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A la une / témoignage

L’hyperphagie, les kilos et moi – Partie 2

La dernière fois, je t’ai raconté comment j’ai pris conscience que j’avais un réel problème dans ma relation à la nourriture, et je t’ai décrit à quoi mes crises ressemblaient. Aujourd’hui je voudrais te parler de comment j’essaie doucement de surmonter ce problème.

Aller de l’avant… difficilement

C’est un choc. Je me rends enfin compte que j’ai un réel problème avec la nourriture. Et je me rends enfin compte de mon reflet dans le miroir. Je ne peux plus me mentir, je vois que j’ai pris du poids, je sens que mes vêtements ne me vont plus. Il faut que je l’accepte et que j’aille de l’avant.

A ce moment-là, je me fiance. Je n’envisage pas une seconde de me marier avec cette silhouette, c’est tout simplement impensable pour moi. Je ne me reconnais plus, je me dégoûte. C’est une période vraiment compliquée à gérer, le moment où j’ouvre enfin les yeux sur mon problème, mais où je ne sais pas quoi faire pour m’en sortir.

Et puis, je pars marcher quelques jours. Nouveau choc, mon corps ne suit pas, je souffre pendant la randonnée, je n’arrive plus à porter tous ces kilos. Alors, un an jour pour jour avant mon mariage, je me lance dans un rééquilibrage alimentaire. L’échéance du mariage et les difficultés que j’ai eu pour randonner m’ont vraiment donné la motivation de me remettre sur le droit chemin. Le rééquilibrage alimentaire fonctionne. Le fait de bien cadrer mes repas me permet de tenir les crises à distance. Je me remets au sport, et ça me fait également un bien fou. Conséquence non négligeable (et bien sûre, souhaitée), je perds 15 kilos en 8 mois.

Crédit photo (creative commons) : TeroVesalainen

Je me marie avec ma nouvelle silhouette, je me sens bien, je me sens belle. Et puis, je tombe enceinte. La grossesse se passe, plus ou moins bien. Mais j’arrive à peu près à contrôler mon poids, et mes crises. Et puis vient le moment de l’accouchement, et le retour à la maison. Et l’allaitement difficile, et les nuits horribles. Et les grignotages, qui se transforment de nouveau en crises d’hyperphagie. Il ne m’en fallait pas beaucoup pour retomber dans mes travers … Les réveils nocturnes me poussent vers le placard, mes angoisses de nouvelle maman aussi … La différence avec la fois d’avant, c’est que j’en ai parlé plus ouvertement, ce qui m’a quand même permis de limiter l’ampleur des crises.

Aujourd’hui, se prendre en main

Je n’en suis pas au même point qu’il y a quelques années, mais plus d’un an après mon accouchement, je n’ai toujours pas perdu mes kilos de grossesse. Qui finalement ne sont plus vraiment des kilos de grossesse, mais plutôt des kilos d’hyperphagie. J’ai plus de mal cette fois à trouver la motivation. Pourtant, je ne supporte pas mon corps, mais j’aimerais juste pouvoir profiter, comme j’ai envie, comme les autres. Mais je sais que ma relation à la nourriture est trop compliquée pour la vivre sans cadre …

Donc je reprends ce qui avait marché la première fois pour mieux encadrer mon alimentation : je planifie mes menus pour la semaine, pour ne pas finir la tête dans le frigo à manger n’importe quoi. De faire ça m’aide aussi pour la liste de courses, et comme ça, j’ai toujours de quoi équilibrer mes assiettes. Si j’ai le temps le week-end, je cuisine parfois en batch-cooking, ça me permet de cuisiner mes repas pour la semaine, en 2 heures de temps, sans gaspiller les ingrédients. Et en plus, ça permet de diversifier les menus, et de découvrir de nouvelles saveurs. Bien sûr, on ne trouve plus de gâteaux ou de chocolat dans mes placards. Je fais mes courses en drive le plus souvent, pour ne pas être tentée dans les rayons du supermarché, même si maintenant j’arrive à passer dans les rayons friandises sans craquer. Mais bon, mieux vaut ne pas tenter le diable comme on dit.

