Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

Je teste l’acupuncture


Publié le 5 avril 2019 par Pippa

Disclaimer : je décris dans cet article mon expérience en tant que patiente. J’ignore les contre-indications éventuelles. Si tu as des questions précises, n’hésite pas à prendre contact avec un(e) professionnel(le) de la santé.

Certains comportements destructeurs me bouffent depuis des années. Début 2019, après avoir traversé l’enfer et touché le fond, j’ai enfin obtenu une réponse au fonctionnement bizarre de mon cerveau : troubles anxieux et agoraphobes*, ayant conduit à un état dépressif. Ce fut un immense soulagement de pouvoir mettre des mots sur mes maux.

Une thérapie psychologique brève, de nombreux changements dans mon environnement et des antidépresseurs adaptés m’ont permis de sortir la tête hors de l’eau. Depuis cette remontée vers un niveau de souffrances psychologiques et physiques « acceptables », je ressens une profonde envie de tester toutes sortes de thérapies « bien-être », afin de stabiliser mes progrès.

Le yoga, le Jin shin jyutsu, la sophrologie, les fleurs de Bach…ces thérapies m’intriguent depuis longtemps, mais je me les refusais car je les pensais inefficaces sur mon tempérament anxieux, que je percevais comme une fatalité avec lequel je vais devoir vivre toute ma vie (spoiler alert : c’est faux).

C’est ainsi qu’un jour, dans la salle d’attente du cabinet psychologique, une affiche vantant les bienfaits de l’acupuncture attire mon attention. Encore en plein marasme, je me promets de prendre rendez-vous une fois la thérapie cognitive et comportementale derrière moi ! Si je rédige cet article aujourd’hui, c’est parce que c’est chose faite. J’ai eu mon premier rendez-vous hier et je vais te raconter ça.

Crédit photo (creative common) : Stevepb 

Je te rassure, ce ne sont pas ce genre d’aiguilles qui est utilisé.

Avant la séance

Lors de ma prise de rendez-vous, l’infirmière spécialisée dans l’acupuncture me demande la raison de mon appel. Je suis un peu prise au dépourvu et embêtée car j’appelle du bureau. Même si mes collègues sont très ouverts, je n’ai pas spécialement envie de les mettre au courant des moindres soucis de ma vie. Et surtout, lors de cette prise de rendez-vous, je me sens en pleine forme depuis plusieurs jours, c’est donc la curiosité plutôt qu’un « souci urgent » à régler qui m’a poussé à décrocher mon téléphone. Je répond donc « stress » et le rendez-vous est pris pour la semaine suivante.

Le jour du rendez-vous, je ne sais pas très bien à quoi m’attendre. Comment dois-je me vêtir? Est-ce que la séance se déroule en sous-vêtement ou habillée ? Et j’ai fait un gros repas une heure avant (entre burger végétalien et soupe, devine mon choix…), j’espère que ce n’est pas grave ? Cependant, je chasse vite ces inquiétudes et me rend au rendez-vous, curieuse.

Pendant la séance

La praticienne m’accueille avec un sourire et me demande de repréciser les raisons de ma venue. Je lui explique brièvement la situation. Elle me pose ensuite une série de question de santé : ai-je des problèmes cutanés, digestifs, du sommeil, pulmonaires, quel est le traitement médicamenteux que je suis, etc.

Elle m’explique ensuite les 5 éléments de la médecine chinoise (feu, métal, eau, terre et bois) et les humeurs associées : joie, tristesse, peur, rumination et colère et me demande choisir lequel semble selon moi, me correspondre le plus. Puisqu’on est intime ici, je peux te le dire, c’est la colère (bois) et la rumination (terre). Je suis embêtée car je n’arrive pas à en choisir les départager mais elle me dit que ce n’est pas grave, car les deux sont liés : la colère entraîne de la rumination, le bois prend le pas sur la terre. Je suis fascinée par ces explications, qui rejoignent les découvertes que j’ai pu faire sur ma personne lors de la thérapie psy.

