Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

La séparation : la dernière aventure du couple


Publié le 30 janvier 2013 par Diane

Il est des sujets qu’il est difficile d’aborder, surtout quand on a fait ses premiers pas de chroniqueuse sur un blog mariage. Mais, tu me connais, je suis plutôt du genre à parler des choses qui dérangent, qui soulèvent des problèmes épineux.

Aujourd’hui, je viens donc te parler du divorce, de la séparation, bref du cataclysme qui arrive dans ta vie quand tu la pensais toute tracée, et ce même si tu en es à l’intiative.

coeur brisé divorce

Crédits photo (creative commons) : NDrewC

Je ne vais pas te refaire le coup du « tu l’as rencontré, tu l’as aimé, tu as vécu avec lui, tu l’as épousé (ou pas), tu as eu des enfants avec lui (ou pas aussi) ».

Tout ça, tu connais !

Mais, voilà, il se peut que parfois la vie fasse un pied de nez à toutes ces belles choses. Une évolution différente de chacun, d’autres aspirations, un (ou des) adultère(s), des problèmes exterieurs au couple qui petit à petit le rongent de l’intérieur.

Au début, on se bat. On essaie de le sauver à tout prix. Parfois maladroitement. Mais on met toute son énergie et toute ses souffrances à essayer de le maintenir en vie. On se remet en question, on fait des efforts, on communique, on se dit que oui on va y arriver, on s’engueule. Au bout d’un moment et de plusieurs mois de batailles le triste constat est là : rien ne va plus, on souffre trop, il faut en finir avec tout ça.

Il faut se séparer.

Oui ok, on le sait, un mariage sur 2 en Ile de France et 1 mariage sur 3 en Province finissent par un divorce. Et encore, on ne comptabilise que les séparations officielles qui font suite à une union qui l’était aussi. C’est donc devenu d’une banalité consternante. Personne n’y fait gaffe, on n’est jamais qu’un chiffre de plus qui va donner raison à ces fichues statistiques. Ça en devient presque une fatalité, voire une norme.

Mais derrière ces chiffres se cachent des histoires toutes aussi douloureuses les unes que les autres, parfois même très glauques.

Car oui, une séparation, un divorce ce sont des catastrophes humaines, de celles qui broient tout sur leur passage, un rite initiatique plus ou moins long avant d’arriver au résultat tant escompté et redouté : retrouver sa liberté… ce qui peut souvent rimer avec solitude. En tout cas, un énorme pas vers l’inconnu. Pire que celui que tu fais quand tu te lances en saut à l’élastique du haut d’un pont.

Déjà, prendre rendez-vous avec un avocat. Se prendre une claque lors du premier entretien où tu arrives souvent, ou repars, en larmes. Car oui, tes émotions et souffrances deviennent tout à coup un enjeu administratif avec des règles bien codifiées et des fonctionnements qui ne tiennent pas forcément compte de ce que toi tu as dans les tripes. De ce que tu reproches à l’autre et voudrais lui faire payer. De ce que tu ressens comme une injustice et qui aux yeux de la justice ne va pas forcément trouver grâce.

Car la justice est factuelle, laconique et non pas sentimentale. Ou bien de ce que tu voudrais conclure le plus vite et le mieux possible, avec le minimum de casse… alors que l’Autre justement, lui, veut t’en faire baver et faire durer le plaisir.

Car oui, une procédure de divorce, c’est une guerre. Tu imagines les campagnes napoléoniennes toutes mises bout à bout ? Et bien voilà, c’est ça sur une durée d’un an environ. La seule différence, c’est que l’Ennemi en face tu le connais bien, trop bien, tu l’as aimé, fort, très fort. Et donc lui filer un coup de baïonnette, de canon ou d’épée, c’est d’autant plus difficile.

Par contre, lui, il n’a parfois aucun remord à le faire. Ou justement, il souffre tellement qu’il a besoin qu’il en soit de même pour toi. Faudrait pas en plus que tu t’en sortes sans égratignures, après ce que tu lui as fait ! Après ce qu’il endure en ce moment ? Non non, sûrement pas ! Hors de question !