Depuis quelques semaines, je n’ai pas eu de crises, et je me sens beaucoup mieux. Le fait de retrouver une alimentation équilibrée me fait vraiment du bien au moral. Je vois aussi mon poids qui redescend tranquillement sur la balance, et ça aussi, ça fait du bien. Par contre, je n’ai pas trouvé la motivation de reprendre le sport, alors que je sais pertinemment que ce serait très bon pour moi. Mais cet équilibre est vraiment très fragile : j’ai eu quelques jours de fatigue, où ça n’allait pas trop, et j’ai de nouveau trouvé refuge dans la nourriture. Alors j’avance petit à petit, je gravis ma montagne, je savoure chaque petite victoire, et j’essaie de ne pas culpabiliser lorsque je trébuche à nouveau.

Crédit photo (creative commons) : TeeFarm

Et toi, as-tu tendance à manger en période de stress ? Ou le contraire ? Tu as des astuces pour équilibrer tes repas et éviter le grignotage ?

A propos de l’auteur

Bientôt trentenaire (mais plus jeune dans ma tête !) je suis mariée et maman d'un petit garçon. J'aimerais te parler de mon métier (dans les mathématiques), de mes passions (lecture, pâtisserie, tricot), et te raconter quelques bouts de ma vie !

6 Commentaires

  • Sophie
    10 décembre 2019 at 10 h 16 min

    Bonjour Welna.
    La youtubeuse Esther a fait quelques vidéos sur le sujet. Peut-être cela pourra-t-il t’intéresser ?
    Bonne journée !
    https://m.youtube.com/watch?v=vQVA4Axs0sY

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    • Welna
      11 décembre 2019 at 10 h 27 min

      Merci Sophie, j’y jetterai un oeil avec plaisir ! Bonne journée à toi aussi !

      Reply
  • Athéna
    10 décembre 2019 at 12 h 58 min

    Alors perso j’ai fait ce genre de crise il y a vraiment très très longtemps, quand j’étais adolescente. Je m’en suis sortit tout simplement en ayant plus rien à grignoter à la maison, mais c’est facile pour moi qui n’ai pas d’enfants et en étant suivit par un magnétiseur qui m’a débloqué certaines choses qui remontait bien moins dans mon enfance.
    En lisant ton parcours via tes deux article, je te conseillerai de voir un psy, car si tu retombe la dedans dès qu’il y a un « choc » comme la ta période, c’est qu’il y a un blocage quelques part et parfois toi tu ne t’en rend même pas compte, mais lui a force de parler pourra te donner une piste sur laquelle travailler. Ou bien si tu y crois, va voir un magnétiseur, de toute façon ça ne peu pas faire de mal ?

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    • Welna
      11 décembre 2019 at 10 h 30 min

      Effectivement, je pense qu’un passage chez un psy ne me ferait pas de mal … Mais je ne suis pas prête pour cela (j’ai fait quelques séances suite à ma grossesse, et je n’ai pas apprécié quand la psy a commencé à creuser ailleurs …), et je pense que pour le moment, ça ne me sera pas utile. Je m’en sors pour le moment, avec quelques rechutes, mais rien de dramatique en comparaison de ce que j’ai vécu avant. Cela dit, je suis bien intéressée par un magnétiseur, même pour d’autres mots (genre les migraines …), mais encore faut-il en trouver un bon, non ?
      Merci en tout cas !

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  • Maye
    10 décembre 2019 at 17 h 33 min

    Gros soutien <3 Moi c'est terrible pendant les crises, quand il n'y a plus rien a grignoter chez moi je vais aller croquer des pâtes crues ou faire des préparations de cookies et me bouffer la pâte. Un enfer. Et je passe mon temps a bouffer… Il faudrait que je me fasse aider, seule je n'y arrive pas, mais je vis a l'etranger. J'attends mon retour avec impatience, mais aurais-je le courage d'en parler a un médecin ?

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    • Welna
      11 décembre 2019 at 10 h 33 min

      Je te souhaite beaucoup de courage Maye, je comprends tout à fait ce que tu vis. J’étais vraiment dans le même cas que toi, à manger n’importe quoi, juste pour me remplir, mais sans vraiment m’en rendre compte non plus … C’est terrible. Effectivement, essaie de te faire aider, peut-être en en parlant autour de toi ? Dans mon cas, ça m’a aidé car je ne voulais pas « décevoir » en mangeant encore et encore. En tout cas, courage, vraiment <3

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