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Je ne sais pas cuisiner


Publié le 22 avril 2019 par Urbanie

Je vais te faire un aveu un peu honteux: je ne sais pas cuisiner.

Non, pardon: je suis NULLE en cuisine.

Je suis la nana qui met trop d’eau dans sa semoule et pas assez d’eau dans sa casserole de riz. Qui sert sa viande à moitié crue et son poisson trop cuit. Qui carbonise ses fondants et qui rend ses « Cookies moelleux à l’américaine » (« recette inratable! ») (tu parles, Charles) aussi durs que de la kryptonite.

Je suis celle dont la gamine de 3 ans préfère manger à la cantine de l’école, que de se coltiner les pâtes-qui-collent-de-maman (les « pasta à la mama » ) (ça fait rêver dit comme ça, mais en vrai, c’est dégueu).

Les spaghettis, parlons-en: la dernière fois que j’ai essayer de les faire revenir dans une sauce, le machin m’a recraché tellement de flotte que j’ai du pousser la plaque à induction à fond les ballons, histoire de faire s’évaporer le trop-plein d’eau. A la fin, mes pâtes étaient mille fois trop cuites, mais au moins, elles ne nageaient plus dans une espèce de soupe cheloue.

Cette recette foirée, c’est l’histoire de ma vie en cuisine.

Crédit photo (creative commons): PDPics

Pourtant, mes débuts avaient été plutôt encourageant. Entendons-nous bien: je ne serai jamais candidate à Top Chef. Mais mes recettes, dans le temps, étaient parfaitement mangeables.  C’est quand je suis devenue maman que les choses se sont gâtées.

Depuis, je cumule tout à la fois un manque d’entrainement, et un manque de temps. Parce que c’est forcément au moment précis où je lance la cuisson d’un steak haché que ma Kate adorée va décider de choper la première paire de ciseaux venue pour refaire la déco du salon (comprendre: essayer de découper les rideaux.). Ou que le chat va vomir dans le couloir. Ou que le livreur de Fauchan va sonner à la porte. Et moi, fidèle à moi-même, en train de signer le bon de commande sous l’air dégoûté du livreur qui contemple le vomi du chat: je vais oublier que mon putain de steak est en train de brûler (et que Kate vient de défigurer les voilages du salon, mais ceci sera une toute autre histoire).

Note que je le vis (relativement) bien. Cela fait belle lurette que je ne me compare plus aux influenceuses aux doigts d’or (celles qui te font le dernier gâteau – pardon: le dernier « cake »- à la mode pour l’anniversaire du petit dernier – number cake, drip cake, sponge cake. Sertis de fleurs fraîches et de couleurs chatoyantes assorties à la déco du salon) (mais où sont passés les gâteaux au yaourt -les « yogourt cake? »- de mon enfance?). J’ai résolu le problème depuis longtemps: je commande le mien chez le pâtissier du coin. Il me coûte une blinde, mais il rend tout aussi bien sur Instagram.  Et puis, surtout: il est comestible. Rien de pire que de terminer un anniversaire de tout-petits avec une gastro collective (surtout quand c’est toi qui nettoie).

(Je suis incapable de faire ça). Crédit photo (creative commons): GLady 

Kate est plutôt ravie: le repas du soir, avec moi, c’est Picard et coquillettes. Je crame parfois son cordon bleu, et Jean-Mi ne s’étonne plus de sentir le brûlé depuis la cage d’escaliers (« Tiens, ma femme est rentrée »). Je n’ai encore jamais réussi à activer le détecteur de fumée, ceci dit, mais mon dernier gant de cuisine a pris feu, alors je ne perds pas complètement espoir. C’est mon petit objectif personnel.

Mais ne va pas croire que nous ne mangeons que des conserves ou du surgelé: j’adore bien manger, c’est peut-être ça le pire.

Le dimanche, je fais le marché: je rentre les bras chargés de victuailles fraîches et appétissantes, qui m’auront coûté l’équivalent du PIB d’un petit pays africain. Je suis, à ce moment précis, emplie d’un espoir vain, mais absolument attendrissant: je pense encore que nous passerons un bon repas. Mon mari fait semblant de s’extasier devant le panier, Kate me demande où sont les patates rôties (« pas ce midi, ma chérie« ) (on y vient, on y vient…).

Je me mets aux fourneaux: je coupe, j’épluche, j’enfourne. Biiiip! Ca sonne! Je sors le plat du four, le poisson est encore à moitié cru, alors je relance la cuisson. Je jette le riz dans l’eau, je découpe un concombre. Il faudrait que je rince les framboises, mais c’est quoi cette odeur déjà? Oh putain, le poisson a pris un coup de chaud! Je saisis dans un même mouvement ma moufle et le plat (dans l’ordre), que je jette dans l’évier (le plat, pas la moufle). L’eau de la casserole déborde, je veux sortir une passoire mais la place est déjà prise par mon poisson cramé. Le temps de dégager l’espace, mon riz s’est aggloméré en une masse relativement informe.

