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J’ai décidé d’aller voir un psychologue


Publié le 18 novembre 2014 par Madame Fleur

Depuis quelques mois, je consulte une psychologue. Ça n’a pas été facile de franchir le pas, mais avec le recul de ces quelques mois et le bénéfice que j’en éprouve au quotidien, je ne regrette absolument pas.

Tu dois te demander dans quel contexte j’ai eu besoin de consulter une psychologue ? Eh bien, il s’agit d’un moment de faiblesse et de souffrance psychologique. Je n’ai pas subi de graves traumatismes, mais ma souffrance était tout de même réelle et ingérable seule.

Je suis quelqu’un de très sensible, je l’ai toujours été. En temps normal, je vois plutôt ça comme une bonne chose, même si ce n’est pas toujours facile à vivre ! Suite à des problèmes au travail (absence de reconnaissance et sorte de harcèlement moral), j’ai commencé à éprouver un sentiment de malaise et de déprime. Je me disais que ça allait passer.

Mais ça n’a pas été le cas. Je me suis beaucoup investie dans mon rôle de témoin pour le mariage de ma meilleure amie, jusqu’à me mettre une pression d’enfer (totalement inutile, bien évidemment), afin d’échapper à mes problèmes de boulot… Et j’ai craqué. À l’issue du mariage, mes nerfs ont lâché, jusqu’à me rendre « malade ». J’ai éprouvé durant plusieurs jours des crampes intestinales que rien ne soulageaient.

femme dans la forêt écrivant une lettre

Crédits photo (creative commons) : Martina Photography

Qu’est-ce qui m’a fait comprendre qu’il y avait un problème ?

C’est mon entourage. Je suis très proche de mes parents, et là, ils ne m’ont pas reconnu. Mon conjoint non plus ne me reconnaissait plus. J’étais aigrie en permanence, agressive, et parfois je devenais totalement hystérique pour des choses totalement futiles. J’avais des crises de larmes et des crises d’angoisses. Je somatisais tous mes problèmes, jusqu’à penser que j’allais mourir, ou que j’étais atteinte d’une quelconque maladie grave !

Évidemment, je ne voulais déranger et embêter personne, donc je n’osais pas demander de l’aide. Et surtout, j’avais un peu honte de ma situation, parce qu’il faut bien l’avouer, il y a sans doute des personnes bien plus à plaindre que moi.

Suite à ça, je suis allée voir mon médecin traitant, qui m’a rassuré en me disant que je n’étais pas en dépression, seulement fatiguée émotionnellement. Elle m’a prescrit un anxiolytique à prendre en cas de besoin (je ne l’ai pris qu’une fois, lorsqu’il a fallu que je revienne de mon congé maladie), elle m’a arrêté une semaine afin que je me repose, et elle m’a conseillé deux psychologues qu’elle connaissait.

Durant ma semaine d’arrêt, j’ai pris du recul et j’ai pris rendez-vous. Depuis, j’y vais globalement une fois par semaine. La première séance m’a fait beaucoup de bien, même si j’ai passé la majeure partie de la demie-heure à pleurer.

Qu’est-ce que ça m’apporte de parler à un psychologue ?

Globalement, je lui parle de différentes choses au gré des séances. Ma vie professionnelle, mes relations amicales, familiales…

Si je prends l’exemple de ce qui se passe à mon travail, j’apprécie de pouvoir parler à quelqu’un d’extérieur, qui confirme ce que je ressens. Parce que quand c’est ma famille qui me dit : « tu as raison, ce n’est pas normal qu’on te traite comme ça ! », il y a toujours une part de moi qui pense qu’ils ne sont pas objectifs.

J’apprécie également de revenir sur des choses que je pensais lointaines, et qui me font comprendre pourquoi je suis comme je suis aujourd’hui.

Qu’est-ce que ça a changé pour moi ?

Quand je sors d’une séance, je me pose souvent plus de questions que j’en avais en arrivant. Mais en y réfléchissant un peu, je comprends mieux les choses. Et ça se sent au quotidien.

