Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Devenir paysans : d’où nous est venue une telle idée ?


Publié le 28 septembre 2018 par Madame Ophrys

Bonjour à toi qui me découvre pour la première fois sur ce site, mais également à toi qui me connaissais déjà via Mademoiselle Dentelle (comment vas-tu depuis le temps d’ailleurs ?).

Je m’en viens ici t’expliquer notre projet un peu fou/hippie/voué-à-l-échec/trop-cool-je-voudrais-faire-pareil (rayer les mentions inutiles) d’avoir une micro-ferme, d’être en autonomie alimentaire dans un premier temps et pourquoi pas d’en vivre pleinement plus tard.
Mais d’abord, une petite présentation de nous deux s’impose.

Je suis Belge, j’habite du côté de Mons près de la frontière française, j’ai 29 ans et je suis détentrice d’un master en biologie (bac+5 pour les Français). De par mes études et les informations que je continue de recueillir, j’ai très vite été convaincue que le monde tel qu’on le connait ne pourra pas rester comme ça indéfiniment. J’entends par là cette surconsommation abusive qui épuise les ressources de la planète, l’agriculture déraisonnée et l’élevage en batterie.
Tu as peut-être entendu parler du fameux « jour du dépassement », qui correspond à la date où l’on a épuisé toutes les ressources de la planète prévues pour une année, et où l’on vit donc à crédit par rapport aux années suivantes. Concrètement, cela signifie que l’on puise de manière irréversible dans les réserves naturelles de la Terre (ressources non renouvelables à l’échelle de temps humaine) et qu’à un moment donné, faudra payer la facture de tout ça.
Pour autant, je ne suis pas une personne bizarre sur une estrade à gesticuler et hurler frénétiquement « la fin du monde est pour bientôt ! », mais je dis juste que la situation actuelle ne pourra pas durer, et qu’il est bon de se préparer pour « l’après ». En tout cas moi je m’y prépare.

Heureusement, si tu as vu le film-documentaire « Demain » par exemple, qui a eu beaucoup de succès, ou un des reportages télé qui sont, heureusement, de plus en plus nombreux, sur les différentes alternatives de consommation, d’élevage et d’agriculture, tu sais qu’il existe d’autres chemins que celui prôné par la société actuelle, et que non, ceux-ci n’impliquent pas nécessairement retourner à l’Âge de Pierre ou vivre dans une cabane/grotte sans électricité ni confort.

Devenir paysans : d'où nous est venue une telle idée ?

Crédit : Traphitho (CC)

Seule, je voulais surtout avoir ma propre maison et mon potager, qui constituaient pour moi le minimum syndical pour ma sécurité et mon confort personnel. Puis j’ai rencontré Chéri. Chéri est biologiste médical de formation, mais est avant tout un « scientifique » dans son sens le plus large, à savoir curieux de se tenir au courant du fonctionnement de ce qui l’entoure et des dernières découvertes/avancées scientifiques.
Il s’est aussi intéressé pas mal aux rapports ayant attrait à l’écologie, à l’état de la planète mais aussi beaucoup à l’économie. Et il s’est fait son opinion : la croissance infinie dans un monde fini (comprendre aux ressources limitées et non infinies), ce n’est pas possible. Il a donc voulu aller plus loin que mon idée de potager et voulait carrément investir dans une ferme. Avec minimum 1 hectare de terrain, pour commencer.

Et si c’était possible d’en faire son métier à plein temps, de relancer l’économie locale, d’en faire un lieu de vie central du village, ce serait vraiment top! Et oui, un hectare c’est parfaitement assez pour apporter assez de revenus à une famille, des études l’ont prouvé (la Ferme Biologique du Bec Hellouin, en Normandie, ou encore les Jardins de la Grelinette, au Québec, pour ne citer que ceux-là), à condition de revoir entièrement sa façon de cultiver.
Exit les monocultures en rang, avec plein d’engrais et de pesticides déversés au tracteur.
Retour au travail manuel (avec outils non motorisés), en utilisant les associations de plantes pour se protéger mutuellement et en fabriquant/récupérant soi-même les amendements nécessaires quand il y en a vraiment besoin (fumier, compost, etc). C’est au-delà du bio, cela s’appelle la permaculture, et c’est véritablement tout un mode de vie, avec une dépense minimale d’énergies fossiles, la récupération de l’eau, le recyclage, bref c’est vraiment chouette.
Enfin, ceci est une très très brève description de ce concept, mais il y a de nombreux articles qui en parlent en détails si le sujet t’intéresse. En voici quelques-uns :

D’ailleurs je ne sais pas si tu es au courant, mais Anne, aka Mademoiselle Dentelle elle-même, pratique à son échelle quelque chose de similaire, je te conseille d’ailleurs d’aller voir son blog.