Le repas est fichu, qu’importe: nous irons acheter un poulet- patates rôtis en urgence, avant que le volailler ne ferme son stand. Kate est ravie (« mes patates!!!« ), Jean-Mi soulagé et moi, je repense à mon petit PIB qui vient -littéralement – de partir en fumée. On mangera les framboises en dessert, natures. S’agirait de ne pas gaspiller le seul produit encore frais qui nous reste sous la main dans une recette foireuse (mais surtout foirée) de dessert improvisé.

Quelque part, mon absence totale de compétences en cuisine fait partie de moi: ça fait marrer Jean-Mi, et c’est en train de devenir une source de blague inépuisable à la maison. Et puis, un dimanche midi ne serait pas tout à fait réussi sans le fameux « poulet rôti ».

Parfois, j’achète un nouveau livre de cuisine, ou je cherche une nouvelle recette sur Internet – celle avec 5 étoiles, et dont tout le monde vante la simplicité dans les commentaires. J’achète les bons ingrédients, je pèse, lave et je prépare. Ce ne sera jamais tout à fait réussi. Souvent, ça passe. Mais c’est aussi parfois totalement immangeable (je me souviens encore de mes endives au jambon cuites au four: la recette précisait bien de napper le fond du plat de fine semoule, pour absorber l’excédent d’eau des légumes. Mes endives n’ont jamais rendu d’eau. La semoule est restée crue. Dans un élan de ratage de très haut niveau, j’ai également réussi à faire brûler le haut du plat. Bilan: un côté des endives était carbonisé, l’autre couvert de semoule crue. Ce soir-là, on a appelé Deliveroo à la rescousse).

Dans une société où tout doit toujours être insagrammable et doityourselfable, moi et mes capacités culinaires lamentables faisons figure d’ovnis. Mais qu’importe: j’ai choisi mon combat, et ce ne sera certainement pas celui des fourneaux. Nous nous nourrissons malgré tout sainement, et simplement. Et en attendant de prendre des cours de cuisine (qui sait?), je prends des photos de mes chats. C’est tout aussi efficace sur les réseaux sociaux.

Commentaires

20   Commentaires Laisser un commentaire ?

Colombine

Un conseil pour le riz : investis dans un cuiseur à riz. Il n’y a plus besoin de surveiller quoi que ce soit et ça le garde au chaud une fois prêt ! Et en prime ça permet également de faire certaines recettes faciles (tu y mets les ingrédients découpés et ça cuit tout seul).

le 22/04/2019 à 08h17 | Répondre

Urbanie

Merci pour le conseil! 🙂

On en avait un il fut un temps (il y’a très très longtemps), mais je t’avoue que notre cuisine parisienne est déjà bien fournie. Je contourne le problème: j’achète mon riz nature chez Picard! Ca coute 3 fois le prix d’un paquet de riz normal, mais ça fait bien le job! Les jours où je sais que vraiment, surveiller la casserole ne sera pas possible, ça m’aide pas mal!

le 22/04/2019 à 13h50 | Répondre

Colombine

Je me doutais bien qu’à Paris c’était compliqué d’avoir trop d’appareils électroménager 😉

le 23/04/2019 à 08h56 | Répondre

Lauriane

Je cuisine sans trop de problèmes (mais je n’ai pas encore d’enfant, ceci explique cela 😉 ), mais j’ai déjà réussi à déclencher le détecteur de fumée en essayant de faire une recette pinterest… (Pomme de terre fendue en fines lamelles au micro-ondes… Ca carbonise très vite et ça donne une fumée bien épaisse…)

Je me demandais si tu avais envisagé un robot culinaire type Thermomix et concurrents ? Parce que pour le coup tu peux partir gérer une urgence sereinement, et avoir d’un seul coup la cuisson du riz, des légumes et du poisson.

le 22/04/2019 à 08h42 | Répondre

Urbanie

Hahaha, je vois bien la scène (et je note pour la pomme de terre au mice-ondes 😉 ).

On y a pensé, oui, mais on bloque sur deux aspects: le manque de place dans notre cuisine (nous vivons à Paris, donc la place est comptée); et surtout, le prix. J’ai un peu peur d’acheter un appareil une fortune, pour ne pas m’en servir.
Tu aurais des marques à me conseiller?

le 22/04/2019 à 13h51 | Répondre

Elisabeth

Mon gentil mari m’a offert un Cookeo, moins cher qu’un super robot, qui cuit, maintient au chaud sans brûler ni sûr-cuire, c’est super !!!

le 22/04/2019 à 14h42 | Répondre

Lauriane

Alors j’ai entendu de bons échos du Monsieur Cuisine de Lidl, qui vaut dans les 250 euros de mémoire.