Je me suis reprise en main ! Je suis moins centrée sur mes problèmes. J’arrive à gérer mes problèmes de travail, je fais mieux la part des choses.J’ai retrouvé ma joie de vivre, je me sens mieux dans ma peau, et du coup, j’ai pu reprendre mon régime correctement, avec des réels effets, ce qui booste encore plus mon moral. Je suis un peu plus égoïste sur mes envies, et je fais les choses avec beaucoup plus de plaisir. J’ai moins peur du jugement des autres.

Je continue à aller chez la psychologue, parce que je ne pense pas avoir tout réglé, j’ai encore besoin de comprendre certaines choses sur moi. Je ne regrette absolument pas, seulement d’avoir laissé les choses aller aussi loin.

Voici quelques conseils avant de consulter :

  • Demande conseil à ton médecin. La mienne a très bien écouté ma souffrance et elle a trouvé les mots justes pour me rassurer. Et surtout, elle m’a conseillé des personnes de sa connaissance.
  • Il faut que la démarche vienne de toi, et c’est à mon sens le premier pas. Tu dois le faire, parce que tu en éprouves le besoin. Si tu n’es pas prête à cet investissement tant personnel que financier, ça ne te sera pas profitable.
  • La première séance est très importante, si tu ne te sens pas à l’aise ou en confiance, que tu as l’impression d’être jugé par le psychologue, c’est que celui-ci n’est pas fait pour toi. Ce n’est pas grave, il y a forcément quelqu’un d’autre qui t’écoutera de la bonne manière.
  • Enfin, n’aie pas peur de parler de ta démarche aux personnes qui te sont proches. En effet, je me suis rendue compte en parlant de ça à certains de mes amis qu’ils me soutenaient dans cette démarche, qu’ils m’encourageaient même, et que certains s’étaient retrouvés dans une situation similaire.

Et toi ? Tu vas voir un psy ? Qu’est-ce qui t’as motivée ? À quel moment as-tu pris cette décision ? Viens en parler !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Commentaires

17   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Violine

Je ne peux qu’être d’accord avec ton témoignage…
J’ai eu besoin de l’aide d’une thérapeute à un moment de ma vie (enfin, plusieurs…) et en effet, le fait de le décider est très important et fait partie de la démarche. J’ai mis du temps à me dire qu’il n’y avait pas de honte à aller consulter (dans mon entourage à l’époque, le fait d’aller voir un psy n’était pas si évident…). Cela aide à avancer, à comprendre ce qui nous arrive, à se questionner bien sûr.

le 18/11/2014 à 11h47 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’avais eu un autre moment de ma vie, où je pense qu’il aurait fallu que je vois un psy.
Malheureusement, je n’étais pas prête. Je regrette un peu car, je pense que ça a accentué certaines blessures psychologiques chez moi.

le 19/11/2014 à 12h09 | Répondre

Marin' Sid

Bravo pour ton article, ce n’est pas toujours facile de parler de ce sujet.
J’ai une longue histoire avec les psys…
J’ai vu une psychothérapeute pendant presque toute mon adolescence de la 5è à la 1ère. Je n’ai jamais vécu de traumatismes, mais j’avais un mal-être que je n’arrivais pas à gérer seule et j’ai préféré demander de l’aide. Mes parents ont accepté (merci à eux !).
A 25 ans, j’ai ressenti le besoin d’une aide extérieure. Des difficultés professionnelles, une vie personnelle qui ne me convenait pas, des relations familiales qui se détérioraient… Mon généraliste qui me prescrivait des anxiolytiques… Je n’avais pas envie de rentrer là-dedans. J’ai eu la chance de trouver un psychiatre qui a su me faire parler et qui m’a vraiment aidé. Ma thérapie avec lui s’est arrêtée parce que je changeais de ville.
Avec ce déménagement et tous les changements qui allaient avec, j’ai mis de côté l’idée de continuer ma thérapie. Et puis, il y a toujours la démarche, après avoir trouvé un contact, de prendre le téléphone et prendre rendez-vous. Ce n’est pas anodin, et, de mon côté, il me faut parfois des semaines pour appeler enfin. Il y a bientôt un an, j’ai commencé une nouvelle thérapie avec une psychothérapeute avec laquelle j’ai tellement avancé. Quand je repense à ces derniers mois, je suis impressionnée du chemin que j’ai parcouru. Je n’ai pas encore terminé, des sujets n’ont pas encore été abordés, d’autres doivent être revus. Je ressens au quotidien les bienfaits de cette thérapie.