Ce joli projet en tête, nous nous sommes donc mis à la recherche du Graal, à savoir :

  • Un terrain de minimum un hectare en bon état : comprendre pas marécageux, pas avec une pente de 30°, sans pollution apparente (oui, tu ne le sais peut-être pas, mais en Belgique pendant des années, nous avons été adeptes de l’enfouissage des déchets divers et variés dans le sol. « Si on ne le voit pas, ça n’existe pas… »)
  • Avec un bâtiment en pas trop mauvais état dessus : comprendre un truc qui coûterait moins cher à rénover qu’à raser entièrement.
  • Le tout pour une somme acceptable, car il fallait prévoir les travaux d’aménagement de la maison mais aussi du terrain (bah oui, l’agriculture ça demande quand même un minimum d’investissements initiaux)
  • Et si possible pas trop loin de chez nous : comprendre, la Belgique on l’aime, on y a passé notre vie, nos familles et amis sont là-bas, on n’a aucune raison de la quitter.

Devenir paysans : d'où nous est venue une telle idée ?

Crédit : hpgruesen (CC)

Sauf que… Ben on n’a pas trouvé. Et c’est pas faute d’avoir cherché hein. J’avais mon tableau excel que j’actualisais chaque semaine en fonction des différentes annonces, nous sommes même allés à plusieurs ventes publiques en se disant que c’était l’occasion de faire de bonnes affaires… Sauf que quand on a vu un terrain d’1 ha seul (sans maison dessus) avec marécage et suspicion de pollution partir à 300 000€, on s’est dit que bon, ce n’était pas le bon filon que nous pensions.
Il faut savoir que la Belgique c’est tout petit (sans déconner !) et qu’on est nombreux dessus. Il y a peu de « campagnes » telles qu’on l’entend en France, et il y a une pression monstre sur le moindre bout de terrain. Impossible d’avoir un terrain agricole sans agriculteur dessus (le principe de « bail à ferme » d’une durée de 9 ans minimum). Sauf que pour mettre ledit agriculteur hors de ton terrain, il faut un préavis de 4 ans et prouver que c’est pour toi-même exploiter le terrain à titre professionnel (si c’est à titre privé, tu as droit à 20 ares maximum pour « jardin à usage familial »), bref, la galère.

Au bout de 2 ans de recherches sans en voir le bout, nous nous sommes dit qu’il était peut-être temps de songer à agrandir notre cercle de recherche. Par facilité de langue (et parce que le Luxembourg était encore plus restrictif que la Belgique pour les agriculteurs), j’ai commencé à regarder du côté de la France. D’abord près de la frontière, puis de plus en plus loin, en se fixant une limite de 500 km à partir de la frontière.
Cela constituait pour nous la distance maximale qu’il était possible de faire en une journée, en voiture ou en train, si nos proches voulaient nous rendre visite et inversement. Au-delà de ça, la distance nous semblait trop grande et trop dissuasive (pour rappel la Belgique c’est petit : en 3h tu l’as traversé de part en part sur toute sa longueur !).

Et c’est comme ça que nous avons finalement trouvé notre bonheur… Mais ça je t’en parle dans un prochain article !

Et toi, as-tu déjà eu envie de tout quitter pour un projet ? Seule ou en couple ? Dans un autre pays ou juste à côté de chez toi ? Raconte-moi tout !

