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Ma relation toxique : ce qu’il m’a fallu apprendre


Publié le 11 juin 2018 par Fika

Cela fait maintenant 8 ans que j’ai quitté S. et seulement 5 ans depuis que je n’ai plus eu de ses nouvelles. Ce qui fait 4 ans d’infidélités et 3 ans de harcèlement.

Apprendre à faire confiance

Je lui ai fait vivre l’enfer dès le début de notre relation : j’avais besoin de connaitre ses mots de passe pour consulter ses mails, son facebook, son téléphone. Je pouvais passer des soirées entières à décortiquer sa vie entière. J’étais persuadé que je trouverais quelque chose : il ne pouvait pas être « clean ». C’était impossible.

Chéri a été patient. Très patient même. Malgré ce que je lui faisais subir, il est resté et il a continué à me soutenir. Il savait qu’avec le temps, ça irait mieux. Que j’étais brisée et que c’était ma manière de me reconstruire petit à petit. Cheri a également encaissé – sans jamais rien dire malgré la peine que je lui faisait – quand je lui disais qu’il était comme les autres, un c*nnard qui va me tromper comme l’autre, qui va me faire souffrir exprès.

Crédits photo (creative commons) : Pixaby - StockSnap

Il a encaissé jusqu’au jour ou il a explosé. Il a donné un coup de poing dans le mur, s’est cassé la main au passage et m’a dit qu’après 2 ans et demi de relation, il serait temps que je lui fasse confiance. Il m’a demandé si je voyais tous les efforts qu’il faisait. J’étais tellement aveuglée par ma peine que je n’ai jamais vu qu’il en avait autant souffert.

Après cette dispute, la plus grosse de toute notre relation, je n’ai plus jamais douté. Il me prouve chaque jour depuis maintenant 8 ans que j’ai toutes les raisons du monde de lui faire confiance et qu’il ne me trahira jamais.

Bonne, ça ne s’écrit pas avec un « C »

En tant que lectrice, en tant que œil extérieur, tu as du te dire : mais moi, à sa place, je serais partie déjà 100 fois !

Tu as complétement raison. Même moi en l’écrivant, je ne comprends pas pourquoi je suis revenue avec lui par 3 fois. J’étais amoureuse, stupide et j’avais le tort de croire que les gens pouvaient changer. Je me suis accrochée désespérément à cette relation qui n’avait aucun avenir parce que j’avais peur de faire de la peine à ma famille qui l’aimait énormément. J’avais peur qu’on me pense « trop dure ». Personne ne m’a dit à l’époque que ce n’était pas normal qu’il me trompe. Personne n’a pris ma défense.

Aujourd’hui, si l’histoire devait se reproduire avec Chéri, je partirais sans me retourner. Je ne laisserais même pas une petite chance à notre alors que l’autre en a eu 3. Je ne suis pas prête à pardonner ce qui est pour moi, la pire des trahisons.

Je l’ai vécu une fois, je ne le revivrais pas une seconde fois. Chéri est « prévenu » mais pas inquiet : ça n’arrivera pas.

Apprendre à m’aimer

Quand tu te fais tromper une fois (ou 3 fois !), la première chose qui traversera ton esprit c’est « Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? ».

Plutôt que de lui faire porter la faute, c’est toi qui culpabiliseras. C’est parce que tu n’étais pas assez jolie, pas assez féminine, pas assez fine, pas assez de formes, jamais bien en d’autres termes. C’est forcément de ta faute s’il est parti voir ailleurs. C’est forcément à cause de toi qu’il a été infidèle parce que tu n’as pas su le combler.

C’est complétement aberrant pour toi ? Et pourtant, je suis sure que tu l’as pensé à un moment ou à un autre après infidélités.

Crédits photo (creative commons) : Pixabay - IvanovGood

Ça a été le plus long des travails : me faire comprendre que ça n’était en rien ma faute et me trouvait à nouveau jolie. Cette histoire a complétement ébranlé la vision que j’avais de moi alors là encore, Chéri s’est montré patient. Il me complimentait sans arrêt et surtout, il m’a aidé à accomplir pleins de choses pour me montrer que j’en étais capable. Que ce soit sur le plan scolaire (être majeure de ma promo sur des sujets très techniques) ou le plan sportif (faire 10 km sans m’arrêter après quelques entrainements à peine) par exemple.

Aujourd’hui, je suis réconciliée avec mon image. Chéri me regarde encore comme au premier jour et c’est un vrai bonheur de l’avoir auprès de moi, à me répéter que je suis la meilleure.

Apprendre à pardonner, vraiment ?

Pour que la boucle soit bouclée, il faudrait que je sois en paix avec cette histoire. Que je pardonne plutôt que de transporter mes valises de haine à son encontre.

Sauf que j’en suis incapable.

Parfois, je l’espionne sur les réseaux sociaux : je sais qu’il a fini brillamment ses études, qu’il a un super job bien payé et une copine depuis 2 ans. Je suis pourtant toujours en colère contre lui et contre la vie : comment la vie peut être si douce envers lui après ce qu’il m’a fait subir ?