Ensuite, je comprends tout à fait que ça reste un investissement et que c’est difficile de savoir si on aimera cette façon de cuisiner. (On nous a offert notre thermomix pour notre mariage, et il m’a fallu plusieurs années pour qu’il devienne incontournable dans ma façon de cuisiner). L’idéal c’est quand on a dans son entourage d’autres personnes qui en ont et qui partagent leurs recettes favorites, ça stimule ! Ou s’abonner à un blog de recettes avec ce type de robot, pour voir si les recettes nous donnent envie de nous y mettre 🙂

le 22/04/2019 à 21h08 | Répondre

Madame Colombe

A mon sens, cuisiner tout en ayant un enfant en bas âge est un challenge. Vous pourriez investir dans un cuit vapeur. Pas besoin de surveiller, ça s’éteint tout seul quand c’est cuit et ça garde au chaud les aliments. Vous pourriez y cuire vos endives et vous n’auriez plus qu’à les napper de béchamel et à ajouter jambon et gruyère. Et je vous rassure, je cuisine, mais très simplement et mes plats ne sont absolument pas instagrammables!! Et on s’en moque! Vous avez le mérite d’aller au marché et de cuisiner des produits frais.

le 22/04/2019 à 09h36 | Répondre

Urbanie

Oui, c’est ce que je me dis les jours « sans »: au moins, on évite au maximum les produits ultra transformés.

Je vais regarder pour un cuit-vapeur, merci du conseil!

le 22/04/2019 à 13h52 | Répondre

Lila

Bonjour,
Pour moi, le talent culinaire est souvent boosté grâce à du bon matériel 😉. En ce qui me concerne j’ai l’impression d’avoir gagné plusieurs niveaux depuis que nous avons investi dans un bon four ! Plus de déconvenue avec des plats à moitié crus/carbonisé 😋 !

le 22/04/2019 à 10h32 | Répondre

Margot

Si tu ne sais pas cuisiner, en revanche tu sais faire rire!
Et du coup pour les crudités c’est pareil? Sinon tu pourrais ne cuisiner que les entrées (salade de tomates). Et si ça reste trop compliqué (trop dur de verser correctement l’huile dans la vinaigrette avec Kate qui découpe la queue du chat) tu peux te reconvertir dans le crudivorisme (tomate à la croque au sel), ça fait hyper healthy!

le 22/04/2019 à 10h36 | Répondre

Urbanie

Hahahahaha, oui je pense que je vais rejoindre ce courant alimentaire, ça règlera bien des tracas! 🙂
Merci pour ton commentaire, il m’a bien fait rire!

le 22/04/2019 à 13h53 | Répondre

Joy

Pardon mais j’ai ri ! Je me suis bien reconnue dans le marché du dimanche matin, entre le PIB et le poulet rôti 😊

le 22/04/2019 à 14h05 | Répondre

Urbanie

Merci Melinda, je me sens moins seule!

le 22/04/2019 à 16h23 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

J’ai adoré cet article, alors juste merci 🙂

le 22/04/2019 à 14h21 | Répondre

Urbanie

Merci beaucoup, je suis flattée! <3

le 22/04/2019 à 16h24 | Répondre

danièle

😍😍😍 ça me rappelle mes débuts de jeune-mariée !!! depuis c’est beaucoup avec les ustensiles ultra performants. c’est un investissement certes mais ça en vaut vraiment la peine. des économies en perspective assurément.

le 22/04/2019 à 17h59 | Répondre

Virg

Team marché au rapport ! Bon j’ai contourné ton problème en refilant la gosse à son père le weekend, en cuisinant une fois pour la semaine et congélo mon ami !
Sinon, je plussoie le cuit vapeur, le truc pas trop cher qui te gère légumes, riz et poissons tout seul 😉
Pour les pates… j’avoue, pas de solution excepté la mienne, dès qu’on se prépare un truc, je fais plus de pates, riz, semoule et je congèle en portion dans des bocaux à confiture : enfant ou adulte.
Mais je me demande si à Paris tu as la place d’un grand congélo.

le 23/04/2019 à 19h57 | Répondre

Madame Zou (voir son site)

J’ai bien ri ! Merci pour cette article très drôle 🙂 Ici, j’adore cuisiné. A priori, je m’en sors assez bien même si ça m’arrive de me planter… Bizarrement, ça me détend. Après, j’ai quelques ingrédients fétiches qui permettent de rendre les plats plus « goûtus » et j’ai investi dans le robot multi-fonction, histoire de gagner du temps pour les soupes en hiver et surtout qui me permet d’avoir « un tout en un » dans ma cuisine. Et je suis d’accord : avoir un enfant à proximité quand tu cuisines, peut te faire louper un plat. C’est clair que si Petit Prince se ramène quand je fais une béchamel ou monte mes oeufs en neige pour un cadeau, je suis mal barrée. Après ça devient un « soucis » quand tu commences à gérer en cuisine des plats « un peu complexes » : il y a certains plats que je ne prendrai jamais à l’extérieur car je vais comparer avec ma manière de faire !

le 23/04/2019 à 20h37 | Répondre

Elodie

J’ai bien ri! Merci! !
J’ai la chance d’être bonne cuisinière et d’adorer ça.
J’ai le super robot thermomix acheté d’occasion et il me sert tous les jours je le lance avant de donner le bain sinon une bonne cocotte minute c’est bien aussi. Tu mets tout dedans un peu d’eau au fond et roule ma poule 😀

le 30/04/2019 à 12h53 | Répondre

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