Il est temps de s’allonger sur la table, elle me demande d’ôter mon jeans, mes chaussettes et de relever les manches de mon pull. Elle me demande si je suis impressionnée par les aiguilles (non), que je peux ressentir une douleur les 30 premières secondes mais qu’ensuite, si la douleur persiste, je dois lui signaler pour qu’elle ajuste l’aiguille ou l’enlève. Elle insiste sur le coté « bien-être », je ne dois pas être dans l’inconfort. Elle commence à placer les aiguilles (à usage unique + désinfection de la zone au préalable), je suis un peu surprise par la douleur, on me l’avait décrite comme une piqûre de moustique mais c’est un peu plus fort quand même. Cela dit, cela reste très supportable.

En tout, elle placera 14 aiguilles : 3 sur chaque jambes, 2 sur chaque poignet, 2 sur le ventre et 2 sur le visage. Le ventre et le visage sont complètement indolores, les pieds et poignets sont plus sensibles (elle avait prévenu). Quand elle plante une aiguille dans mon poignet, je ressens une puissante vague de fourmillement dans mon annulaire. C’est une sensation très particulière, qui s’explique sans doute par le fait qu’elle ai touché un tendon, mais je le vois comme une libération de l’énergie qui s’y était accumulée. Une aiguille me gêne sur le pied, après avoir essayé de la bouger légèrement, la praticienne finira par l’enlever.

Une fois les aiguilles installées, elle les laisse poser une petite demi-heure (je t’avoue que je n’en sais rien, il n’y avait pas d’horloge). Pendant ce temps, elle s’installe sur une chaise à coté de la table, me donne des explications sur les points choisis (qui font vraiment sens par rapport à mon vécu, c’était positivement perturbant) et nous discutons facilement de la gestion des émotions.  J’ai beaucoup aimé cette discussion, que j’ai trouvée aussi intéressante et motivante qu’une séance « classique » chez le psy.

Une fois le temps de pose terminé, elle enlève et jette les aiguilles une par une. Je me rhabille rapidement, nous discutons encore un peu et je sors de là avec un second rendez-vous en poche. Elle m’a conseillé un minimum de 2 séances dans mon cas pour que la situation se régule. Si après ces 2 séances, j’en ressens le besoin, je peux poursuivre.

Après la séance

Rentrée chez moi, je me sentais contente et satisfaite de la séance. J’ai encore travaillé un peu sur mon ordi, puis me suis sentie un peu triste. Plus la soirée avançait, plus la mélancolie s’emparait de moi (alors que cela faisait plusieurs jours que j’allais trèèès bien). Pour ne pas rester dans une vague de négativité, j’ai choisi de distraire mes pensées devant un film. J’avais envie de pleurer sans raison, de laisser les émotions passer mais cela ne venait pas. Un peu plus tard, les larmes sont enfin apparues et je me suis sentie apaisée. J’écris cet article le lendemain de la séance, je n’ai donc pas encore assez de recul mais je suis pourtant convaincue des bienfaits.

*Petit point sur l’agoraphobie

J’aurai aimé écrire un article complet sur l’agoraphobie, mais je ne m’en sens pas capable. Mais je souhaite tout de même partager avec toi ce test, car il m’a aidé à ouvrir les yeux sur mon état, et je trouve important de le partager avec toi, car ça peut aussi t’aider si tu en souffres sans le savoir.

J’avais une grande méconnaissance sur ce trouble et pensais qu’une personne agoraphobe faisait toujours des crises d’angoisses au milieu de foule en délire. Hors, je suis déjà allée à des concerts, au cinéma, dans une capitale,… Certes, je ne me sentais pas à l’aise dans ces moments, mais je pensais que ce malaise était « normal ». Sans te raconter ma vie dans les détails , j’ai ressenti une progression de ce malaise (coucou le jour où je suis sortie en pleurs d’un supermarché les mains vides, pétrie d’angoisse inexpliquée), et l’apparition de comportements nouveaux, comme l’absolue nécessité d’avoir une place en bout de rangée au théâtre ou dans l’avion… Je suis un jour tombé sur un article de blog relatant une expérience et combat contre l’agoraphobie, ainsi que le test linké ci-avant. J’en ai été bouleversée car je me suis reconnue dans la majorité des questions, surement anodines pour la plupart des gens… Le résultat du test était alarmant et un psychiatre a par la suite confirmé ce verdict, ce qui fait du bien, car réaliser le problème, c’est déjà le premier pas vers la guérison *insérer musique niaise ici*.