Concernant les conseils que tu donnes, je suis entièrement d’accord avec toi.
Surtout pas hésiter à changer de thérapeute si le feeling n’est pas là. Au milieu de mes 2 dernières thérapies, j’ai eu quelques mois avec une psychiatre qui ne me convenait pas du tout. Mais je n’arrivais pas à arrêter (un de mes problèmes de l’époque était la difficulté à dire non…). Des mois (et des euros) de perdus…
Ne pas en faire un sujet tabou. Je parle de ma thérapie très librement que ce soit dans ma famille ou mon cercle d’amis. Ce n’est pas parce que je vais voir une psy que je suis folle ou fragile. Il faut souvent beaucoup de courage pour demander de l’aide… Et oui, on découvre souvent que des personnes de notre entourage sont dans la même démarche !

le 18/11/2014 à 13h27 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Merci beaucoup.
Cela m’a fait du bien de parler de cette expérience ici et d’échanger avec d’autres personnes. On se sent moins seuls dans sa démarche.
Je pense avoir eu pas mal de chance, la première psy s’est avérée être parfaite pour moi.
J’ai un peu de mal à évoquer ma thérapie avec certaines personnes encore. J’espère y arriver avec le temps.

le 19/11/2014 à 12h12 | Répondre

Sarah

Merci pour cet article, je me retrouve beaucoup dans ce que tu décris … J’ai fais un burnout il a un mois et mon médecin ma aussi conseillé un psy que je suis allé voir une fois pour le moment, et c’est vrai que depuis je me pose beaucoup plus de questions^^ mais j’apprécie car au moins ce n’est ni mon mari ni ma famille que je saoule avec mes problèmes, c’est un inconnu et c’est bien plus facile de se confier…

le 18/11/2014 à 17h36 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je comprends tout à fait ton sentiment.
Je crois que mon premier pas a été justement de me rendre compte que je ne parlais que de mes problèmes au bureau.
Maintenant, j’en parle toujours mais j’essaye de ne pas m’étaler dessus (je réserve ça à ma psy), et du coup mes relations avec les autres ne tournent pas uniquement autour de ça ! C’est quand même beaucoup plus appréciable.

le 19/11/2014 à 12h14 | Répondre

MlleMora

Merci pour ton article. Je me demande régulièrement si je ne devrais pas y aller, et mon mari m’y encourage, mais j’ai toujours l’impression que je peux faire fasse « seule », que mes problèmes ne sont pas si importants… Pourtant, je sens bien que j’ai changé et que nombreuses choses me minent de plus en plus… j’espère avoir ton courage… un jour…

le 19/11/2014 à 16h06 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je suis sure que quand tu seras prête, ce « courage » te viendra très naturellement. Les encouragements de ton mari sont déjà un bon début.

le 20/11/2014 à 11h44 | Répondre

Maruschka

Il ne faut surtout pas croire que c’est un aveu de faiblesse d’aller chercher de l’aide. La démarche n’est pas facile, il faut souvent du temps et le fait que tu envisages de l’entreprendre montre que tu es déjà au début.
C’est formidable que ton mari soit derrière toi. Rien de pire que lorsque les proches ne comprennent pas ce choix.

