentaire plus haut, que l’étape « bébé » est très importante dans la construction d’une famille, que c’est en « jouant à la poupée » qu’on prend conscience de sa dépendance vis à vis de nous et que notre amour ne serait pas du tout construit de la même manière si notre enfant était arrivé adolescent dans nos vies… ma fille sait faire de nouvelles choses tous les jours et heureusement, c’est long, ça me laisse le temps de digérer avant de passer à une nouvelle étape ;))

le 07/01/2015 à 11h25 | Répondre

Louna (voir son site)

Merci pour cet article : j’aime beaucoup la manière dont tu présentes les choses.

En ce qui me concerne, je crois que j’ai toujours fait la différence, même si je n’avais jamais mis de mots dessus. Merci de m’y avoir forcé, ça fait du bien !

J’ai toujours voulu être une maman, et très tôt j’ai eu envie de voir mon compagnon en papa.
Cependant, pendant quelques années, j’étais également consciente que malgré mon envie d’être enceinte, je n’étais pas encore prête à être maman.

Mais je suis également d’accord avec Chat-mille qui dit que c’est finalement au jour le jour que tu te construis en tant que parent : tu as beau essayé de te projeter, rien ne te prépare à ta réaction une fois le moment venu. D’où l’importance de partager avec le futur papa le temps de grossesse pour se préparer à deux à commencer cette drôle d’aventure, d’où l’importance de la phase toute petite enfance, où on t’explique que ton enfant n’a pas encore conscience qu’il est une personne séparée de toi (c’est là que tu te rends compte que pour toi, c’est pareil, dans les toutes premières semaines, tu n’as pas non plus conscience que vous ne faites plus qu’un, le choc !).

Il ne faut pas confondre la parentalité de nos rêves avec la réalité, mais entre le temps d’attente pour être enceinte, le temps de grossesse et les premiers mois, je crois que j’ai eu le temps de réaliser.
Et puis, mon bébé ne ressemble tellement pas à ce que j’avais imaginé, que ça m’aide à ne pas confondre ! 😉

le 07/01/2015 à 14h40 | Répondre

Sarah

Magnifique article. Il pose la réflexion exactement la ou elle devrait être. Merci pour ce très beau témoignage

le 08/01/2015 à 08h29 | Répondre

cilou

je voulais un enfant depuis petite c’était logique ca coulais de source. une fois devenue maman par « accident » (je deteste ce terme) j’ai réalisé a quel point vouloir un enfant et etre pret a la parentalité sont le pole nord et le pole sud. un article simple mais tellement vrai car la nuance entre vouloir avoir un enfant un conjoint une famille ou Etre une épouse une mere etc c’est tellement different en maturité et conscience de la mission que ca represente! voila pourquoi beaucoup dechantent apres un mariage ou une naissance… courage a toute vous pouvez inspirer les autres et leur offrir de bons declic pour une vie plus responsable et préparée 😉 plus zen et ca n’a pas de prix

le 13/07/2017 à 20h10 | Répondre

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