Commentaires

28   Commentaires Laisser un commentaire ?

Doupiou

Très intéressant ton article. A mon petit niveau j’aimerais aussi progressivement arrêter la consommation alimentaire en grande distribution. Quand nous aurons notre maison, nous aurons un jardin et des arbres fruitiers. La viande sera achetée dans la ferme près de chez moi et je vais essayer de privilégier l’agriculture locale.
Je trouve que tu as beaucoup de courage et je vais suivre avec intérêt tes autres chroniques !

le 28/09/2018 à 08h49 | Répondre

Madame Ophrys

Merci de ton intérêt ! C’est déjà super ce que tu fais, si tout le monde pouvait avoir son petit potager et acheter des produits locaux, le monde irait déjà nettement mieux !

le 29/09/2018 à 12h46 | Répondre

Colombine

Je vais suivre avec attention tes prochains articles car je trouve ce projet très intéressant ! Je me pose plein de questions (avez-vous gardé un emploi à côté par exemple, comment l’adaptation en France s’est faite…) mais je me doute que tu y répondras de toi-même !

Par contre j’ai une autre interrogation d’ores et déjà : avais-tu déjà travaillé la terre avant ? As-tu ce qu’on appelle « la main verte » ?

Pour ma part je fais déjà beaucoup avec les produits du jardin de ma maman et ceux du maraîcher local. Pour la viande, mes parents élèvent canards et poulets pour la consommation personnelle et nous en font profiter, et nous achetons au boucher du marché. Mais pour beaucoup de produits, j’ai du mal à imaginer me passer des grandes surfaces je l’avoue…

le 28/09/2018 à 09h12 | Répondre

Madame Ophrys

Bonjour Colombine !
Alors oui, je vais répondre à plusieurs de tes questions plus tard (pas de spoiler ici donc ^^), mais concernant notre expérience dans le « travail de la terre », nous n’en avons pas de façon professionnelle.
Mon grand-père avait quelques ares sur lesquels il avait un potager et une basse-cour, et je l’aidais du mieux que je pouvais (de même que le fermier d’à côté).
Chéri, lui a conçu le design de nos divers potagers (chez nous et chez nos parents respectifs), sous serre ou en terre pleine, dans des conditions variées, histoire de s’entraîner.
Et en dehors de ça, nous sommes bénévoles dans une ferme associative, mais ça j’en reparlerai plus tard.
Donc en conclusion, nous avons un peu de pratique, mais rien d’extraordinaire, par contre nous avons mal de connaissances théoriques, que ce soit via nos études ou via les différents cours spécifiques que nous avons suivi (et suivons encore) en permaculture et élevage.

le 29/09/2018 à 22h17 | Répondre

jeanne

Coucou! C’est un très beau projet que vous avez là. Nous avons un peu le même que le tiens au départ : une maison avec terrain (et source)pour être autonomes.Et pour avoir commencé le potager il y a 5 ans on voit bien la différence entre perma et classique. Sur notre minuscule terrain actuel, la butte a des légumes plus beau, avec besoin de moins d’eau et est beaucoup plus vivante (vers, insectes) (dans la terre pas dans les légumes 🙂 ) je donnerai à mon mari les infos sur la ferme canadienne, il connaît déjà le bec hellouin. En lecture tu as aussi masanobu fukuoka la révolution d’un brin de paille, cest le livre qui a lancé mon mari dans ce type de potager. Je suis pressée de connaître la suite de votre projet.

le 28/09/2018 à 09h36 | Répondre

Madame Ophrys

Ah super, vous avez donc vous aussi votre propre terrain ? Il est situé dans quel coin et fait quelle surface ? Vous y cultivez quoi ? Je suis curieuse, dis m’en plus ^^

le 29/09/2018 à 12h47 | Répondre

jeanne

Nous sommes en Auvergne! A 1000m d’altitude. Nous cultivons sur 100m2 de potager + 50m2 de poulailler (2 poulettes) + 100m2 avec espace détente, cabane enfant et abris à bois. Nous avons beaucoup de courges diverses, des courgettes, du maïs qui sert aussi de tuteur pour les haricots, du choux,des cardes, des salades, un peu de pommes de terre pour rigoler, radis et carottes au printemps…. En automne c’est épinard, navet, choux, roquette, mache… en hivers c’est fumier/paille… On récupère nos graines d’une année sur l’autre et on troc avec les voisins. Des légumes contre des confitures( 80pots de mures cette années à troquer( contre des tomates avec ceux qui ont des serres, des concombres etc) j’ai aussi fait des pâtes de coing avec ceux du jardin et nous glanons beaucoup en balade(noisettes, noix, châtaignes…) j’espère réussir ma reconversion afin d’avoir un travail stable et mon mari arrêterai de travailler pour s’occuper de la maison, des enfants et du terrain. Que sera, sera 🙂