le 20/11/2014 à 13h20 | Répondre

Mademoiselle Sourire

J’espère que ce passage à vide est en train d’être surmontée grâce à ton psy. C’est un excellent réflexe ! Bon courage à toi 🙂

le 19/11/2014 à 16h56 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Ce passage à vide, est je pense, en partie surmonté. Grâce à la psy bien évidemment, et grâce aux encouragements que j’ai reçu de tout le monde.
Maintenant le plus important pour moi, c’est de changer d’air professionnel. Ce n’est pas facile, j’ai des doutes, des peurs, mais j’essaye de les combattre car c’est vraiment la source principale de mes soucis. Et je ne souhaite pas que les préparatifs de mon mariage soient encore plus pollués qu’ils ne le sont par un problème professionnel.
Merci Madame Sourire, ton blog et tes chronique me redonne vraiment le sourire ! Ça aussi c’est une bonne thérapie ^^

le 20/11/2014 à 11h49 | Répondre

Fleur-Joséphine

Je suis bien d’accord avec tout ce qui est dit dans l’article et dans les réponses. La démarche doit venir de soi, et tant qu’elle ne vient pas, c’est que l’on n’est pas totalement prêt.
J’ai fait aussi cette démarche, je suis en thérapie depuis 3 ans. Je cherchais quelqu’un qui ne fasse pas que m’écouter mais qui me parle aussi, qui me réponde et qui me dise. Je n’ai pas trouvé la bonne personne tout de suite, mais depuis, tant de choses ont changé dans ma vie grâce à son travail !
Je voulais toujours que l’on m’aime, alors je rendais trop de services, je disais trop facilement oui, je ne me faisais pas assez entendre, j’étais trop dépendante de mes relations amicales et sentimentales, et toujours frustrée que ce soit toujours moi qui appelle, qui propose, etc. Tout ceci a bien changé. Maintenant je pense d’abord à moi et mes relations n’en sont que meilleures.
Je me demande un peu si j’arriverais à mettre fin à la thérapie le moment venu (et d’ailleurs, comment savoir que le moment est venu?), parce que je trouve que c’est elle qui sait. Dans chaque situation, elle sait comment faire, elle sait quoi dire, je crains parfois de me reposer un peu trop sur son avis… Je suis également incroyablement reconnaissante de l’efficacité de son travail, et j’espère pouvoir le montrer ou le dire lorsque tout ceci prendra fin…

le 05/12/2014 à 10h50 | Répondre

Jacques Noël (voir son site)

Merci pour cette belle ouverture ! Je me permets de proposer mon livre aidant, car il est gratuit sur http://www.theorieduchoix.wordpress.com. En fait, je décris la Thérapie de la réalité de William Glasser avec des exemples personnels.

le 07/12/2014 à 03h36 | Répondre

Olivia

Des fois je me rends compte que j’ai un peu peur de parler de ma thérapie mais souvent quand je me dis ça, pour contrecarrer, j’en parle. Et j’ai jamais eu de retours négatifs. C’est très compréhensif au contraire! Du coup, je me dis qu’en assumant être en thérapie, je banalise un peu la chose et j’espère que ça en aidera à franchir le pas ^^

le 26/02/2015 à 00h04 | Répondre

Mathilde

« J’étais aigrie en permanence, agressive, et parfois je devenais totalement hystérique pour des choses totalement futiles. J’avais des crises de larmes et des crises d’angoisses. Je somatisais tous mes problèmes, jusqu’à penser que j’allais mourir, ou que j’étais atteinte d’une quelconque maladie grave ! »
C’est tout à fait moi ! Anxiété généralisée, troubles paniques,… Ça rassure d’un côté, de savoir que nous ne sommes pas seuls dans ce combat (car oui c’est dur au quotidien), et plus les jours passent, plus on apprend de soi-même ! Courage 🙂

le 26/04/2016 à 00h09 | Répondre

mohamed

un bon site merci pour votre travail et informations

le 05/06/2016 à 17h03 | Répondre

Jade Brunet (voir son site)

Merci pour cet article à propos de l’importance des psychologues. C’est bon de savoir que ça fait du bien de parler à quelqu’un d’extérieur qui peut confirmer ce que tu ressens. Je pense que c’est aussi une bonne idée de pouvoir mieux comprendre les actes des autres personnes dans la vie.

le 24/03/2017 à 22h59 | Répondre

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