Si je devais le revoir, je ne suis pas certaine d’être tendre à son égard ni d’être civilisée et courtoise. Je ne peux pas faire comme s’il ne s’était rien passé alors qu’il a purement et simplement gâché près de 7 ans de ma vie. Chéri a toujours du mal à comprendre que ma haine envers S. soit toujours aussi vive plusieurs années après, mais je n’y peux rien. J’ai un sentiment qui ne me quitte pas : est-ce qu’il mérite d’être heureux ?

Commentaires

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Nathalie

J’ai un certain nombre de similitudes dans mon histoire (dont j’ai hâte d’arriver à la conclusion pour passer à autre chose !).

Concernant le fait que ton ex soit heureux, j’ai le sentiment qu’il ne l’est pas. D’après tes articles précédents, je suis à peu près convaincue qu’il s’agit d’un manipulateur. Les manipulateurs ne sont pas heureux. Le plus proche qu’ils ont c’est une espèce de joie mauvaise quand ils ont réussi leur manipulation (d’après Christel Petitcollin, mais j’ai pu le constater également).

En fait, c’est un peu comme si leurs belles émotions s’étaient figées (probablement pour se protéger quand ils étaient enfants…).

Par contre, on peut être triste pour l’enfant qu’ils ont été mais il faut accepter qu’à présent ce sont des adultes (donc en théorie responsables !) et ne surtout pas rentrer dans leur jeu ou chercher à les « sauver ».

le 11/06/2018 à 08h43 | Répondre

merle

Je n’ai heureusement jamais vécu une histoire pareille, mais je peux comprendre qu’il y a un tas de raisons qui ont menés à ce que tu lui pardonne 3 fois. Des tas de personnes sont enfermées dans des relations toxiques, et c’est justement ça un enfermement ! Qui est loin d’être uniquement du fait de la victime, comme le dit Nathalie ces manipulateurs sont maîtres dans l’art de piéger leurs victimes.
Je ne sais pas s’il mérite d’être heureux, mais par contre ce qu’il ne mérite pas c’est que tu lui prête la moindre attention 🙂 Et toi tu mérite d’être heureuse avec ton chéri !

le 11/06/2018 à 09h16 | Répondre

Stéphanie

Chaque coups dur m’a montré que ce qu’il y a derrière est plus beau que ce que j’ai laissé.
Plus le bas est bas, plus le rebond est savoureux.
Même si parfois, la note semble lourde à payer.
A chaque tournant de ma vie, c’est ce que j’ai constaté.
7 ans de ta vie, tu as payé pour trouver et apprécier la personne qui te fait tant de bien, celle qu’il te faut au quotidien. Pour la vie entière. Savoure et apprécie votre Bonheur, c’est si bon!
Pardonner, je ne sais pas non plus. C’est dommage, parce que c’est à nous que nous faisons du mal. ça s’apprend peut-être, ça aussi?
Je ne suis pas certaine qu’il soit heureux. Il faut être immensément malheureux pour se comporter comme il l’a fait. Et son bonheur actuel ne se mesure pas à sa réussite professionnelle, ou le nombre d’années passées avec une femme – elle va morfler autant que toi et malheureusement tu ne peux rien faire pour l’en empêcher. C’est son chemin, à elle aussi. Ouarch!
Merci de nous avoir fait partager ton histoire.

le 11/06/2018 à 09h58 | Répondre

Bérénice

quelle patience a eu ton cheri au départ ! et bien lui en a pris d’exploser et de mettre fin également à ce petit manège…
cela a marqué la fin de cet état…et l’a définitivement placé derrière toi, il ne vous restait plus qu’à avancer.

j’ai vécu un peu le même cheminement que toi, avec mon premier amour (sans le côté harcèlement toutefois). j’en suis ressortie amoindrie tout comme toi dans un premier temps.
Sur le dernier thème du pardon que tu évoques dans ce billet, je ne vois pas la nécessité de le faire. C’est impardonnable. La partie harcèlement encore moins. Ne cherches pas plus loin.
Je crois que ta haine est donc un sentiment très naturel à son égard et personne ne te demande de la nier car !
Peut-être nourris-tu des envies de vengeance ou c’est ce que tu crains ?
Mais je pense plutôt que cela est digéré et derrière toi. Cela fait partie de ce qui t’a forgée… Si jamais tu le recroisais, ou s’il te recontactait par les réseaux sociaux (vive les mauvais côtés de ces réseaux!) la question se poserait à ce moment-là…
Mais quelle serait l’utilité d’une vengeance ? et quelle pourrait en être la nature ?
si tu as la réponse à cette question, tu es plus machiavélique que je ne le pensais ! LOL

Mais je crois aussi que depuis, la personne que tu es devenue n’a plus grand chose à voir et que tu sais au fond de toi que tu ne retomberais pas dans le panneau.

le 12/06/2018 à 15h21 | Répondre

Inno

Peut être qu’à defaut de pardonner, l’acceptation pleine de cette histoire serait une piste à explorer. Ça fait partie de ton histoire et tu ne pourras pas revenir en arrière. Ça a créé des fragilités qui, elles, peuvent être combattues. Accepter, vraiment, ça permet de laisser les choses à leur place, en l’occurrence dans le passé.

le 19/06/2018 à 21h22 | Répondre

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