Et puis, après tout, cette procédure, plus elle dure, plus vous êtes (toujours) ensemble, plus il vous faut maintenir le contact, y compris par le biais de vos Conseils respectifs. Mais après tout, se disputer et se déchirer, c’est aussi un moyen de se cracher à la figure tout l’amour que l’on a eu l’un pour l’autre et qui quelque part existe peut-être encore un peu, bien niché dans un coin de ton cerveau. Car oui, on ne divorce pas forcément par manque d’amour, ce serait bien trop simple. On peut aussi être toujours amoureuse de l’image de couple, de SON couple, de celui dont on était fière, qui rendait tes copines jalouses de tant de bonheur, d’harmonie et d’entente.

Pfiou, tout ça disparu.

Désormais le Nous a été remplacé par le Je (souvent valorisé ou vindicatif) qui se bat contre un Tu (affublé de tous les défauts et de l’agressivité du monde). Et tout est sujet et prétexte à bagarres, batailles, revendications, reproches : la pension alimentaire, le partage du patrimoine, la garde des enfants, la prestation compensatoire, le chat, le chien, les cds, les photos, les livres, la vaisselle, les petites cuillères, les draps… Bref, tout ce qui a été construit pendant toutes ces années d’amour.

Et ne crois pas que tout est plus simple parce que vous n’étiez pas mariés. Ça ne change rien au problème. La seule différence, c’est que tu n’es pas obligée de passer devant un magistrat pour déchirer le papier sur lequel vous aviez apposé vos signatures lors d’une belle journée d’amour et de fête. Les bagarres sont les mêmes. Les souffrances aussi. Elles sont parfois même plus ardues car devant se faire sans arbitrage obligatoire, sans respect des droits de chacun et sans avocat-bouclier derrière lequel se retrancher lorsque la situation devient trop tendue.

Donc tout cela dure des mois. Des mois pendant lesquels chacun souffre égoïstement et reproche tout aussi égoïstement à l’Autre de le faire souffrir. Des mois pendant lesquels il faut affronter le quotidien, les factures, les « Et comment je vais faire après? », les pertes d’estime de soi, la nouvelle organisation, les relais glauques d’enfants un weekend sur deux, les longues discussions et câlins que tu fais à tes enfants pour les rassurer (et parfois, ce sont ceux-là mêmes qui t’apportent de la chaleur), les courriers et rendez-vous des avocats, les mails incendiaires, les conciliations et autres joyeusetés chez le JAF.

Et puis un jour, ce combat se termine. Tu oscilles entre la joie du « Ouf enfinnnnnnnnnnnnn », de ta liberté enfin conquise et de ce goût amer que tu as dans la bouche, le cerveau, les tripes, le coeur. Ce constat d’échec aussi, bien entendu. Mais quoi qu’il en soit tu es comme un boxeur qui se relève de longues secondes de KO.

Tu es donc officiellement séparée de cette homme là, celui que tu as tant aimé il y a quelques années et maudit pendant ces derniers mois. Tout est terminé, la justice a tranché et rendu son jugement.

Tu sais toutefois que si vous aviez des enfants, cette rupture n’est qu’officielle car dans les faits, il restera toute sa vie le père de tes enfants, celui avec lequel tu seras soumise à un minimum de dialogue pour leur épanouissement et l’organisation des droits de visite et de garde. Celui dont tu ne devras jamais dire le moindre mal, ou en tout cas essayer, devant eux même quand la rancoeur et le sentiment d’injustice te donne envie de hurler. Car oui cette séparation, tout comme celle du début de votre histoire d’amour ne regarde et ne concerne que vous. Vos enfants resteront toute leur vie la trace de l’histoire que vous avez vécue à deux et qui s’est terminé à 5 : vos avocats, le JAF et vous… Sans compter tous ceux qui s’en mêlent : les amis, les belles-familles, les collègue et j’en passe.

Donc voilà, aujourd’hui, à l’heure où 3 de mes amies sont en train de se lancer dans cette triste aventure, je voulais sortir la séparation de ces chiffres tenus par les sociologues, lui redonner sa véritable et malheureuse place. Celle d’un drame, d’un deuil dont les deux victimes sont bel et bien vivantes. Mais dont on sort également vivant.

Car, heureusement, ces séparations trouvent souvent une fin heureuse. L’Amour frappe à nouveau à la porte et celui-là, on va le construire, le cultiver, le protéger et l’appréhender autrement. Le goût amer laissé par le précédent va nous pousser à donner à celui-là un véritable appétit de faire pétiller ses papilles et surtout de faire en sorte que cette fois-ci, ça dure pour de bon ! Et crois moi, là cet Amour là, il est XXL justement parce que cette séparation t’a construite, t’a faite mûrir et surtout t’a fait prendre conscience qu’un couple est parfois fait d’un équilibre fragile et que rien n’est jamais acquis !

