Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien chez soi !

J’aimerais vivre au XIXe siècle


Publié le 1 avril 2020 par Madame Parenthèses

Depuis que je suis en âge de lire, j’ai consciencieusement dévoré (presque) tous les romans qui me passaient sous les yeux. Parmi eux, beaucoup ont été écrits au XIXe siècle, et beaucoup se déroulent au XIXe également. J’ai appris les codes de bienséance et imaginé les attitudes lascives ou déterminées des personnages de ces livres. La découverte de la saga de Philipp Pulman, A la croisée des mondes, a projeté mon imaginaire dans cette époque d’une façon fantastique.

Depuis que je suis en âge de tenir un stylo, je gribouille des têtes de femme (90% du temps) dans les marges de mes cahiers, sur mes polycopiés, dans mes mains, bref, je dessine. Et avec l’arrivée d’Internet dans ma vie, s’est ouvert à moi tout un monde d’inspiration (Pinterest…), composé en grande partie de corsets, de dentelle et de bottines.

Crédit photo (Creative Commons) : SkadiArt

Tout ça mis bout à bout fait que je suis aujourd’hui sûre d’une chose : le XIXe était fait pour moi. J’aurais du vivre à cette époque des romans feuilletons, où tu attendais impatiemment l’édition suivante du journal pour savoir ce qu’il était advenu de ton personnage préféré, qu’un auteur imaginatif comme Jules Verne ou Ponson du Terrail s’amusait à projeter dans des situations… rocambolesques ! J’aurais du être entourée de gens indécrottablement polis, même face aux pires insultes. M’enflammer avec mes proches au sujet des nouvelles inventions révolutionnaires de l’époque, comme l’électricité ou le train ! Avoir appris la patience suite aux longs voyages entre deux villes éloignées et aux travaux défaits et refaits pour progresser, sans tuto illustré ou vidéo tutorielle. J’aurais du porter des robes mettant en valeur ma silhouette, élégantes par nature, et arborer constamment une capeline sur ma « tête à chapeau ». M’évanouir devant une oeuvre, tant elle évoquait des sentiments passionnés en moi, rougir devant la lettre de mon premier admirateur secret, écrire à la plume pendant des heures à mes amies.

Oui, le XIXe était une belle époque… Si je pouvais y vivre, je n’aurais qu’une petite condition…

J’aimerais vivre dans une famille anglaise bien argentée, s’il-vous-plaît

En tant que fervente lectrice de Jane Austen, s’il est une ambiance dans laquelle je me projette plus que d’autres, c’est celle de l’Angleterre du début du XIXe siècle. La politesse exquise qui dissimule les piques des ladies, les balades dans des parcs magnifiques au bras de mes sœurs, les lectures au coin du feu font partie de mon imaginaire.

Crédit photo (Creative Commons) : diego_torres

Comme j’ai bien conscience des quelques défauts du siècle, et si j’avais la chance de vivre au XIXe, je voudrais que ce soit dans une famille à l’abri du besoin, où je pourrais rester oisive (marcher, écrire, dessiner, ou coudre, par rapport à ma vie actuelle, c’est presque de l’oisiveté) et où mon père me trouverait un gentil mari, dont je m’occuperais avec soin. Je n’aurais pas à avoir peur qu’il me quitte, puisque le divorce n’existerait pas, et les questions de développement personnel me passeraient largement au-dessus de la tête. Je ne connaîtrais que les bals de ma jeunesse, les balades à cheval ou à pied en fonction du temps et de ma forme, les lectures qu’on voudra bien avoir mis à ma disposition (pour mon bien, et évidemment, je préfère ne pas risquer de lire de la pornographie par ignorance) et la supervision de l’éducation de mes enfants (oui, car dans une famille anglaise riche, les enfants seront pris en charge par une gouvernante, et je pourrais alors me consacrer à des activités plus primordiales : la tapisserie par exemple).

Enfin, en habitant en Angleterre, j’éviterai d’être confrontée malgré moi aux révolutionnaires de tout poil qui poussent comme du chiendent à cette période en France. Sous prétexte de créer un monde meilleur, ils tuent la moindre personne ressemblant de près ou de loin à un noble. Appartenant moi-même à cette classe, je trouverais leurs idées absurdes et dangereuses, et reprenant l’opinion de mon mari (quasi la seule valable en fait pour moi), je les qualifierais sans vergogne de « pouilleux » auprès de nos serviteurs dévoués.

Vivre ses rêves !