le 01/10/2018 à 13h18 | Répondre

Madame Ophrys

Ah, j’ai de la famille en Auvergne !
C’est déjà pas mal du tout ce que vous faites ! 100m², bien cultivés, ça peut nourrir une famille de 4 personnes (en plus du poulailler, histoire que ce soit complet).
Super votre troc avec les voisins, c’est une super idée pour diversifier votre alimentation sans débourser un euro !
Vous avez aussi pour projet d’être en auto-suffisance alimentaire d’après ce que tu me dis ?
Bon courage à vous en tout cas, je vous soutiens de tout cœur !

le 02/10/2018 à 10h41 | Répondre

Marie Obrigada

Voilà une série d’articles qui va me passionner ! Nous avons (eu) un projet assez similaire, pour l’instant il n’est plus d’actualité mais dans quelques années ça reviendra peut-être. Bref, je vais avoir beaucoup de curiosité à te lire ^^

le 28/09/2018 à 09h47 | Répondre

Madame Ophrys

Ah oui, quel projet aviez-vous ? Pourquoi n’avez-vous pas pu le concrétiser ? Je suis curieuse de te lire, tout conseil ou mise en garde est bonne à prendre !

le 29/09/2018 à 12h49 | Répondre

Liloupiote

« trop-cool-je-voudrais-faire-pareil » !
Super projet ! J’ai hâte de lire la suite de tes chroniques.

le 28/09/2018 à 11h02 | Répondre

Madame Ophrys

Haha, merci beaucoup !
J’avoue que je préfère les gens qui ont cette réaction plus que « voué-à-l-échec » 😉

le 29/09/2018 à 22h18 | Répondre

Pippa (voir son site)

Ton projet est magnifique et je trouve que vous avez beaucoup de courage de vous lancer là-dedans. Déjà avec un petit jardin, je ne m’en sors pas trop trop (bon, cette année était en test et la canicule n’a pas aidé, niveau récolte). Au-delà de tout ça, j’admire ton optimiste, car pour moi, il est déjà trop tard pour sauver l’espèce humaine…

Je vais lire tes articles avec grand plaisir. j’ai visité les Fraternités Ouvrières à Mouscron et trouvait le travail effectué là très impressionnant !

Et vive la team Mons 😉

le 28/09/2018 à 14h11 | Répondre

Madame Ophrys

Ah, une compatriote belge (ou du Nord peut-être) ?
Merci pour le compliment, en effet ça peut sembler fou de se lancer là-dedans, mais bon on n’a pas tout quitté du jour au lendemain non plus, on fignole ça étape par étape histoire de ne pas se ramasser lamentablement…
Et concernant l’espèce humaine, nous ne pouvons rien faire à la place des gens. Nous, nous avons décidé de prendre les devants et de se préparer à « l’après », et nous encourageons chacun à le faire, à sa petite échelle.

le 29/09/2018 à 12h53 | Répondre

Pippa (voir son site)

Je vis à Jurbise, donc on va dire que c’est Mons 😉

Comme tout le monde l’a déjà répété en commentaire, je suis impatiente de découvrir tes articles. Allez, cette année, je vais aussi essayé de faire un potager à mon petit niveau #onycroit.

le 01/10/2018 à 09h21 | Répondre

Madame Ophrys

Bien une compatriote donc, on habite pas loin du tout l’une de l’autre en plus ^^
On se tiendra au courant pour s’échanger nos astuces pour le potager.
Bon courage à toi dans ton projet !

le 02/10/2018 à 10h44 | Répondre

MlleMora

C’est un beau projet, bravo de vous y lancer ! Ce n’est définitivement pas pour nous, trop feignasses, mais je vais suivre avec intérêt tes articles !!