Et toi, as-tu vécu un divorce ou une séparation ? Houleux ou pas ? Raconte !

Commentaires

20   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Lutine

Merci pour ce bel article Mme Diane. ♥

le 31/01/2013 à 13h33 | Répondre

Madame Diane

De rien, Mme Lutine !

le 05/02/2013 à 19h34 | Répondre

Marie Obrigada

Ce bel article fait un peu froid dans le dos à la future jeune mariée que je suis. Mais c’est bon d’en parler. 🙂

le 31/01/2013 à 19h07 | Répondre

Madame Diane

Rho, il ne faut pas avoir peur!

Il faut justement se dire qu’on doit tout faire pour préserver son couple pour échapper à toutes ces « tracasseries » 😉

le 05/02/2013 à 19h35 | Répondre

Pop

Merci pour ce très bel et émouvant article. Je suis en plein dans les préparatifs de mon mariage (Merci Mlle Dentelle!!) alors forcément, je ne pense pas au divorce et à la séparation. Mais en effet, il est utile de se rappeler que l’amour se construit, se cuisine et surtout, ne se néglige pas.

Même si je me marie et que j’ai de très beaux exemples de couples « longue durée » autour de moi, j’ai du mal à imaginer rester avec la même personne, toucher le même homme toute ma vie. Mais je veux y croire. Les couples ensemble depuis 30 ans ou plus sont émouvants; ils se connaissent, ont vécu des choses dures et belles ensemble et je veux leur ressembler.

Et comme tu le dis, se tromper de personne ne signifie pas rester seule toute sa vie!

le 31/01/2013 à 19h21 | Répondre

Madame Diane

Tu sais, je pense que c’est assez terrifiant de se dire qu’on va rester toute sa vie avec la même personne, comme de se dire qu’on va faire le même boulot toute sa vie!

Il ne faut aps regarder les choses comme ça! Il faut juste se dire que les années passent, nous construisent et que petit à petit on arrive au bout de notre vie, ensemble si possible,tout simplement 😉

le 05/02/2013 à 19h37 | Répondre

Madame Alternative

Tout ça est très bien écrit et très fort.
Merci

le 31/01/2013 à 19h24 | Répondre

Madame Diane

Merci Modame! Ca fait plaisir 😉

le 05/02/2013 à 19h37 | Répondre

Madame Hermine

Merci pour cet article!

Je comprends mieux maintenant certains épisodes de la vie de mes parents.
Dans le cas de mes parents, l’alcool de mon père et la dépression de ma mère ont été les responsables. Mon papa a attendu toute sa vie que ma maman revienne. Jusqu’au bout, après une période très difficile et même si ma maman a refait sa vie, ils sont restés très proches.
Merci Madame Diane

le 01/02/2013 à 13h46 | Répondre

Madame Diane

Si j’ai pu t’aider à mieux comprendre ce que tu as vécu au travers de tes parents, j’en suis heureuse.

Et effectivement, il est des personnes qui restent « figées » sur une personne, une image de couple disparu et n’arrivent pas à refaire surface, à lâcher prise et attendent désespérément quelque chose qui la plupart du temps ne revient jamais.

le 05/02/2013 à 19h47 | Répondre

Salveplane

Un article fort poignant, qui prend bien à la gorge …
Et qui fait un peu beaucoup peur en tant que futur mariée d’un premier mariage…
enfin quoi qu’il arrive à la fin , l’amour vaut le coup d’être vécu tant qu’il est là …pour le reste on croise les doigts …!

le 01/02/2013 à 14h05 | Répondre

Madame Diane

Oui, tu as parfaitement! Il faut vivre son amour sans trop se poser de questions et en y mettant tout son coeur, c’est tout 😉

le 05/02/2013 à 19h38 | Répondre

Méla

Tu as parfaitement décrit ce cataclysme que j’ai vécu mais que je n’ai jamais su exprimer aussi clairement.
Te lire m’a soulagée…
Merci.

le 01/02/2013 à 18h40 | Répondre

Madame Diane

Tes mots me touchent énormément.

Je te remercie à mon tour de ton commentaire.