Je ne peux pas remonter le temps, bien sûr. Mais le XIXe est loin d’être inaccessible ! Grâce à la tendance steampunk de ces dernières années, j’ai réussi à m’équiper d’une garde-robe solide en jupe longue, jupon et corset à baleines. Dès que je rentre le soir, je me débarrasse de mes vêtements XXIe siècle pour enfiler avec plaisir mes atours 1800 ! Je laisse également pousser mes cheveux, afin de pouvoir arborer les coiffures à boucles ou à chignon qui me font tant rêver. Le plus difficile a été de prendre le coup de main avec les bottines à bouton, ça serre un peu au début, et le boutonnage n’est pas aisé, mais aujourd’hui, tout roule !

Pour me conformer aux usages de ce siècle merveilleux, j’ai également confié l’intégralité de la gestion de mes finances à mon mari, je ne m’occupe plus de rien. Il investit mon argent comme il l’entend, je lui fais une confiance aveugle sur le sujet. Aucune de mes dépenses n’est effectuée sans son accord, et même si cela casse un peu la surprise pour son anniversaire, je préfère largement cette situation !

Prochaines étapes : déménager dans une maison de campagne (idéalement, en Angleterre, le Devonshire faisant partie de mes coups de cœur absolus), après que Monsieur Fernand ait trouvé un poste lui permettant d’entretenir notre maisonnée (c’est-à-dire moi-même, nos enfants à venir, et les domestiques), et commencer ma nouvelle vie de maîtresse de maison typiquement XIXème. Depuis notre dernier voyage, dans un club bien connu, effectué grâce au Comité d’entreprise de mon mari, il s’est habitué à être servi, et je dois dire qu’il est aussi excité que moi à l’idée d’avoir une cuisinière et un valet de chambre à ses ordres ! Je viendrai bien sûr te raconter comment je me prépare à notre nouvelle vie, et quels sont les critères à bien avoir en tête pour choisir sa domesticité.

Et toi, tu aimerais vivre au XIXe siècle comme moi ? Tu trouves aussi que c’est le meilleur des siècles à tous les niveaux (mode, vie quotidienne, gastronomie) ?


Commentaires

17   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madeleine

🤣🤣🤣

le 01/04/2020 à 07h23 |

Amy

Le début était très crédible…la fin un peu moins 😂😂

le 01/04/2020 à 07h57 |

Maye

Rah je me suis fait eue jusqu’aux trois quart de l’article. Pourtant je viens de DMT mdrr. Bravo le sujet est super !

le 01/04/2020 à 09h59 |

Mrs Tabitha Twitchit

Exactement pareil ! Le pire étant que j’étais censée le savoir XD

le 01/04/2020 à 12h51 |

Folie douce

Très drôle et bien écrit ! J’y ai bien cru pendant la 1ère partie, en plus j’adore la littérature du 19e 😉

le 01/04/2020 à 10h48 |

Madame Parenthèses

Contente que ça sonnait un peu vrai, c’était le but 😉

le 02/04/2020 à 11h59 |

Rusalka

Hahaha !
En plus, j’ai fini Belgravia hier (et je le recommande), donc j’imagine parfaitement la famille anglaise bien argentée !
Moi, c’est l’hygiène qui me retiendrait pour un voyage dans le temps quand même.

le 01/04/2020 à 11h02 |

Madame Parenthèses

Belgravia, très bien je note ! 🙂
Oui, c’est sûr, pas de bonne douche chaude en hiver pour se réconforter… sans parler de la gestion des règles :-s

le 02/04/2020 à 12h00 |

isavoyage

Hahaha, excellent !

le 01/04/2020 à 11h36 |

Mélinda

Le début fait envie… La fin beaucoup moins 😂

le 01/04/2020 à 12h12 |

Madame Parenthèses

Je ne comprends pas pourquoi, être dépendante c’est génial, non ? 😉

le 02/04/2020 à 12h01 |

Vee

😀
A part ça, on rigole, mais honnêtement le XIXe a quelques côtés qui n’attirent quand même, la littérature en effet, et je porterais bien quelques robes de cette époque (bon, ok, en serrant un peu moins les corsets)(d’ailleurs je me suis fait il y a quelques années un manteau basé sur un riding coat du début du XIXe et je l’adore), et certaines coiffures sont vraiment élégantes…
Malheureusement, l’absence de droits féminins, d’antibiotiques, d’antidouleurs et d’hygiène c’est quand même un peu trop d’inconvenients par rapport au fait de porter trois chiffons pour que je veuille vraiment retourner dans le temps (mourir d’une appendicite ce serait quand même bête) ! Dommage 🙂

le 01/04/2020 à 16h40 |

Madame Parenthèses

Ah c’est sûr que ce qui est bien dans le XIXe siècle, c’est de pouvoir jouer avec ses codes dans notre mode moderne actuel 😉 je n’ai jamais essayé les corsets en vrai, même si je trouve cet objet beau, ça m’étonnerait que je l’apprécie une fois enfilé (déjà que j’ai quasi abandonné les soutien-gorges) !!

le 02/04/2020 à 12h02 |

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