le 28/09/2018 à 15h20 | Répondre

Madame Ophrys

Merci bien ! Mais tu sais, chacun peut faire quelque chose à son échelle, ne serait-ce qu’un petit potager (si tu as un jardin), ou simplement choisir de consommer local, via des réseaux existants (et il y en a beaucoup !)

le 29/09/2018 à 12h54 | Répondre

Mme Grognote

Très intéressant ! Je vais suivre de près toute l’histoire ^^. Je suis sensible aux questions que tu abordes (jour du dépassement, exploitation des ressources, etc). Merci pour les humains, pour la planète et bravo de te lancer, avec ton mari, dans cette (sacrée !) aventure.
Ps: j’ai de la famille du côté de Mons ^^ (et Frameries).

le 28/09/2018 à 18h23 | Répondre

Madame Ophrys

Et bien merci de ton intérêt, je suis contente de voir que notre histoire intéresse quand même pas mal de gens, à voir les gentils commentaires que vous laissez ^^
Si tu connais Mons et Frameries (ma ville de naissance ^^), peut-être iras-tu faire un tour du côté de Mouscron, pour aller visiter les fraternités ouvrières, et faire le plein de graines à bas prix ?
A bientôt pour une prochaine chronique !

le 29/09/2018 à 12h59 | Répondre

Muscadine

Quel beau projet, je vous souhaite plein de réussite! Et hâte de lire la suite! Mon mari m’a dit qu’il risque de faire une crise de la quarantaine corsée -du style quitter son boulot -dans le packaging – on verra bien si on plaque tout pour élever des moutons ;-D. De mon côté, j’ai commencé depuis quelques semaines l’objectif zéro déchet. Ça rejoint ce que tu dis sur la surexploitation de la planète: on peut changer les choses chacun en faisant sa part, à son échelle. La prise de conscience a été pour moi le visionnage de Cash Investigations sur le plastique. Je n’ai pas envie de laisser une poubelle exsangue en guise de planète aux générations futures. J’avoue que avant d’entendre parler du zéro déchet, j’étais fataliste et pessimiste, mais ce mouvement de retour à une vie plus simple, plus saine, qui fait fonctionner les circuits courts et locaux, tout en économisant me redonne espoir!

le 04/10/2018 à 06h10 | Répondre

Madame Ophrys

Merci pour tes encouragements !
La crise de rejet de « consommation classique » est très fréquente en réalité. Beaucoup de gens ont un ras-le-bol généralisé au bout d’un moment, et cherchent à revenir aux fondamentaux, chacun à leur manière.
Je trouve ta démarche « Zéro déchet » super !
Je suppose que cela t’a également permis de découvrir des agriculteurs et artisans locaux ? Tu en es heureuse ?
Moi personnellement, je préfère savoir d’où vient la nourriture qui est dans mon assiette (végétale ou animale d’ailleurs), et encourager les agris locaux plutôt que des gens sous-payés et travaillant dans des conditions parfois horribles à l’autre bout du globe.

le 04/10/2018 à 11h53 | Répondre

Muscadine

J’habite en Angleterre, donc on peut assez facilement trouver le traditionnel livreur de lait bio en bouteille en verre (au pas de ta porte au petit matin, en véhicule électrique car les distances sont normalement courtes pour les livraisons!). Les bouteilles sont récupérées, lavées puis réutilisées. Pour les fruits et légumes, bio aussi, ils sont livrés par une coopérative de fermiers locaux – donc de saison obligatoirement! Je n’ai pas eu la chance de les rencontrer par contre. Pareil que pour le lait, les caisses de livraison sont récupérées et réutilisées d’une semaine sur l’autre. Il n’y a pas de véritable marché là où j’habite, c’est bien dommage… La viande et le poisson sont mon prochain challenge : il faut que je réussisse à trouver des petits commerçants qui acceptent mes contenants (tupperware et bocaux en verre). Les régulations sur l’hygiène sont poussées à l’extrême donc c’est pas évident ni pour les commerces qui ont peur des poursuites judiciaires, ni pour les acheteurs écolos. Côté hygiène, j’ai essayé la lessive au lierre et le rince-bouche aux clous de girofle. Les 2 ont plutôt bien marché! J’ai aussi cousu des mouchoirs en tissu, que je lave régulièrement, pour remplacer les mouchoirs jetables. J’ai acheté des brosses à dents en bambou, et fait des tawashi avec mes chaussettes propres trouées – ça n’a pas convaincu mon mari… Je n’en suis qu’aux balbutiements de la démarche mais pour répondre à ta question oui, je trouve que tout ça me donne la pêche et l’envie d’aller plus loin. Le bio coûte plus cher que le supermarché mais le goût et les variétés de légumes plus rares sont au rendez-vous. Je pense que le budget s’équilibre avec d’autres produits pas chers.