 

As-tu déjà testé l’acupuncture ? Les aiguilles te tentent ou au contraire, te rebutent ? Crois-tu aux méridiens et à la médecine orientale ? Dis-moi tout 🙂

Commentaires

5   Commentaires Laisser un commentaire ?

Fabienne

J’ai été traitée par acupuncture il y a une quinzaine d’années (pour stress notamment) et c’était plutôt efficace, mais j’ai arrêté, parce que ce n’était pas remboursé, parce qu’aller au cabinet + la séance me prenait beaucoup de temps et que trouver à me garer me rajoutait du stress, ah oui, une raison médicale aussi mais je ne vais pas faire un pavé avec ma vie … . Le praticien (un asiatique) mettait ses aiguilles puis me laissait seule avec de la musique (il s’occupait de plusieurs patients en parallèle), parfois la musique me plaisait et parfois non ! ; ce que je voulais surtout dire, c’est que j’ai eu « mes » aiguilles à la 1ère séance, que je remportais à la maison dans de l’alcool dans un petit pot et je me demande si cela se pratique encore, parce que sinon ça fait beaucoup d’aiguilles jetées … Je suis aussi assez convaincue des bienfaits et j’espère que vous/tu irez/ira bientôt vraiment mieux.

le 05/04/2019 à 10h19 | Répondre

Pippa (voir son site)

Bonjour Fabienne,

Merci pour ton retour. C’est vrai que malheureusement, tout cela a un coûte cher. Je ne suis pas remboursée non plus, c’est pour cela que j’attendais la fin de ma thérapie psy avant d’entamer l’acupuncture, histoire d’étaler les dépenses.

Je ne sais pas vraiment pour les aiguilles mais ici, c’est des aiguilles à usage unique…Cela fait beaucoup en effet, mais c’est un dispositif médical qu’elle jette ensuite dans une poubelle spéciale alors je préfère. les aiguilles sont vraiment petites.

J’espère que ça va mieux pour toi également 🙂

le 05/04/2019 à 13h42 | Répondre

Fabienne

« Tu iraS » bien sûr 😉!

le 05/04/2019 à 10h21 | Répondre

Madame Zou (voir son site)

Très intéressant ton article 🙂 J’en suis à ma deuxième séance dans le cadre de ma seconde grossesse. J’ai décidé d’y aller par hasard parce que la sage-femme qui me fait la préparation à la naissance, est spécialisée dans ce domaine. Je me suis dit et pourquoi pas ? L’objectif pour ma part est surtout de m’aider sur les maux de la grossesse notamment digestif. Je dois reconnaitre que cela me soulage. Tout n’a pas disparu, mais je peux me passer de médicaments. La deuxième séance m’a permis en outre d’améliorer mes oedèmes (forcément qui dit 3ème trimestre, dit gonflement…). Bref, mon mari était sceptique quand je lui en ai parlé, mais moi, j’y crois. Lors de la deuxième séance, je me suis sentie aussi ressourcée comme si j’avais été massée pendant une heure 🙂 Bon courage pour la suite !

le 05/04/2019 à 10h22 | Répondre

Pippa (voir son site)

Bonjour Mme Zou,

Joli hasard que ta SF soit spécialisée là-dedans. Ce que j’apprécie beaucoup dans les thérapies « orientales », c’est qu’elles semblent convenir à tout le monde, quel que soit le « souci ». Si tu ressens du soulagement, c’est le principal.

Pour les septiques, j’ai envie de dire que hormis le coût de la séance, cela ne coûte rien d’essayer. J’ai rédigé cet article il y a 3 semaines et beaucoup de changements positifs ont encore eu lieu dans ma vie. J’aime croire que c’est lié 🙂

Bon courage à toi aussi dans la suite de ta grossesse.

le 05/04/2019 à 11h49 | Répondre

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