A moi aussi, ça me fait un bien fou de lire tes quelques mots.

le 05/02/2013 à 19h41 | Répondre

Noémie

Je suis en larmes devant cet article. Et oui, tu sais pourquoi, je ne vais donc pas m’étaler ici. Simplement, merci pour ces mots tjr si bien écrits <3 Quand au fameux XXL, je suis 100 % d'accord avec toi

le 04/02/2013 à 11h37 | Répondre

Madame Diane

Ne pleure pas ma Belle! Oui, tu fais partie des « 3 amies » auxquelles je pensais en écrivant cet article.

Celui-ci leur est dédié ainsi qu’à tant d’anonymes …

le 05/02/2013 à 19h42 | Répondre

Madame Croco

Tu décris très bien toutes les phases d’une séparation. La dernière partie concernant les enfants surtout. Car oui, on est lié pour de nombreuses années quand on a fait des enfants, qu’on le veuille ou non. Et arriver à un équilibre n’est pas toujours facile. J’ai moi aussi parfois envie de crier, mais je me retiens. Je ne veux pas devant mes filles dénigrer leur père…. Pas toujours facile il faut bien l’avouer. Et je voulais aussi dire que la séparation est un moment difficile pour les deux. Celui qui reste mais aussi celui qui part. La famille, les amis, les relations, ont toujours tendance à vouloir plaindre ou réconforter celui qui se fait quitter. Mais la douleur est tout aussi présente pour l’autre. Être quitté c’est difficile, mais quitter quelqu’un l’est tout autant. Il m’a fallu plusieurs mois pour remonter la pente après une séparation dont j’étais pourtant l’initiatrice. Devant l’incrédulité de certains qui ne comprenaient pas que moi aussi je puisse souffrir. Bah oui, tu es parti, tu as eu ce que tu voulais donc tout doit rouler pour toi maintenant. C’est ton ex qui a besoin de soutien, pas toi.

le 04/02/2013 à 12h07 | Répondre

Madame Diane

Oui, je suis entièrement d’accord avec toi. Dans un couple, les deux souffrent: le/la quitté(e) et celui qui prend la décision. Le constat d’échec est des deux côtés, quoi qu’il en soit.

Et oui, on prend bien moins soin de celui qui a décidé de rompre, car après tout « c’est de sa faute », et il est « arrivé à ses fins » …

Que veux-tu, on ne refera pas le monde …

le 05/02/2013 à 19h45 | Répondre

missmilie

Ton article est tellement bien écrit !
Nous avons pour beau projet de nous marier l’année prochaine : 10 ans de vie commune, 2 beaux enfants et nous n’avions jamais fêté notre bonheur !
Certainement une part inconsciente pour conjurer le mauvais sort : on ne se marie pas donc on ne divorcera pas et on sera plus fort que les chiffres. La technique de l’autruche, quoi, car comme tu l’écris si bien les autres séparations ne rentrent pas dans les statistiques mais font autant de ravages.
Alors ? On reste la tête dans le sable ?
Non ! C’est avec encore plus d’ardeur que je vais préparer mon mariage !!
Merci Mademoiselle Diane 🙂

le 18/06/2013 à 14h53 | Répondre

Marion

Une lecture pleine d’émotion et dans laquelle je me suis reconnue. A 26 ans, après 10 ans de vie de couple, un PACS et un enfant nous nous sommes séparés car le constat était que nos chemins s’étaient séparés. Pas de tension juste le besoin d’arrêter de faire illusion. Arrêter d’être pris pour le couple parfait où tout va bien. Nous étions un couple amoureux mais passionnel et la passion a tué notre couple mais pas notre amour. Si notre séparation s’est fait non pas sans douleur émotionnelle, elle s’est faite avec le respect de la personne et dans le respect de notre fils. Nous savons que nous serons lié pour la vie par notre fils et on se doit en tant que parent de respecter le fruit de notre amour quand bien même celui ci n’est plus aujourd’hui.
Nous avons vendus notre appart, il a fallut du temps, nous avons respectivement quelqu’un dans nos vies et nous faisons quand même en sorte de partager avec notre fils quelques moments à 3 quand il le désire. Toujours dans le respect.

J’ai exprimé et ça n’est pas terminé ce chapitre de ma vie dans le blog que nous avons co-crée avec une amie. Mais aujourd’hui j’envisage également d’ouvrir le nouveau chapitre à l’écrit celui de poursuivre sa vie et surtout de continuer à tourner et à remplir les pages de ce livre qu’est notre vie.

le 10/04/2014 à 16h41 | Répondre

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