le 04/10/2018 à 23h56 | Répondre

Madame Ophrys

Super ça de privilégier les acteurs locaux pour l’alimentaire, eux-mêmes engagés dans une démarche de recyclage assez poussée d’après ce que j’en lis !
Et toi-même tu es bien avancée dans ta démarche, c’est quelque chose de global et pas uniquement alimentaire, félicitations !

le 07/10/2018 à 19h59 | Répondre

Marine

Bonjour ! Super projet, qui fait rêver c’est clair. Par contre, je vois immédiatement une limite à cette manière de vivre : comment fait-on quand on vit en appart ? Si tous les citadins réclament leur hectare, ça va poser problème non ? Après du coup, j’imagine qu’avec un ha on peut nourrir plus qu’une famille … bref, il ne faudrait pas que ça devienne une conquête des sols … éclairez-moi ?

le 04/10/2018 à 07h43 | Répondre

Madame Ophrys

Ta question est très pertinente, et je te rassure tout de suite : tout le monde n’a pas besoin d’un hectare de terrain pour nourrir sa famille !
Dans notre cas, nous visons dans un 1er temps l’autonomie alimentaire, mais dans un 2ème temps nous voulons pouvoir vendre notre production et en faire notre gagne-pain exclusif.
Et nous nous sommes basés sur l’étude de rentabilité économique de l’INRA (le lien est dans ma chronique ci-dessus), qui indiquait qu’une production en permaculture sur un terrain de 1 ha dégageait assez de revenus financiers pour les besoins d’une famille.

Pour un particulier qui souhaite juste cultiver quelques légumes, il suffit de peu de surface. En gros, tout va dépendre de ce que tu veux comme résultat (uniquement des légumes, ou alors aussi des fruits), pour combien de personnes et combien de temps tu souhaites y consacrer.
La référence de base, c’est un potager de 300m² pour l’auto-suffisance de 4 personnes, qui nécessite 300h/an de travail, soit environ 1h/2j.

Si tu es en appartement, tu peux cependant déjà faire pousser quelques légumes et aromatiques sur ton balcon : ce mini-potager s’appelle « un potager en carré », si tu veux te renseigner plus en détails sur ce procédé.

le 04/10/2018 à 11h43 | Répondre

Caroline

C’est un super projet !! Je ne pense pas que je serais capable d’en faire autant (et puis bon en Irlande, il faut le dire, à part les patates qui poussent bien, une grande partie des légumes et fruits est importé, donc ca doit être pour une raison !), par contre, dès qu’on aura une maison, il est certain que nous aurons un potager : mes parents en ont toujours eu un, et ca me manque terriblement maintenant que je vis en appartement ! Hate de lire la suite en tout cas !

le 04/10/2018 à 12h16 | Répondre

Madame Ophrys

Ah je ne suis pas totalement d’accord avec toi ^_^.
Selon les principes de la permaculture, il y a toujours moyen de faire pousser quelque chose sur n’importe quel sol (même en plein désert !), mais effectivement il faut bien adapter ses cultures et parfois utiliser des techniques bien précises.
Mais bon, en tant que Belge, je ne peux qu’adhérer à la culture de la patate (limite le reste c’est secondaire ^_^), donc tant que ça ça pousse, tout va bien !
Et en effet, si chacun avait un petit potager (pas forcément de quoi être 100% autonome, mais au moins faire pousser quelques petites choses), ce serait déjà tellement mieux !

le 07/10/2018 à 20h05 | Répondre

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